Grammaire espagnol
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A1 (40)
Les pronoms sujets espagnols indiquent qui accomplit l’action : yo, tú, él, ella, usted, nosotros/nosotras, vosotros/vosotras, ellos/ellas, ustedes. Contrairement au français, l’espagnol les omet très souvent, car la forme du verbe suffit généralement : Hablo español signifie « Je parle espagnol ». Il faut surtout bien choisir entre le tutoiement (tú) et les formes de politesse (usted, ustedes), ainsi qu’entre vosotros et ustedes selon la région.
En espagnol, chaque nom est masculin ou féminin. La terminaison donne souvent un bon indice : les noms en -o sont généralement masculins (el libro) et ceux en -a généralement féminins (la casa). Il faut toutefois apprendre avec leur article les exceptions fréquentes, notamment el problema, el día, la mano et la foto.
En espagnol, on ajoute généralement -s après une voyelle (libro → libros) et -es après une consonne (ciudad → ciudades). Un mot terminé par -z change cette lettre en -c avant -es : pez → peces. Il faut parfois ajouter ou retirer un accent écrit pour conserver la bonne prononciation : examen → exámenes, mais canción → canciones.
L’espagnol possède quatre articles définis : el, la, los et las. Ils s’accordent avec le nom (le mot qui désigne une personne, un objet, un lieu ou une idée) en genre et en nombre : el libro, la casa, los libros, las casas. Devant certains noms féminins commençant par un a- ou ha- accentué, on emploie toutefois el au singulier : el agua fría.
L’espagnol emploie un, una, unos, unas devant un nom non encore identifié : un libro (un livre), una casa (une maison), unos amigos (des amis). L’article s’accorde avec le genre et le nombre du nom. Après ser, on l’omet normalement devant une profession, une nationalité ou une appartenance non précisée : Soy médico (Je suis médecin).
Le verbe ser signifie souvent « être », mais il sert surtout à dire ce qu’est une personne ou une chose : Soy francesa (« Je suis française »), Es médico (« Il est médecin »). Au présent, ses six formes irrégulières sont soy, eres, es, somos, sois, son. Pour parler d’un état ou de la localisation d’une personne ou d’un objet, on emploie généralement estar, pas ser.
Au présent, estar se conjugue estoy, estás, está, estamos, estáis, están. Il sert surtout à situer une personne ou une chose et à décrire son état dans une situation donnée : Estoy en casa (« Je suis chez moi »), La sopa está fría (« La soupe est froide »). Il permet aussi de former une action en cours : Estamos comiendo (« Nous sommes en train de manger »).
L’espagnol traduit généralement le verbe français être par ser pour identifier, définir ou classer, et par estar pour situer ou présenter un état : Ana es médica, mais Ana está cansada. Le raccourci « permanent = ser, temporaire = estar » aide au début, mais il ne suffit pas : un lieu durable prend estar, tandis qu’un événement se situe avec ser.
Au présent, tener (« avoir ») se conjugue tengo, tienes, tiene, tenemos, tenéis, tienen. Il sert à exprimer la possession, l’âge et de nombreux états comme tener hambre ou tener frío. Avec tener que + infinitif, il exprime une obligation personnelle : Tengo que salir (« Je dois sortir »).
Pour conjuguer un verbe régulier en -ar au présent, on retire -ar de l’infinitif, puis on ajoute -o, -as, -a, -amos, -áis, -an. Ainsi, hablar donne hablo, hablas, habla, hablamos, habláis, hablan. Comme la terminaison indique généralement la personne, le pronom sujet est souvent omis : Trabajo en Madrid signifie « Je travaille à Madrid ».
Pour conjuguer un verbe régulier en -er au présent, on retire -er de l’infinitif, puis on ajoute -o, -es, -e, -emos, -éis, -en. Ainsi, comer donne como, comes, come, comemos, coméis, comen. La terminaison indique généralement la personne, si bien que le pronom sujet peut souvent disparaître.
Pour conjuguer un verbe espagnol régulier en -ir au présent, on retire -ir de l’infinitif, puis on ajoute -o, -es, -e, -imos, -ís, -en : vivir devient vivo, vives, vive, vivimos, vivís, viven. Le radical ne change pas. Les pronoms sujets sont souvent omis, car la terminaison indique déjà la personne.
Le verbe ir signifie « aller » et possède six formes irrégulières au présent : voy, vas, va, vamos, vais, van. Une destination est généralement introduite par a : Voy a Madrid, Vamos al mercado. Devant un autre verbe, ir a + infinitif exprime souvent une intention ou un futur proche : Voy a llamar (« Je vais appeler »).
Hacer correspond très souvent au verbe français « faire ». Au présent, sa conjugaison est hago, haces, hace, hacemos, hacéis, hacen : seule la forme hago s’écarte nettement du modèle régulier. On l’emploie pour les actions et les tâches (hacer la cama), les activités (hacer deporte) et certaines expressions météorologiques (hace calor).
Le verbe espagnol poder correspond le plus souvent à « pouvoir » et se construit avec un infinitif : Puedo venir signifie « Je peux venir ». Au présent, o devient ue dans puedo, puedes, puede et pueden, mais pas dans podemos ni podéis. Il sert surtout à exprimer une capacité, une permission ou une possibilité.
Au présent, querer se conjugue quiero, quieres, quiere, queremos, queréis, quieren. Il signifie le plus souvent « vouloir » devant un nom ou un infinitif : Quiero un café (« Je veux un café »), Queremos salir (« Nous voulons sortir »). Avec une personne comme complément, il peut aussi exprimer l’affection : Te quiero signifie « Je t’aime ».
Au présent, certains verbes espagnols transforment le e de leur radical en ie lorsque cette syllabe est accentuée : pensar devient pienso, piensas, piensa, pensamos, pensáis, piensan. Le changement touche donc toutes les personnes sauf nosotros/nosotras et vosotros/vosotras. Les terminaisons ordinaires de chaque groupe, en revanche, restent les mêmes.
Au présent, certains verbes espagnols changent le o de leur radical en ue lorsque cette partie du verbe porte l'accent tonique : dormir donne duermo et volver donne vuelves. Le changement touche toutes les personnes sauf nosotros/nosotras et vosotros/vosotras : dormimos, dormís. Les terminaisons restent celles des verbes ordinaires en -ar, -er ou -ir.
Un verbe pronominal espagnol s’emploie avec un pronom qui correspond au sujet : me, te, se, nos, os, se. À l’infinitif, ce pronom apparaît à la fin, comme dans levantarse (« se lever »), mais devant un verbe conjugué, on dit me levanto, te levantas, se levanta, etc. Le verbe et le pronom changent donc tous les deux selon la personne.
Hay correspond généralement au français « il y a » : Hay un problema signifie « Il y a un problème ». Cette forme est invariable : on emploie toujours hay, que ce qui existe soit singulier ou pluriel. La négation est no hay et la question commence souvent par ¿Hay…?.
En espagnol, on place généralement no juste avant le verbe conjugué : No entiendo (« Je ne comprends pas »). Il n’existe pas de deuxième élément équivalent à pas. Avec nada, nadie ou nunca après le verbe, on garde no : No veo a nadie (« Je ne vois personne »).
En espagnol, l’adjectif s’accorde avec le nom qu’il décrit en genre et en nombre : un chico alto, una chica alta, unos chicos altos, unas chicas altas. Les adjectifs en -e ou en consonne ont souvent la même forme au masculin et au féminin, mais prennent une marque du pluriel : un estudiante inteligente, una estudiante inteligente, estudiantes inteligentes.
En espagnol, on place le plus souvent l’adjectif après le nom : una casa blanca, un café tranquilo. La position avant le nom est néanmoins courante avec certains adjectifs, notamment bueno, malo et grande, ou pour présenter une qualité comme subjective ou déjà attendue. Parfois, la place change le sens : un hombre pobre est sans argent, tandis que un pobre hombre est à plaindre.
Devant un nom, l’espagnol emploie les formes courtes mi(s), tu(s), su(s), nuestro/a/os/as et vuestro/a/os/as : mi libro, nuestras amigas. Le possessif s’accorde avec ce qui est possédé, et non avec la personne qui possède. Ainsi, su casa peut signifier « sa maison », « leur maison » ou « votre maison » selon le contexte.
L’espagnol distingue trois degrés là où le français emploie surtout ce, cet, cette, ces : este désigne ce qui est proche de la personne qui parle, ese ce qui est plus éloigné ou proche de l’interlocuteur, et aquel ce qui est loin des deux. Chaque démonstratif s’accorde avec le nom : este libro, esta mesa, esos libros, aquellas mesas.
Pour indiquer une position, l’espagnol emploie surtout en : Estoy en casa (« Je suis à la maison »). Pour exprimer une destination, on utilise généralement a : Voy al cine (« Je vais au cinéma ») ; pour l’origine, de : Vengo del trabajo (« Je viens du travail »). Les positions plus précises se construisent notamment avec entre, sobre, debajo de, delante de et detrás de.
En espagnol, on place généralement a devant le complément d’objet direct lorsqu’il désigne une personne précise : Veo a María (« Je vois María »). On l’emploie aussi avec des pronoms comme alguien et nadie, et souvent avec un animal auquel on est attaché. Cette préposition n’a normalement aucun équivalent dans la phrase française.
En espagnol, a + el devient obligatoirement al, et de + el devient obligatoirement del : Voy al cine et Vengo del trabajo. Cette contraction ne concerne que l’article masculin singulier el : on dit a la, a los, a las, de la, de los et de las sans rien fusionner.
Pour poser une question ouverte, l’espagnol emploie notamment quién, qué, dónde, cuándo, cómo et por qué, toujours avec un accent écrit dans leur emploi interrogatif. Une question à laquelle on répond par oui ou non peut garder l’ordre d’une phrase affirmative : ¿Vives aquí? (« Tu habites ici ? »). À l’écrit, toute question directe est encadrée par ¿ et ?.
Pour demander une quantité, l’espagnol emploie cuánto, cuánta, cuántos ou cuántas : la forme s’accorde avec le nom qui suit, comme dans ¿Cuántos hermanos tienes? Pour demander de choisir ou d’identifier un élément, on utilise cuál au singulier et cuáles au pluriel : ¿Cuál prefieres? Tous ces mots portent un accent écrit lorsqu’ils sont interrogatifs.
De 0 à 15, les nombres espagnols s’apprennent un par un ; de 16 à 29, ils s’écrivent en un seul mot ; de 30 à 99, on relie les dizaines et les unités avec y : treinta y dos. Devant un nom masculin, uno devient un (veintiún euros) ; devant un nom féminin, on emploie una (veintiuna páginas). Cien désigne exactement 100, tandis que ciento ouvre les nombres composés à partir de 101.
Les ordinaux indiquent un rang ou une position : primero (premier), segundo (deuxième), tercero (troisième), jusqu’à décimo (dixième). Ils s’accordent avec le nom en genre et en nombre : la primera vez, los segundos platos. Devant un nom masculin singulier, primero et tercero deviennent primer et tercer : el primer día, el tercer piso.
Pour demander l’heure, on dit ¿Qué hora es? ; la réponse est es la una à une heure et son las dos, las tres… à toutes les autres heures. Les jours et les mois prennent une minuscule : lunes, agosto. Une date suit généralement le modèle el + nombre + de + mois : el 15 de agosto.
Les adverbes de fréquence indiquent combien de fois une action a lieu : siempre (« toujours »), a menudo (« souvent »), a veces (« parfois »), raramente (« rarement ») et nunca (« jamais »). Les adverbes de temps situent l’action ou ordonnent des étapes : hoy (« aujourd’hui »), mañana (« demain »), ahora (« maintenant »), primero (« d’abord »), luego ou después (« ensuite »). Ils se placent souvent avant le verbe ou au début de la phrase ; devant le verbe, nunca remplace normalement no : Nunca como carne.
Pour situer quelque chose, l’espagnol emploie notamment aquí/acá (« ici »), ahí (« là »), allí/allá (« là-bas »), cerca (« près »), lejos (« loin »), dentro (« dedans »), fuera (« dehors »), arriba (« en haut ») et abajo (« en bas »). Avec un lieu nommé, plusieurs de ces mots se construisent avec de : cerca de la estación, dentro del coche. Pour débuter, retenez aussi estar + adverbe pour dire où se trouve quelqu’un ou quelque chose : El cine está cerca.
Devant un nom, mucho et poco s’accordent avec lui : muchos amigos, poca agua. Devant un adjectif ou un adverbe, on emploie l’invariable muy : muy bonito, muy bien. Pour préciser un verbe, on utilise mucho ou poco, sans accord : comes mucho, duermo poco.
Les pronoms compléments d’objet direct espagnols sont me, te, lo, la, nos, os, los, las. Ils remplacent la personne ou la chose directement concernée par l’action : Compro el libro devient Lo compro. Ils se placent avant un verbe conjugué, mais s’attachent à l’infinitif, au gérondif ou à l’impératif affirmatif : Lo quiero comprar / Quiero comprarlo, Estoy leyéndolo, Léelo.
Les pronoms me, te, le, nos, os, les indiquent généralement la personne à qui l’on donne, dit, écrit ou destine quelque chose : Te escribo (« Je t’écris »), Les doy el libro (« Je leur donne le livre »). Ils se placent devant un verbe conjugué et peuvent être précisés par a + personne : Le doy el libro a María. À la troisième personne, le et les ne marquent pas le genre.
Avec gustar, l’espagnol ne construit pas la phrase comme le français aimer. La personne qui éprouve le goût est indiquée par me, te, le, nos, os, les, tandis que la chose appréciée commande le verbe : Me gusta la película au singulier, mais Me gustan las películas au pluriel. Devant un infinitif, on emploie normalement gusta : Me gusta viajar.
Pour ajouter, choisir, opposer, expliquer ou conclure, l’espagnol emploie notamment y/e (« et »), o/u (« ou »), pero (« mais »), sino (« mais plutôt »), porque (« parce que ») et así que (« donc »). Les deux réflexes essentiels sont les suivants : y devient e devant le son i, et o devient u devant le son o. Après une négation, sino corrige l’idée niée, tandis que pero introduit simplement un contraste.
A2 (13)
Le pretérito indefinido présente une action passée comme achevée, souvent dans une période elle-même terminée : Ayer comí pizza (« Hier, j’ai mangé une pizza »). Les verbes réguliers prennent les terminaisons -é, -aste, -ó… pour les verbes en -ar et -í, -iste, -ió… pour ceux en -er et -ir. En français courant, il correspond le plus souvent au passé composé, et non au passé simple littéraire.
Au pretérito indefinido, certains verbes espagnols très fréquents changent de radical : tener devient tuve, hacer devient hice et decir devient dije. La plupart prennent une même série de terminaisons sans accent écrit : -e, -iste, -o, -imos, -isteis, -ieron. Ser et ir partagent une conjugaison à part : fui, fuiste, fue, fuimos, fuisteis, fueron.
Le pretérito perfecto se forme avec le présent de haber suivi d’un participe passé : he comido, « j’ai mangé ». Il présente généralement une action passée comme liée au présent, notamment dans une période encore en cours : Esta semana he trabajado mucho, « Cette semaine, j’ai beaucoup travaillé ». En Espagne, il s’oppose souvent au pretérito indefinido ; dans une grande partie de l’Amérique latine, ce dernier est plus fréquent dans la conversation.
En espagnol, plusieurs verbes très courants ont un participe passé irrégulier : hacer → hecho, decir → dicho, ver → visto ou encore poner → puesto. Avec haber, ce participe ne s’accorde jamais : He escrito dos cartas et Las he escrito conservent tous deux escrito. Ces formes s’apprennent comme un petit vocabulaire de base plutôt qu’en appliquant les terminaisons régulières -ado et -ido.
Le pretérito imperfecto espagnol correspond souvent à l’imparfait français : hablaba (« je parlais »), comía (« je mangeais »), vivíamos (« nous habitions »). Il présente une habitude, une description, un état ou une action en cours dans le passé, sans insister sur son début ni sur sa fin. Les verbes en -ar prennent les terminaisons en -aba, ceux en -er et -ir les terminaisons en -ía ; il n’existe que trois irréguliers : ser, ir et ver.
Le futur proche espagnol se forme avec le présent de ir + a + un infinitif : voy a comer (« je vais manger »), vamos a salir (« nous allons sortir »). Seul ir se conjugue ; l’infinitif (la forme non conjuguée du verbe, comme comer ou salir) ne change pas. Cette tournure sert surtout à présenter une intention, un projet ou un événement que la situation rend imminent.
Pour présenter une action comme étant en cours, l’espagnol emploie estar conjugué + gerundio : Estoy comiendo (« Je suis en train de manger »). Le gerundio se forme généralement en -ando avec les verbes en -ar et en -iendo avec ceux en -er ou -ir. Il reste toujours invariable : ella está estudiando, ellos están estudiando.
Le français traduit souvent por et para par « pour », mais l’espagnol distingue deux perspectives. Para regarde généralement vers un but, un destinataire, une destination ou une échéance ; por indique plutôt une cause, un parcours, une durée, un moyen ou un échange : Este regalo es para ti, mais Gracias por tu ayuda.
Pour exprimer une différence, l’espagnol emploie más… que (« plus… que ») ou menos… que (« moins… que »). Pour exprimer l’égalité, il faut choisir entre tan… como devant un adjectif ou un adverbe, et tanto/a/os/as… como devant un nom : tan rápido como, mais tantos libros como. Mejor, peor, mayor et menor sont des formes comparatives particulières.
Pour donner une consigne affirmative, l’espagnol choisit une forme selon la personne à qui l’on s’adresse : habla pour tú, hable pour usted, hablemos pour nosotros, hablad pour vosotros et hablen pour ustedes. Si un pronom accompagne le verbe, il se soude à la fin : dime, escríbeme, dámelo. L’ajout peut rendre un accent écrit nécessaire.
Le relatif espagnol que est le choix habituel pour parler d'une personne ou d'une chose : il peut correspondre au français qui ou que et ne change jamais de forme. Quien et son pluriel quienes renvoient uniquement à des personnes et s'emploient surtout après une préposition : la amiga con quien viajo (« l'amie avec qui je voyage »).
Quand deux pronoms compléments accompagnent un verbe espagnol, le pronom indirect vient avant le pronom direct : Te lo doy (« Je te le donne »). Devant lo, la, los, las, les pronoms indirects le et les deviennent toujours se : Se lo dije, jamais le lo dije. Le groupe se place avant un verbe conjugué ou s’attache à un infinitif, à un gérondif ou à un impératif affirmatif.
Au passé, le pronom me, te, se, nos, os, se reste placé devant le verbe conjugué : me levanté, se vistió, nos hemos divertido. Au passé composé espagnol, on emploie toujours haber et le participe passé reste invariable : une femme dit elle aussi me he levantado, sans accord en genre ni en nombre.
B1 (15)
Le futur simple espagnol se forme en ajoutant -é, -ás, -á, -emos, -éis, -án à l’infinitif complet : hablaré, comerás, vivirán. Les trois groupes suivent donc les mêmes terminaisons. Certains verbes changent de radical, comme tener → tendr- ou hacer → har-, mais gardent ces terminaisons.
Le conditionnel simple espagnol se forme en ajoutant -ía, -ías, -ía, -íamos, -íais, -ían à l’infinitif : viajar → viajaría, « je voyagerais ». Il sert notamment à imaginer une conséquence, à atténuer une demande ou un conseil et à exprimer un futur vu depuis le passé. Les verbes irréguliers ont les mêmes radicaux qu’au futur simple : tener → tendría, poder → podría, hacer → haría.
L’indefinido présente un fait passé comme un tout achevé et délimité : Ayer salí a las ocho. L’imperfecto montre plutôt ce qui durait, se répétait ou constituait le décor : Llovía cuando salí. Dans un récit, l’imperfecto installe souvent la scène, tandis que l’indefinido fait avancer les événements.
Le subjonctif présent espagnol présente une action non comme un fait affirmé, mais comme un souhait, une demande, un doute, une émotion ou une éventualité : Quiero que vengas (« Je veux que tu viennes »). On le forme généralement à partir de la forme yo du présent de l’indicatif, sans le -o, puis avec les terminaisons inversées : -ar → e et -er/-ir → a. La présence de que ne suffit toutefois pas à imposer le subjonctif : c’est le sens de la construction qui compte.
En espagnol, le subjonctif présente une action non comme un fait simplement constaté, mais à travers un désir, une nécessité, une possibilité, un but ou une situation encore à venir. On le rencontre notamment après querer que, es necesario que, ojalá, para que et antes de que. Avec cuando et aunque, le choix dépend du sens : futur ou incertitude appellent souvent le subjonctif, tandis qu’un fait habituel ou établi se met à l’indicatif.
Le pluscuamperfecto sert à présenter un fait comme antérieur à un autre moment du passé : Cuando llegué, Ana ya había salido (« Quand je suis arrivé, Ana était déjà partie »). Il se forme avec l’imparfait de haber — había, habías, había, habíamos, habíais, habían — suivi du participe passé : había comido, habíamos terminado. Comme en français, il permet donc de parler du « passé du passé ».
Pour désigner l’élément qui se distingue dans un groupe, l’espagnol emploie généralement el/la/los/las + nom + más/menos + adjectif : la ciudad más bonita de la región. Mejor, peor, mayor et menor remplacent souvent más bueno, más malo, más grande et más pequeño. Le suffixe -ísimo/a exprime plutôt un degré très élevé, sans comparaison : La ciudad es bellísima signifie « La ville est extrêmement belle ».
Donde relie un lieu à une proposition : la ciudad donde vivo (« la ville où j’habite »). El cual, la cual, los cuales, las cuales reprennent un nom en s’accordant avec lui, surtout après une préposition ou dans un registre soutenu. Lo que signifie souvent « ce que », tandis que lo cual reprend généralement toute une idée déjà exprimée.
La passive espagnole se construit avec ser + participe passé : La casa fue vendida (« La maison a été vendue »). Le participe s’accorde avec le sujet, et l’auteur de l’action, s’il est indiqué, est introduit par por : El libro fue escrito por Cervantes. Dans la conversation et les annonces, l’espagnol préfère toutefois souvent une phrase active ou se + verbe : Se habla español aquí.
Pour interdire ou déconseiller une action en espagnol, on emploie no + subjonctif présent : No hables, « Ne parle pas » ; No entren, « N’entrez pas ». Les pronoms se placent avant le verbe, entre no et la forme verbale : No lo hagas, « Ne le fais pas ».
Pour rapporter une affirmation, l’espagnol emploie généralement un verbe comme decir suivi de que : Dice que viene. Pour une question à réponse oui/non, on utilise si : Preguntó si estaba libre. Si le verbe introducteur est au passé, le temps du verbe rapporté peut reculer : le présent devient souvent imparfait et le futur, conditionnel.
Pour énoncer une règle, une possibilité ou une opinion valable en général, l’espagnol emploie souvent hay que + infinitif, se + verbe ou es + adjectif + infinitif : Hay que reservar, Se puede pagar con tarjeta, Es importante descansar. Si l’on introduit une proposition avec que, les expressions de nécessité, d’importance ou de possibilité appellent normalement le subjonctif : Es necesario que reserves.
Pour une condition réelle ou possible, l’espagnol emploie généralement si + présent de l’indicatif, puis un présent, un futur ou un impératif : Si vienes, estaré contento. Pour une situation imaginaire ou peu probable au présent, il faut si + subjonctif imparfait, puis le conditionnel : Si tuviera dinero, viajaría. Comme en français, on ne met normalement pas le futur ni le conditionnel juste après le si conditionnel.
En espagnol, le choix entre ser et estar ne se réduit pas à « permanent » contre « temporaire ». Ser sert souvent à classer ou à caractériser le sujet, tandis que estar décrit sa situation, son état ou le résultat d’un changement. Avec certains adjectifs, ce choix change le sens : Es listo signifie « il est intelligent », mais Está listo signifie « il est prêt ».
Le gerundio espagnol ne sert pas seulement avec estar : sigo trabajando marque la continuité, llevo dos horas esperando une durée qui se prolonge et la situación va mejorando une évolution graduelle. Il peut aussi décrire la manière ou une action simultanée, comme dans vino corriendo. Contrairement à ce que suggère parfois le français, il ne remplace jamais un nom : on emploie alors l’infinitif, par exemple Fumar está prohibido.
B2 (11)
Le subjuntivo imperfecto se forme à partir de la 3e personne du pluriel du passé simple : vinieron → viniera ou viniese. Il sert notamment après un verbe principal au passé (Quería que vinieras), dans une hypothèse irréelle (Si pudiera, lo haría), après como si et pour certains souhaits avec ojalá. Les séries en -ra et en -se ont généralement le même sens, mais les formes en -ra sont aujourd’hui les plus courantes.
Le subjuntivo perfecto, aussi appelé pretérito perfecto de subjuntivo, se forme avec haya, hayas, haya, hayamos, hayáis, hayan + participe passé : Espero que hayas entendido. Il présente comme accomplie une action qui reste dans un contexte de souhait, de doute, d'émotion, de jugement ou de possibilité. Avec un verbe principal au présent, on l'emploie surtout lorsque l'action subordonnée est déjà terminée ou considérée comme antérieure.
Le conditionnel passé espagnol (condicional compuesto) se forme avec le conditionnel de haber suivi d’un participe passé : habría hablado, habrías comido, habrían venido. Il sert surtout à présenter une conséquence qui ne s’est pas réalisée dans le passé, un regret ou une possibilité passée : Si lo hubiera sabido, habría venido (« Si je l’avais su, je serais venu »).
Pour imaginer un passé contraire aux faits, l’espagnol emploie normalement si + plus-que-parfait du subjonctif, puis le conditionnel passé : Si hubiera sabido, habría venido (« Si j’avais su, je serais venu »). La proposition introduite par si présente la condition non réalisée ; l’autre en exprime le résultat hypothétique.
Le pluscuamperfecto de subjuntivo se forme avec hubiera ou hubiese conjugué selon la personne, suivi du participe passé : hubieras venido, hubiese salido. Il présente une action comme déjà accomplie avant un autre repère passé, dans un contexte qui exige le subjonctif : regret, hypothèse irréelle, doute, jugement ou comparaison avec como si.
À un niveau avancé, l’opposition ne se résume plus à « cause » contre « but ». Por présente notamment un agent, un motif, un échange ou un taux ; para fixe un point de vue, une norme de comparaison, une destination ou une fonction attendue. Dans estar por + infinitif et estar para + infinitif, le choix change aussi l’attitude ou l’état du sujet.
Le relatif possessif cuyo relie un possesseur à ce qui lui appartient ou lui est associé : la autora cuyo libro leí (« l’autrice dont j’ai lu le livre »). Il s’accorde avec le nom qui suit, jamais avec l’antécédent : cuyo libro, cuya novela, cuyos libros, cuyas novelas. Il appartient surtout à la langue écrite et au registre soigné.
Le futuro perfecto se forme avec le futur de haber suivi d’un participe passé (forme comme terminado, salido ou visto) : habré terminado, habrás salido, habrán visto. Il présente une action comme achevée avant un repère futur, mais sert aussi à faire une supposition sur le passé : Habrá olvidado signifie alors « Il ou elle a sans doute oublié ».
Après cuando, hasta que, en cuanto et tan pronto como, l’espagnol emploie généralement l’indicatif pour un fait constaté ou habituel, mais le subjonctif pour un événement encore à venir ou attendu. Ainsi, le français dit « Quand tu arriveras, appelle-moi », avec un futur, tandis que l’espagnol dit Cuando llegues, llámame, avec un subjonctif présent. Antes de que est normalement suivi du subjonctif.
Pour former la plupart de ces adverbes, on prend la forme féminine singulière de l’adjectif et on ajoute -mente : lento → lenta → lentamente, rápido → rápida → rápidamente. Si l’adjectif ne varie pas en genre, on ajoute directement le suffixe : fácil → fácilmente, constante → constantemente. Dans une série coordonnée, seul le dernier élément porte généralement -mente : lenta y cuidadosamente.
Là où le français emploie très souvent devenir, l’espagnol choisit un verbe selon la nature du changement. Ponerse présente surtout un état passager, volverse une évolution profonde, hacerse un parcours ou un choix, convertirse en une transformation, quedarse l’état qui subsiste après un événement et llegar a ser l’aboutissement d’un parcours.
C1 (10)
Le pretérito anterior se forme avec le passé simple de haber suivi d’un participe passé : hubo terminado, hubieron salido. Il présente une action comme achevée juste avant une autre action passée, surtout après apenas, cuando, no bien ou una vez que. Proche du passé antérieur français, il appartient aujourd’hui principalement à la langue littéraire ou très soutenue.
Le subjonctif futur espagnol, avec des formes comme fuere, viniere ou hiciere, est aujourd’hui archaïque : on ne l’emploie presque plus dans la conversation courante. Il reste toutefois utile à reconnaître dans les lois, les contrats, les proverbes et quelques formules figées. En espagnol actuel, le présent du subjonctif, le présent de l’indicatif ou l’imparfait du subjonctif le remplacent généralement selon le sens.
Quand une proposition principale au présent commande le subjonctif, l’espagnol emploie en général le présent ou le passé composé du subjonctif : Quiero que vengas ; Dudo que haya venido. Après une principale située dans le passé ou au conditionnel, il choisit normalement l’imparfait ou le plus-que-parfait du subjonctif : Quería que vinieras ; Dudaba que hubiera venido. Le temps composé marque une action antérieure, tandis que le temps simple exprime surtout la simultanéité ou la postériorité.
Dans la norme générale, lo, la, los, las remplacent un complément d’objet direct, tandis que le, les remplacent un complément d’objet indirect. Le leísmo emploie le à la place de lo ; l’usage de le pour un homme au singulier est admis, notamment en Espagne. Le laísmo et le loísmo, qui emploient la ou lo comme pronoms indirects, restent des usages régionaux à reconnaître plutôt qu’à reproduire dans un espagnol international.
Une périphrase verbale associe un verbe conjugué à un infinitif pour présenter une action sous un angle précis : volvió a llamar indique une répétition, tandis que dejó de llamar en marque l’arrêt. Dans les six constructions étudiées ici, le premier verbe se conjugue, la préposition éventuelle est fixe, et le second verbe reste à l’infinitif.
Le registre formel espagnol associe un ton courtois, un vocabulaire précis et des constructions adaptées aux échanges professionnels, universitaires ou institutionnels. Il privilégie notamment usted, des demandes atténuées comme Le agradecería que… et des connecteurs tels que no obstante, mediante ou en virtud de. Une phrase formelle n’a toutefois pas besoin d’être longue : la clarté reste plus importante que la solennité.
La nominalisation consiste à exprimer sous la forme d’un nom une action, une qualité ou un état : desarrollar la economía devient el desarrollo de la economía, et una reforma es posible devient la posibilidad de una reforma. Elle permet de condenser l’information et d’adopter un style plus abstrait, fréquent dans la presse, les études et les textes administratifs. Il ne suffit toutefois pas d’ajouter un suffixe : il faut aussi connaître le genre du nom, ses compléments et la forme réellement consacrée par l’usage.
La pasiva refleja se construit avec se + verbe à la troisième personne : Se venden coches (« On vend des voitures »). Le groupe qui subit l’action devient le sujet grammatical et commande l’accord : singulier dans Se vende una casa, pluriel dans Se venden dos casas. À l’inverse, le se impersonnel n’a pas de sujet exprimé et garde normalement le verbe au singulier : Aquí se vive bien (« Ici, on vit bien »).
L’espagnol peut mettre un élément en relief avec une phrase clivée, comme Es María quien lo hizo, une pseudo-clivée, comme Lo que quiero es paz, ou des marqueurs tels que sí que et ni siquiera. Il peut aussi placer le thème en tête et le reprendre par un pronom : A María, la vi ayer. Le choix de la structure indique ce que le locuteur oppose, confirme ou présente comme inattendu.
En espagnol, -ito/-ita et -illo/-illa peuvent évoquer la petitesse, mais aussi l’affection, l’atténuation ou l’ironie ; -ón/-ona, -azo/-aza et -ote/-ota expriment souvent la grandeur ou l’intensité, avec une valeur admirative ou péjorative selon le contexte. Ainsi, un momentito adoucit une demande, un librillo peut déprécier un livre et un golpazo insiste sur la violence d’un coup. Le sens dépend autant du ton, de la situation et de la région que du suffixe lui-même.
C2 (8)
En espagnol, l’indicatif présente généralement une information comme assumée ou constatée, tandis que le subjonctif la place hors de l’affirmation principale : doute, hypothèse, appréciation ou fait jugé sans importance pour la conclusion. Ainsi, aunque llueve admet la pluie comme un fait, alors que aunque llueva signifie selon le contexte « même s’il pleut » ou « qu’il pleuve ou non ». Le choix exprime donc le point de vue du locuteur, pas seulement la réalité objective.
L’espagnol n’a pas une seule norme parlée identique partout : vos, tú, vosotros et ustedes ne se répartissent pas de la même façon selon les régions, et des mots courants comme coche, carro et auto peuvent désigner la même réalité. Ces variantes appartiennent pleinement à l’espagnol. Pour parler avec naturel, il faut surtout rester cohérent avec la région et le registre choisis, tout en apprenant à reconnaître les autres usages.
L’espagnol familier ne se résume pas à quelques mots « relâchés » : il repose surtout sur des interjections comme ¡venga!, des marqueurs du discours comme pues et o sea, des intensificateurs comme súper, et des formes abrégées comme profe ou bici. Ces éléments rendent la parole spontanée, mais leur effet dépend du ton, de la relation entre les personnes et de la région. Au niveau C2, l’objectif est autant de savoir les interpréter que de les employer sans paraître artificiel ou trop familier.
Une phrase complexe reste claire si chaque proposition a une fonction identifiable et si les éléments mis en relation ont une forme parallèle. L’espagnol dispose notamment de corrélations comme no solo… sino también, tanto… como, ya… ya et cuanto más… más. À un niveau C2, l’enjeu n’est pas d’allonger les phrases à tout prix, mais de hiérarchiser les idées, de gérer les incises et de choisir consciemment entre une construction complète et une suspension expressive.
Les procédés rhétoriques donnent à une formulation un effet qui dépasse son sens littéral : atténuer avec No está mal, amplifier avec Me muero de hambre, guider une conclusion avec ¿Quién no querría eso?, ou créer du rythme par la répétition et l’inversion. Au niveau C2, il ne suffit pas de les reconnaître : il faut comprendre ce qu’ils suggèrent, à qui ils s’adressent et dans quel registre ils restent naturels.
Les connecteurs du discours indiquent la relation logique entre deux idées : concession avec sin embargo ou no obstante, contraste avec en cambio ou por el contrario, conséquence avec por consiguiente, bilan avec a fin de cuentas ou en resumidas cuentas, et digression avec dicho sea de paso. Ils ne sont pas interchangeables : le bon choix dépend à la fois du sens recherché, du registre et de la manière dont la seconde idée se rattache à la première.
L’espagnol administratif privilégie les formulations impersonnelles, les passifs en se, les noms abstraits et des séquences figées telles que Visto lo dispuesto... ou Se pone en su conocimiento que.... Pour bien le comprendre — et surtout pour bien le rédiger — il faut distinguer la précision juridique d’une lourdeur évitable : une phrase officielle doit identifier clairement l’acte, son auteur, son destinataire et ses effets.
Une expression idiomatique est un groupe de mots dont le sens global ne se déduit pas toujours du sens littéral de chaque mot. Ainsi, estar en las nubes ne décrit généralement pas une personne dans les nuages : cela signifie qu’elle est distraite ou absorbée dans ses pensées. Pour employer ces expressions naturellement, il faut en mémoriser à la fois les mots, la construction grammaticale, la situation d’emploi et le registre.