Grammaire norvégien
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A1 (31)
En norvégien, les pronoms personnels sujets sont jeg, du, han, hun, den, det, vi, dere et de. Contrairement au français, le verbe garde normalement la même forme à toutes les personnes : jeg snakker, du snakker, de snakker. Le pronom est donc en général exprimé et permet de savoir qui parle ou agit.
En norvégien bokmål, chaque nom appartient en principe à l'un de trois genres : masculin avec en, féminin avec ei et neutre avec et. Le féminin peut aussi être traité comme un masculin dans la norme écrite : on rencontre donc ei bok ou en bok. Le plus sûr est d'apprendre chaque nom avec son article et sa forme définie : en bil – bilen, ei bok – boka, et hus – huset.
En norvégien, l’équivalent de le, la ou les se fixe généralement à la fin du nom : en bil « une voiture » devient bilen « la voiture ». Au singulier, les terminaisons de base sont -en au masculin, -a au féminin et -et au neutre ; au pluriel, -ene est la terminaison la plus courante. Le genre doit donc être appris avec chaque nom.
En bokmål, la plupart des noms prennent -er au pluriel indéfini : en bil → biler et ei jente → jenter. Les noms qui se terminent déjà par un -e non accentué ajoutent généralement seulement -r, tandis que beaucoup de noms neutres d'une syllabe ne changent pas : et hus → hus. Quelques mots très courants ont une forme à mémoriser, comme en mann → menn.
Le verbe være signifie principalement « être ». Au présent, il prend la forme er pour toutes les personnes ; au passé, il devient var, là encore sans changer selon le sujet : jeg er, du er, vi var. Il sert à parler de l’identité, d’une profession, d’un état, d’une description, d’un lieu, de l’heure ou du temps qu’il fait.
Le verbe å ha signifie principalement « avoir ». Il ne change pas selon la personne : on emploie har au présent et hadde au passé avec tous les sujets. Il sert aussi d’auxiliaire pour former les temps parfaits : Jeg har spist (« J’ai mangé »).
Au présent, un verbe norvégien a la même forme à toutes les personnes : jeg snakker, du snakker, vi snakker. Pour la plupart des verbes, on ajoute simplement -r à l’infinitif : å snakke → snakker, å bo → bor. Quelques verbes très fréquents ont toutefois une forme irrégulière, comme å være → er et å gjøre → gjør.
En norvégien, l’adjectif prend généralement sa forme de base avec un nom masculin ou féminin, -t avec un nom neutre et -e au pluriel : en stor bil, et stort hus, store biler. Devant un nom défini, il prend aussi -e : den store bilen. Retenez d’abord ce schéma simple ; les principales exceptions sont présentées plus loin.
Dans une proposition déclarative principale en norvégien, le verbe conjugué occupe normalement la deuxième position : Jeg spiser frokost. Si un complément ouvre la phrase, le verbe reste en deuxième position et le sujet passe derrière lui : I dag spiser jeg frokost. Une position correspond à un groupe de mots, et non nécessairement à un seul mot.
En norvégien bokmål, ikke correspond le plus souvent à « ne… pas ». Dans une proposition principale, il vient après le verbe conjugué : Jeg forstår ikke (« Je ne comprends pas »). Dans une proposition subordonnée, il passe avant ce verbe : fordi jeg ikke forstår (« parce que je ne comprends pas »).
Pour une question à laquelle on répond par oui ou non, le norvégien place le verbe conjugué avant le sujet : Du snakker norsk devient Snakker du norsk? Avec un mot interrogatif, l’ordre de base est mot interrogatif + verbe + sujet : Hvor bor du? (« Où habites-tu ? »). Il n’existe pas d’équivalent obligatoire de « est-ce que ».
Le possessif norvégien s’accorde généralement avec ce qui est possédé : min bil « ma voiture », mitt hus « ma maison », mine bøker « mes livres ». Dans l’ordre le plus courant, il vient après un nom à la forme définie : bilen min, huset mitt, bøkene mine. À la troisième personne, sin/si/sitt/sine renvoie au sujet de la proposition, tandis que hans, hennes et deres renvoient à quelqu’un d’autre ou précisent le possesseur.
Les huit prépositions à connaître en priorité sont i « dans, en », på « sur, à », til « vers, chez », fra « de, depuis », med « avec », for « pour », av « de, par » et om « au sujet de, dans ». Le français « à » peut correspondre à i, på ou til, tandis que « de » peut devenir fra ou av : il vaut donc mieux mémoriser des groupes entiers comme i Norge, på jobb et til legen que des équivalences mot à mot.
Les nombres norvégiens sont assez réguliers : 21 se dit tjueen, c’est-à-dire « vingt-un », et 48 førtiåtte. Pour donner l’heure, retenez surtout que halv fire désigne la demi-heure avant quatre heures, donc 3 h 30. Les jours, les mois et les saisons s’écrivent normalement sans majuscule : mandag, mai, vinter.
Les verbes modaux kan, vil, skal, må, får et bør précisent si une action est possible, voulue, prévue, obligatoire, permise ou conseillée. Ils sont suivis d’un infinitif sans _å_ : Jeg kan svømme (« Je sais nager »), et non Jeg kan å svømme. Leur forme ne change pas selon la personne : jeg kan, du kan, vi kan.
En norvégien bokmål, denne / dette / disse désignent normalement ce qui est proche (« ce…-ci »), tandis que den / det / de désignent ce qui est plus éloigné (« ce…-là »). La forme s’accorde avec le genre et le nombre du nom, et le nom se met à la forme définie : denne bilen, dette huset, disse bilene.
Au singulier, l’article indéfini se place devant le nom : en pour le masculin, ei pour le féminin et et pour le neutre. Ainsi, on dit en mann (« un homme »), ei jente (« une fille ») et et eple (« une pomme »). Au pluriel, il n’existe pas d’article indéfini : on emploie le nom seul, ou noen pour exprimer « quelques ».
En norvégien, å introduit souvent un infinitif (la forme non conjuguée du verbe) : å lese « lire », Jeg prøver å lese « J’essaie de lire ». Après un verbe modal comme kan, vil, skal ou må, on garde l’infinitif mais on supprime å : Jeg kan lese. À l’écrit, ne confondez pas å, marqueur de l’infinitif, et og, qui signifie « et ».
Pour annoncer l’existence ou la présence de quelque chose, le norvégien emploie det er : Det er en katt i hagen signifie « Il y a un chat dans le jardin ». La même forme sert au singulier et au pluriel : Det er mange mennesker her, « Il y a beaucoup de monde ici ». Au passé, er devient var : Det var en katt her, « Il y avait un chat ici ».
Les cinq mots og (« et »), men (« mais »), eller (« ou »), for (« car ») et så (« donc ») relient des éléments de même niveau : des mots, des groupes de mots ou deux propositions principales. Lorsqu'ils relient deux propositions, ils ne prennent pas la première place dans la seconde et ne provoquent donc pas, à eux seuls, l'inversion du sujet et du verbe : Det regnet, så vi ble hjemme.
En bokmål, les verbes réguliers, aussi appelés verbes faibles, forment généralement leur prétérit et leur participe passé avec l'une de ces séries : -et / -et, -te / -t, -de / -d ou -dde / -dd. Ainsi, snakke donne snakket – snakket, kjøpe donne kjøpte – kjøpt et bo donne bodde – bodd. La même forme verbale s'emploie avec toutes les personnes.
Le norvégien emploie det comme sujet formel lorsqu’aucune personne ni aucune chose précise n’accomplit l’action : Det regner (« Il pleut »), Det er kaldt (« Il fait froid »). Pour un francophone, cet emploi rappelle souvent le il impersonnel ou le ce de « c’est », mais la construction norvégienne obéit à l’ordre des mots norvégien : I dag regner det (« Aujourd’hui, il pleut »).
Les verbes irréguliers norvégiens ne forment pas toujours leur passé avec une terminaison prévisible : gå – gikk – gått, se – så – sett, komme – kom – kommet. Le plus efficace est d’apprendre chaque verbe avec quatre formes : l’infinitif, le présent, le preteritum (le passé simple norvégien) et le participe passé. Ces formes restent les mêmes quel que soit le sujet : jeg gikk, hun gikk, vi gikk.
Pour dire « la grande voiture » en norvégien, on marque normalement le défini deux fois : den + adjectif en -e + nom défini, soit den store bilen. On emploie den au masculin ou au féminin singulier, det au neutre singulier et de au pluriel. Cette structure est nécessaire lorsque l’adjectif se trouve devant le nom ; sans adjectif, le suffixe du nom suffit généralement : bilen.
Pour dire « aimer » au sens d’« apprécier », le norvégien emploie surtout liker : Jeg liker sjokolade (« J’aime le chocolat »). Devant une activité, on utilise liker å + infinitif : Hun liker å lese (« Elle aime lire »). Elsker marque une émotion plus forte, tandis que foretrekker, best et bedre enn servent à exprimer une préférence.
Le norvégien distingue souvent le lieu où l’on se trouve de la direction vers laquelle on se déplace. Ainsi, Jeg er hjemme signifie « je suis chez moi », tandis que Jeg går hjem signifie « je rentre chez moi ». Pour débuter, retenez les paires her/hit, der/dit, hjemme/hjem, ute/ut, inne/inn, oppe/opp et nede/ned.
En norvégien courant, hei sert de salutation passe-partout, takk permet de remercier, unnskyld d’attirer poliment l’attention ou de s’excuser, et ha det de prendre congé. Contrairement au français, la politesse ne repose généralement pas sur une opposition entre « tu » et « vous » : du est la forme normale dans presque toutes les conversations, tandis que le ton et la formulation de la demande marquent le respect.
Les nombres ordinaux indiquent un rang : første « premier », andre « deuxième », tredje « troisième », fjerde « quatrième ». Devant un nom défini, on rencontre souvent la structure den/det/de + ordinal + nom défini : den første dagen, det tredje forsøket. Dans plusieurs expressions courantes, notamment første gang et i fjerde etasje, l’article disparaît.
Pour un besoin, employez surtout trenge : Jeg trenger hjelp (« J’ai besoin d’aide »). Ha behov for exprime également un besoin, souvent de manière plus appuyée ou plus formelle. Pour une envie, dites ha lyst på devant une chose et ha lyst til å devant un verbe : Jeg har lyst på kaffe (« J’ai envie de café »), mais Jeg har lyst til å reise (« J’ai envie de voyager »).
Certains verbes norvégiens se terminent par -s jusque dans leur forme de base : møtes « se rencontrer », synes « penser, trouver », finnes « exister » et lykkes « réussir ». Au présent, on ne leur ajoute pas le -r habituel : on dit vi møtes, jamais vi møteser. Leur sens n'est pas toujours prévisible ; le plus sûr est donc d'apprendre chaque verbe en -s avec sa construction et son passé.
Pour débuter, retenez les lieux comme des expressions complètes : i byen (« en ville »), mais på landet (« à la campagne »), på skolen (« à l’école ») et på jobben (« au travail »). En général, i présente un espace, une ville ou un territoire comme un intérieur, tandis que på s’emploie volontiers pour une surface, une institution ou une activité associée à un lieu. Cette tendance aide à comprendre le système, mais elle ne remplace pas l’apprentissage des usages consacrés.
A2 (10)
Le preteritum, ou prétérit, situe un fait dans le passé : Jeg snakket med ham (« J’ai parlé avec lui »). Sa forme est identique à toutes les personnes. Les verbes faibles prennent le plus souvent -et, -te ou -de, tandis que les verbes forts changent souvent de voyelle : gå → gikk, skrive → skrev.
Le perfektum se forme avec har + participe passé : Jeg har spist (« J’ai mangé »). Il présente un fait passé qui reste pertinent maintenant, une expérience sans date passée précise ou une situation commencée dans le passé et toujours vraie. Pour raconter un fait entièrement situé dans un passé terminé, le norvégien emploie plutôt le preteritum : Jeg spiste i går (« J’ai mangé hier »).
Un verbe réfléchi indique que l’action revient sur la personne qui l’accomplit : Jeg vasker meg signifie « Je me lave ». En norvégien, le pronom réfléchi change avec le sujet : meg, deg, seg, oss, dere, seg. Il se place normalement après le verbe ou après l’infinitif auquel il appartient.
En norvégien, un pronom qui subit ou reçoit l’action prend généralement une forme complément : Hun ser meg (« Elle me voit »), Jeg hjelper deg (« Je t’aide »). Contrairement aux petits pronoms français placés avant le verbe, ces formes viennent le plus souvent après le verbe : Jeg kjenner ham, et non devant celui-ci. La même série sert aussi après une préposition : med meg, til deg, for dem.
Une proposition subordonnée norvégienne commence souvent par at, om, når, mens ou fordi. Son point distinctif est la place des adverbes de phrase tels que ikke : on dit Jeg vet at hun ikke kommer, avec ikke avant le verbe conjugué, et non après comme dans une proposition principale. Si la subordonnée ouvre la phrase, la principale qui suit commence normalement par son verbe : Når hun kommer, lager vi middag.
En norvégien, un adjectif court forme généralement son comparatif avec -ere et son superlatif avec -est : kald – kaldere – kaldest (« froid – plus froid – le plus froid »). Les adjectifs longs emploient souvent mer et mest, tandis que quelques mots très courants sont irréguliers : god – bedre – best (« bon – meilleur – le meilleur »).
Pour exprimer un lien comme « le livre d’Anna », le norvégien place d’abord le possesseur et lui ajoute -s : Annas bok. Le nom de la chose possédée vient ensuite, généralement sous sa forme simple : guttens hund (« le chien du garçon »), husets tak (« le toit de la maison »). Dans le cas courant, le -s s’écrit sans apostrophe.
Le norvégien distingue nettement le moment, la durée et le délai : for to år siden signifie « il y a deux ans », i to år « pendant/deux ans durant » et om to år « dans deux ans ». Beaucoup de repères courants s’emploient sans préposition : i går (« hier »), i dag (« aujourd’hui »), i morgen (« demain »), neste uke (« la semaine prochaine »).
Devant un nom, utilisez surtout litt pour « un peu de », mye pour « beaucoup de » avec une matière ou une quantité non comptée, et mange avec des éléments que l’on compte au pluriel : litt vann, mye tid, mange bøker. Nok signifie « assez » et for « trop » : nok penger, for dyrt, for mange spørsmål. Contrairement au français, le norvégien n’ajoute généralement aucun équivalent de « du, de la, des » devant un nom indéfini.
Au prétérit (le temps simple employé pour raconter le passé), kan, vil, skal et må deviennent kunne, ville, skulle et måtte. Le modal porte la marque du passé et le verbe qui suit reste à l’infinitif sans å : Jeg kunne ikke komme signifie « Je ne pouvais pas venir » ou « Je n’ai pas pu venir ». Une même forme sert à toutes les personnes.
B1 (12)
Le norvégien n’a pas de terminaison verbale réservée au futur. Selon le sens, on emploie skal + infinitif pour un projet ou un engagement, kommer til å + infinitif pour une évolution attendue, vil + infinitif surtout pour une prédiction, ou simplement le présent lorsqu’un repère temporel rend l’avenir évident.
Le pluskvamperfektum se forme avec hadde + participe passé : Jeg hadde spist (« J’avais mangé »). Il présente une action ou une situation comme déjà accomplie avant un autre moment du passé. Contrairement au français, le norvégien emploie toujours hadde, et le participe passé ne s’accorde ni avec le sujet ni avec un complément.
Le norvégien n’ajoute pas de terminaison conditionnelle au verbe principal : il emploie surtout ville + infinitif sans å. Ainsi, jeg ville komme signifie « je viendrais ». Cette construction sert aux situations imaginées, mais aussi au futur vu depuis le passé ; les demandes polies utilisent souvent kunne ou ville gjerne.
L’impératif norvégien se forme généralement avec le radical du verbe (sa base sans terminaison) : å snakke → Snakk!, å lese → Les!, å komme → Kom! Il n’a qu’une seule forme, sans distinction entre « tu » et « vous ». Pour une demande moins directe, on emploie très souvent Kan du …? ou Kunne du …?, suivi de l’infinitif sans å.
En norvégien, som sert à relier un nom à une précision et correspond le plus souvent à « qui » ou « que » : mannen som bor her (« l’homme qui habite ici »). Som est obligatoire quand il représente le sujet de la relative, mais il peut être omis quand il représente son objet : boka (som) jeg leste (« le livre que j’ai lu »). Pour la possession, on peut employer hvis ; pour un lieu, der ou hvor sont fréquents.
Le norvégien peut former un passif en ajoutant -s au verbe : De bygger huset (« Ils construisent la maison ») devient Huset bygges (« La maison est en cours de construction »). Cette forme est surtout courante au présent, après un verbe modal, ainsi que dans les consignes, les annonces et les textes formels. Contrairement au français, elle n’emploie ni auxiliaire ni participe passé.
En norvégien bokmål, beaucoup d’adverbes de manière reprennent la forme neutre de l’adjectif, souvent en -t : rask « rapide » devient raskt « rapidement ». Dans une proposition principale, ikke, alltid, aldri, ofte se placent normalement après le verbe conjugué ; dans une subordonnée, ils passent avant lui : jeg kommer ikke, mais fordi jeg ikke kommer.
Le norvégien emploie surtout man pour parler des gens en général, comme le français on, et det comme sujet impersonnel : Man må vente (« Il faut attendre »), Det regner (« Il pleut »). Avec un passif en -s, det permet aussi de ne pas nommer l'auteur d'une parole ou d'une recommandation : Det sies at … (« On dit que… »).
Un verbe à particule associe un verbe et un petit mot accentué qui forme avec lui une nouvelle unité de sens : gå ut « sortir », stå opp « se lever », slå av « éteindre ». Seul le verbe se conjugue, tandis que la particule reste inchangée : står opp, stod opp, har stått opp. Avec un complément pronominal, l’ordre le plus courant est verbe + pronom + particule : Slå det av! « Éteins-le ! »
Les conjonctions temporelles relient deux événements dans le temps : da pour un moment ou une période unique dans le passé, når pour ce qui se répète ou se produira, mens pour deux actions simultanées, før pour « avant », etter at pour « après que », siden pour « depuis que » et til pour « jusqu’à ce que ». Pour un francophone, le contraste essentiel est celui-ci : le français emploie facilement « quand » partout, tandis que le norvégien oppose Da jeg kom … à Når jeg kommer ….
Une question indirecte norvégienne commence par om lorsque la réponse attendue est oui ou non, et par un mot interrogatif comme hvor, når ou hvorfor dans les autres cas. Elle suit l’ordre d’une proposition subordonnée : on dit Jeg vet ikke hvor han bor, sans inversion, et hvorfor hun ikke ringte, avec ikke avant le verbe conjugué.
Selv om (« bien que, même si ») et med mindre (« à moins que ») introduisent une proposition subordonnée. Enten…eller (« soit…soit ») et verken…eller (« ni…ni ») relient deux possibilités ou deux éléments parallèles. Avec selv om et med mindre, retenez surtout l’ordre propre à la subordonnée : ikke se place avant le verbe conjugué.
B2 (10)
Une leddsetning, ou proposition subordonnée, ne constitue normalement pas un énoncé autonome : elle remplit une fonction dans une phrase plus grande. En norvégien, on distingue surtout les subordonnées nominales (at du kommer), circonstancielles (fordi du kommer) et relatives (personen som kommer). Quelle que soit leur fonction, elles suivent généralement l’ordre subordonné, notamment sujet + ikke + verbe conjugué, tandis qu’une subordonnée placée en tête entraîne l’inversion dans la principale qui suit.
Le passif avec bli + participe passé présente surtout une action subie ou le passage à un nouvel état : Vinduet ble knust signifie « La fenêtre a été brisée ». Il se distingue en général du passif en -s, qui convient bien aux processus, règles et indications, et de være + participe passé, qui décrit plutôt l’état obtenu.
Pour rapporter des paroles sans les citer mot pour mot, le norvégien emploie généralement une proposition introduite par at (« que ») ou, pour une question fermée, par om (« si ») : Hun sa (at) hun var trøtt ; Han spurte om jeg kunne komme. Après un verbe introducteur au passé, le temps, les pronoms et les repères comme i dag ou her peuvent changer. Même quand at est omis, la proposition rapportée conserve l’ordre des mots d’une subordonnée.
Une phrase conditionnelle norvégienne associe généralement une proposition en hvis (« si ») à une conséquence. On emploie le présent pour une condition réelle ou possible, le prétérit pour une hypothèse irréelle au présent, et hadde + participe passé pour une situation passée qui ne s’est pas réalisée. La conséquence hypothétique se construit le plus souvent avec ville + infinitif, ou ville ha + participe passé lorsqu’elle concerne le passé.
En norvégien, les éléments d’un mot composé s’écrivent normalement en un seul mot : jernbanestasjon, « gare ferroviaire ». Le dernier élément porte le sens grammatical principal et détermine notamment le genre : et sykehus, car hus est neutre. Entre les éléments, il peut ne rien y avoir ou apparaître une lettre de liaison, surtout -s- ou -e-, qu’il faut souvent apprendre avec le mot.
En norvégien, være + participe passé présente surtout l’état qui résulte d’une action : Døra er stengt signifie que la porte est actuellement fermée. Pour raconter l’action ou le changement, on préfère bli + participe passé : Døra ble stengt (« la porte a été fermée »). Le passif en -s sert notamment à décrire un processus, une habitude ou une consigne : Døra stenges klokka ni (« la porte ferme / est fermée à neuf heures »).
Un adverbial de phrase exprime le point de vue du locuteur sur toute une proposition : possibilité avec kanskje, regret avec dessverre, rectification avec faktisk. Dans une principale neutre, il vient généralement après le verbe conjugué (Hun kommer kanskje), mais dans une subordonnée, il se place normalement avant ce verbe (fordi hun kanskje kommer). Placé en tête, il entraîne l’ordre verbe-sujet propre aux principales norvégiennes : Kanskje kommer hun.
En norvégien, for å + infinitif exprime généralement le but, uten å + infinitif une action non réalisée, ved å + infinitif le moyen et i stedet for å + infinitif le remplacement. Dans ces groupes, å introduit l’infinitif : Jeg kom for å hjelpe (« Je suis venu pour aider »). La personne qui accomplit l’action à l’infinitif est normalement comprise grâce au reste de la phrase ; si elle change, il faut souvent une proposition avec at.
Pour exprimer qu’une personne amène une autre personne à agir, le norvégien emploie surtout få noen til å + infinitif : Jeg fikk ham til å le (« Je l’ai fait rire »). Pour accorder une permission, on utilise la noen + infinitif, sans å ; pour formuler une demande, be noen om å + infinitif. Le choix de la construction précise donc s’il y a résultat obtenu, permission ou simple demande.
Pour reprendre un nom déjà mentionné, le bokmål emploie den avec un nom singulier de genre commun, det avec un nom singulier neutre et de avec un pluriel. Det peut aussi reprendre une situation entière ou n’avoir aucun référent précis, notamment dans Det regner (« Il pleut ») et dans les phrases clivées comme Det var Kari som ringte (« C’est Kari qui a appelé »).
C1 (8)
Le konjunktiv norvégien n’est plus un mode productif : on ne conjugue pas librement tous les verbes au subjonctif comme en français. Il survit surtout dans des formules telles que Leve kongen! (« Vive le roi ! »), Gud bevare Norge! (« Que Dieu protège la Norvège ! ») et det være seg … (« que ce soit… »). Pour exprimer un souhait ou une situation irréelle, le norvégien moderne emploie plutôt gid, måtte, un temps du passé ou un verbe modal.
Le participe présent norvégien (presens partisipp) se termine normalement par -ende : snakke → snakkende, lese → lesende, bo → boende. Cette forme est invariable et sert surtout à décrire un nom ou à accompagner certains verbes de position et de mouvement : smilende barn (« des enfants souriants »), Han kom løpende (« Il est arrivé en courant »). Elle ne forme pas à elle seule un présent progressif comparable à « être en train de ».
Le participe passé (perfektum partisipp, une forme issue d’un verbe) peut décrire un nom comme le ferait un adjectif : en skrevet bok (« un livre écrit »), et malt hus (« une maison peinte »), de kjøpte bilene (« les voitures achetées »). Devant un nom, il s’accorde généralement selon la forme commune, le neutre, le pluriel et le défini, mais le modèle dépend du verbe : malt → malte, tandis que skrevet → skrevne. Après har, en revanche, il appartient au parfait et reste inchangé : De har skrevet bøkene (« Ils ont écrit les livres »).
Le norvégien écrit formel combine souvent le passif, les nominalisations, les mots composés et un vocabulaire précis pour mettre l’accent sur une procédure, un résultat ou une règle plutôt que sur la personne qui agit. On rencontre ainsi Søknaden behandles innen fire uker (« La demande est traitée sous quatre semaines ») ou i henhold til forskriften (« conformément au règlement »). Un bon style formel n’est toutefois pas nécessairement lourd : en Norvège aussi, la langue administrative moderne privilégie la clarté.
En norvégien, on peut mettre en tête l’élément sur lequel on veut attirer l’attention, mais le verbe conjugué reste en deuxième position : Den boka har jeg lest (« Ce livre-là, je l’ai lu »). Pour une mise en relief plus explicite, on emploie aussi une phrase clivée construite avec det er… som : Det er han som har gjort det (« C’est lui qui l’a fait »).
La nominalisation consiste à présenter une action ou une qualité sous la forme d’un nom : å forbedre « améliorer » devient en forbedring « une amélioration », et fri « libre » donne frihet « liberté ». En norvégien, les terminaisons -ing/-ning, -else et -het sont fréquentes dans les rapports, la presse et les textes administratifs. Le choix de la forme n’est toutefois pas entièrement prévisible : il faut apprendre chaque nom avec son genre et ses constructions habituelles.
Les groupes comme i forhold til, til tross for, i forbindelse med et med tanke på fonctionnent comme des prépositions composées : il faut les apprendre comme des unités, puis les faire suivre du complément qui convient. Leur équivalent français dépend du contexte, et non d’une traduction mot à mot : i forhold til peut signifier « par rapport à », tandis que med tanke på peut exprimer soit la prise en compte, soit un objectif.
En norvégien, la concordance des temps consiste surtout à situer chaque fait par rapport à un repère temporel. Après un verbe au passé, on emploie généralement le prétérit pour un fait simultané, hadde + participe passé pour un fait antérieur et ville, skulle ou kom til å + infinitif pour un fait postérieur. Le présent reste toutefois possible si le locuteur présente l’information comme encore vraie ou directement liée au moment où il parle.
C2 (7)
En Norvège, le dialecte est un mode d’expression normal dans presque toutes les situations : il n’existe pas une unique prononciation orale officielle que tout le monde serait censé adopter. Des formes comme jeg / eg / æ, ikke / ikkje / itj ou hjem / heim peuvent exprimer le même sens tout en signalant une région, une histoire locale ou l’identité du locuteur. Le bokmål et le nynorsk, en revanche, sont deux normes écrites et non deux dialectes parlés.
Une expression idiomatique associe plusieurs mots pour produire un sens que leur lecture littérale ne suffit pas à expliquer : ha is i magen (« garder son sang-froid ») ne parle normalement ni de glace ni d’estomac. Pour l’employer naturellement, il faut apprendre ensemble sa forme, son sens, les situations où elle convient et les éléments que l’on peut modifier. Au niveau C2, l’enjeu n’est plus seulement de la comprendre, mais d’en maîtriser le registre, les sous-entendus et les détournements.
En norvégien, l’effet rhétorique vient souvent moins d’une forme rare que d’un décalage calculé : nier le contraire (ikke uventet), minimiser (mildt sagt), construire une symétrie (jo mer … desto mindre), ou placer un élément inhabituel en tête de phrase. Ces procédés ne changent pas seulement le contenu : ils indiquent aussi l’attitude du locuteur, par exemple la réserve, l’ironie, l’insistance ou la mise à distance.
Le norvégien juridique et administratif sert à définir précisément des droits, des obligations, des conditions et des procédures. Il se reconnaît à ses passifs, à ses nominalisations, à ses longues expansions et à des tournures comme såfremt, det påhviler ou nærværende forskrift. Les comprendre est indispensable au niveau C2, mais les employer à bon escient signifie aussi savoir préférer une formulation moderne et claire lorsqu'aucune tradition juridique ne justifie la lourdeur.
En norvégien, jo, vel, da, altså et visst ne changent pas seulement le contenu d’une phrase : ils indiquent comment le locuteur présente ce contenu. Jo renvoie à un savoir partagé, vel à une supposition prudente, da insiste ou encourage, altså tire une conclusion ou reformule, et visst signale une information indirecte ou une apparence.
Le bokmål et le nynorsk sont les deux normes écrites officielles du norvégien. Ils partagent l’essentiel de leur grammaire, mais diffèrent notamment par des formes comme jeg / eg, ikke / ikkje, vi snakker / vi snakkar et guttene / gutane. À l’écrit, choisissez une norme et restez cohérent ; à l’oral, les Norvégiens parlent généralement leur dialecte, pas une « prononciation bokmål » ou « nynorsk » uniforme.
Les formes anciennes du norvégien se rencontrent surtout dans les classiques, les traductions bibliques, les proverbes, les discours solennels et quelques expressions figées. Il faut avant tout savoir les reconnaître : I et eder correspondent à différentes fonctions de « vous », ere à er, intet peut remplacer ikke noe, et des souhaits comme Leve kongen! conservent une construction aujourd’hui peu productive. Les employer librement dans une conversation moderne donnerait généralement un effet théâtral, biblique ou humoristique.
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