Grammaire catalan
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A1 (30)
Les principaux pronoms sujets catalans sont jo, tu, ell/ella, nosaltres, vosaltres, ells/elles, auxquels s’ajoutent les formes de politesse vostè et vostès. Contrairement au français, le catalan omet très souvent le pronom, car la forme du verbe suffit généralement à reconnaître la personne : Parlo català signifie « Je parle catalan ». On exprime surtout le pronom pour insister, opposer deux personnes ou lever une ambiguïté.
En catalan, chaque nom est masculin ou féminin, et il peut généralement être singulier ou pluriel. La terminaison donne souvent un indice : beaucoup de noms féminins finissent en -a, et le pluriel se forme le plus souvent avec -s ou -es. L’article confirme ces deux informations : el gat / els gats, mais la casa / les cases.
L’article défini catalan s’accorde avec le nom : el au masculin singulier, la au féminin singulier, els au masculin pluriel et les au féminin pluriel. Au singulier, el et souvent la deviennent l’ devant une voyelle ou un h : l’home, l’amiga. Pour débuter, retenez donc le système el / la / els / les, puis apprenez chaque nom avec son article.
Le catalan possède quatre articles indéfinis : un au masculin singulier, una au féminin singulier, uns au masculin pluriel et unes au féminin pluriel. Ils s’accordent avec le nom : un gat, una dona, uns amics, unes cases. Contrairement aux articles définis el et la, un et una ne s’élident pas devant une voyelle ou un h muet : on écrit una amiga et una hora, sans apostrophe.
Le français être correspond principalement à deux verbes catalans. On emploie ser pour identifier, définir, indiquer l’origine, la profession ou l’heure ; estar sert surtout à situer quelqu’un et à décrire son état ou une situation résultante : Soc infermera (« je suis infirmière »), mais Estic cansada (« je suis fatiguée »). Cette règle suffit pour débuter, même si certains adjectifs et certaines expressions de lieu demandent ensuite plus de nuance.
Pour conjuguer un verbe régulier en -ar au présent, on enlève -ar de l’infinitif et on ajoute -o, -es, -a, -em, -eu, -en : parlar → parlo, parles, parla, parlem, parleu, parlen. Comme la terminaison indique généralement la personne, le pronom sujet est souvent omis : Parlem català signifie « Nous parlons catalan ».
Au présent de l’indicatif, un grand nombre de verbes catalans en -er et -re suivent le modèle de perdre : perdo, perds, perd, perdem, perdeu, perden. Cependant, plusieurs verbes très courants changent de radical : beure donne bec, beus, beu, bevem, beveu, beuen, et veure donne veig, veus, veu, veiem, veieu, veuen. Comme la forme verbale indique généralement la personne, le pronom sujet est souvent omis.
Au présent de l’indicatif, les verbes catalans en -ir suivent deux grands modèles. Les verbes dits purs se conjuguent sans élément ajouté, comme dormir → dormo, dorms, dorm ; les verbes inchoatifs, très nombreux, ajoutent -eix- à certaines personnes, comme servir → serveixo, serveixes, serveix. À nosaltres et vosaltres, les deux modèles ont les mêmes terminaisons : -im et -iu.
En catalan, tenir sert à exprimer la possession et de nombreux états : Tinc dos germans, Tinc son, Tens raó. Haver a surtout deux emplois : la forme impersonnelle hi ha, équivalente à « il y a », et le rôle d’auxiliaire dans les temps composés : He arribat (« je suis arrivé »). Malgré leur ressemblance, haver n’est donc pas le verbe courant de la possession.
En catalan, on place généralement no juste avant le verbe conjugué : No parlo francès (« Je ne parle pas français »). Pour poser une question fermée, il suffit souvent de garder l’ordre habituel et de faire monter l’intonation : Parles català? Les mots négatifs comme res, mai, ningú et cap se combinent normalement avec no lorsqu’ils viennent après le verbe : No tinc res.
En catalan, l’adjectif s’accorde généralement avec le nom en genre (masculin ou féminin) et en nombre (singulier ou pluriel) : un gat negre, una gata negra, els gats negres, les gates negres. Il se place le plus souvent après le nom, mais certains adjectifs fréquents le précèdent, parfois avec une différence de sens : una ciutat gran « une grande ville par sa taille », mais una gran ciutat « une ville remarquable ».
Les prépositions catalanes les plus utiles au quotidien sont a (« à, vers »), de (« de, depuis »), en (« dans, en »), amb (« avec »), per et per a (deux emplois de « pour »), sense (« sans ») et entre (« entre »). Devant el et els, certaines formes se contractent : a + el = al, de + el = del et per + el = pel. La principale difficulté pour un francophone consiste à ne pas traduire automatiquement chaque à, de, en ou pour par une seule préposition catalane.
Pour compter jusqu’à 100, il faut surtout retenir les formes de base et la règle des traits d’union : vint-i-tres, mais trenta-quatre. Devant un nom, un/una et dos/dues s’accordent avec son genre : un llibre, una taula, dos llibres, dues taules. Les ordinaux les plus courants, comme primer, segon et tercer, s’accordent eux aussi.
Pour demander l’heure, on dit Quina hora és? La réponse est au singulier pour une heure — És la una — et au pluriel à partir de deux heures — Són les dues, són les tres. Les jours et les mois prennent normalement une minuscule : dilluns 12 de maig ; avui, demà et ahir signifient « aujourd’hui », « demain » et « hier ».
Pour commencer une conversation en catalan, retenez quatre ensembles : bon dia / bona tarda / bona nit pour saluer, em dic… pour se présenter, si us plau / gràcies / de res pour la politesse et adéu / fins aviat pour prendre congé. Le choix entre tu et vostè change certaines formes, mais quelques expressions, notamment si us plau, s’emploient très largement quel que soit l’interlocuteur.
Au présent, anar, fer, dir, poder, voler, saber et venir ont des formes qu’on ne peut pas déduire entièrement de leur infinitif : vaig, faig, dic, puc, vull, sé, vinc. Il faut surtout mémoriser ces sept formes en jo, puis apprendre le paradigme (l’ensemble des formes d’une conjugaison) de chaque verbe. Comme le sujet est souvent omis en catalan, la terminaison du verbe indique à elle seule qui accomplit l’action.
En catalan, le possessif s’accorde avec ce qui est possédé, et non avec la personne qui possède : el meu gat, mais la meva gata. Devant un nom, les formes courantes s’emploient normalement avec l’article défini : el meu llibre, les nostres amigues. Retenez donc le groupe entier — article + possessif + nom — plutôt que le possessif isolé.
Les démonstratifs catalans désignent un être ou une chose en fonction de sa distance : aquest pour ce qui est proche, aqueix pour ce qui est près de l’interlocuteur, et aquell pour ce qui est éloigné. Ils s’accordent avec le nom : aquest llibre, aquesta casa, aquests llibres, aquestes cases. Pour une chose non identifiée, une idée ou une situation entière, on emploie les formes neutres invariables això et allò.
Un adverbe précise où, quand, à quelle fréquence, dans quelle mesure ou de quelle manière une action se déroule. En catalan, les adverbes sont invariables : on dit parla molt, parlen molt et estan molt cansades, sans modifier molt. Pour commencer, retenez surtout aquí, allà, ara, sempre, mai, molt, poc, bé et malament.
Pour dire « aimer quelque chose », le catalan construit la phrase comme le français cela me plaît : M'agrada el cinema et M'agraden les pel·lícules. Le verbe irrégulier anar signifie « aller » : Vaig a Barcelona. Avec les pronoms me, te, se… et en, anar-se'n signifie « partir » : Me'n vaig.
En catalan, les noms de personnes varient souvent selon le genre et le nombre : germà / germana (« frère / sœur »), fill / filla (« fils / fille »), avi / àvia (« grand-père / grand-mère »). Avec un possessif, le catalan emploie normalement aussi l’article défini : el meu pare, la meva mare, els meus avis. Au pluriel, une forme masculine peut désigner un groupe masculin ou mixte : els germans peut donc signifier « les frères » ou « les frères et sœurs » selon le contexte.
Pour parler simplement de ce que l'on mange et boit, retenez d'abord menjar (« manger »), beure (« boire ») et prendre (« prendre, consommer »), ainsi que quelques noms fréquents : pa, formatge, aigua, carn, cafè et vi. Au café ou au restaurant, Voldria..., si us plau est une manière polie et très utile de dire « Je voudrais..., s'il vous plaît ».
En catalan, a, de et per fusionnent avec les articles masculins el et els : al, als, del, dels, pel, pels. Devant une voyelle ou un h muet, l’article singulier et plusieurs pronoms faibles perdent plutôt une voyelle et prennent une apostrophe : l’escola, l’home, m’agrada. On écrit donc al cinema, mais a l’escola, jamais al escola.
En catalan, un mot de couleur employé comme adjectif se place généralement après le nom et s'accorde avec lui en genre et en nombre : un cotxe vermell, una camisa vermella, uns cotxes vermells, unes camises vermelles. Les formes les plus courantes suivent ce principe, mais leur féminin et leur pluriel ne se construisent pas toujours exactement comme en français : blau → blava, groc → groga → grogues.
Pour raconter une journée habituelle, mettez le verbe au présent, puis ajoutez si nécessaire une heure ou un moment de la journée : Em llevo a les set (« Je me lève à sept heures »), Esmorzo a les vuit (« Je prends mon petit-déjeuner à huit heures »). Retenez a la una pour une heure, mais a les devant les autres heures, ainsi que les verbes simples esmorzar, dinar et sopar pour parler des repas.
Pour décrire le temps, le catalan emploie surtout fer dans des expressions comme fa sol, fa fred et fa vent, des verbes sans sujet exprimé comme plou et neva, ainsi que estar avec un état comme està ennuvolat. Pour demander quel temps il fait, on dit Quin temps fa? Contrairement au français, on n’ajoute pas de pronom équivalent à « il » devant ces verbes.
Pour signaler une douleur, le catalan emploie em fa mal + article + partie du corps : Em fa mal el cap (« J’ai mal à la tête »). Avec plusieurs parties douloureuses, le verbe passe au pluriel : Em fan mal les cames. Pour décrire son état, on dit notamment tenir febre (« avoir de la fièvre »), estar malalt/malalta (« être malade ») et haver de + infinitif pour exprimer une nécessité : He d’anar al metge.
Pour demander où se trouve un lieu, dites On és…? : On és l’estació? (« Où est la gare ? »). Pour comprendre ou donner une direction simple, retenez surtout aquí (« ici »), allà (« là-bas »), a prop (« près »), lluny (« loin »), a la dreta (« à droite »), a l’esquerra (« à gauche ») et tot dret (« tout droit »).
En catalan, poder, voler et saber se placent directement devant un infinitif (la forme non conjuguée du verbe) : puc entrar (« je peux entrer »), vull sortir (« je veux sortir »), sé cuinar (« je sais cuisiner »). Ils sont irréguliers au présent, surtout dans les formes très fréquentes puc, vull et sé. Aucun a ni de ne s’intercale entre ces verbes et l’infinitif.
Pour demander une information en catalan, on emploie notamment què « que / quoi », qui « qui », on « où », quan « quand », com « comment », per què « pourquoi », quant « combien » et quin « quel / lequel ». Quant et quin s’accordent lorsqu’ils accompagnent ou remplacent un nom : quanta aigua, quants anys, quina llengua. Contrairement au français, la plupart de ces mots n’ont pas d’accent graphique : il faut surtout retenir què et per què.
A2 (12)
Le passat perifràstic exprime normalement une action passée et achevée. Il se forme avec une forme spéciale issue de anar suivie de l’infinitif (la forme non conjuguée du verbe) : vaig arribar « je suis arrivé(e) », vas veure « tu as vu », van dir « ils ont dit ». Malgré sa ressemblance avec le français aller + infinitif, cette construction renvoie au passé, pas au futur proche.
Le perfet d’indicatiu se forme avec le présent de haver suivi du participe passé : he parlat, has menjat, han sortit. Il présente une action passée comme liée au présent, notamment avec avui (« aujourd’hui »), aquesta setmana (« cette semaine »), ja (« déjà ») ou encara no (« pas encore »). Contrairement au passé composé français, il ne sert pas automatiquement à raconter tout événement achevé du passé.
Les pronoms faibles catalans remplacent un complément déjà connu et se placent généralement avant un verbe conjugué : La conec (« Je la connais »). Ils se placent après l’infinitif et l’impératif affirmatif, avec un trait d’union ou une apostrophe : ajudar-me (« m’aider »), mira’l (« regarde-le »). Pour débuter, retenez surtout les formes em, et, el, la, ens, us, els, les et demandez-vous qui ou quoi subit l’action.
Un verbe pronominal catalan associe le verbe à un pronom faible (un petit pronom non accentué qui s’appuie sur le verbe) renvoyant au sujet : em llevo « je me lève », et rentes « tu te laves », es troba bé « il ou elle se sent bien ». Au présent, la série de base est em, et, es, ens, us, es. Devant un verbe conjugué, le pronom vient normalement avant celui-ci ; avec un infinitif, il s’attache généralement à la fin : em vull llevar ou vull llevar-me.
Le catalan emploie surtout que pour les relatives simples, là où le français choisit qui ou que : la dona que parla (« la femme qui parle »), el llibre que llegeixo (« le livre que je lis »). On renvoie normalement à un lieu : la casa on visc. Pour un nom de temps, on utilise couramment que — el dia que vam arribar — tandis que quan introduit plutôt directement le moment où quelque chose se produit.
Les mots i « et », o « ou » et però « mais » relient des éléments de même nature, tandis que perquè, com que, quan, si, mentre et encara que introduisent une proposition, c’est-à-dire un petit groupe organisé autour d’un verbe. Pour commencer, retenez surtout les équivalences simples ; le choix du mode verbal et les nuances de sens sont présentés plus loin.
Pour décrire une personne, le catalan emploie surtout ser avec un adjectif (És alt), tenir avec une partie du corps (Té els ulls blaus) et portar avec un accessoire ou un style (Porta ulleres). Estar sert plutôt à présenter un état ou un résultat visible à ce moment-là : Està molt morena del sol. Comme en français, l’adjectif s’accorde généralement avec le nom ou la personne décrite.
Le participe passé se forme régulièrement en -at, -ut ou -it : parlat, perdut, dormit. Il sert notamment avec haver dans les temps composés : He parlat (« J’ai parlé »). Le gérondif, en -ant, -ent ou -int, présente une action en cours ou une action qui accompagne la principale : Està menjant (« Il/Elle est en train de manger »), Va sortir corrent (« Il/Elle est sorti(e) en courant »).
En catalan, em, et, li, ens, us et els remplacent le destinataire introduit par a : Dono el llibre a la Joana devient Li dono el llibre (« Je lui donne le livre »). Le pronom se place normalement avant un verbe conjugué, mais après un infinitif, un gérondif ou un impératif affirmatif : li dic, dir-li, dient-li, digues-li.
Les ordinaux catalans indiquent une place dans une série et s’accordent avec le nom : el primer dia, mais la primera vegada. Devant un nom, molt, poc et bastant s’accordent également, tandis que massa « trop de » et prou « assez de » restent invariables : moltes preguntes, poca aigua, massa gent, prou cadires.
Pour donner simplement son avis, on emploie surtout crec que (« je pense que ») ou em sembla que (« il me semble que »). Pour choisir, on utilise prefereixo, et pour marquer l’accord ou le désaccord, estic d’acord ou no estic d’acord, normalement suivis de amb devant une personne ou une idée.
Pour exprimer un déplacement en catalan, retenez d’abord trois repères : a indique généralement la destination (anar a Barcelona), de indique l’origine (venir de Girona) et certains verbes se construisent directement avec le trajet (pujar les escales). Devant el et els, les contractions sont obligatoires : a + el = al, a + els = als, de + el = del, de + els = dels.
B1 (13)
L’imperfet d’indicatiu présente une situation passée sans en montrer les limites : une habitude, un état, une description ou une action en cours. Il se forme généralement avec -ava pour les verbes en -ar et -ia pour ceux en -er, -re et -ir : cantava, perdia, dormia. Son emploi ressemble beaucoup à celui de l’imparfait français, mais il faut surtout savoir l’opposer au passat perifràstic, qui raconte un fait achevé.
Le futur simple catalan se construit avec une base verbale suivie des terminaisons -é, -às, -à, -em, -eu, -an : cantaré, cantaràs, cantarà… Ces terminaisons sont les mêmes pour tous les groupes, mais plusieurs verbes fréquents changent de base : fer → faré, tenir → tindré, venir → vindré. Il sert surtout à annoncer, prévoir ou promettre ce qui se produira.
Le conditionnel catalan se forme avec le radical du futur et les terminaisons -ia, -ies, -ia, -íem, -íeu, -ien : cantaria (« je chanterais »), podries (« tu pourrais »). Il sert surtout à présenter une situation imaginaire, à formuler une demande avec tact et à exprimer un fait futur vu depuis le passé. Dans une hypothèse avec si, on dit Si pogués, ho faria, et non si podria.
En catalan, l’ordre affirmatif emploie des formes comme canta, beveu ou dormiu. L’interdiction se construit avec no + subjonctif présent : No parlis tan fort! Les pronoms faibles se placent après le verbe à l’affirmatif (Fes-ho!), mais avant lui au négatif (No ho facis!).
Le subjonctif présent catalan présente une action comme souhaitée, nécessaire, incertaine, ressentie ou visée : Vull que vinguis (« Je veux que tu viennes »). Il apparaît souvent dans une proposition introduite par que, après des expressions comme vull que, cal que et dubto que, ainsi que dans un but avec perquè. Les terminaisons régulières de cantar sont canti, cantis, canti, cantem, canteu, cantin.
Pour comparer deux éléments, le catalan emploie més… que (« plus… que »), menys… que (« moins… que ») et tan… com (« aussi… que »). Le superlatif relatif se construit avec un article défini et més ou menys : la ciutat més gran (« la plus grande ville »). Les formes millor, pitjor, major et menor correspondent notamment à « meilleur », « pire », « plus grand » et « plus petit », mais leur emploi demande quelques nuances.
Le pronom en reprend surtout une quantité, un nom indéfini ou un complément introduit par de : Vols cafè? En vull (« Tu veux du café ? J’en veux »). Le pronom hi reprend surtout un lieu ou un complément introduit par a, en ou amb : Vas al mercat? Hi vaig (« Tu vas au marché ? J’y vais »). Comme les pronoms français en et y, ils évitent de répéter une information déjà connue, mais les correspondances ne sont pas toujours automatiques.
Le catalan présente généralement un fait achevé dans une période révolue avec le passé périphrastique (vaig parlar), un fait situé dans une période encore en cours ou lié au présent avec le parfait (he parlat), et une habitude, un état ou un arrière-plan avec l’imparfait (parlava). Pour raconter, l’imparfait installe souvent le décor, tandis que le passé périphrastique fait avancer l’action : Plovia quan vaig sortir.
Pour exprimer une condition réelle ou possible, le catalan emploie généralement si + présent de l’indicatif, puis le présent, le futur ou l’impératif dans l’autre partie de la phrase : Si estudies, aprovaràs (« Si tu étudies, tu réussiras »). Même lorsque le résultat concerne l’avenir, on ne met normalement pas le futur juste après si.
Une périphrase verbale associe un verbe conjugué à un infinitif (la forme non conjuguée, comme venir ou fumar) pour exprimer une obligation, une action imminente, récente, répétée ou interrompue. Dans Has de venir, seul has se conjugue : l’infinitif venir reste inchangé. Il faut surtout mémoriser la préposition propre à chaque construction : a, de ou aucune.
Avec un adjectif, ser présente généralement une caractéristique qui définit le sujet, tandis que estar décrit son état dans une situation donnée : És alegre (« cette personne est d'un naturel joyeux »), mais Està alegre avui (« elle est joyeuse aujourd'hui »). Ser sert aussi à situer un événement dans le temps ou l'espace, alors que estar met souvent en avant l'état résultant d'une action : La reunió és a les tres ; La porta està oberta.
Le catalan emploie souvent une tournure sans personne nommée comme sujet : cal + infinitif signifie « il faut », es pot + infinitif « on peut », es diu que « on dit que » et fa falta « il faut / il manque ». Lorsque la personne qui doit agir est précisée, cal que et fa falta que sont suivis du subjonctif (le mode qui présente l’action comme voulue, nécessaire ou envisagée) : Cal que vinguis (« Il faut que tu viennes »).
Quand le verbe ou l’expression exige une préposition, le catalan la place devant le pronom relatif : la persona amb qui parlo, el tema de què parlàvem. Pour une personne, on emploie volontiers préposition + qui ; pour une chose, préposition + què ; préposition + article + qual convient aux deux et s’accorde avec le nom repris : del qual, de la qual, dels quals, de les quals.
B2 (10)
Le subjuntiu imperfet reste courant en catalan : volia que vinguessis (« je voulais que tu viennes ») et si pogués, ho faria (« si je pouvais, je le ferais »). Il se forme notamment avec les terminaisons -és, -essis, -és, -éssim, -éssiu, -essin pour beaucoup de verbes, mais le radical de certains verbes fréquents change : ser → fos, fer → fes, venir → vingués.
Le catalan peut former le passif avec ser + participe passé accordé : La carta ha estat enviada (« La lettre a été envoyée »). Toutefois, il préfère très souvent une tournure avec es, surtout lorsque l'auteur de l'action n'est pas indiqué : Es venen pisos (« On vend des appartements »). Le verbe ser porte le temps, tandis que le participe s'accorde avec le sujet.
Pour imaginer une situation peu probable ou contraire à la réalité, le catalan emploie si + subjonctif imparfait + conditionnel présent : Si tingués temps, vindria (« Si j’avais le temps, je viendrais »). Pour un passé qui ne s’est pas réalisé, il emploie si + plus-que-parfait du subjonctif + conditionnel passé : Si hagués tingut temps, hauria vingut (« Si j’avais eu le temps, je serais venu »). Contrairement au français, la proposition introduite par si est donc au subjonctif, et non à l’indicatif.
Le catalan introduit généralement une déclaration rapportée par que et une question fermée par si. Après un verbe introducteur au passé, les temps reculent souvent : présent → imparfait, passé périphrastique → plus-que-parfait, futur → conditionnel. Il faut également adapter le point de vue : personnes, pronoms, possessifs et mots comme avui, demà ou aquí peuvent changer.
Quand deux pronoms faibles catalans accompagnent le même verbe, leur ordre n’est pas libre : dans les combinaisons les plus courantes, le pronom réfléchi ou le complément indirect précède le complément direct, puis viennent éventuellement en ou hi. On obtient ainsi me'l va donar (« il me l’a donné »), se n'ha anat (« il/elle est parti(e) ») et li ho vaig dir (« je le lui ai dit »). La forme écrite dépend ensuite de la position du groupe : avant le verbe, on emploie surtout des espaces et des apostrophes ; après un infinitif ou un impératif affirmatif, des traits d’union.
Le plus-que-parfait catalan se forme avec l’imparfait de haver suivi du participe passé : havia cantat, « j’avais chanté ». Il situe un fait avant un autre repère passé. Le passé antérieur, haguí cantat ou vaig haver cantat, exprime surtout dans les récits soutenus un fait achevé juste avant le suivant ; dans la langue courante, il est rare.
Les connecteurs discursifs rendent explicite le cheminement d'un texte : a més a més ajoute un argument, tanmateix et no obstant això introduisent une réserve, d'altra banda présente un autre aspect, pel que fa a délimite un thème et en definitiva résume ou conclut. Placés en tête de phrase, ils sont généralement suivis d'une virgule, mais leur choix dépend surtout du lien logique que l'on veut exprimer.
Lorsqu’un verbe catalan appelle une préposition, celle-ci reste devant le pronom relatif : la casa en què visc, la persona de qui parlo, el motiu pel qual vaig marxar. On emploie surtout què pour une chose, qui pour une personne et el qual / la qual / els quals / les quals pour l’un ou l’autre, notamment dans un style plus explicite ou après une préposition complexe.
Le catalan exprime principalement la cause avec fer + infinitif : Em fa riure signifie « Il/Elle me fait rire » et He fet reparar el cotxe, « J’ai fait réparer la voiture ». Pour donner une permission, on emploie deixar + infinitif : Deixa’m parlar! (« Laisse-moi parler ! »). Comme en français, la personne qui accomplit l’action peut être exprimée, mais sa fonction et le pronom choisi dépendent du verbe à l’infinitif.
Le catalan peut condenser une proposition circonstancielle autour d’un participe passé ou d’un gérondif : Acabada la reunió, tothom va marxar (« Une fois la réunion terminée, tout le monde est parti ») ; Treballant junts, ho aconseguirem (« En travaillant ensemble, nous y arriverons »). Le participe s’accorde avec son propre sujet et présente généralement un fait déjà accompli ; le gérondif est invariable et exprime surtout la simultanéité, la manière, la cause ou une action antérieure étroitement liée au verbe principal.
C1 (8)
Le passat simple présente une action achevée dans le passé : arribà signifie « il ou elle arriva » et escrigueren, « ils ou elles écrivirent ». Il appartient surtout au récit écrit et à la littérature ; dans la conversation, la plupart des catalanophones choisissent le passat perifràstic, par exemple va arribar ou van escriure. Pour un francophone, son rôle rappelle donc largement celui du passé simple français.
Devant un prénom, le catalan peut employer un article personnel : en Joan, na Maria, n’Anna ; selon la région, on rencontre aussi el Joan et la Maria, ou aucun article. Par ailleurs, el peut transformer une qualité en notion abstraite (el més important, « le plus important »), tandis que això et allò renvoient à une chose, une idée ou une situation. Aux Baléares, l’article défini traditionnel prend souvent les formes es, sa, es/ets, ses : es ca correspond alors à el gos, « le chien ».
Le catalan formel recherche surtout la précision, la distance et une organisation logique claire. Il recourt volontiers à des tournures impersonnelles comme cal considerar ou es pot observar, au subjonctif après certains déclencheurs, à des connecteurs tels que tanmateix et à des formules de correspondance codifiées. Hom, nogensmenys et car existent bien, mais leur tonalité très soutenue ou littéraire impose de les employer avec mesure.
Une expression idiomatique est un groupe de mots dont le sens ne se déduit pas toujours du sens littéral : anar de cul ne signifie pas « aller sur les fesses », mais « être débordé ». Pour bien employer ces expressions catalanes, il faut apprendre ensemble leur forme, leur sens, leur registre et la situation dans laquelle elles paraissent naturelles.
Quand plusieurs pronoms faibles catalans accompagnent le même verbe, leur ordre est fixe : les pronoms de personne précèdent généralement le complément direct, puis viennent ho, en et hi. Avant le verbe, on écrit par exemple me la porta ou te'ls donaré ; après un infinitif, un gérondif ou un impératif affirmatif, on emploie des traits d’union : portar-me-la, donant-te'ls, porta-me'l. L’apostrophe se place autant que possible vers la droite du groupe : me'l, se'n, te'ls.
La subordination avancée relie une proposition principale à une proposition qui exprime notamment la concession, le but, la conséquence ou la cause. En catalan, le but appelle le subjonctif, la cause et la conséquence constatée prennent normalement l’indicatif, tandis que la concession permet souvent un choix de mode selon que le fait est affirmé ou seulement envisagé. Le connecteur compte aussi pour le registre : a fi que et atès que sont plus soutenus que perquè et com que.
L’orthographe catalane note la syllabe tonique et, pour e et o, l’ouverture de la voyelle au moyen d’accents graves ou aigus : cafè, mais també. Une écriture soignée exige aussi de distinguer le tréma (qüestió, veïna), le point médian de l’ela geminada (col·legi), l’apostrophe (l’amic, m’ho diu) et le trait d’union des pronoms placés après le verbe (porta-m’hi).
En catalan, le temps de la proposition principale sert de repère à la proposition subordonnée. Avec le subjonctif, un verbe principal au présent ou au futur appelle généralement le subjonctif présent (Vull que vinguis), tandis qu’un verbe au passé ou au conditionnel appelle l’imparfait du subjonctif (Volia que vinguessis). Pour une action déjà accomplie, on emploie respectivement le passé ou le plus-que-parfait du subjonctif.
C2 (7)
Le catalan varie de façon régulière selon les territoires : « le garçon » peut se dire el noi, s’al·lot ou el xic, et « j’ai chanté » vaig cantar ou cantí. Ces formes n’indiquent pas un catalan incorrect, mais des variétés différentes. Au niveau C2, le but prioritaire est de les reconnaître, de comprendre leur registre et de conserver une variété cohérente quand on parle ou écrit.
Le catalan médiéval n'est pas du catalan moderne écrit avec quelques lettres anciennes : la graphie varie, certaines formes grammaticales ont disparu et l'ordre des mots peut dérouter. Pour lire Llull, la Crònica de Jaume I ou Ausiàs March, il faut surtout apprendre à reconnaître les équivalences — e = i, lo = el, nós = nosaltres, dix = digué — sans chercher à les employer dans la conversation actuelle.
Le catalan administratif et juridique vise à exprimer avec précision qui décide, ce qui est exigé, dans quel délai et sur quel fondement. Il emploie souvent des tournures impersonnelles avec es, des noms d'action comme atorgament et denegació, ainsi que des formules telles que d'acord amb, cal que ou resta condicionat a. Les reconnaître est indispensable ; les accumuler ne rend toutefois pas un texte plus correct ni plus clair.
Le catalan familier (català col·loquial) est la langue de la conversation spontanée, des messages entre proches et de nombreux échanges en ligne. Il se reconnaît à des marqueurs comme o sigui, és que ou doncs, à des expressions imagées, à des formes abrégées et, selon les locuteurs, à des emprunts au castillan tels que bueno et vale. Le maîtriser, c’est surtout savoir ce que ces formes font dans l’échange et dans quelles situations elles conviennent.
En catalan, le choix de mots comme potser, oi?, doncs ou mira ne modifie pas seulement le contenu d’une phrase : il indique aussi le degré de certitude, sollicite l’accord, organise la parole ou adoucit une demande. À un niveau C2, l’enjeu est de choisir une formule adaptée à la relation entre les personnes, à la situation et à l’intonation, plutôt que d’appliquer une équivalence mot à mot avec le français.
Le catalan journalistique vise à transmettre beaucoup d’information avec précision et sans ambiguïté. Il se reconnaît notamment au présent des titres (El govern anuncia noves mesures), aux tournures impersonnelles (s’ha produït un accident), à l’attribution explicite des propos (segons fonts properes al cas) et à un lexique propre aux médias. À la radio et à la télévision, cette exigence s’ajoute à une contrainte essentielle : le texte doit être compris dès la première écoute.
Parler catalan avec aisance ne consiste pas seulement à produire des phrases correctes : il faut aussi comprendre qui emploie quelle langue, avec qui, où et dans quel but. Le catalan coexiste notamment avec le castillan, mais la situation varie fortement selon le territoire, le milieu et le domaine d’usage. Au niveau C2, on apprend à reconnaître l’alternance de code, les interférences et les attitudes linguistiques sans confondre variation réelle, choix identitaire et faute grammaticale.
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