Grammaire vietnamien
Explore 80 concepts de grammaire — du niveau débutant au niveau avancé.
C'est l'arbre grammatical qui alimente Settemila Lingue — chaque concept devient un deck d'entraînement ciblé avec des flashcards générées par l'IA.
Aucun résultat trouvé
A1 (30)
Le vietnamien moderne s’écrit avec un alphabet latin de 29 lettres, mais plusieurs lettres munies d’un signe — ă, â, ê, ô, ơ, ư, đ — sont des lettres à part entière. À ces lettres s’ajoutent cinq signes de ton : avec le ton sans marque, ils permettent de noter les six tons du vietnamien. Il faut donc conserver chaque accent, car a, ă, â, á et à ne sont pas des variantes décoratives d’une même lettre.
En vietnamien, chaque syllabe porte un ton, c'est-à-dire un mouvement de la voix qui fait partie du mot. Les six tons sont ngang, huyền, sắc, hỏi, ngã et nặng : ainsi, ma, mà, má, mả, mã et mạ ne sont pas six façons expressives de dire la même chose, mais six mots possibles. Les signes écrits indiquent le ton, sauf pour ngang, qui ne porte aucun signe.
En vietnamien, « je » et « vous » ne correspondent pas chacun à un mot unique : le pronom dépend de l’âge relatif, de la relation et de la situation. Pour débuter, tôi est un « je » neutre et respectueux, tandis que bạn convient surtout pour parler à une personne d’âge proche ; dans la vie courante, anh, chị, em, cô, chú, ông, bà servent aussi de pronoms. Pour « nous », retenez dès maintenant la différence entre chúng tôi (« nous », sans la personne à qui l’on parle) et chúng ta (« nous », en l’incluant).
En vietnamien, là relie surtout une personne ou une chose à son identité, à sa catégorie ou à sa définition : Tôi là giáo viên (« Je suis professeur »). Contrairement au français être, là ne se conjugue pas et ne se place normalement pas devant un adjectif : Cô ấy mệt signifie « Elle est fatiguée », sans là.
Le mot vietnamien có sert principalement à exprimer la possession, comme « avoir », ou l’existence, comme « il y a » : Tôi có xe signifie « J’ai un véhicule », tandis que Trên bàn có sách signifie « Il y a des livres sur la table ». La négation est không có, et une question fermée se construit souvent avec có ... không? ; on peut alors répondre simplement Có ou Không.
En vietnamien, le verbe ne change ni selon la personne ni selon le nombre : tôi ăn signifie « je mange », et họ ăn, « ils mangent ». L’ordre de base est sujet + verbe + complément, tandis que le temps et le déroulement de l’action se comprennent grâce au contexte, à un repère temporel ou à un marqueur comme đã, đang ou sẽ.
En vietnamien, un adjectif peut former à lui seul le prédicat (ce que l’on dit du sujet) : Món ăn ngon signifie « Le plat est délicieux », sans équivalent de « être ». Dans un groupe nominal, l’adjectif suit généralement le nom : món ăn ngon peut aussi désigner « un plat délicieux ». Le contexte et les autres mots de la phrase permettent de distinguer ces deux emplois.
En vietnamien, on place généralement không juste avant le verbe ou l’adjectif : Tôi không hiểu (« Je ne comprends pas »), Cà phê không nóng (« Le café n’est pas chaud »). Devant un nom, on emploie plutôt không phải (là), tandis que chưa signifie « pas encore ». Pour interdire une action, on utilise đừng devant le verbe.
Le vietnamien ne fait généralement ni inversion du sujet ni changement de forme du verbe pour poser une question. Pour obtenir une réponse par oui ou non, on ajoute souvent không ou chưa à la fin, ou on encadre le prédicat avec có…không. Avec un mot interrogatif comme gì « quoi » ou đâu « où », ce mot reste normalement à la place qu’occuperait la réponse : Bạn ở đâu? « Où habitez-vous ? »
Pour compter la plupart des êtres et des objets en vietnamien, on place un classificateur entre le nombre et le nom : ba con chó (« trois chiens »), et non simplement nombre + nom comme en français. Le schéma essentiel est nombre + classificateur + nom. Le classificateur dépend de la catégorie : con pour les animaux, cái pour beaucoup d’objets, người pour les personnes, cuốn/quyển pour les livres et chiếc notamment pour les véhicules.
Les nombres vietnamiens se construisent de façon régulière : hai mươi ba signifie 23, soit littéralement « deux dizaines trois ». Pour l’heure, on place giờ après le nombre : ba giờ chiều correspond à 15 h. Pour demander un prix, on emploie surtout bao nhiêu tiền?, puis on répond avec un nombre suivi de đồng.
Pour indiquer un lieu, le vietnamien emploie souvent ở devant le lieu général, puis un mot plus précis comme trên « sur », trong « dans » ou dưới « sous » : Cuốn sách ở trên bàn signifie « Le livre est sur la table ». Contrairement au français, on ne met pas là « être » devant un complément de lieu. Les formes essentielles sont ở, trên, trong, dưới, cạnh, trước et sau.
En vietnamien, le démonstratif qui accompagne un nom se place normalement après le groupe nominal : cái bàn này (« cette table-ci »), người đó (« cette personne-là »). Retenez d'abord này pour ce qui est proche, đó pour ce qui est plus éloigné ou déjà identifié, et kia pour ce qui est nettement plus loin. Pour un lieu, đây signifie « ici », tandis que đấy/đó signifie « là ».
En vietnamien, des mots de parenté comme anh, chị, em, cô et chú servent aussi de pronoms dans la vie courante. Leur choix indique la relation entre les personnes : âge relatif, génération, genre et degré de proximité. Ainsi, anh peut vouloir dire « grand frère », « vous » ou « je », selon qui parle à qui.
Les verbes vietnamiens ne se conjuguent ni selon la personne ni selon le nombre : tôi đi signifie « je vais », tandis que chúng tôi đi signifie « nous allons ». Avec đi, đến, ăn, uống, ngủ, làm, nói, viết et đọc, on peut déjà parler de déplacements, de repas, de travail, de repos et de communication. L’ordre de base est généralement sujet + verbe + complément.
Le vietnamien situe souvent une action dans le temps avec un mot ou un groupe de mots comme hôm nay (« aujourd’hui »), hôm qua (« hier »), ngày mai (« demain ») ou bây giờ (« maintenant »). Le verbe ne change pas de forme : dans Hôm qua tôi làm việc (« Hier, j’ai travaillé »), c’est hôm qua, et non une conjugaison, qui place l’action dans le passé.
En vietnamien, on place ce qui est possédé avant le possesseur : sách của tôi signifie « mon livre », littéralement « livre de moi ». Le mot của introduit normalement le possesseur, mais il peut disparaître dans des groupes très courants comme nhà tôi (« chez moi, ma maison ») ou mẹ tôi (« ma mère »). Pour demander « à qui ? », on emploie của ai : Xe của ai?
En vietnamien, và relie des éléments (« et »), hoặc et hay présentent un choix (« ou »), nhưng marque une opposition (« mais »), vì introduit une cause, nên un résultat, et rồi une étape suivante. L’ordre est généralement très transparent : cause + nên + résultat et action 1 + rồi + action 2.
En vietnamien, de petits mots invariables précisent le degré, l’inclusion, la quantité ou la continuité. Rất se place normalement avant un adjectif, quá et lắm souvent après, tandis que cũng, đều, chỉ et còn précèdent généralement l’élément sur lequel ils portent : rất ngon « très bon », đắt quá « vraiment trop cher », tôi cũng thích « moi aussi, j’aime ».
En vietnamien, xin chào, tạm biệt, xin lỗi et không sao permettent de saluer, de prendre congé, de s’excuser et de rassurer. Pour répondre poliment, on emploie souvent vâng ou dạ ; pour appeler quelqu’un, on place ơi après son nom ou son terme d’adresse : Lan ơi !, anh ơi !. Le choix du terme d’adresse compte presque autant que l’expression elle-même.
Le vietnamien n’a pas de conjugaison spéciale pour l’impératif : un verbe seul peut suffire, comme Ngồi xuống (« Asseyez-vous »). Pour adapter le ton, on emploie notamment hãy ou xin avant le verbe, đừng pour une interdiction, et nhé ou đi en fin de phrase. Le choix dépend surtout de la relation entre les personnes et de la situation, pas seulement du sens littéral des mots.
En vietnamien, ng, ngh, nh, tr, ch, gi et qu sont des groupes de lettres qui représentent chacun un son ou une attaque de syllabe. Retenez d’abord trois idées : ngh s’emploie devant e, ê, i, ng ailleurs ; nh rappelle le gn français ; et ni ch ni gi ne se prononcent comme dans les mots français chat et girafe. La prononciation de tr, ch et gi varie sensiblement entre le Nord et le Sud, mais leur orthographe ne change pas.
Le vietnamien écrit emploie douze lettres vocaliques : a, ă, â, e, ê, i, o, ô, ơ, u, ư, y. Les signes de ă, â, ê, ô, ơ, ư font partie de la lettre et ne sont pas des marques de ton. Il faut donc apprendre chaque voyelle comme un son à part entière, puis reconnaître les groupes tels que ai, ao, ươi, uây et oai.
Pour situer une personne, le vietnamien emploie généralement ở + lieu : Tôi ở nhà (« Je suis chez moi »). Pour parler d’un déplacement, đi + lieu indique que l’on va quelque part, tandis que đến + lieu insiste sur la destination atteinte ou l’arrivée : đi chợ (« aller au marché »), đến trường (« arriver à l’école »). Contrairement au français, il n’est normalement pas nécessaire de choisir entre « à », « au », « à la » et « chez » devant chaque nom de lieu.
En vietnamien, le mot de couleur ou de forme vient généralement après le nom : áo đỏ signifie « chemise rouge » et bàn tròn « table ronde ». Pour décrire un objet dans une phrase, on n’emploie normalement pas là devant la qualité : Áo này đỏ ou Áo này màu đỏ veut dire « Cette chemise est rouge ». Les mots ne changent ni selon le genre ni selon le nombre.
En vietnamien, les mots de la famille indiquent souvent l’âge relatif : anh est un frère aîné, chị une sœur aînée et em un frère ou une sœur plus jeune. Ces mêmes mots servent aussi à dire « je » ou « vous/tu » dans la vie sociale. Le possesseur vient après le lien de parenté : mẹ tôi signifie « ma mère ».
En vietnamien, thích (« aimer »), muốn (« vouloir »), cần (« avoir besoin de ») et ghét (« détester ») se placent directement devant un nom ou un verbe : Tôi thích cà phê (« J’aime le café »), Tôi thích uống cà phê (« J’aime boire du café »). Il n’existe ni conjugaison selon la personne ni mot équivalent à de dans « avoir besoin de », et aucun marqueur d’infinitif n’est requis.
En vietnamien, biết sert surtout à dire que l’on sait un fait ou que l’on sait faire quelque chose, hiểu signifie « comprendre », et quen indique que l’on connaît personnellement quelqu’un ou que l’on est habitué à quelque chose. Ainsi, Tôi biết nấu ăn signifie « Je sais cuisiner », tandis que Tôi quen anh ấy signifie « Je connais personnellement cet homme ».
Le mot được n'a pas un seul équivalent en français. Après un verbe, il exprime souvent une capacité réelle ou un résultat atteint : nói được (« savoir/pouvoir parler »), mua được vé (« réussir à acheter un billet »). Avant un verbe, il peut marquer une permission ou un événement favorable : được vào (« être autorisé à entrer »), được khen (« être félicité ») ; seul, Được! signifie « D'accord ! ».
En vietnamien, les jours ouvrés se forment avec thứ suivi d'un nombre : thứ hai « lundi », thứ ba « mardi », etc. Pour une date, on va du plus précis au plus général : ngày 2 tháng 9 năm 2026 « le 2 septembre 2026 ». Il n'y a ni article devant le jour ou le mois, ni nombre ordinal correspondant au français « premier, deuxième ».
A2 (10)
En vietnamien, le verbe ne se conjugue pas : sa forme reste la même, et le contexte ou des mots comme đã (accompli/passé), đang (en cours) et sẽ (futur) situent l’action. Rồi, từng, hay et thường ajoutent d’autres nuances : résultat déjà atteint, expérience passée ou habitude. Ces marqueurs sont utiles, mais ils ne sont pas obligatoires lorsque le moment est déjà évident.
En vietnamien, plusieurs verbes peuvent se suivre sans préposition ni conjonction : đi ăn signifie « aller manger », chạy vào « entrer en courant » et ngồi đọc sách « lire assis ». Dans la construction la plus simple, les verbes ont le même sujet et forment ensemble une seule action complexe. Leur ordre indique le déroulement ou le lien logique : déplacement, but, manière, direction ou activité simultanée.
En vietnamien, phải, nên, có thể, muốn et cần se placent généralement avant le verbe principal, sans équivalent de « de » ou « à » : Tôi phải đi (« Je dois partir »). Được demande plus d'attention : après le verbe, il exprime souvent la capacité ou la réussite (Tôi nói được), tandis qu'avant le verbe il peut indiquer la permission (Tôi được đi).
Pour dire « plus… que », le vietnamien place hơn après l’adjectif : A + adjectif + hơn + B. Pour le superlatif, on ajoute nhất après l’adjectif ; pour l’égalité, on emploie surtout bằng, et như quand on rapproche une personne ou une chose d’un modèle : Xe này nhanh hơn xe kia, « Cette voiture est plus rapide que l’autre ».
En vietnamien, on place souvent un classificateur entre un nombre et le nom compté : hai tờ vé (« deux billets »), một miếng bánh (« un morceau de gâteau »). Le choix de tờ, miếng, đôi, bộ, nơi, chỗ ou lần indique comment on considère ce que l’on compte : feuille, morceau, paire, ensemble, lieu ou occurrence. Avec lần, la construction la plus courante suit le verbe : đi ba lần (« y aller trois fois »).
Les formes từ…đến, giữa, xung quanh, đối với et theo permettent d'exprimer des relations plus précises qu'une simple position : un point de départ et une arrivée, un espace intermédiaire, ce qui entoure quelque chose, un domaine concerné ou une source d'information. Elles sont invariables et se placent directement devant leur complément : giữa hai ngôi nhà « entre deux maisons », theo luật « selon la loi ».
En vietnamien, les mots de quantité sont invariables : nhiều « beaucoup », ít « peu », mỗi « chaque », tất cả « tout, tous », một số « certains », vài « quelques » et đủ « assez ». Ils se placent généralement avant le groupe nominal — nhiều người « beaucoup de personnes », đủ tiền « assez d’argent » — mais nhiều et ít se placent après un verbe quand ils indiquent la fréquence ou l’intensité de l’action : Tôi đọc nhiều « Je lis beaucoup ».
Les connecteurs khi, trước khi, sau khi, trong khi, ngay khi et từ khi placent un événement par rapport à un autre : quand, avant, après, pendant, dès que ou depuis. Le schéma de base est connecteur + sujet + verbe, mais le sujet peut être omis lorsque les deux actions ont clairement le même acteur : Sau khi ăn, tôi đi làm (« Après avoir mangé, je vais travailler »).
Le vietnamien n’a pas un pronom unique équivalent au se français. On place généralement tự avant le verbe pour insister sur une action accomplie par soi-même, tandis que nhau se place après le verbe pour une action mutuelle : Tôi tự làm (« je le fais moi-même »), mais Họ giúp nhau (« ils s’entraident »). Tự mình renforce l’idée d’autonomie, lẫn nhau souligne la réciprocité et với nhau signifie « l’un avec l’autre » ou « ensemble ».
En vietnamien, un verbe peut être suivi d’un second élément qui indique le résultat effectivement atteint : ăn hết « manger entièrement », nghe hiểu « entendre et comprendre », nhìn thấy « regarder et voir », tìm được « chercher et trouver ». Le premier verbe décrit l’action ; le complément de résultat précise son aboutissement. Pour nier ce résultat, on place généralement không ou chưa devant l’ensemble : không tìm được, chưa làm xong.
B1 (14)
En vietnamien, la proposition relative se place après le nom qu’elle précise : người tôi gặp (« la personne que j’ai rencontrée »). On peut insérer mà après ce nom — người mà tôi gặp — mais ce marqueur est souvent omis lorsque la relation reste claire. Contrairement au français, mà ne varie pas selon qu’on traduirait par « qui », « que », « où » ou « dont ».
La structure la plus courante est nếu + condition, (thì) + résultat : Nếu trời mưa, tôi sẽ ở nhà (« S’il pleut, je resterai chez moi »). Thì met clairement en relief le résultat, mais il est souvent omis lorsque le lien est évident. Comme les verbes vietnamiens ne se conjuguent pas, le caractère réel, hypothétique ou contraire aux faits dépend surtout du contexte et de marqueurs comme sẽ et đã.
En vietnamien, on place généralement bị ou được devant le verbe pour présenter ce que subit ou reçoit le sujet : Anh ấy bị đánh signifie « Il a été frappé ». Bị suggère le plus souvent une conséquence défavorable, tandis que được présente une conséquence favorable ou, selon le contexte, neutre. Contrairement au français, le verbe ne change jamais de forme.
En vietnamien, cho + personne + action signifie le plus souvent « permettre ou laisser à quelqu’un de faire quelque chose » : Cho anh ấy vào (« Laissez-le entrer »). Pour exprimer une cause, on emploie surtout làm cho + personne ou chose + résultat : Tin đó làm cho tôi vui (« Cette nouvelle me rend heureux »). Un ordre, une demande ou une contrainte ne se construit pas automatiquement avec cho : on choisit plutôt bảo, nhờ, xin ou bắt selon l’intention.
En vietnamien, on transforme souvent une appréciation simple en exclamation en plaçant quá ou thật après le prédicat : Đẹp quá ! « Que c’est beau ! », Giỏi thật ! « Qu’est-ce qu’il est doué ! » Pour une émotion plus soutenue, on emploie biết bao ou la construction mới…làm sao : Vui biết bao !, Mới khó làm sao !
En vietnamien, để relie une action au but recherché : Tôi học để thi signifie « J’étudie pour passer l’examen ». Si la personne qui doit réaliser le but change, on place simplement son sujet après để : Tôi nói chậm để mọi người hiểu (« Je parle lentement pour que tout le monde comprenne »). En début de phrase, Để tôi… sert aussi à proposer de faire quelque chose : « Laissez-moi… » ou « Je vais… ».
En vietnamien, la place dépend surtout du sens de l’adverbe : le temps encadre souvent la proposition, la fréquence précède généralement le verbe, la manière suit le verbe ou son complément, et le degré se place le plus souvent devant un adjectif. Certains mots, notamment quá et lắm, se mettent cependant après l’élément qu’ils renforcent. La position choisie peut aussi changer la portée ou la mise en relief.
Dans un passif vietnamien développé, l’être ou la chose touchée par l’action vient d’abord, puis bị ou được, puis l’agent et le verbe : Tôi bị bạn lừa « J’ai été trompé par un ami ». Bị présente normalement l’événement comme subi ou défavorable ; được le présente comme favorable, attendu ou simplement neutre dans certains registres. Contrairement au français, le verbe ne prend ni participe passé ni marque d’accord.
Pour relier directement une cause à son résultat, le vietnamien emploie surtout nên ou cho nên : Trời mưa nên tôi ở nhà (« Il a plu, donc je suis resté chez moi »). Pour reprendre une cause déjà énoncée, vì vậy (« c’est pourquoi »), do đó (« par conséquent ») et kết quả là (« le résultat, c’est que ») introduisent une nouvelle proposition. Le couple vì… nên… est parfaitement naturel : Vì trời mưa nên tôi ở nhà.
Pour raconter une suite d’événements, placez des repères comme đầu tiên (« d’abord »), sau đó (« ensuite »), tiếp theo (« puis, étape suivante ») et cuối cùng (« enfin ») au début de chaque étape. Le verbe vietnamien ne se conjugue pas : le moment du récit est établi par le contexte et les indications de temps, tandis que đã, đang ou rồi précisent surtout la manière dont l’action se déroule ou s’achève.
En vietnamien, on place souvent ra, vào, lên, xuống, đi ou lại après un verbe pour préciser le trajet : chạy vào « entrer en courant », bước xuống « descendre d'un pas ». Đi oriente le mouvement en s'éloignant, tandis que lại peut indiquer un mouvement vers un repère ou un retour. Le choix dépend donc à la fois du trajet réel et du point de vue adopté.
Dans son emploi concessif, mà relie deux faits qui vont à l’encontre de l’attente : Mệt mà vẫn đi signifie « être fatigué, mais y aller quand même ». Thế mà et vậy mà reprennent une situation déjà connue pour introduire « et pourtant » ou « malgré cela », tandis que mặc dù...mà... encadre explicitement l’obstacle et le résultat inattendu.
Pour demander ce qu'est une chose, on emploie X là gì ? ; pour demander le sens d'un mot, X nghĩa là gì ?. nghĩa là introduit un sens ou une conséquence, tức là reformule une idée, et gọi là indique le nom donné à quelque chose. Le mot interrogatif gì reste normalement à la place qu'occuperait la réponse : on ne le place pas en tête comme en français.
Le vietnamien distingue surtout le souhait imaginé ou contraire à la réalité, avec ước gì et giá mà, de l’espoir encore possible, avec mong et hy vọng. Il ne change pas la forme du verbe comme le français dans je voudrais ou si j’avais su : le sens vient de l’expression choisie, des mots de temps et du contexte.
B2 (10)
En vietnamien, les connecteurs indiquent le rapport logique entre deux mots, deux propositions ou deux phrases : và ajoute, nhưng oppose, hoặc propose un choix, vì donne une cause et nên ou vì vậy introduit une conséquence. Certaines relations se construisent volontiers en paire, notamment vì… nên… (« puisque… donc… ») et mặc dù… nhưng… (« bien que… pourtant… »). Le bon connecteur dépend autant du sens que du registre et de la place qu’il occupe dans le discours.
En vietnamien, on rapporte souvent une affirmation avec rằng ou là, et une question fermée avec hỏi xem ou le cadre có… không. Contrairement au français, le verbe ne change pas de forme et il n’existe pas de décalage automatique des temps : on conserve ou on adapte đã, đang, sẽ et les indications temporelles selon la situation réelle.
Le vietnamien nuance la condition grâce à des locutions placées au début d’une proposition : miễn là « à condition que », trừ khi « sauf si », dù / cho dù « même si » et nếu không « sinon / si… ne… pas ». Comme les verbes ne se conjuguent ni selon la personne ni selon le temps, la réalité, l’hypothèse et le moment se comprennent surtout grâce au contexte et à des mots comme đã « déjà, passé », sẽ « futur » ou bây giờ « maintenant ».
Le vietnamien associe deux marqueurs pour relier deux éléments : càng...càng exprime une progression liée, vừa...vừa cumule deux caractéristiques ou actions, không những...mà còn renchérit et hoặc...hoặc présente deux possibilités. Les deux parties doivent généralement avoir la même fonction et rester clairement parallèles : Càng học càng giỏi signifie « Plus on étudie, plus on progresse ».
Les từ Hán Việt sont des mots d’origine chinoise lus et employés selon les usages du vietnamien : quốc gia « pays, nation », giáo dục « éducation », kinh tế « économie », tự do « liberté ». Ils sont particulièrement nombreux dans la presse, l’administration, l’enseignement et la littérature, mais beaucoup appartiennent aussi au vietnamien quotidien. Pour bien les employer, il faut apprendre leurs éléments récurrents, leur ordre fixe et surtout leurs associations naturelles.
Le vietnamien relie souvent deux propositions au moyen de connecteurs en paire : vì...nên pour la cause et la conséquence, nếu...thì pour la condition, tuy...nhưng pour la concession et chẳng những...mà còn pour une addition renforcée. Contrairement au français, les deux éléments de la paire peuvent coexister naturellement : Vì trời mưa nên tôi ở nhà signifie « Comme il pleut, je reste chez moi » ou « Il pleut, donc je reste chez moi ».
Le vietnamien ne traduit pas toutes les idées de « faire faire », « obliger » ou « demander » avec un seul verbe. Khiến présente une cause et son résultat, bắt une contrainte, yêu cầu une demande ferme ou officielle, đề nghị une proposition ou une demande plus négociable, et ra lệnh un ordre explicite. Le choix du verbe indique donc autant la relation entre les personnes que l’action attendue.
En vietnamien, thôi, chứ, mà, cơ et hả peuvent se placer à la fin d'un énoncé pour montrer l'attitude de la personne qui parle : limitation, conviction, rappel, insistance ou surprise. Elles ne changent pas les faits exprimés, mais elles changent fortement la manière dont la phrase est reçue. Il n'existe donc pas une traduction française fixe pour chacune : le contexte et l'intonation comptent autant que le mot lui-même.
Les connecteurs du discours indiquent le lien logique entre des idées : thứ nhất introduit un premier point, ngoài ra ajoute une information, mặt khác change de perspective, nói cách khác reformule et tóm lại résume. Ils se placent souvent au début d’une phrase ou d’une proposition, suivis d’une virgule, sans modifier l’ordre normal des mots.
Le vietnamien rapporte une parole en choisissant un verbe précis, puis en ajoutant une proposition (un petit énoncé avec son propre sujet) ou une consigne : thừa nhận rằng… « reconnaître que… », hỏi… có… không « demander si… », khuyên… nên… « conseiller de… ». Contrairement au français, il n’impose pas de recul des temps : on adapte surtout les pronoms, les repères de temps et de lieu, et les marqueurs đã, đang ou sẽ selon le sens.
C1 (9)
Le vietnamien formel n'est pas une conjugaison particulière : il repose surtout sur le choix des pronoms, des formules de politesse, d'un vocabulaire précis et d'une organisation explicite du texte. Dans un courrier ou un document professionnel, Kính gửi ouvre respectueusement le message, tandis que Trân trọng peut le clore. Un bon style formel reste clair : accumuler des mots savants ne rend pas automatiquement une phrase plus polie ni plus juste.
En vietnamien parlé, de petits mots placés en fin de phrase indiquent l’attitude du locuteur : à transforme une constatation en question, nhé recherche un accord bienveillant, nhỉ invite à partager une impression, đi pousse à agir, et đấy/đó renforcent une affirmation ou un avertissement. Ils ne changent pas les faits décrits, mais la manière dont la phrase s’adresse à l’autre. Leur traduction française dépend donc du contexte et de l’intonation : « hein », « d’accord ? », « vas-y », « je t’assure » ou parfois aucun mot précis.
Le vietnamien administratif se reconnaît à ses formules stables, à ses nombreux composés sino-vietnamiens et à une forte densité d’informations : căn cứ introduit le fondement juridique, ban hành l’acte de promulguer, et chịu trách nhiệm thi hành l’obligation d’exécuter une décision. Il ne suffit pas de rendre une phrase « plus polie » : il faut choisir les associations de mots propres au type de document, à l’autorité compétente et à l’effet juridique recherché.
Dans un texte vietnamien soutenu, on évite souvent de nommer l’auteur d’une action : on emploie được + verbe, une tournure comme người ta cho rằng (« on considère que ») ou có thể thấy rằng (« on peut constater que »). Le vietnamien peut aussi placer le thème ou le résultat au premier plan sans construire un passif au sens strict. L’absence de bị/được n’est toutefois pas automatique : elle doit rester naturelle et ne pas rendre la phrase ambiguë.
Le vietnamien du Nord, notamment celui de Hanoï, et le vietnamien du Sud, notamment celui de Hô Chi Minh-Ville, partagent la même orthographe et l’essentiel de leur grammaire. Ils diffèrent surtout par la réalisation des tons et de certaines consonnes, par des mots courants — quả au Nord, trái au Sud pour « fruit » — et par des particules comme nhé ou nha. Il ne s’agit pas de deux langues séparées : l’objectif est de comprendre les deux variétés sans transformer chaque différence en règle absolue.
Le vietnamien littéraire n'est pas une grammaire séparée : c'est un registre qui exploite la langue de façon plus dense, imagée et rythmée. Il omet volontiers ce que le contexte permet de comprendre, préfère parfois des mots poétiques ou sino-vietnamiens, et organise les groupes de mots en unités parallèles. À ce niveau C1, l'objectif principal est de reconnaître ces choix, puis de les employer sans rendre tout texte artificiellement solennel.
Le vietnamien peut placer en tête de phrase ce dont on veut parler, puis ajouter thì pour marquer ce thème ou créer un contraste : Sách thì tôi đã đọc rồi (« Quant au livre, je l’ai déjà lu »). Pour identifier avec insistance une personne, une chose ou une cause, on emploie souvent chính, seul ou dans une structure avec là : Chính anh ấy là người nói (« C’est bien lui qui a parlé »). Ces tours organisent l’information et mettent en relief un élément sans modifier la forme du verbe.
La presse vietnamienne condense fortement les titres, puis emploie dans le corps de l'article des formules précises pour attribuer l'information : theo « selon », cho biết « faire savoir », nhận định « estimer ». Elle recourt aussi à des tournures impersonnelles ou passives comme được biết et được cho là. Pour bien la comprendre, il faut toujours distinguer ce que le journaliste constate, ce qu'une source affirme et ce qui reste incertain.
Le vietnamien organise volontiers la phrase autour d’un thème, placé en tête, puis d’un commentaire à son sujet : Con mèo này, lông nó mượt (« Ce chat, son pelage est doux »). Il permet aussi d’enchaîner plusieurs thèmes, de sous-entendre ce que le contexte rend évident, d’exprimer le dédain avec ba cái + nom et de reprendre un mot autour de thì : Đi thì đi (« Bon, va, puisque tu veux y aller »). Ces tours sont surtout une affaire de contexte, d’intonation et de point de vue, non de conjugaison.
C2 (7)
Le vietnamien familier ne consiste pas à remplacer chaque mot neutre par un mot d’argot. Son naturel vient surtout du choix des pronoms selon la relation, de l’omission des éléments évidents, des particules finales comme nhé, nha ou đấy, et d’expressions dont le sens dépend fortement du contexte. Ces formes sont utiles à comprendre partout, mais à employer seulement après avoir identifié la région, l’âge des personnes et le degré de proximité.
Les thành ngữ sont surtout des groupes de mots figés au sens souvent figuré, tandis que les tục ngữ formulent généralement une observation ou un conseil sous forme de phrase complète. Pour bien les employer, il faut apprendre ensemble leur forme exacte, leur sens global, leur registre et la situation dans laquelle un locuteur vietnamien les citerait. Une traduction française équivalente transmet donc l’idée, mais rarement l’image mot à mot.
Des mots comme thiếp, chàng, nàng et huynh appartiennent surtout à la littérature ancienne, à la poésie, aux proverbes ou aux récits historiques. Ils ne se remplacent pas mécaniquement par « je », « il », « elle » ou « frère » : chacun installe une époque, une relation sociale et un ton. Au niveau C2, l’objectif principal est de reconnaître cette voix et de savoir quand une traduction moderne en effacerait une partie.
Le vietnamien en ligne combine souvent abréviations (ko pour không, dc pour được), mots empruntés (ib, rep, fix), émojis et conventions propres aux plateformes. Il ne s’agit pas d’une nouvelle grammaire : la structure vietnamienne reste présente, mais l’orthographe, le choix des mots et la manière d’exprimer le ton deviennent plus souples. Ces formes sont utiles à reconnaître, mais ne conviennent pas automatiquement à un courriel professionnel ou à un message adressé à une personne que l’on connaît peu.
Le vietnamien universitaire ne consiste pas seulement à choisir des mots soutenus. Il organise explicitement la thèse, les preuves et les limites d’une analyse, tout en attribuant chaque idée à sa source : Nghiên cứu cho thấy rằng…, Theo quan điểm của tác giả…, Có thể kết luận rằng… On attend une formulation précise, prudente et cohérente plutôt qu’une affirmation catégorique ou personnelle.
Le vietnamien ne se réduit pas à une opposition entre Nord et Sud : le Centre forme un ensemble très divers, où l’on entend notamment mô « où », chi « quoi », rứa « comme ça » et, surtout dans le Centre-Nord, nỏ « ne… pas ». Ces formes sont parfaitement naturelles dans leur région, mais elles ne constituent ni un code unique ni de simples remplacements valables partout.
Les biện pháp tu từ sont des procédés qui donnent plus de force, de rythme ou d'images à un énoncé. Les cinq procédés essentiels ici sont so sánh (comparaison), ẩn dụ (métaphore), nhân hóa (personnification), điệp ngữ (répétition expressive) et phép đối (mise en parallèle de deux éléments, souvent contrastés). À ce niveau C2, il faut surtout savoir reconnaître leur effet dans un contexte et les employer sans rendre le texte artificiel.
Prêt·e à commencer à apprendre le vietnamien ? Essaie Settemila Lingue gratuitement — sans carte bancaire, sans engagement. Entraîne-toi avec des flashcards générées par IA quand tu as fait le tour.
Commencer gratuitement