Grammaire roumain
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A1 (30)
Les pronoms sujets roumains sont eu, tu, el, ea, noi, voi, ei, ele. Contrairement au français, ils sont souvent omis, car la terminaison du verbe indique déjà la personne : Sunt acasă signifie « Je suis à la maison » ou, selon le contexte, « Ils/Elles sont à la maison ». On les exprime surtout pour insister, opposer deux personnes ou lever une ambiguïté.
En roumain, chaque nom est masculin, féminin ou neutre. Le neutre se comporte comme le masculin au singulier, mais comme le féminin au pluriel : un scaun bun (« une bonne chaise »), puis două scaune bune (« deux bonnes chaises »). Pour apprendre sûrement le genre d’un nom, retenez donc ensemble son singulier, son pluriel et un nombre : un scaun — două scaune.
En roumain, l’équivalent de le, la, les ne se place généralement pas devant le nom : il s’attache à sa fin. Ainsi, băiat « garçon » devient băiatul « le garçon », et fată « fille » devient fata « la fille ». La terminaison dépend du genre, du nombre et souvent de la forme finale du nom.
Au singulier, le roumain place un devant un nom masculin ou neutre et o devant un nom féminin : un om, un scaun, o casă. Au pluriel, niște convient aux trois genres : niște băieți, niște fete, niște scaune. Comme en français, l’article se met avant le groupe nominal, mais le roumain n’emploie pas toujours niște là où le français emploie des.
Le verbe roumain a fi signifie « être ». Au présent, ses formes sont sunt, ești, este/e, suntem, sunteți, sunt : Sunt acasă (« Je suis chez moi »), Ești obosit? (« Tu es fatigué ? »). Comme la terminaison indique généralement la personne, le pronom sujet est souvent omis.
Le verbe roumain a avea, « avoir », se conjugue au présent ainsi : am, ai, are, avem, aveți, au. Il sert notamment à parler de ce que l’on possède, de ce dont on dispose et de l’âge : Am o carte (« J’ai un livre »), Ai timp? (« Tu as le temps ? »), Are treizeci de ani (« Il/Elle a trente ans »).
Les verbes roumains se répartissent traditionnellement en quatre groupes selon la terminaison de leur infinitif : -a, -ea, -e et -i/-î. Ainsi, a cânta appartient au groupe I, a vedea au II, a merge au III et a dormi au IV. Ce classement aide à organiser l’apprentissage, mais il ne suffit pas toujours à deviner toutes les formes d’un verbe.
En roumain, l’adjectif s’accorde avec le nom qu’il décrit, en genre et en nombre : băiat frumos, fată frumoasă, băieți frumoși, fete frumoase. Il se place le plus souvent après le nom. Un nom neutre commande une forme masculine au singulier, mais une forme féminine au pluriel : un scaun nou, două scaune noi.
En roumain, les nombres de 1 à 10 s’apprennent séparément, ceux de 11 à 19 se terminent généralement par -sprezece, et les nombres comme 21 se construisent avec și (« et ») : douăzeci și unu. Devant un nom, un/o (« un/une ») et doi/două (« deux ») s’accordent avec son genre. À partir de 20, on relie normalement le nombre au nom par de : douăzeci de persoane (« vingt personnes »).
Les huit prépositions à retenir d’abord sont în « dans, en », la « à, chez », pe « sur », cu « avec », de « de », pentru « pour », din « de, hors de » et spre « vers ». Elles ne correspondent pas mot pour mot aux prépositions françaises : on dit par exemple la școală « à l’école », mais în România « en Roumanie » et cu trenul « en train ».
Dans une phrase déclarative neutre, le roumain suit généralement l’ordre sujet + verbe + complément d’objet : Maria citește cartea (« Maria lit le livre »). L’adjectif se place le plus souvent après le nom : o fată frumoasă (« une belle fille »). Cet ordre peut changer pour mettre une information en relief, mais, au niveau A1, le modèle neutre reste le meilleur point de départ.
Pour nier un verbe en roumain, placez nu devant le groupe verbal : Înțeleg devient Nu înțeleg (« Je ne comprends pas »). Avec des mots comme nimic (« rien »), nimeni (« personne ») ou niciodată (« jamais »), le roumain conserve normalement nu : Nu văd nimic (« Je ne vois rien »). Cette « double négation » est la construction standard, et non une faute.
En roumain, une question à laquelle on répond par oui ou non garde généralement le même ordre des mots qu’une affirmation : seule l’intonation montante, puis le point d’interrogation à l’écrit, la signalent. Pour demander une information, on place normalement un mot interrogatif au début : unde « où », ce « quoi », cine « qui », când « quand », cum « comment » ou de ce « pourquoi ».
En roumain, on peut dire Bună! entre proches, mais Bună ziua! convient mieux à une personne inconnue ou dans une situation soignée. La politesse distingue surtout te rog (« s’il te plaît ») de vă rog (« s’il vous plaît »), ainsi que Ce mai faci? de Ce mai faceți?. Pour remercier et prendre congé, Mulțumesc! et La revedere! sont des choix sûrs dans presque toutes les situations.
Pour demander l’heure, on dit Cât e ceasul?, puis on répond E ora trei (« Il est trois heures »). Les jours et les mois s’écrivent normalement avec une minuscule : luni (« lundi »), ianuarie (« janvier »). Retenez surtout la devant une heure, în devant un mois, une année ou une saison, et souvent pe devant une date précise.
Pour dire « pouvoir », « vouloir » et « devoir », le roumain emploie surtout a putea, a vrea et trebuie. Contrairement au français, le second verbe est généralement introduit par să et se conjugue selon son propre sujet : Pot să vin (« Je peux venir »), Vreau să plec (« Je veux partir »), Trebuie să lucrăm (« Nous devons travailler »).
Six verbes très fréquents ont un présent à apprendre presque par cœur : a face (faire), a merge (aller), a veni (venir), a ști (savoir), a da (donner) et a lua (prendre). En roumain, le pronom sujet est souvent omis : on dit naturellement Merg acasă (« Je rentre chez moi »), car la forme verbale suffit généralement à identifier la personne.
Pour exprimer « il y a », le roumain emploie le plus souvent este ou sa forme courante e devant un nom singulier, et sunt devant un nom pluriel : Este o farmacie aici ; Sunt două farmacii aici. Le verbe există, dont la forme est identique au singulier et au pluriel au présent, insiste davantage sur l'existence : Există o soluție ; Există soluții.
En roumain, un adjectif de couleur se place généralement après le nom et s’accorde avec lui en genre et en nombre : un câine alb (« un chien blanc »), mais o casă albă (« une maison blanche »). Cet accord reste nécessaire après a fi (« être ») : casa este roșie (« la maison est rouge »). Quelques couleurs, notamment maro, roz, gri et bej, restent habituellement invariables.
Pour parler des aliments et des boissons en roumain, retenez d’abord a mânca (« manger »), a bea (« boire ») et a vrea (« vouloir ») : Mănânc pâine, Beau apă, Vreau o cafea. Contrairement au français, le roumain emploie souvent le nom sans article là où le français utilise du, de la ou des. Pour commander simplement et poliment, dites O cafea, vă rog ou Vreau o cafea, vă rog.
Pour parler de sa famille en roumain, on emploie souvent un nom muni de l’article défini, suivi du possessif : mama mea « ma mère », fratele meu « mon frère », părinții mei « mes parents ». En revanche, après am « j’ai », on choisit généralement l’article indéfini : Am un frate și o soră. « J’ai un frère et une sœur. »
Pour parler des lieux en ville, retenez d’abord le nom avec son genre, puis une petite phrase complète : gara « la gare », Unde este gara? « Où est la gare ? » et Merg la gară « Je vais à la gare ». Le roumain emploie souvent la pour un lieu considéré comme destination ou service (la bancă, la școală), mais în pour l’intérieur ou certains espaces (în bancă, în parc, în centru).
En roumain, le nom d’une profession employé après a fi (« être ») apparaît généralement sans article : Sunt profesor (« Je suis professeur »), Ea este doctoriță (« Elle est médecin »). Beaucoup de métiers ont une forme masculine et une forme féminine, mais leur formation n’obéit pas à une règle unique : mieux vaut mémoriser chaque paire, par exemple profesor/profesoară et student/studentă.
Pour dire « j’aime », le roumain construit la phrase comme si la chose aimée « me plaisait » : Îmi place muzica signifie littéralement « La musique me plaît ». On emploie place devant un sujet singulier ou une action, et plac devant un sujet pluriel : Îmi place filmul, mais Îmi plac filmele. La personne qui éprouve le goût est indiquée par îmi, îți, îi, ne, vă ou le.
En roumain, il faut apprendre chaque partie du corps avec son genre et son pluriel : cap — capete « tête — têtes », mână — mâini « main — mains », picior — picioare « jambe/pied — jambes/pieds ». Pour dire que l’on a mal, la partie douloureuse commande le verbe : Mă doare capul au singulier, mais Mă dor picioarele au pluriel.
Les verbes roumains dont l’infinitif se termine par -a appartiennent à la première conjugaison. Au présent, beaucoup suivent soit le modèle lucrez, lucrezi, lucrează…, soit le modèle cânt, cânți, cântă… : il faut donc apprendre avec chaque nouveau verbe s’il prend l’élément -ez-. Le pronom sujet est souvent omis, car la terminaison indique déjà la personne.
Pour dire où l’on se trouve ou où se trouve un objet, le roumain emploie souvent a fi (« être ») suivi d’une préposition de lieu : Sunt în bucătărie (« Je suis dans la cuisine »), Cartea este pe masă (« Le livre est sur la table »). Retenez toutefois acasă sans préposition pour « à la maison » : Sunt acasă.
En roumain, les expressions météorologiques les plus courantes sont impersonnelles : elles ne nomment personne ni aucune chose qui ferait l’action. On dit simplement E frig (« Il fait froid »), Plouă (« Il pleut ») ou Ninge (« Il neige »), sans ajouter un pronom équivalent au il français.
En roumain, il faut apprendre chaque vêtement avec son genre et son nombre : o cămașă « une chemise », o rochie « une robe », mais pantaloni « pantalon » et pantofi « chaussures » sont généralement au pluriel. L’adjectif s’accorde avec le nom : o cămașă albă, pantofi noi. Pour dire « porter » un vêtement, on emploie a purta : Port o rochie albastră.
Pour indiquer un moyen de transport, le roumain emploie généralement cu suivi du nom avec son article défini : cu autobuzul « en bus », cu trenul « en train », cu mașina « en voiture ». La principale exception courante est pe jos, « à pied ». Pour parler du déplacement, les verbes essentiels sont a merge « aller », a veni « venir », a pleca « partir » et a ajunge « arriver ».
A2 (10)
En roumain, le pluriel ne se construit pas avec une terminaison unique : on rencontre surtout -i, -e et -uri, souvent avec une modification du radical. Le genre donne une orientation — băiat → băieți, carte → cărți, drum → drumuri — mais il ne suffit pas toujours à prédire la forme exacte. Le réflexe le plus sûr consiste donc à apprendre chaque nom avec son pluriel.
En roumain, le nominatif sert notamment à désigner le sujet, tandis que l’accusatif sert à désigner l’objet direct et s’emploie après de nombreuses prépositions. Pour la plupart des noms, les deux cas ont exactement la même forme : dans Băiatul vede fata, c’est surtout la construction de la phrase qui indique que băiatul agit et que fata est vue. Avec une personne bien identifiée, l’accusatif est souvent signalé par pe : O chem pe Maria « J’appelle Maria ».
En roumain, le génitif exprime surtout la possession ou le lien entre deux noms, tandis que le datif désigne souvent le destinataire d’une action. Leurs formes sont identiques : cartea băiatului signifie « le livre du garçon », et Îi dau băiatului o carte signifie « Je donne un livre au garçon ». Au singulier, on rencontre souvent -lui avec un nom masculin ou neutre et une forme en -i avec un nom féminin ; au pluriel, la terminaison caractéristique est -lor.
En roumain, un pronom clitique remplace un complément d’objet sans recevoir l’accent : mă vede signifie « il ou elle me voit », et îl cunosc « je le connais ». Devant un verbe conjugué, le pronom se place généralement avant le verbe ; il passe après celui-ci dans quelques constructions, notamment à l’impératif affirmatif : Ajută-mă! (« Aide-moi ! »).
Le perfectul compus est le temps du passé le plus courant en roumain parlé. Il se forme avec une forme courte de l’auxiliaire a avea (« avoir ») suivie du participe passé (la forme verbale comme mâncat, « mangé ») : am mâncat signifie « j’ai mangé » ou, selon le contexte, « je mangeai / j’ai mangé ». Le participe ne change pas selon le genre ou le nombre du sujet.
En roumain, l’impératif sert surtout à s’adresser à tu ou à voi : Vino! (« Viens ! »), Veniți! (« Venez ! »). Au singulier, la forme affirmative doit souvent être apprise avec le verbe, tandis que la défense suit une règle très pratique : nu + infinitif sans a, par exemple Nu pleca! (« Ne pars pas ! »). Au pluriel ou dans la politesse, on ajoute simplement nu devant la forme en -ți : Nu plecați!
Un verbe pronominal roumain se construit avec un petit pronom placé généralement avant le verbe : mă spăl « je me lave », te trezești « tu te réveilles », se îmbracă « il ou elle s’habille ». À l’infinitif, le dictionnaire donne la forme avec a se : a se spăla. Le pronom change selon la personne : mă, te, se, ne, vă, se.
En roumain, le démonstratif s'accorde avec ce qu'il désigne en genre et en nombre : acesta « celui-ci », aceasta « celle-ci », aceștia « ceux-ci », acestea « celles-ci ». Devant un nom, on emploie plutôt les formes courtes acest, această, acești, aceste ; après un nom défini, on retrouve les formes longues : băiatul acesta « ce garçon-ci ». La même distinction existe pour l'éloignement avec acel/acela et les formes apparentées.
En roumain, le possessif s’accorde avec ce qui est possédé, et non avec la personne qui possède : cartea mea « mon livre », mais prietenii mei « mes amis ». Avec un nom défini, on emploie généralement le nom suivi de meu, mea, mei, mele ; sans nom, on ajoute al, a, ai, ale : Cartea este a mea « Le livre est à moi / c’est le mien ».
En roumain, on place généralement mai devant l’adjectif pour dire « plus » : mai mare (« plus grand »). Le superlatif relatif se forme avec cel mai, dont le premier élément s’accorde : cel mai frumos, cea mai frumoasă. Pour « moins » et « aussi », on emploie respectivement mai puțin et la fel de.
B1 (12)
Le roumain dispose de deux constructions essentielles pour parler de l’avenir : voi, vei, va, vom, veți, vor + infinitif, surtout soignée ou écrite, et o să + subjonctif, très fréquente dans la conversation. Ainsi, Voi pleca mâine et O să plec mâine signifient tous deux « Je partirai demain ». Contrairement au français, le verbe principal ne reçoit pas de terminaisons propres au futur.
Le subjonctif roumain se construit principalement avec să + un verbe conjugué : Vreau să plec (« Je veux partir »), Trebuie să mănânci (« Tu dois manger »). Il sert notamment à exprimer une volonté, une nécessité, un souhait, une appréciation ou un but. Contrairement au français, le roumain l’emploie très souvent là où le français choisit un infinitif.
Le conditionnel présent roumain se forme avec aș, ai, ar, am, ați, ar suivis de l’infinitif sans _a_ : aș pleca (« je partirais »), am veni (« nous viendrions »). Il sert surtout à exprimer un souhait, une demande polie ou une situation imaginaire. Contrairement au français, le roumain peut employer le conditionnel après dacă (« si ») : Dacă aș avea timp, aș veni.
L’imparfait roumain, appelé imperfectul, présente une action comme habituelle, en cours ou située à l’arrière-plan dans le passé : Mergeam la școală în fiecare zi signifie « J’allais à l’école tous les jours ». Ses terminaisons les plus visibles sont -am, -ai, -a, -am, -ați, -au ou leur série en -e- : -eam, -eai, -ea, -eam, -eați, -eau. Comme en français, il contraste souvent avec un passé qui raconte un événement achevé.
Le vocatif sert à appeler ou à interpeller directement une personne : Ioane!, Domnule!, Fetelor!. En roumain, le nom peut rester inchangé, mais il peut aussi prendre une forme particulière, notamment en -e, -o, -ule ou -lor. Le choix dépend du genre, du nombre, du mot employé et du ton que l’on veut donner.
En roumain, un complément exprimé par un nom peut être repris dans la même phrase par un petit pronom atone : Îl văd pe Ion (« Je vois Ion »), littéralement « je le vois, Ion ». Ce redoublement est la construction normale avec de nombreux compléments directs de personne introduits par pe, ainsi qu’avec les compléments indirects définis : I-am dat Mariei cartea (« J’ai donné le livre à Maria »).
Le roumain forme principalement le passif avec a fi (« être ») conjugué et un participe passé : Casa a fost construită (« La maison a été construite »). Le participe s’accorde avec le sujet en genre et en nombre. Une seconde construction, très courante, emploie se : Se vând bilete (« On vend des billets / Des billets sont vendus »).
Le roumain emploie surtout care pour relier un nom à une information qui le précise : Omul care vine (« L’homme qui arrive »). Quand care est complément d’objet direct, la construction standard est pe care avec reprise par un petit pronom : Cartea pe care o citesc (« Le livre que je lis »). Après une préposition, on garde celle-ci devant care : casa în care stau (« la maison où j’habite »).
En roumain, beaucoup d’adverbes de manière ont la même forme que l’adjectif au masculin-neutre singulier : frumos signifie « beau » dans un peisaj frumos, mais « joliment » dans Cântă frumos. Employé comme adverbe, le mot reste invariable. Il faut toutefois mémoriser certaines formes très courantes, notamment bine (« bien »), rău (« mal ») et repede (« vite »).
Les conjonctions de subordination relient une proposition principale à une proposition qui en dépend. En roumain, că, dacă, deși et pentru că introduisent normalement un verbe à l’indicatif, tandis que ca să et înainte să appellent le subjonctif roumain, reconnaissable à să : Știu că vine (« Je sais qu’il vient »), mais Am venit ca să te ajut (« Je suis venu pour t’aider »).
En roumain, un complément d’objet direct qui désigne une personne précise est souvent introduit par pe : O caut pe mama (« Je cherche maman »). Avec une personne déjà identifiée, pe s’accompagne très souvent d’un pronom complément placé près du verbe : Îl văd pe Ion (« Je vois Ion »). On n’emploie normalement pas ce marqueur devant une chose : Citesc cartea (« Je lis le livre »).
Les connecteurs textuels indiquent le lien logique entre des idées : ordre, ajout, opposition, conséquence ou conclusion. En roumain, on écrit par exemple în primul rând (« premièrement »), de asemenea (« également »), cu toate acestea (« malgré cela ») et în concluzie (« en conclusion »). Placés au début d’une phrase, ces groupes sont généralement suivis d’une virgule.
B2 (10)
Le mai-mult-ca-perfectul situe un fait avant un autre moment du passé : Când am ajuns, plecase signifie « Quand je suis arrivé, il/elle était déjà parti(e) ». Contrairement au plus-que-parfait français, il se conjugue en un seul mot, sans auxiliaire : mâncasem, văzuseși, fuseseră.
Le présomptif roumain présente une information comme probable ou supposée, sans l'affirmer : O fi venit deja signifie « Il ou elle est probablement déjà arrivé(e) ». Il se construit surtout avec une forme de futur de a fi (« être »), suivie soit d'un gérondif pour un procès en cours (o fi dormind), soit d'un participe passé pour un fait accompli (o fi dormit). En français, selon le contexte, on le rend souvent par « probablement », « sans doute », « devoir » ou « il se peut que ».
Le gerunziu roumain est une forme verbale invariable en -ând ou -ind : mergând « en marchant », citind « en lisant ». Il relie le plus souvent deux actions accomplies par le même sujet et exprime la simultanéité, la manière ou la cause. Contrairement au gérondif français, il ne prend pas en devant lui et ne sert pas à construire systématiquement un temps progressif.
Le supin roumain se construit le plus souvent avec de + une forme identique au participe passé : de făcut, de văzut, de mâncat. Selon le contexte, le français le rend généralement par un infinitif précédé de à ou de de : ceva de făcut « quelque chose à faire », greu de înțeles « difficile à comprendre ». Cette forme reste invariable, même lorsqu’un nom féminin ou pluriel la précède.
En roumain, l’article défini se place normalement à la fin du nom. Lorsqu’un adjectif qualificatif passe devant ce nom, c’est toutefois l’adjectif qui porte l’article : fata frumoasă (« la belle fille »), mais frumoasa fată. L’adjectif s’accorde en genre, en nombre et, si nécessaire, en cas avec le nom.
Les indéfinis roumains désignent une personne ou une chose sans l’identifier précisément : cineva « quelqu’un », ceva « quelque chose », oricine « n’importe qui », orice « n’importe quoi » et fiecare « chacun ». Avec nimeni « personne » et nimic « rien », le roumain emploie normalement aussi nu devant le verbe : Nu văd pe nimeni « Je ne vois personne ».
Une phrase complexe en roumain relie plusieurs propositions par coordination (și, dar, sau) ou par subordination (deși, dacă, pentru că, astfel încât). Le choix du connecteur indique le rapport logique entre les idées, tandis que le mode du verbe — indicatif, subjonctif avec să ou conditionnel — précise si le fait est réel, visé ou hypothétique.
Pour rapporter des paroles sans les citer, le roumain emploie surtout că après une affirmation, dacă après une question à laquelle on répond par oui ou non, et să pour transmettre un ordre, une demande ou un conseil. Contrairement au français, un verbe introducteur au passé n'entraîne pas automatiquement un recul de tous les temps : le temps choisi dépend du rapport réel entre les événements et du point de vue adopté.
Une phrase conditionnelle relie une condition, souvent introduite par dacă (« si »), à sa conséquence. Pour une condition réelle, le roumain emploie généralement l’indicatif présent ; pour une hypothèse irréelle, il peut employer le conditionnel dans les deux propositions : Dacă aș avea timp, aș veni (« Si j’avais le temps, je viendrais »). C’est la différence essentielle à retenir quand on part du français.
En roumain, un participe passé employé comme adjectif s’accorde avec le nom qu’il décrit : un geam deschis, o ușă deschisă, doi oameni obosiți, două ferestre închise. En revanche, dans le passé composé avec a avea, le participe reste invariable : Ea a deschis ușa et Ei au deschis ușa. Le principal réflexe à acquérir consiste donc à reconnaître si le participe décrit un nom ou s’il forme un temps verbal.
C1 (8)
Le perfectul simplu présente un événement passé comme achevé et forme un seul mot, sans auxiliaire : văzui « je vis », plecă « il/elle partit ». Il sert surtout à faire avancer un récit littéraire, mais reste vivant à l’oral dans certains usages régionaux, particulièrement en Olténie. Dans la conversation roumaine courante, on emploie normalement le perfectul compus : am văzut « j’ai vu ».
Trois formes composées sont particulièrement utiles dans les textes soutenus : voi fi plecat situe un fait accompli avant un repère futur, aș fi plecat présente un passé irréel ou envisagé, et să fi plecat place au passé une action au subjonctif. Toutes se construisent avec fi, forme du verbe a fi (« être »), suivie d'un participe passé comme plecat, văzut ou făcut.
Le roumain standard est compris dans toutes les régions, mais la conversation spontanée peut révéler une origine locale par l’accent, le vocabulaire et certaines formes grammaticales. En Moldavie, en Transylvanie et en Olténie, des mots comme oleacă, fain ou lubeniță et des tours comme o fost ou mersei ne jouent pas tous le même rôle : certains sont régionaux, d’autres familiers, et quelques-uns sont aussi parfaitement standard. Au niveau C1, l’objectif principal est de les reconnaître, d’en comprendre la valeur sociale et de ne les employer qu’avec un contexte sûr.
Le roumain suit volontiers l’ordre sujet–verbe–objet, mais il peut déplacer un constituant pour en faire le thème du propos, le mettre en contraste ou attirer l’attention sur lui. Un objet placé en tête est souvent repris auprès du verbe par un pronom clitique : Pe Ion l-am văzut ieri (« Ion, je l’ai vu hier »). L’ordre seul ne suffit toutefois pas à fixer le sens : l’intonation et le contexte indiquent aussi ce qui est mis en relief.
Dans un groupe nominal roumain complexe, les déterminants, adjectifs, possessifs et compléments ne s’accumulent pas au hasard : ils s’organisent autour d’un nom et s’accordent avec lui. L’article défini n’apparaît normalement qu’une fois, sur le premier élément qui peut le porter : casele vechi, mais frumoasele case vechi. Devant un possesseur, al, a, ai, ale peuvent être nécessaires et s’accordent avec ce qui est possédé, non avec le possesseur.
Quand deux pronoms clitiques se suivent en roumain, le pronom au datif (le destinataire ou le bénéficiaire) précède normalement celui à l’accusatif (l’objet directement concerné) : mi-l dă « il me le donne », ți-o spun « je te la dis ». Au passé composé, le groupe interagit avec l’auxiliaire : ni le-a arătat « il nous les a montrées », mais le féminin singulier o se place après le participe : mi-a trimis-o « il me l’a envoyée ».
En roumain, le subjonctif se reconnaît surtout à să. À un niveau avancé, il ne sert pas seulement après a vrea « vouloir » ou trebuie « il faut » : il permet aussi de présenter une personne comme recherchée plutôt qu’identifiée (cineva care să mă ajute), d’émettre une réserve sur un fait passé (nu cred să fi terminat) ou de formuler une hypothèse irréelle (să fi știut…).
En roumain, un suffixe dérivationnel ajouté à une base permet de créer un mot nouveau : a citi « lire » donne cititor « lecteur » et citibil « lisible ». Les familles -ție/-țiune, -tor/-toare, -bil/-bilă et -ism/-ist servent notamment à nommer une action, une personne, une possibilité, un courant ou son représentant. Elles sont productives, mais leur emploi n'est pas entièrement mécanique : il faut apprendre le mot formé avec son sens, son genre et son pluriel.
C2 (8)
Le registre académique roumain organise un raisonnement explicite au moyen de connecteurs, de subordonnées complexes, de formulations prudentes et d’un vocabulaire abstrait souvent d’origine latine. Il ne consiste pas à rendre chaque phrase plus longue : un bon texte universitaire reste précis, cohérent et lisible, tout en indiquant clairement la relation entre hypothèse, preuve, réserve et conclusion.
Le roumain peut conserver la base étrangère tout en lui ajoutant ses propres marques grammaticales : email-ul « le courriel », like-uri « des mentions “J’aime” », email-ului « du courriel », a downloada « télécharger ». L’enjeu n’est donc pas seulement de connaître un mot récent, mais de savoir lui attribuer un genre, former son pluriel, lui joindre l’article défini et, s’il s’agit d’un verbe, le conjuguer comme un verbe roumain.
En roumain, une même idée peut se formuler dans un registre familier, courant, soutenu ou littéraire. Le bon choix dépend moins d'une règle de grammaire isolée que de la relation entre les personnes, du support et de l'effet recherché : N-am habar convient entre proches, Nu știu reste neutre, tandis que Nu cunosc detaliile convient mieux à un contexte officiel. Au niveau C2, il faut surtout savoir reconnaître ces indices, les combiner avec cohérence et changer de registre sans rendre la phrase artificielle.
Le roumain juridique et administratif privilégie les formulations impersonnelles, les noms abstraits et des locutions stables telles que în conformitate cu (« conformément à ») ou prin prezenta (« par la présente »). Il sert à identifier précisément une obligation, une autorité, un délai ou un document, mais son style peut paraître lourd dans la conversation courante. Au niveau C2, l’essentiel est de savoir interpréter ces constructions et de les employer avec précision, sans accumuler mécaniquement les formules officielles.
Une expression idiomatique est un groupe de mots dont le sens global ne se déduit pas toujours du sens de chaque mot : a bate câmpii signifie « dire n’importe quoi », et non « battre les champs ». En roumain, il faut apprendre ensemble l’image, le sens, la construction grammaticale et le registre, car remplacer une préposition ou supprimer un petit pronom peut dénaturer l’expression.
En roumain, deci, parcă, totuși, de altfel et oricum ne servent pas seulement à relier des idées : ils indiquent aussi comment la personne qui parle présente son propos. Ils peuvent signaler une conclusion, une impression incertaine, une objection, un argument complémentaire ou l’abandon d’une question. Leur traduction française varie donc selon le contexte et le ton.
Les archaïsmes signalent une époque, une voix littéraire ou un registre solennel ; les néologismes nomment au contraire des réalités ou des pratiques récentes. À un niveau C2, l’essentiel n’est pas d’accumuler des mots rares, mais de savoir les reconnaître, les adapter à la grammaire roumaine et choisir le registre juste. Ainsi, precum peut donner une tonalité plus soutenue que așa cum, tandis que feedback s’insère dans une phrase roumaine avec un article, un pluriel ou des déterminants roumains.
Le roumain peut déplacer un élément de la phrase pour en faire le thème, le mettre en contraste ou créer un effet solennel : Pe tine te caut signifie « C’est toi que je cherche ». Ces déplacements ne sont pourtant pas libres : les pronoms atones, la préposition pe, l’intonation et le registre indiquent comment interpréter la phrase. Les inversions comme Frumoasă-i dimineața! appartiennent surtout à un style littéraire, lyrique ou exclamatif.
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