Grammaire hongrois
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A1 (28)
En hongrois, de nombreux suffixes changent de voyelle pour s’accorder avec le mot : házban « dans la maison », mais kertben « dans le jardin ». La règle de départ est simple : les voyelles postérieures appellent généralement une variante postérieure, et les voyelles antérieures une variante antérieure. Certains suffixes distinguent en plus les voyelles antérieures arrondies : házhoz, kerthez, tükörhöz.
Les six pronoms sujets de base sont én « je », te « tu », ő « il/elle », mi « nous », ti « vous » au pluriel et ők « ils/elles ». Contrairement au français, le hongrois les omet très souvent, car la terminaison du verbe suffit généralement à reconnaître la personne : Dolgozunk signifie déjà « Nous travaillons ». On les exprime surtout pour insister, opposer deux personnes ou lever une ambiguïté.
Au présent, lenni (« être ») se conjugue ainsi : vagyok, vagy, van, vagyunk, vagytok, vannak. Cependant, avec ő ou ők, on omet van/vannak devant un nom ou un adjectif attribut : Ő diák (« Il/Elle est étudiant(e) »), A ház szép (« La maison est belle »). Pour indiquer où se trouve quelqu’un ou quelque chose, ou pour dire que quelque chose existe, van/vannak reste exprimé : A könyv az asztalon van (« Le livre est sur la table »).
Au présent, un verbe hongrois transitif a deux séries de terminaisons. On emploie en principe la conjugaison indéfinie sans objet ou avec un objet indéfini, mais la conjugaison définie avec un objet précis à la troisième personne : Látok egy kutyát « Je vois un chien », mais Látom a kutyát « Je vois le chien ».
Le hongrois emploie la conjugaison indéfinie lorsqu’un verbe n’a pas de complément d’objet direct ou lorsque cet objet n’est pas identifié comme défini : Olvasok « Je lis », Olvasok egy könyvet « Je lis un livre ». La terminaison indique la personne, si bien que le pronom sujet est généralement inutile. Le choix entre -ok, -ek, -ök et les autres variantes dépend en grande partie de l’harmonie vocalique.
En hongrois, beaucoup de relations exprimées en français par une préposition se marquent par un suffixe ajouté au nom : ház « maison », házban « dans la maison », házba « vers l’intérieur de la maison ». La forme du suffixe s’adapte souvent aux voyelles du mot : on dit házban, mais kertben « dans le jardin ». Au niveau A1, l’objectif n’est pas de mémoriser tous les cas, mais de comprendre cette logique et d’apprendre chaque nom avec les variantes utiles.
En hongrois, le complément d’objet direct — la personne ou la chose directement concernée par l’action — porte normalement le suffixe -t : könyv « livre » devient könyvet dans Könyvet olvasok « Je lis un livre ». Selon le mot, on ajoute directement -t ou on place une voyelle de liaison devant lui : autó → autót, ház → házat, könyv → könyvet. Pour débuter, le plus sûr est d’apprendre chaque nom avec sa forme accusative.
Pour répondre à hol? (« où ? »), le hongrois ajoute généralement un suffixe au nom : -ban/-ben pour un intérieur, -on/-en/-ön/-n pour une surface et certains lieux conventionnels, -nál/-nél pour la proximité ou « chez » quelqu’un. Ainsi, házban signifie « dans la maison », asztalon « sur la table » et Péternél « chez Péter ». La variante du suffixe dépend de l’harmonie vocalique.
Les nombres hongrois suivent des modèles réguliers : tizen- sert à former 11–19, huszon- 21–29, puis on réunit la dizaine et l’unité en un seul mot. Devant un nom, « deux » se dit normalement két, tandis que le nombre isolé est kettő. Surtout, le nom qui suit un nombre reste au singulier : öt ház signifie « cinq maisons ».
En hongrois, l’ordre des mots sert moins à indiquer « qui fait quoi » qu’à organiser l’information. Le thème vient souvent au début, tandis que l’élément mis en focus se place immédiatement avant le verbe : Péter ALMÁT eszik signifie « C’est une pomme que Péter mange ». Pour commencer, retenez surtout ceci : placez juste avant le verbe ce qui répond à la question ou ce que vous voulez opposer à autre chose.
Le hongrois emploie a devant un son consonantique et az devant un son vocalique pour dire « le, la, les » : a ház (« la maison »), az alma (« la pomme »). L’article indéfini est egy, qui signifie aussi « un » : egy könyv (« un livre »). Contrairement au français, le hongrois omet souvent l’article devant une quantité non précisée ou une profession : Vizet kérek (« Je voudrais de l’eau »), Tanár vagyok (« Je suis professeur »).
Avec des proches, szia sert aussi bien à dire « salut » qu’« au revoir » à une seule personne ; devant plusieurs personnes, on dit sziasztok. Dans une situation plus formelle, retenez jó napot kívánok pour saluer et viszontlátásra pour prendre congé. Köszönöm signifie « merci », tandis que kérem exprime « s’il vous plaît » dans certains contextes.
En hongrois, un mot interrogatif comme ki « qui », mi « quoi », hol « où » ou miért « pourquoi » se place normalement juste avant le verbe : Hol laksz? « Où habites-tu ? » Pour une question à laquelle on répond par oui ou non, on peut conserver l’ordre d’une phrase affirmative et employer l’intonation interrogative : Magyar vagy? « Es-tu hongrois(e) ? » La particule -e, attachée par un trait d’union, sert aussi à marquer explicitement ce type de question.
Pour nier une phrase hongroise, on place généralement nem juste avant le verbe conjugué : Nem látom (« Je ne le vois pas »). Les mots négatifs comme senki (« personne »), semmi (« rien »), sehol (« nulle part ») et soha (« jamais ») s’emploient normalement avec nem ou sem : Senkit nem látok (« Je ne vois personne »). Cette concordance de plusieurs éléments négatifs est la construction normale, et non une faute.
És relie des éléments (« et »), de marque une opposition (« mais »), vagy propose un choix (« ou »), mert introduit une cause (« parce que ») et tehát une conclusion (« donc »). Is exprime l’ajout (« aussi »), mais se place après l’élément ajouté : Én is megyek signifie « Moi aussi, j’y vais ».
Devant un nom, l’adjectif hongrois se place normalement avant celui-ci et ne s’accorde ni en nombre ni en cas : szép ház « belle maison », szép házak « belles maisons », szép házakat « de belles maisons » comme complément. En revanche, lorsqu’il forme le prédicat, c’est-à-dire ce que l’on affirme à propos du sujet, il prend la marque du pluriel : A ház szép « La maison est belle », mais A házak szépek « Les maisons sont belles ».
En hongrois, les noms des jours et des mois s’écrivent normalement avec une minuscule : hétfő « lundi », január « janvier ». Pour situer un événement, on ajoute souvent un suffixe au mot : hétfőn « lundi », januárban « en janvier », ötkor « à cinq heures ». Pour demander l’heure, dites Hány óra van? ; Öt óra van signifie « Il est cinq heures ».
Les adverbes hongrois précisent surtout où, quand ou comment une action a lieu : itt « ici », ott « là-bas », most « maintenant », ma « aujourd’hui », jól « bien » et gyorsan « vite ». Leur forme ne change pas selon le sujet. On peut souvent les placer avant le verbe, mais l’ordre des mots varie selon l’information que l’on veut mettre en relief.
Pour dire qu’une chose existe ou se trouve quelque part, le hongrois emploie van au singulier et vannak au pluriel : Van itt egy gyógyszertár (« Il y a une pharmacie ici »). À la forme négative, on utilise nincs et nincsenek, et non nem van. Surtout, van ne disparaît pas lorsqu’il exprime l’existence ou la présence.
Le hongrois n’a pas de verbe courant équivalent à avoir. Pour dire « j’ai un chien », il construit littéralement quelque chose comme « à moi existe mon chien » : Nekem van egy kutyám. Le possesseur peut être marqué par nekem, neked, neki…, tandis que l’objet possédé porte normalement un suffixe : kutyám « mon chien » ; à la forme négative, van devient nincs.
Le pluriel hongrois se reconnaît à -k : ház « maison » devient házak « maisons » et szék « chaise » devient székek « chaises ». Une voyelle de liaison apparaît souvent devant -k, mais sa forme varie selon l’harmonie vocalique et selon le mot. Après un nombre ou un mot de quantité, le nom reste toutefois au singulier : öt ház signifie « cinq maisons ».
Le hongrois emploie ez pour ce qui est proche (« ceci », « ce…-ci ») et az pour ce qui est plus éloigné (« cela », « ce…-là »). Devant un nom, le démonstratif est suivi de l’article défini : ez a ház « cette maison-ci », az a könyv « ce livre-là ». Si le groupe reçoit un suffixe de cas, le démonstratif et le nom portent tous deux la marque correspondante : ebben a házban « dans cette maison-ci ».
Devant un nom, un adjectif de couleur hongrois se place normalement en premier et ne s’accorde ni en genre ni en nombre : piros alma « pomme rouge », piros almák « pommes rouges ». Dans une phrase comme A ház fehér. « La maison est blanche », le présent de « être » n’est pas exprimé à la troisième personne. Pour demander la couleur, on emploie surtout Milyen színű? « De quelle couleur est-ce ? ».
Le mot hongrois hogy relie deux propositions et correspond très souvent au français que : Tudom, hogy jön (« Je sais qu’il ou elle vient »). Une virgule sépare normalement les deux propositions. Après une constatation, le verbe est en général à l’indicatif ; après une volonté, une demande ou une nécessité, le hongrois emploie souvent les formes de l’impératif : Azt akarom, hogy maradj (« Je veux que tu restes »).
Les verbes megy « aller », jön « venir », ad « donner », lát « voir », hall « entendre », eszik « manger » et iszik « boire » sont indispensables dès le niveau A1. Le hongrois omet souvent le pronom sujet, mais conjugue le verbe selon la personne ; plusieurs de ces verbes changent aussi de radical. Avec un complément d’objet précis, ad, lát, hall, eszik et iszik peuvent en outre prendre une conjugaison dite définie.
Le préverbe meg- présente souvent une action comme menée jusqu'à son résultat : írom signifie « je suis en train de l'écrire » ou « je l'écris », tandis que megírom signifie « je l'écris jusqu'au bout » ou, selon le contexte, « je vais l'écrire ». Dans une phrase affirmative neutre, meg- précède immédiatement le verbe et s'écrit avec lui ; dans certaines constructions, il s'en sépare : nem írom meg (« je ne l'écris pas jusqu'au bout »).
Les préverbes be-, ki-, fel- et le- indiquent respectivement un mouvement vers l’intérieur, vers l’extérieur, vers le haut et vers le bas. Dans une phrase affirmative neutre, ils se placent généralement juste avant le verbe et s’écrivent avec lui : bemegyek « j’entre », kimegyek « je sors », felmegyek « je monte », lemegyek « je descends ». La négation, l’impératif et la mise en relief peuvent toutefois les séparer du verbe.
Pour donner une consigne simple à une personne que l’on tutoie, on emploie souvent une forme impérative en -j ou une forme issue de celle-ci : Várj! (« Attends ! »), Gyere ide! (« Viens ici ! »), Nézd meg! (« Regarde ! »). Avec une personne que l’on vouvoie, le hongrois utilise normalement la troisième personne : Várjon! (« Attendez ! »). Kérlek adoucit une demande familière, tandis que kérem, legyen szíves et tessék servent dans des demandes plus neutres ou polies.
A2 (11)
En hongrois, la terminaison du verbe dépend aussi de son objet direct — la personne ou la chose directement concernée par l’action. Si cet objet est identifié, par exemple dans a könyvet (« le livre ») ou Pétert (« Péter »), on emploie la conjugaison définie : Olvasom a könyvet (« Je lis le livre »). Avec un objet indéfini ou sans objet, on choisit normalement l’autre série : Olvasok egy könyvet (« Je lis un livre »).
Pour exprimer un déplacement, le hongrois distingue trois rapports : vers l’intérieur (-ba/-be), vers une surface (-ra/-re) et vers une personne ou un point proche (-hoz/-hez/-höz). À chacun correspond un suffixe d’origine : -ból/-ből, -ról/-ről ou -tól/-től. Le français emploie souvent simplement « à », « dans » ou « de » ; en hongrois, il faut donc d’abord se représenter le rapport spatial.
Le hongrois ajoute -nak ou -nek au nom pour marquer notamment la personne à qui l’on donne, dit ou écrit quelque chose : Péternek adom signifie « je le donne à Péter ». -nak suit en principe les voyelles postérieures, -nek les voyelles antérieures. Ce cas sert aussi dans la possession : a fiúnak a háza (« la maison du garçon ») et Nekem van egy könyvem (« j’ai un livre »).
En hongrois, le possesseur est indiqué par une terminaison ajoutée au nom possédé : könyv « livre » devient könyvem « mon livre », et ház « maison » devient házad « ta maison ». La forme du suffixe varie selon la personne, l’harmonie vocalique et parfois le nom lui-même. Contrairement au français, il n’existe pas de déterminant séparé correspondant directement à mon, ton ou leur.
Le hongrois exprime normalement le passé par une forme verbale unique, construite avec la marque -t/-tt et une terminaison personnelle : olvastam « j’ai lu / je lisais », mentek « ils sont partis / ils partaient ». Il n’emploie pas d’auxiliaire comparable à avoir ou être. Comme au présent, il faut choisir entre la conjugaison indéfinie et la conjugaison définie selon le complément d’objet.
L’impératif hongrois se forme généralement avec un -j-, mais ce son se combine souvent avec la dernière consonne du verbe : vár donne várj! « attends ! », tandis que olvas donne olvass! « lis ! ». Il faut aussi choisir entre la conjugaison indéfinie (Olvass!, sans objet précis) et la conjugaison définie (Olvasd el!, « lis-le jusqu’au bout ! »). Pour une demande polie, on emploie notamment la troisième personne (Várjon!) ou tessék suivi de l’infinitif (Tessék leülni!).
En hongrois, de nombreuses relations exprimées en français par une préposition se placent après le groupe nominal : az asztal alatt, littéralement « la table sous », signifie « sous la table ». Au niveau A2, retenez surtout l’ordre nom ou groupe nominal + postposition : a ház mögött (« derrière la maison »), az iskola mellett (« à côté de l’école »).
Devant un nom, l’adjectif hongrois reste invariable : szép ház, « une belle maison », mais aussi szép házak, « de belles maisons », et szép házakat, « de belles maisons » comme complément d’objet. En revanche, lorsqu’il est attribut, c’est-à-dire qu’il décrit le sujet avec le sens de « être », il prend normalement le pluriel avec un sujet pluriel : A házak szépek, « Les maisons sont belles. »
Une question à laquelle on répond par oui ou non garde généralement l’ordre de la phrase affirmative et se reconnaît à l’intonation : Látod? « Tu le vois ? » Dans un style plus soigné ou à l’écrit, on peut employer -e : Látod-e? Avec un mot interrogatif, celui-ci occupe normalement la position de focus, juste avant le verbe : Mit csinálsz? « Que fais-tu ? »
Au passé, le verbe hongrois lenni (« être ») prend six formes : voltam, voltál, volt, voltunk, voltatok, voltak. Contrairement au présent, la troisième personne ne disparaît pas : Ő beteg signifie « Il/Elle est malade », mais on doit dire Ő beteg volt pour « Il/Elle était malade ».
Le hongrois dispose de deux constructions courantes là où le français emploie souvent « aimer ». Avec szeret, la personne qui éprouve le sentiment est le sujet : Szeretem ezt a házat (« J’aime cette maison »). Avec tetszik, la chose appréciée devient le sujet et la personne se met au datif : Tetszik nekem ez a ház (« Cette maison me plaît »).
B1 (16)
Le hongrois exprime souvent le futur avec un infinitif + fog conjugué : Olvasni fogok (« Je lirai »). Lorsque le contexte ou un mot comme holnap (« demain ») situe déjà l’action dans l’avenir, le présent est très naturel : Holnap megyek (« Je pars demain »). C’est fog, et non le verbe principal, qui porte la personne ainsi que la conjugaison définie ou indéfinie.
Le conditionnel hongrois se forme directement sur le verbe : olvasnék signifie « je lirais » et mennék « j’irais ». Sa particularité essentielle est de conserver les deux conjugaisons hongroises : olvasnék egy könyvet (« je lirais un livre »), mais olvasnám a könyvet (« je lirais le livre »). Il sert aussi très souvent à adoucir un souhait ou une demande : Kérnék egy kávét (« Je voudrais un café »).
Le hongrois ajoute -val ou -vel au nom pour exprimer l’instrument ou l’accompagnement : autóval « en voiture », Péterrel « avec Péter ». Après une consonne, le v du suffixe s’assimile à cette consonne, qui devient longue : kés + vel → késsel. Après une voyelle, le v reste visible : autó + val → autóval.
Le suffixe -vá/-vé désigne le résultat d’une transformation : Tanárrá válok signifie « Je deviens professeur ». On choisit la variante selon l’harmonie vocalique et, après une consonne, le v s’assimile à celle-ci : tanár + vá → tanárrá, víz + vé → vízzé.
Le suffixe hongrois -ért s'ajoute surtout à un nom pour indiquer ce qui motive une action, ce que l'on cherche à obtenir, la personne au bénéfice de laquelle on agit ou le prix payé : kenyérért « pour du pain », érted « pour toi », tíz euróért « pour dix euros ». Il ne suit pas l'harmonie vocalique : sa forme reste toujours -ért. Le mot interrogatif miért signifie « pourquoi ? » ou, selon le contexte, « dans quel but ? ».
Un igekötő est un élément qui complète ou transforme le sens d’un verbe hongrois : be- indique souvent un mouvement vers l’intérieur, ki- vers l’extérieur et meg- l’achèvement. Dans une phrase affirmative neutre, il précède généralement le verbe et s’écrit avec lui : megeszem « je le mange entièrement ». Il peut toutefois s’en séparer lorsque la négation, un ordre ou un élément mis en relief précède le verbe : nem eszem meg « je ne le mange pas entièrement ».
Dans une phrase neutre, le préverbe se place généralement juste devant le verbe et s’écrit avec lui : Megeszem « Je le mange entièrement ». Avec la négation, un mot interrogatif mis en valeur, un focus ou l’impératif, il passe normalement après le verbe et s’écrit séparément : Nem eszem meg, Mit eszel meg?, Edd meg! La règle essentielle est donc de repérer ce qui occupe la position immédiatement avant le verbe.
L’infinitif hongrois se termine généralement par -ni : olvasni « lire », menni « aller ». Après un verbe conjugué comme akar « vouloir », il reste ordinairement sans marque personnelle : Olvasni akarok « Je veux lire ». Avec une expression impersonnelle comme kell « il faut » ou szabad « il est permis », il peut au contraire recevoir un suffixe indiquant la personne : Mennem kell « Je dois partir », Szabad kérdeznem? « Puis-je poser une question ? ».
Une proposition relative précise de quelle personne, chose, période ou quel lieu on parle. En hongrois, on emploie surtout aki pour une personne, ami pour une chose, ahol pour un lieu et amikor pour un moment : Az ember, aki jön (« La personne qui arrive »). Si le pronom a une autre fonction que sujet, il reçoit souvent un suffixe : aki devient par exemple akit (« que ») ou akinek (« à qui, dont »).
Le comparatif hongrois se forme avec -bb, souvent précédé d’une voyelle de liaison : nagy (« grand ») devient nagyobb (« plus grand »). Le superlatif ajoute leg- à cette forme comparative : legnagyobb (« le plus grand »). Pour nommer le second terme de la comparaison, on emploie généralement mint (« que ») : nagyobb, mint ez (« plus grand que ceci »).
En hongrois, ha signifie « si ». Une condition considérée comme réelle ou possible se met généralement à l’indicatif : Ha jössz, örülök. Pour une hypothèse irréelle, le hongrois emploie le conditionnel dans les deux propositions : Ha lenne időm, mennék. Au passé contrefactuel, chaque verbe prend une forme passée suivie de volna : Ha tudtam volna, mentem volna.
Le hongrois exprime souvent la nécessité, la permission ou l’interdiction au moyen d’un mot impersonnel suivi d’un infinitif : kell « il faut », szabad « il est permis », lehet « il est possible », tilos « il est interdit » et érdemes « cela vaut la peine ». Lorsque la personne concernée doit être précisée, c’est généralement l’infinitif qui reçoit une terminaison personnelle : Mennem kell signifie « Je dois partir ». Retenez surtout l’opposition entre nem kell « ne pas avoir besoin de » et nem szabad ou tilos « ne pas avoir le droit de ».
Le hongrois emploie tudni pour savoir un fait, disposer d’une information ou savoir faire quelque chose : Tudom a választ (« Je sais la réponse »), Tudok úszni (« Je sais nager »). Ismerni signifie connaître par contact ou par expérience : Ismerem Pétert (« Je connais Péter »), Ismerjük a várost (« Nous connaissons la ville »). Le contraste ressemble donc à savoir / connaître en français, sans coïncider mot pour mot dans tous les contextes.
Pour donner une cause, le hongrois emploie surtout mert (« parce que »), mivel (« puisque, comme ») et la construction corrélative azért…, mert… (« c’est parce que… »). Pour poser une condition, il utilise ha (« si ») : l’indicatif convient aux conditions réelles ou possibles, tandis que le conditionnel apparaît dans les hypothèses imaginées. Chaque proposition garde l’ordre des mots hongrois, organisé par le thème et l’information mise en relief.
Le hongrois exprime souvent le temps au moyen d’un suffixe collé au mot : három órakor « à trois heures », péntekig « jusqu’à vendredi », reggeltől estig « du matin au soir ». D’autres repères sont des expressions à retenir comme un bloc : minden nap « tous les jours », egész nap « toute la journée », tavaly « l’année dernière » et jövőre « l’année prochaine ». Le choix de la forme dépend surtout de l’idée à exprimer : moment précis, durée, fréquence, point de départ ou échéance.
Pour exprimer un but, le hongrois emploie couramment hogy avec un verbe à l’impératif employé comme un subjonctif : Azért jöttem, hogy segítsek (« Je suis venu pour aider »). Pour présenter une conséquence réelle, il utilise plutôt l’indicatif avec úgyhogy (« donc, si bien que ») ou une structure d’intensité comme annyira… hogy (« tellement… que »). Le contraste essentiel est donc : intention à réaliser → impératif après hogy ; résultat constaté → indicatif.
B2 (11)
Le hongrois place souvent à la fin du mot ce que le français exprime par une préposition : hétkor « à sept heures », ötig « jusqu’à cinq heures », reggeltől « depuis le matin » et péntekre « pour vendredi, d’ici vendredi ». Le choix du suffixe indique si l’on vise un moment précis (-kor), une limite finale (-ig), un point de départ (-tól/-től) ou une échéance et parfois une durée prévue (-ra/-re).
Le suffixe invariable -ként signifie le plus souvent « en tant que », « comme » ou « à titre de » : Tanárként dolgozom veut dire « Je travaille comme professeur ». Il s’ajoute directement au mot qui désigne un rôle, une fonction, un statut ou la manière dont une personne ou une chose est considérée. Contrairement à -vá/-vé, il ne décrit pas une transformation.
Dans une chaîne possessive hongroise, chaque nom possédé porte un suffixe qui indique son propriétaire immédiat. Lorsqu’un élément possédé devient à son tour propriétaire du nom suivant, il prend généralement le datif -nak/-nek : a barátom házának ajtaja signifie « la porte de la maison de mon ami ». On construit donc la chaîne de proche en proche, plutôt qu’avec une suite de prépositions comme de en français.
Le hongrois emploie trois participes adjectivaux principaux : -ó/-ő pour une action en cours ou caractéristique (olvasó ember, « une personne qui lit »), -t/-tt pour une action accomplie (írt levél, « une lettre écrite ») et -andó/-endő pour une action à accomplir, souvent nécessaire (megoldandó feladat, « une tâche à résoudre »). Ils se placent normalement avant le nom et, contrairement au participe passé français, ne s’accordent ni en genre ni en nombre dans cet emploi.
Le határozói igenév, ou participe adverbial, se forme surtout avec -va/-ve et correspond souvent à « en faisant » : Nevetve ment signifie « Il/Elle est parti(e) en riant ». Il sert aussi à décrire un état résultant avec van, comme dans Nyitva van (« C’est ouvert »). La variante -ván/-vén appartient principalement à la langue écrite soutenue ou littéraire.
Le hongrois introduit généralement le discours indirect par hogy (« que ») : Azt mondta, hogy jön signifie « Il/Elle a dit qu’il/elle venait ». Contrairement au français, le passé du verbe introducteur n’entraîne aucun recul automatique du temps dans la proposition rapportée : le présent jön peut donc rester au présent. Les questions fermées prennent souvent la particule -e, tandis que les demandes emploient le mode impératif hongrois.
En hongrois, l’ordre des mots indique souvent de quoi l’on parle et quel élément on oppose ou met en relief. Le thème se place généralement au début de la proposition, tandis que le focus contrastif occupe la position immédiatement avant le verbe conjugué : Pétert TEGNAP láttam signifie « Péter, c’est HIER que je l’ai vu ». Avec un verbe à préverbe, le focus fait passer ce préverbe après le verbe : A KÖNYVET olvasta el.
Quelques verbes hongrois très courants ne se conjuguent pas à partir d'un radical parfaitement stable. Les trois groupes essentiels sont les verbes en -ik, comme eszik « manger » et iszik « boire », les verbes en -sz, comme vesz « prendre, acheter », et les verbes à radical en -v, comme jön → jövök « venir → je viens ». Le plus sûr est d'apprendre plusieurs formes clés de chaque verbe plutôt que de chercher à tout produire avec une seule règle.
Le hongrois moderne préfère généralement reformuler ce que le français exprime par un passif. Selon le sens recherché, il emploie surtout la 3e personne du pluriel sans auteur nommé (Megépítették a házat), un verbe de changement d’état (A feladat megoldódott) ou une forme en -ható/-hető indiquant la possibilité (A feladat megoldható).
En hongrois, la terminaison du verbe dépend souvent de l’objet direct : on emploie en principe la conjugaison définie pour un objet de troisième personne bien identifié, et l’indéfinie lorsqu’il n’y a pas d’objet ou que celui-ci est indéfini. Deux points déjouent souvent l’intuition francophone : engem « moi » et téged « toi » ne commandent pas la conjugaison définie, tandis que « je → te/vous » possède la forme spéciale -lak/-lek, comme dans látlak « je te vois ».
Les connecteurs discursifs indiquent le lien logique entre deux idées. Ezzel szemben établit un contraste direct, ennek ellenére introduit un fait qui déjoue une attente, mindazonáltal exprime une concession dans un registre plutôt soutenu, et ráadásul ajoute un argument supplémentaire. Ils ne sont donc pas interchangeables, même si plusieurs peuvent se traduire en français par « pourtant », « néanmoins » ou « de plus » selon le contexte.
C1 (8)
En hongrois, on ajoute -hat ou -het au radical verbal pour exprimer « pouvoir », « avoir la possibilité de » ou « avoir le droit de » : olvas « lire » devient olvashat « pouvoir lire ». Le verbe ainsi formé se conjugue ensuite normalement, y compris selon que son complément d’objet est défini ou non : olvashatok « je peux lire » mais olvashatom « je peux le lire ».
Pour exprimer « j’aurais fait », le hongrois place volna après un verbe déjà conjugué au passé : olvastam volna (« j’aurais lu »). Une possibilité non réalisée ajoute -hat/-het au verbe : láthattam volna (« j’aurais pu voir »). Pour « j’aurais dû partir », on emploie plutôt el kellett volna mennem, avec kellett volna et un infinitif portant la personne.
Au présent de l’indicatif, avec un sujet à la troisième personne, le hongrois n’emploie normalement aucune forme visible de _van_ (« être ») devant un nom ou un adjectif attribut : _Péter tanár_ signifie « Péter est professeur » et _A könyv érdekes_ « Le livre est intéressant ». La copule (le verbe qui relie le sujet à ce qu’on dit de lui) réapparaît aux autres personnes et, sous une autre forme, au passé, au futur et au conditionnel : _tanár vagyok_, _tanár volt_, _tanár lesz_, _tanár lenne_.
Le hongrois crée de nombreux mots en ajoutant un ou plusieurs suffixes de dérivation à une base : szép « beau » devient szépség « beauté », et olvas « lire » devient olvasás « lecture ». La forme du suffixe suit généralement l’harmonie vocalique : on choisit par exemple -ság ou -ség selon les voyelles de la base. Le sens obtenu reste toutefois un élément de vocabulaire à apprendre : une formation possible en théorie n’est pas toujours le mot employé dans la langue courante.
En hongrois, une postposition comme mögött (« derrière ») reçoit un suffixe personnel quand son repère est une personne exprimée par un pronom : mögöttem signifie « derrière moi », mögötted « derrière toi » et mögötte « derrière lui, elle ou cela ». On ne dit donc normalement pas l’équivalent mot à mot du français « moi + derrière ». Le suffixe indique à lui seul la personne et le nombre.
En hongrois, le choix entre te, ön et maga indique la relation que l’on établit avec son interlocuteur. Avec te, le verbe est à la 2e personne ; avec ön ou maga, il est à la 3e personne. La politesse ne repose toutefois pas sur le seul pronom : les conditionnels, les impératifs, les titres et des formules comme kérem, legyen szíves ou tessék déterminent aussi le ton.
Le hongrois n’emploie pas de pronom vide correspondant au il français de il faut ou il est interdit. Il place directement kell, szabad, lehet, tilos ou érdemes avec un infinitif : El kell menni (« Il faut partir »). Quand l’obligation ou la possibilité concerne une personne précise, cette personne peut être indiquée par une terminaison sur l’infinitif : El kell mennem (« Je dois partir »).
Le hongrois réunit volontiers plusieurs bases en un seul mot : vas « fer » + út « route » + vonal « ligne » donne vasútvonal « ligne ferroviaire ». Le dernier élément indique généralement la catégorie principale, tandis que les éléments précédents en précisent le sens. Le mot entier porte son accent principal sur la première syllabe et reçoit ses suffixes tout à la fin.
C2 (7)
Dans les textes hongrois anciens, la poésie et les récits volontairement solennels, des formes comme vagyon pour van, mikoron pour amikor, néki pour neki ou mondá pour mondta signalent une autre époque ou un effet de style. Il faut surtout savoir les reconnaître et les ramener à leur équivalent moderne : les employer dans une conversation ordinaire donnerait le plus souvent une impression théâtrale, biblique ou humoristique.
Les variétés régionales du hongrois se distinguent surtout par leurs voyelles, mais aussi par certains mots et certaines formes verbales : on peut ainsi entendre szíp pour szép, embör pour ember ou megyen pour megy. Ces formes ne constituent pas un « hongrois incorrect » : elles signalent une origine, un milieu ou une situation de parole. Au niveau C2, l’objectif prioritaire est de les reconnaître, de les relier à la forme standard et d’éviter de les imiter sans bien connaître leur valeur sociale.
Une longue phrase hongroise reste claire lorsque chaque subordonnée est reliée explicitement à la proposition dont elle dépend. Les couples tels que az… aki, oda… ahol, úgy… mintha ou azért… mert servent de points d’ancrage, tandis que chaque proposition conserve son propre ordre informationnel. Il faut donc repérer les verbes conjugués, les mots de liaison et les corrélatifs avant d’interpréter la phrase dans son ensemble.
Le hongrois académique privilégie une argumentation explicite, un vocabulaire précis et des formulations qui mettent le phénomène ou le résultat au premier plan plutôt que la personne qui agit. Il recourt souvent aux nominalisations comme vizsgálat « étude », aux formes impersonnelles comme kimutatható « on peut démontrer » et à des connecteurs tels que ennek megfelelően « en conséquence ». Un bon texte n’est toutefois pas celui qui accumule les tournures lourdes : la clarté reste prioritaire.
Un proverbe hongrois (közmondás) formule généralement une observation ou un conseil sous la forme d’une phrase complète, tandis qu’une expression idiomatique (szólás, szólásmód) s’intègre souvent dans une phrase et doit être adaptée grammaticalement. Pour bien les employer, il faut retenir non seulement leur sens, mais aussi leur forme habituelle, leur registre et la situation dans laquelle un locuteur hongrois les choisirait. L’équivalent français naturel compte davantage qu’une traduction mot à mot.
Le hongrois administratif concentre l'information dans des noms, des participes et des groupes munis de suffixes là où le français emploierait volontiers une proposition entière. Il recourt aussi à des formules stables — ezúton tájékoztatjuk, hogy…, a jogszabály értelmében, fellebbezés nyújtható be — qui précisent le fondement, l'obligation, la procédure ou la possibilité d'un recours. À ce niveau C2, il faut surtout savoir les décoder avec exactitude et les employer sans rendre tout texte inutilement pesant.
Le hongrois ancien se reconnaît à des mots, des pronoms et des formes verbales aujourd’hui marqués, tels que ímhol, néked, légyen ou vala. À l’autre extrémité, le hongrois contemporain intègre rapidement des mots nouveaux comme lájk, poszt et szelfi, puis leur ajoute les suffixes ordinaires de la langue : lájkolni, posztot, szelfizik. Au niveau C2, l’enjeu principal est de comprendre le registre et l’effet produit avant de chercher à imiter ces formes.
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