Grammaire italien
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A1 (43)
L’italien emploie io, tu, lui, lei, noi, voi, loro, mais omet très souvent le pronom sujet, car la forme du verbe indique déjà qui accomplit l’action : Parlo italiano veut dire « je parle italien ». On garde le pronom pour insister, opposer ou éviter une ambiguïté. Pour vouvoyer une seule personne, on utilise Lei avec un verbe à la troisième personne du singulier : Lei parla italiano?
En italien, chaque nom est masculin ou féminin. Le repère le plus utile au début est la terminaison : les noms en -o sont le plus souvent masculins (il libro), ceux en -a le plus souvent féminins (la casa), tandis que les noms en -e peuvent appartenir aux deux genres (il pane, la notte). Il faut donc apprendre chaque nom avec son article, surtout lorsqu’il constitue une exception : il problema, la mano.
En italien, on ne forme généralement pas le pluriel en ajoutant un -s comme en français : on remplace la voyelle finale du nom. Les trois modèles essentiels sont -o → -i (libro → libri), -a → -e pour les noms féminins (casa → case) et -e → -i (ristorante → ristoranti, notte → notti). Certains mots demandent un changement d’orthographe ou restent invariables.
L’italien s’écrit avec 21 lettres traditionnelles, auxquelles s’ajoutent j, k, w, x et y dans les mots étrangers. Sa lecture est assez régulière : les voyelles restent nettes, c et g changent de son devant e et i, et une consonne double se prononce réellement plus longue. Pour bien débuter, il faut surtout apprendre à lire des groupes entiers — ch, gh, gn, gli, sc — plutôt que chaque lettre isolément.
Pour commencer à communiquer en italien, retenez quelques blocs prêts à l’emploi : ciao et buongiorno pour saluer, grazie et per favore pour rester poli, non placé devant le verbe pour nier, et ecco pour montrer ou présenter quelque chose. Le choix entre ciao et buongiorno dépend surtout de la relation avec la personne : ciao est familier, tandis que buongiorno convient aussi avec un inconnu.
L’italien possède sept formes principales de l’article défini : il, lo, la, l’, i, gli, le. Le choix dépend du genre et du nombre du nom, mais aussi du son qui commence le mot placé juste après l’article : il libro, lo studente, l’amica, i libri, gli studenti, le amiche.
L’italien emploie un et uno devant un nom masculin, una et un’ devant un nom féminin. Le choix dépend à la fois du genre et du son qui suit : un libro, uno studente, una casa, un’amica. Point essentiel pour un francophone : un masculin ne prend jamais d’apostrophe, même devant une voyelle (un amico).
En italien, di, a, da, in et su fusionnent avec l’article défini qui les suit : di + il = del, a + la = alla, in + gli = negli. La forme obtenue, appelée preposizione articolata, garde à la fois le sens de la préposition et le genre, le nombre ainsi que la forme de l’article. Il faut donc d’abord savoir choisir entre il, lo, la, l’, i, gli et le.
Essere signifie le plus souvent « être ». Au présent, ses six formes sont sono, sei, è, siamo, siete, sono : Sono francese, « Je suis français/française ». Contrairement au français, l’italien omet généralement le pronom sujet, car la forme du verbe indique déjà la personne.
Avere signifie d’abord « avoir ». Au présent, il se conjugue ho, hai, ha, abbiamo, avete, hanno et sert à parler de possession, de l’âge ainsi que de nombreux états : ho fame (« j’ai faim »), hai sete (« tu as soif »), hanno ragione (« ils ont raison »). Comme la terminaison indique généralement la personne, le pronom sujet est souvent omis.
Pour conjuguer un verbe régulier en -are au présent, on retire -are de l’infinitif puis on ajoute -o, -i, -a, -iamo, -ate, -ano : parlare devient parlo, parli, parla, parliamo, parlate, parlano. La terminaison indique généralement la personne, si bien que le pronom sujet est souvent omis : Parliamo italiano signifie « Nous parlons italien ».
Au présent, on enlève -ere de l’infinitif, puis on ajoute -o, -i, -e, -iamo, -ete, -ono : scrivere donne scrivo, scrivi, scrive, scriviamo, scrivete, scrivono. Comme la terminaison indique généralement la personne, le pronom sujet est souvent inutile : Scrivo una lettera signifie « J’écris une lettre ».
Pour conjuguer au présent un verbe régulier en -ire sans -isc-, on retire -ire de l’infinitif et on ajoute -o, -i, -e, -iamo, -ite, -ono. Ainsi, dormire donne dormo, dormi, dorme, dormiamo, dormite, dormono. Attention : d’autres verbes en -ire, comme finire, suivent un modèle différent avec -isc-.
Au présent, certains verbes italiens en -ire ajoutent -isc- aux trois personnes du singulier et à la troisième personne du pluriel : finisco, finisci, finisce, finiscono. Cet élément disparaît avec noi et voi : on dit finiamo et finite, jamais finisciamo ni finiscite. Il faut apprendre avec chaque verbe s’il suit ou non ce modèle.
Au présent, potere se conjugue posso, puoi, può, possiamo, potete, possono et se place généralement devant un infinitif : Posso entrare? (« Est-ce que je peux entrer ? »). Il sert surtout à exprimer une possibilité, une capacité liée aux circonstances ou une permission. Comme en français, la négation se place devant le verbe conjugué : Non posso venire (« Je ne peux pas venir »).
Volere signifie principalement « vouloir » et exprime un désir ou une intention. Au présent, il est irrégulier : voglio, vuoi, vuole, vogliamo, volete, vogliono. Il se place directement devant un infinitif (voglio partire, « je veux partir ») ou un nom (voglio un caffè, « je veux un café ») ; pour une demande polie, vorrei (« je voudrais ») est souvent préférable à voglio.
Dovere exprime principalement une obligation ou une nécessité et se construit avec un verbe à l’infinitif (sa forme de base) : Devo studiare signifie « Je dois étudier ». Au présent, retenez devo, devi, deve, dobbiamo, dovete, devono + infinitif. Seul dovere se conjugue ; le verbe qui suit reste à l’infinitif.
Andare signifie « aller » : le mouvement s’éloigne du lieu où l’on se trouve ou se dirige vers un autre endroit. Venire signifie « venir » : le mouvement se fait vers le locuteur, l’interlocuteur ou un lieu pris comme point de référence. Les deux verbes sont irréguliers au présent : vado, vai, va… et vengo, vieni, viene…
Le verbe italien fare correspond souvent à « faire », mais il est irrégulier au présent : faccio, fai, fa, facciamo, fate, fanno. Il entre aussi dans de très nombreuses expressions quotidiennes, dont le sens français appelle parfois un autre verbe : fare colazione signifie « prendre le petit-déjeuner » et fare una domanda, « poser une question ».
Au présent, stare se conjugue sto, stai, sta, stiamo, state, stanno. On le rencontre surtout pour demander ou décrire comment va quelqu’un (Come stai? Sto bene), pour parler du fait de rester ou de séjourner quelque part (Stiamo a casa) et, avec un gérondif, pour insister sur une action en cours (Sto mangiando). Il ne remplace toutefois pas automatiquement le français « être » : l’identité et les caractéristiques se construisent normalement avec essere.
Le verbe italien dare signifie d’abord « donner », mais il entre aussi dans des expressions très fréquentes : dare una mano (« donner un coup de main »), dare un esame (« passer un examen ») ou dare del Lei (« vouvoyer »). Au présent, ses formes sont do, dai, dà, diamo, date, danno. Attention à l’accent de dà (« il/elle donne »), qui distingue le verbe de la préposition da.
Sapere sert surtout à exprimer un fait, une information ou un savoir-faire : So la risposta (« Je connais la réponse »), Sai nuotare? (« Tu sais nager ? »). Conoscere exprime une connaissance acquise par contact ou expérience avec une personne, un lieu, une œuvre ou un domaine : Conosci Maria?, Conosciamo bene Roma. La distinction rappelle celle de savoir et connaître en français, mais certaines phrases ne se traduisent pas mot à mot.
Pour dire « aimer » au sens d'apprécier, l'italien construit souvent la phrase comme le français « plaire » : Mi piace la pizza signifie littéralement « La pizza me plaît ». La chose appréciée est donc le sujet et commande le verbe : piace avec un élément singulier ou un infinitif, piacciono avec un nom pluriel.
À l’infinitif, un verbe réfléchi italien se termine par -si : lavarsi, « se laver ». Dans une phrase au présent, on détache ce pronom, on l’adapte à la personne (mi, ti, si, ci, vi, si) et on conjugue le verbe : mi lavo, ti lavi, si lava. Le pronom se place normalement juste avant le verbe conjugué.
Pour traduire le français il y a, l’italien choisit la forme selon ce qui est présent : c’è devant un élément au singulier et ci sono devant plusieurs éléments. Ainsi, C’è un problema signifie « Il y a un problème », tandis que Ci sono due problemi signifie « Il y a deux problèmes ». Dans une question ou une phrase négative, cette distinction reste la même.
En italien, l’adjectif s’accorde avec le nom qu’il décrit, en genre (masculin ou féminin) et en nombre (singulier ou pluriel). Un adjectif en -o a généralement quatre formes — alto, alta, alti, alte — tandis qu’un adjectif en -e n’en a que deux — grande au singulier et grandi au pluriel. Cet accord reste obligatoire que l’adjectif soit placé près du nom ou relié à celui-ci par un verbe comme essere (« être »).
Devant un nom, bello (« beau », « joli ») change de forme sur le modèle de l’article défini italien : bel libro, bello zaino, bell’amico, bei libri, begli amici. Buono (« bon ») suit surtout le modèle de un, uno, una, un’ au singulier : buon pane, buono studente, buon amico, buona idea ou buon’idea. Après le nom, on emploie les accords ordinaires : libri belli, amici buoni.
En italien, le possessif s’accorde avec ce qui est possédé, et non avec la personne qui possède : il mio libro, la mia borsa, i miei libri, le mie borse. Il est normalement précédé de l’article défini (la tua macchina), mais cet article disparaît en général devant un nom de parenté au singulier : mia madre. La forme loro reste toujours inchangée.
Questo désigne en principe ce qui est proche : questo libro (« ce livre-ci »). Quello renvoie à ce qui est plus éloigné : quella casa (« cette maison-là »). Les deux s'accordent avec le nom, mais, devant un nom, quello change de forme sur le modèle de l'article défini : quel libro, quello studente, quell'amico, quei libri, quegli studenti.
En italien, l’adjectif se place le plus souvent après le nom : una macchina rossa, un libro interessante. Quelques adjectifs très courants, notamment bello, buono, grande, piccolo, nuovo, vecchio et giovane, apparaissent souvent avant le nom. La position peut alors modifier la nuance, voire le sens : un uomo povero manque d’argent, tandis qu’un pover’uomo est à plaindre.
Les quatre prépositions simples a, di, da et in n’ont pas une traduction française unique. Pour le lieu, retenez d’abord a + ville ou lieu habituel (a Roma, a scuola), in + pays ou grande zone (in Italia, in Toscana), di + origine avec essere (sono di Lione) et da + point de départ ou personne (vengo da Milano, vado da Paolo).
Con signifie le plus souvent « avec », su « sur », per « pour » ou « par », et tra/fra « entre », « parmi » ou « dans » lorsqu’on indique un délai futur. Seul su se combine systématiquement avec l’article défini : su + il = sul, su + la = sulla. Tra et fra ont le même sens ; on choisit surtout la forme qui sonne le mieux.
En italien, un mot interrogatif comme chi, cosa, dove, quando, come ou perché se place le plus souvent avant le verbe : Dove abiti? Pour une question à laquelle on répond par oui ou non, on conserve généralement l’ordre de l’affirmation et on change l’intonation : Parli italiano? Il n’existe donc pas d’équivalent obligatoire de « est-ce que », et le pronom sujet est souvent omis.
Pour demander une quantité, l’italien emploie quanto, quanta, quanti, quante : la forme s’accorde avec le nom, comme dans quanto tempo, quanta acqua, quanti giorni et quante persone. Pour demander de choisir ou d’identifier un élément, on emploie quale au singulier et quali au pluriel, sans distinction de genre : quale libro?, quale città?, quali libri?
De 0 à 100, les nombres italiens se construisent à partir de quelques formes à mémoriser, puis s'assemblent en un seul mot : venti + due donne ventidue. Devant uno et otto, la dizaine perd sa voyelle finale : ventuno, ventotto. Les composés terminés par tre portent un accent : ventitré.
Les ordinaux italiens indiquent un rang ou une position : primo « premier », secondo « deuxième », terzo « troisième », jusqu’à decimo « dixième ». Ils s’accordent avec le nom en genre et en nombre : il primo giorno, la prima volta, i primi giorni, le prime settimane. Pour débuter, retenez les dix premières formes et placez-les généralement devant le nom.
Pour dire l’heure, l’italien emploie le singulier avec une heure et le pluriel à partir de deux heures : È l’una, mais Sono le due. Les jours et les mois prennent une minuscule ; lunedì sans article désigne généralement un lundi précis, tandis que il lunedì exprime une habitude. Une date se construit avec l’article et un nombre cardinal : il 15 agosto.
Les adverbes de fréquence indiquent combien de fois une action a lieu : sempre « toujours », spesso « souvent », qualche volta « quelquefois », raramente « rarement » et mai « jamais ». Les adverbes de temps situent l’action : oggi « aujourd’hui », domani « demain », ieri « hier », ora/adesso « maintenant », prima « avant/d’abord », poi « puis » et dopo « après/plus tard ». Avec mai au sens de « jamais », l’italien standard emploie normalement non + verbe + mai : Non mangio mai carne.
Les principaux adverbes de lieu italiens sont qui/qua (« ici »), lì/là (« là, là-bas »), vicino/lontano (« près/loin »), dentro/fuori (« dedans/dehors ») et sopra/sotto (« au-dessus, dessus/en dessous, dessous »). Ils répondent à dove? (« où ? ») et sont généralement invariables. Certains s’emploient seuls — Aspetta fuori — tandis qu’un nom exige parfois une préposition : vicino alla stazione, lontano da casa.
Devant un nom, molto, troppo, poco et tanto s’accordent avec lui : molti amici, poca acqua, troppe domande. Lorsqu’ils modifient un verbe, un adjectif ou un autre adverbe, ils restent invariables : lavoro molto, è troppo caro, parla poco chiaramente. C’est la distinction essentielle à retenir.
Les pronoms directs italiens mi, ti, lo, la, ci, vi, li, le remplacent une personne ou une chose qui subit directement l’action : Conosco Giulia devient La conosco. Devant un verbe conjugué, le pronom se place normalement avant le verbe (Ti chiamo), tandis qu’avec un infinitif il peut s’attacher à la fin (Voglio chiamarti).
Les pronoms indirects italiens remplacent le plus souvent a + une personne : Scrivo a Marco devient Gli scrivo (« Je lui écris »). Les formes essentielles sont mi, ti, gli, le, Le, ci, vi, gli et elles se placent normalement avant le verbe conjugué. À l’infinitif et à l’impératif affirmatif, elles s’attachent généralement au verbe : parlargli, scrivimi.
Pour relier deux mots ou deux idées, l’italien emploie notamment e (« et »), o et oppure (« ou »), ma (« mais »), però (« cependant »), perché (« parce que »), anche (« aussi ») et quindi (« donc »). À retenir dès le début : perché sert aussi bien à demander « pourquoi ? » qu’à répondre « parce que », et anche se place généralement juste devant l’élément qu’il ajoute.
A2 (16)
Le passato prossimo sert à raconter un fait passé considéré comme accompli. Il se forme avec le présent de avere ou essere, suivi d’un participe passé : ho mangiato (« j’ai mangé »), sono partito (« je suis parti »). Avec essere, le participe s’accorde avec le sujet : Maria è partita.
Au passato prossimo, certains verbes italiens n’emploient pas la terminaison régulière attendue : fare donne fatto, leggere donne letto et prendere donne preso. Il faut mémoriser ces formes avec leur infinitif et les employer après l’auxiliaire avere ou essere : ho fatto, abbiamo letto, sono stato/a.
Avec certains verbes, le passato prossimo se forme avec le présent de essere suivi du participe passé : sono partito, è arrivata, siamo rimasti. Le participe passé (la forme comme partito ou arrivato) s’accorde avec le sujet en genre et en nombre : -o, -a, -i, -e. Le choix de essere dépend du verbe et parfois de son emploi ; il ne suffit donc pas de traduire mécaniquement l’auxiliaire français.
Au passato prossimo, un verbe réfléchi se construit avec le pronom réfléchi + essere + le participe passé : mi sono svegliata, ti sei alzato, si sono vestiti. Le participe passé s’accorde avec le sujet en genre et en nombre : -o, -a, -i, -e. Pour débuter, retenez donc ce bloc : mi sono…, et non mi ho….
Avec essere, le participe passé s’accorde avec le sujet : Maria è arrivata, Luca e Paolo sono partiti. Avec avere, il reste normalement inchangé : Ho visto Maria ; mais il s’accorde avec un pronom objet direct de troisième personne placé avant le verbe : L’ho vista, Li abbiamo invitati. Avec ne et une quantité, on fait généralement aussi l’accord : Ne ho letti tre.
Les articles partitifs italiens del, dello, della, dell’, dei, degli et delle indiquent une quantité non précisée : Vorrei del pane (« Je voudrais du pain »), Ho comprato delle mele (« J’ai acheté des pommes »). Ils se forment avec di + article défini et s’accordent avec le nom en genre, en nombre et selon son premier son.
Le pronom italien ne correspond souvent au français en : il remplace une quantité ou un groupe introduit par di. On dit ainsi Quanti ne vuoi? Ne voglio due (« Combien en veux-tu ? J’en veux deux ») et Parliamo di questo problema? Ne parliamo domani (« On parle de ce problème ? On en parle demain »). Ne se place normalement avant le verbe conjugué, mais se soude à un infinitif : ne voglio comprare ou voglio comprarne.
Le pronom italien ci remplace le plus souvent un lieu déjà connu, notamment un complément introduit par a ou in : Vai a Roma? — Sì, ci vado (« Tu vas à Rome ? — Oui, j’y vais »). Il se place avant le verbe conjugué, mais s’attache à un infinitif : ci voglio andare ou voglio andarci. On le retrouve aussi dans des tournures très courantes comme c’è / ci sono, ci vuole, metterci, pensarci et crederci.
Au passato prossimo, potere, volere et dovere deviennent le plus souvent ho potuto, ho voluto et ho dovuto, suivis d’un infinitif : Abbiamo dovuto aspettare. Selon la règle traditionnelle, le verbe modal peut aussi prendre l’auxiliaire exigé par cet infinitif : sono dovuta partire, puisque partire se conjugue avec essere. Dans l’usage actuel, avere est cependant très fréquent même dans ce dernier cas : ho dovuto partire.
Les adjectifs indéfinis indiquent une quantité ou une identité sans la préciser exactement. Retenez d’abord deux règles essentielles : qualche et ogni sont invariables et précèdent un nom au singulier, tandis que alcuni/e, tutto/a/i/e, altro/a/i/e et certo/a/i/e s’accordent avec le nom. On dit donc qualche domanda, ogni giorno, mais alcune domande et tutti i giorni.
Les pronoms indéfinis italiens désignent une personne ou une chose sans la nommer précisément : qualcuno « quelqu’un », qualcosa « quelque chose », nessuno « personne » et niente ou nulla « rien ». Après le verbe, les formes négatives s’emploient normalement avec non : Non c’è nessuno et Non ho capito niente. Placées avant le verbe, elles suffisent à rendre la phrase négative : Nessuno è venuto.
Avec le passato prossimo, già, ancora, mai, sempre et appena se placent le plus souvent entre l’auxiliaire et le participe passé : Ho già mangiato, « J’ai déjà mangé ». Retenez d’abord le modèle auxiliaire + adverbe + participe passé. Dans une phrase négative, mai et ancora s’emploient normalement avec non : Non ho mai guidato, Non è ancora arrivata.
Les connecteurs temporels relient deux actions en précisant si elles ont lieu en même temps ou l’une après l’autre : quando (« quand »), mentre (« pendant que »), dopo che (« après que »), prima che (« avant que »), appena (« dès que ») et finché (« tant que », « jusqu’à ce que »). Le point essentiel est de choisir le connecteur selon la relation temporelle ; attention surtout à prima che, suivi du subjonctif, et à finché non, où non ne se traduit pas toujours par « ne… pas ».
Le pronom relatif italien che relie un nom à une proposition qui le précise. Il correspond le plus souvent à qui ou que en français : la ragazza che parla (« la fille qui parle »), il libro che leggo (« le livre que je lis »). Sa forme ne change jamais, mais il ne s’emploie ni après une préposition ni comme complément indirect.
Stare per + infinitif indique qu’une action est imminente : Sto per uscire signifie « Je suis sur le point de sortir ». On conjugue stare selon le sujet et le moment, tandis que le second verbe reste à l’infinitif : stavo per uscire, « j’étais sur le point de sortir ».
Pour exprimer une nécessité, une quantité suffisante ou une apparence sans nommer de sujet précis, l’italien emploie souvent bisogna, basta, sembra, pare et occorre à la troisième personne du singulier. On les construit surtout avec un infinitif lorsque l’action reste générale (Bisogna partire) et avec che + subjonctif lorsqu’une proposition a son propre sujet (Bisogna che tu parta). Contrairement au français, on n’ajoute pas de pronom équivalent à « il » devant ces formes.
B1 (18)
L’imperfetto présente une action passée comme en cours, habituelle ou située à l’arrière-plan : Da piccolo giocavo fuori (« Petit, je jouais dehors »). Sa formation est très régulière : parlavo, credevo, dormivo. Dans un récit, il plante souvent le décor, tandis que le passato prossimo rapporte l’événement qui survient : Dormivo quando Marco è arrivato.
Le passato prossimo présente un fait passé comme un événement délimité ou achevé : Ieri ho lavorato fino alle sei. L’imperfetto montre au contraire une situation de l’intérieur, sans en marquer les limites : Alle sei lavoravo ancora. Dans un récit, l’imperfetto installe souvent le décor ou l’action en cours, tandis que le passato prossimo fait avancer les événements.
Le futur simple italien, le futuro semplice, associe un radical à six terminaisons : -ò, -ai, -à, -emo, -ete, -anno. Ainsi, parlare donne parlerò (« je parlerai »), tandis que des verbes fréquents ont un radical particulier : essere → sarò, avere → avrò, andare → andrò. Ce temps parle de l’avenir, mais sert aussi à faire une supposition sur le présent : Saranno le dieci signifie « Il doit être dix heures ».
Le condizionale presente sert surtout à formuler une demande avec tact, un souhait, un conseil ou une situation hypothétique : vorrei (« je voudrais »), potresti (« pourrais-tu »), sarebbe (« ce serait »). Il se construit avec le même radical que le futur simple, suivi des terminaisons -ei, -esti, -ebbe, -emmo, -este, -ebbero.
L’impératif italien sert à donner une consigne, proposer une action, inviter quelqu’un ou formuler une demande : Ascolta!, Andiamo!, Mi dica. Avec tu, la négation se construit de façon particulière : non + infinitif, comme dans Non parlare! Les pronoms se soudent généralement à l’impératif affirmatif (dimmi, alzati), mais se placent avant la forme de politesse avec Lei (mi dica).
L’italien peut remplacer en même temps une personne et une chose : mi + lo devient me lo, tandis que gli/le + lo devient glielo. Le groupe se place normalement avant un verbe conjugué (Me lo dai?), mais s’attache à l’infinitif et à l’impératif affirmatif (darmelo, dammelo). Lo, la, li, le s’accordent avec la chose remplacée ; ne exprime le plus souvent « en », une quantité ou une provenance.
En italien, che remplace un sujet ou un complément d’objet direct, tandis que cui s’emploie normalement après une préposition : la persona che parla, la persona che vedo, la persona con cui lavoro. Il quale, la quale, i quali et le quali constituent des formes variables, surtout utiles dans un registre soutenu ou pour éviter une ambiguïté.
En italien, ci remplace surtout un lieu ou un complément construit avec a : Vai a Roma? — Sì, ci vado (« Tu vas à Rome ? — Oui, j’y vais »). Ne remplace surtout un complément introduit par di, une quantité ou une partie d’un ensemble : Hai dei fratelli? — Ne ho due (« Tu as des frères ? — J’en ai deux »). Pour un francophone, le rapprochement ci = y et ne = en est très utile, à condition de vérifier la préposition exigée par le verbe italien.
Les pronoms toniques italiens sont des formes autonomes, comme me, te, lui, lei, noi, voi, loro. On les emploie surtout après une préposition (con me, per te), pour opposer ou mettre une personne en relief (Voglio te, non lui) et dans les comparaisons (più alto di me). Ils ne remplacent pas librement les pronoms atones placés près du verbe : dans une phrase neutre, on dit Mi ascolta, et non Ascolta me.
Pour exprimer « plus » ou « moins », l'italien emploie più ou meno devant un adjectif : più alto, meno caro. Le deuxième terme est introduit par di quand on compare deux personnes ou deux choses sur un même point (Roma è più grande di Firenze), mais généralement par che quand on oppose deux qualités, deux actions ou deux éléments de même fonction (È più facile leggere che scrivere).
L’italien distingue le superlatif relatif, qui situe un élément au sommet ou au bas d’un groupe (il più caro della città, « le plus cher de la ville »), et le superlatif absolu, qui exprime un degré très élevé sans comparaison (carissimo ou molto caro, « très cher »). Dans les deux cas, l’adjectif s’accorde avec le nom : la più cara, carissime.
Beaucoup d’adverbes de manière italiens se forment à partir du féminin singulier de l’adjectif suivi de -mente : lento → lenta → lentamente. Avec les adjectifs en -le ou -re, le e final disparaît généralement : facile → facilmente, regolare → regolarmente. L’adverbe est invariable et se place le plus souvent près du verbe qu’il précise : Parla lentamente (« Il/Elle parle lentement »).
Le periodo ipotetico della realtà présente une condition comme réelle, probable ou tout à fait réalisable. Sa structure de base est se + indicatif présent ou futur, puis présent, futur ou impératif : Se piove, resto a casa ; Se verrai, ti mostrerò la città ; Se hai fame, mangia qualcosa. Contrairement au français, l’italien peut employer le futur après se.
Pour insister sur une action en cours, l’italien emploie stare conjugué + gérondif : Sto leggendo signifie « Je suis en train de lire ». Le gérondif se termine généralement par -ando après un verbe en -are et par -endo après un verbe en -ere ou -ire. Cette tournure est utile, mais elle n’est pas obligatoire chaque fois qu’une action se déroule maintenant.
L’infinitif italien peut présenter une action comme une idée ou une chose : Sapere è importante (« savoir est important »), il sapere (« le savoir »). Il entre aussi dans des groupes très courants : prima di + infinitif pour « avant de », dopo + infinitif composé pour « après avoir fait » et per + infinitif pour exprimer un but. Dans ces constructions, le sujet sous-entendu de l’infinitif est normalement le même que celui du verbe principal.
Le si impersonnel sert à parler sans nommer de sujet précis, un peu comme on en français : In Italia si mangia bene signifie « En Italie, on mange bien ». Le verbe est normalement à la troisième personne du singulier. Avec essere suivi d’un adjectif, l’italien emploie toutefois le pluriel : si è stanchi, « on est fatigué ».
Le si passivante présente une action sans nommer la personne qui l’accomplit : Si vende una casa (« Une maison est à vendre ») et Si vendono due case (« Deux maisons sont à vendre »). Le nom qui subit l’action fonctionne grammaticalement comme sujet, si bien que le verbe s’accorde avec lui au singulier ou au pluriel. C’est cet accord — vende contre vendono — qu’il faut surtout retenir.
Le congiuntivo presente présente une action non comme un simple fait, mais à travers un souhait, un doute, une opinion, une émotion ou une nécessité. Il apparaît très souvent dans une proposition introduite par che : Penso che sia vero (« Je pense que c’est vrai »), Voglio che tu venga (« Je veux que tu viennes »). Sa formation repose sur des terminaisons propres, auxquelles s’ajoutent quelques verbes irréguliers très fréquents comme sia, abbia, vada et faccia.
B2 (15)
Le congiuntivo passato exprime généralement une action déjà accomplie dans un contexte qui demande le subjonctif : Penso che sia già partito (« Je pense qu’il est déjà parti »). Il se forme avec le subjonctif présent de avere ou essere, suivi du participe passé : abbia parlato, sia arrivata. Le choix de l’auxiliaire et l’accord du participe suivent pour l’essentiel les mêmes règles qu’au passato prossimo.
Le congiuntivo imperfetto sert surtout à placer au passé une proposition qui demanderait le subjonctif au présent : Penso che sia stanco devient Pensavo che fosse stanco. Il s’emploie aussi dans les hypothèses avec se, suivi du conditionnel dans la conséquence : Se avessi tempo, viaggerei (« Si j’avais le temps, je voyagerais »). Contrairement au subjonctif imparfait français, il est bien vivant dans l’italien courant.
Le congiuntivo trapassato se forme avec l’imparfait du subjonctif de avere ou essere, suivi du participe passé : avessi capito, fosse partito. Il situe généralement un fait avant un autre moment passé dans une proposition qui demande le subjonctif. Il sert aussi à construire l’hypothèse irréelle du passé : Se avessi studiato, avresti superato l’esame (« Si tu avais étudié, tu aurais réussi l’examen »).
Le condizionale passato se construit avec le conditionnel présent de avere ou essere, suivi du participe passé : avrei parlato, sarei partito. Il sert surtout à présenter une action qui aurait pu se produire dans le passé, mais aussi à exprimer le futur vu depuis un moment passé : Ha detto che sarebbe venuto signifie « Il a dit qu’il viendrait ».
Pour imaginer une situation présente ou future qui reste possible, mais qui n’est pas tenue pour réelle, l’italien emploie se + subjonctif imparfait, puis le conditionnel présent : Se avessi tempo, viaggerei di più (« Si j’avais le temps, je voyagerais davantage »). La construction ressemble à la phrase française, mais le verbe après se est au subjonctif en italien, et non à l’indicatif.
La construction passive la plus générale est essere + participe passé : La richiesta è stata accettata (« la demande a été acceptée »). Le participe s’accorde avec le sujet, et la personne qui accomplit l’action peut être introduite par da. L’italien emploie aussi venire + participe pour présenter une action et andare + participe pour exprimer le plus souvent une nécessité : La richiesta va firmata (« la demande doit être signée »).
La structure fare + infinitif indique que le sujet provoque une action au lieu de l’accomplir directement : Faccio riparare la macchina signifie « Je fais réparer la voiture ». Le verbe fare porte le temps et la personne, tandis que le second verbe reste à l’infinitif. Les pronoms compléments se placent normalement avant fare : Mi ha fatto aspettare, « Il m’a fait attendre ».
En italien, lasciare + infinitif signifie « laisser quelqu’un faire quelque chose », donc permettre une action ou ne pas l’empêcher : Lasciami parlare (« Laisse-moi parler »). Le pronom qui désigne la personne autorisée se place normalement avec lasciare, avant le verbe conjugué ou soudé à l’impératif affirmatif : mi lascia parlare, lasciami parlare.
Pour rapporter des paroles, l’italien emploie surtout che pour une affirmation et se pour une question à laquelle on répond par oui ou non. Si le verbe introducteur est au passé, le point de vue se déplace généralement vers le passé : sono devient era, ho fatto devient aveva fatto et tornerò devient sarebbe tornato. Ce dernier changement mérite une attention particulière : là où le français dit « il reviendrait », l’italien dit sarebbe tornato, au conditionnel passé.
Une conjonction de subordination relie une proposition principale à une proposition qui en dépend. En italien, les faits et les causes présentés comme réels appellent généralement l’indicatif (perché, siccome, dato che), tandis que le but, la concession, l’antériorité encore à venir ou l’exception appellent souvent le congiuntivo, le subjonctif italien (affinché, benché, prima che, a meno che).
Les connecteurs textuels indiquent le rapport logique entre deux idées et guident le lecteur dans le raisonnement. En italien, inoltre ajoute un argument, tuttavia marque une opposition, pertanto introduit une conséquence, tandis que in primo luogo, infine et in conclusione organisent les étapes d’un texte. Leur choix dépend autant du sens que du registre et de la place dans le discours.
Employé sans stare, le gerundio italien permet de condenser une proposition et d’exprimer la manière, la cause, la condition, la concession ou deux actions simultanées : Sbagliando si impara (« C’est en faisant des erreurs qu’on apprend »). Le gérondif composé, avendo ou essendo + participe passé, indique qu’une action est antérieure à l’action principale : Avendo finito, posso rilassarmi (« Comme j’ai terminé, je peux me détendre »). En principe, le gérondif et le verbe principal ont le même sujet.
Le participe présent italien se termine surtout par -ante avec les verbes en -are et par -ente avec ceux en -ere ou -ire : cantare → cantante, credere → credente, seguire → seguente. Dans l'italien actuel, il sert principalement d'adjectif ou de nom et s'accorde au pluriel : un libro avvincente, due libri avvincenti. Pour exprimer une action en cours, le français et l'italien ne font pas toujours le même choix : l'italien préfère souvent une proposition avec che ou le gérondif.
Le trapassato prossimo situe un fait avant un autre moment du passé : Quando sono arrivato, era già partita (« Quand je suis arrivé, elle était déjà partie »). Il se forme avec l’imparfait de avere ou d’essere, suivi du participe passé : avevo mangiato, ero uscito. Il correspond donc très souvent au plus-que-parfait français.
L’italien emploie chi pour « celui/celle qui » ou « quiconque », ciò che et quello che pour une chose non nommée (« ce qui », « ce que »), et il che pour reprendre toute une idée précédente. Pour exprimer la possession, il cui, la cui, i cui, le cui correspondent souvent à « dont » : l’article s’accorde avec la chose possédée, jamais avec le possesseur.
C1 (13)
Le passato remoto est un temps simple qui présente un fait passé comme entièrement achevé et séparé du présent : Dante nacque nel 1265. Il correspond souvent au passé simple français dans un récit, mais il reste plus vivant en italien : courant dans l’histoire et la littérature, il s’emploie aussi à l’oral dans plusieurs régions du Sud. Pour le comprendre, il faut surtout reconnaître ses nombreuses formes irrégulières, telles que fu, ebbe, fece, disse et scrisse.
Le trapassato remoto exprime une action entièrement achevée juste avant une autre action racontée au passato remoto. Il se forme avec le passato remoto de avere ou d’essere, suivi du participe passé : Dopo che ebbe finito, partì (« Après qu’il eut fini, il partit »). C’est aujourd’hui un temps surtout littéraire, que l’on rencontre dans les récits après quando, dopo che, appena ou non appena.
Le futuro anteriore se forme avec le futur de avere ou essere, suivi du participe passé (la forme comme finito, « fini », ou partito, « parti »). Il situe un fait achevé avant un autre moment futur — Quando arriverai, avrò già finito — mais sert aussi très souvent à émettre une hypothèse sur le passé : Avrà dimenticato l’appuntamento signifie « Il a dû oublier le rendez-vous ».
Pour imaginer un passé contraire aux faits, l’italien emploie normalement se + congiuntivo trapassato dans la condition, puis le condizionale passato dans la conséquence : Se avessi saputo, sarei venuto (« Si j’avais su, je serais venu »). Dans une hypothèse mixte, la condition reste passée, mais une conséquence encore valable maintenant se met au conditionnel présent : Se avessi studiato, ora lo saprei (« Si je l’avais étudié, je le saurais maintenant »).
Le congiuntivo indipendente est un subjonctif employé dans une proposition autonome, sans verbe principal comme penso ou spero. Il sert surtout à formuler un souhait (Magari potessi venire!), une exhortation (Che venga!), un doute (Che sia vero?) ou une exclamation (Sapessi quanto costa!). Le temps choisi indique à la fois le moment de l’action et la manière dont la personne qui parle envisage sa réalisation.
L’infinito composto exprime en général une action accomplie avant celle du verbe principal. Il se forme avec l’infinitif de avere ou essere suivi du participe passé (forme comme mangiato, partito) : dopo aver mangiato, credo di essere arrivata in tempo. Avec essere, le participe s’accorde avec la personne concernée.
Le participio passato assoluto présente une action comme déjà accomplie, sans auxiliaire : Finita la riunione, tutti tornarono a casa (« La réunion terminée, tout le monde rentra »). Le participe s’accorde avec le nom qui l’accompagne et l’ensemble équivaut souvent à une proposition introduite par « une fois que », « après que » ou « puisque ».
La dislocation détache un élément de la phrase pour en faire le thème ou pour le préciser après coup, puis le reprend normalement par un pronom bref : Il libro, l'ho letto (« Le livre, je l'ai lu ») ; L'ho letto, il libro (« Je l'ai lu, le livre »). À gauche, l'élément détaché annonce ce dont on va parler ; à droite, il identifie ou rappelle ce que le pronom désignait.
La phrase clivée isole l'information que l'on veut mettre en relief : È Marco che ha chiamato signifie « C'est Marco qui a appelé ». Son schéma central est essere + élément mis en relief + che + proposition ; lorsque cet élément accomplit l'action, on trouve aussi essere + élément + a + infinitif : Sono stati loro a iniziare. La pseudo-clivée présente d'abord une attente, puis sa réponse : Quello che mi serve è tempo (« Ce qu'il me faut, c'est du temps »).
En italien, le temps de la subordonnée dépend de deux choix distincts : son mode (indicatif, subjonctif ou conditionnel) et sa position dans le temps par rapport à la principale. Avec une principale située dans le présent, on emploie généralement le subjonctif présent ou passé ; avec une principale située dans le passé, le subjonctif imparfait ou plus-que-parfait. Pour exprimer un « futur dans le passé », l’italien recourt souvent au conditionnel passé : Ha detto che sarebbe venuto.
Le registre formel italien ne consiste pas seulement à employer des mots plus recherchés. Il combine le Lei de politesse, des formules conventionnelles, le passif et les tournures impersonnelles, ainsi qu’une syntaxe explicite et structurée. Le but est de créer une distance respectueuse et de rendre le message précis, non de le rendre inutilement compliqué.
Une expression idiomatique est un groupe de mots dont le sens ne se déduit pas toujours du sens littéral : essere al verde signifie « être sans argent », et non « être au vert ». En italien, beaucoup de ces tournures se construisent avec des verbes très courants comme fare, dare, andare, stare et essere. Il faut donc les apprendre comme des unités complètes, tout en sachant conjuguer le verbe et placer les éventuels pronoms.
Dans farcela, andarsene, cavarsela, prendersela et sentirsela, les petits pronoms font partie du verbe et lui donnent un sens propre : fare signifie « faire », mais farcela signifie « réussir » ou « y arriver ». À une forme conjuguée, ces pronoms se placent généralement avant le verbe — me ne vado, se la cava — tandis qu'ils restent soudés à l'infinitif — andarsene, cavarsela.
C2 (11)
Le futur dans le passé présente comme ultérieur un fait vu depuis un moment passé. En italien, on l’exprime normalement au conditionnel passé : Disse che sarebbe tornato signifie « Il dit qu’il reviendrait ». C’est une différence majeure avec le français, qui emploie ici le conditionnel présent : italien avrebbe chiamato, français « appellerait ».
L’italien littéraire ne constitue pas une autre langue : il emploie surtout des mots, des pronoms et des tours devenus rares dans la conversation, comme egli, ella, v’è, ove ou alcuno. Il conserve aussi des formes narratives fortes — disse, venne, fu — et exploite des troncations telles que dir et far. Au niveau C2, l’objectif principal est de les reconnaître, d’en comprendre le registre et de ne pas les reproduire hors contexte.
L’anacoluto commence selon une construction, puis se poursuit selon une autre : Quell’uomo, non mi fido di lui. Très courant dans l’italien parlé, il permet de poser d’abord un thème, puis de bâtir la suite autour d’un pronom ou d’une nouvelle structure. Au niveau C2, il faut surtout savoir le reconnaître, distinguer l’effet expressif de la maladresse et choisir les contextes où l’employer.
L’italien suit souvent l’ordre sujet–verbe–complément, mais il peut déplacer un élément pour en faire le thème de l’énoncé ou son foyer contrastif : Il libro, l’ho già letto ; QUESTO volevo dirti. Ces ordres ne changent pas nécessairement les faits décrits : ils changent surtout ce que le locuteur présente comme déjà connu, nouveau, opposé ou particulièrement important.
Un periodo complesso organise plusieurs propositions autour d’une idée directrice : certaines sont coordonnées, d’autres dépendent d’une proposition principale ou s’emboîtent les unes dans les autres. Pour rester clair, il faut rendre visibles les rapports logiques, choisir les temps depuis le point de vue de chaque verbe introducteur et éviter les incises dont le rattachement serait ambigu.
L’italien soutenu condense volontiers une proposition complète au moyen d’un infinitif, d’un gérondif ou d’un participe : dopo aver deciso, avendo deciso, presa la decisione. Le choix dépend surtout du rapport logique, de l’antériorité et du sujet sous-entendu. La concision n’est réussie que si l’on identifie immédiatement qui accomplit l’action.
En italien, un verbe modal ne décrit pas seulement ce qui se passe : il indique aussi comment la personne qui parle envisage l’action — comme possible, obligatoire, probable ou souhaitable. Sapere exprime surtout une capacité acquise, potere une possibilité ou une permission, tandis que dovere peut signaler aussi bien une obligation qu’une déduction. Le conditionnel et certains imparfaits permettent en outre de rendre une demande moins directe ou une affirmation moins catégorique.
L’italien familier ne constitue pas une grammaire à part : il adapte la langue à une conversation détendue grâce à des marqueurs comme tipo et cioè, des répétitions expressives, des raccourcis et une syntaxe plus souple. À l’oral, ces traits peuvent paraître parfaitement naturels ; dans un courriel officiel, un devoir ou face à un interlocuteur que l’on connaît peu, ils peuvent sembler relâchés. Au niveau C2, l’enjeu principal est donc de savoir les interpréter et les doser.
Il n’existe pas une seule manière de parler italien au quotidien : la grammaire, le vocabulaire, la prononciation et certaines formules changent selon la région. Ainsi, on entend volontiers ieri l’ho visto dans une grande partie du Nord, tandis que ieri lo vidi reste plus naturel dans plusieurs zones du Sud. Ces différences sont des tendances, non des frontières absolues : au niveau C2, l’objectif est surtout de les reconnaître, de comprendre leur registre et de conserver une forme standard lorsque la situation l’exige.
L’italien bureaucratique est la variété employée dans les formulaires, avis, règlements, décisions et actes juridiques. Il efface souvent la personne qui agit au moyen du passif ou de si, remplace des verbes simples par des noms abstraits et recourt à des formules telles que ai sensi di, il sottoscritto dichiara ou con la presente. Il faut surtout savoir le décoder avec précision ; lorsqu’on doit l’utiliser, la clarté vaut mieux que l’accumulation de tournures solennelles.
À un niveau avancé, citer ne consiste pas seulement à reproduire des paroles entre guillemets. L’italien peut fondre la voix d’un personnage dans celle du narrateur par le discours indirect libre, rendre un récit plus immédiat par le présent historique, ou mettre un mot à distance pour le commenter, le définir ou en contester l’emploi. La bonne interprétation dépend alors autant du contexte et du point de vue que de la grammaire.
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