B1

La construction causative avec *cho* en vietnamien

Cấu Trúc Cho

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de vietnamien sur Settemila Lingue.

En bref

En vietnamien, cho + personne + action signifie le plus souvent « permettre ou laisser à quelqu’un de faire quelque chose » : Cho anh ấy vào (« Laissez-le entrer »). Pour exprimer une cause, on emploie surtout làm cho + personne ou chose + résultat : Tin đó làm cho tôi vui (« Cette nouvelle me rend heureux »). Un ordre, une demande ou une contrainte ne se construit pas automatiquement avec cho : on choisit plutôt bảo, nhờ, xin ou bắt selon l’intention.

Vue d’ensemble

Le mot cho est d’abord un verbe très courant qui signifie « donner ». Il peut aussi introduire le bénéficiaire d’une action, comme dans Mẹ mua sách cho tôi (« Maman achète un livre pour moi »). Dans la construction étudiée ici, il prend une autre valeur : quelqu’un donne à une autre personne la possibilité ou l’autorisation d’agir. La même forme peut donc se traduire en français par « laisser », « permettre » ou, selon le contexte, « faire faire ».

Cette construction apparaît au niveau B1, après les séries verbales : plusieurs verbes se suivent sans mot équivalent à « de » ou « à ». Dans Tôi cho em xem ảnh, on trouve cho (« laisser »), puis xem (« regarder »). Em est ici la personne qui accomplit la seconde action. Il n’y a ni conjugaison ni infinitif marqué.

Pour un francophone, la difficulté principale consiste à ne pas traduire systématiquement le français « faire + infinitif » par cho. Le vietnamien distingue généralement l’autorisation avec cho, la production d’un effet avec làm cho, l’ordre avec bảo, la demande de service avec nhờ et la contrainte avec bắt. Bien choisir ce premier verbe rend la relation entre les personnes beaucoup plus claire.

Comment cela fonctionne

Permettre : sujet + cho + personne + action

Le modèle central est le suivant :

Élément Rôle Exemple
Sujet personne qui autorise Mẹ
cho laisser, permettre cho
Personne celle qui fera l’action con
Action ce que cette personne peut faire đi chơi

La phrase complète Mẹ cho con đi chơi signifie « Maman laisse son enfant aller jouer ». La « personne » est le sujet logique de la seconde action, c’est-à-dire celle qui l’accomplit, même si elle se trouve après cho.

Schéma : personne qui autorise + cho + personne autorisée + verbe ou groupe verbal

  • Tôi cho bạn dùng điện thoại. — Je vous laisse utiliser le téléphone.
  • Cô giáo cho chúng tôi nghỉ sớm. — La professeure nous permet de finir plus tôt.
  • Cho anh ấy vào. — Laissez-le entrer.

Comme en français, le sujet peut disparaître dans un ordre lorsque la situation indique clairement à qui l’on parle. Cho anh ấy vào est donc une phrase complète dans son contexte.

Demander l’autorisation avec được không?

Pour transformer la permission en demande polie, on place souvent được không? (« est-ce possible ? », « d’accord ? ») à la fin :

  • Cho tôi vào được không? — Vous pouvez me laisser entrer ?
  • Cho em xem một chút được không? — Je peux regarder un instant ?

Ici, được không? porte sur l’ensemble de la demande. Dans un contexte plus explicite, được peut aussi souligner que l’action est autorisée :

  • Bố mẹ cho tôi được tự quyết. — Mes parents me permettent de décider moi-même.

Cependant, ce được n’est pas toujours nécessaire. Bố mẹ cho tôi tự quyết est plus léger et transmet déjà l’idée de permission.

Demander que quelqu’un accorde la permission : xin ... cho ...

Xin exprime une demande. Il peut ouvrir une formule polie ou introduire la personne à qui l’on demande une autorisation :

  • Xin cho tôi hỏi một câu. — Permettez-moi de poser une question.
  • Tôi xin mẹ cho tôi đi cùng. — Je demande à ma mère de me laisser venir avec elle.

Dans la deuxième phrase, il y a deux relations : tôi xin mẹ (« je demande à ma mère »), puis mẹ cho tôi đi (« ma mère me laisse aller »). La répétition de tôi est naturelle parce que chaque personne a un rôle précis.

Produire un résultat : làm cho + personne ou chose + résultat

Làm cho ne décrit pas d’abord une autorisation. Il indique qu’un événement cause un état, une émotion ou une action :

Schéma : cause + làm cho + élément affecté + résultat

  • Tin đó làm cho tôi vui. — Cette nouvelle me rend heureux.
  • Mưa lớn làm cho đường bị ngập. — La forte pluie provoque l’inondation des rues.
  • Câu hỏi ấy làm cho cô ấy suy nghĩ. — Cette question la fait réfléchir.

Le « résultat » peut être un adjectif employé comme prédicat (vui, heureux), un verbe (suy nghĩ, réfléchir) ou une proposition plus développée. À l’oral, cho peut être omis après làm : Điều đó làm tôi lo. La forme làm cho reste particulièrement claire lorsque la phrase est longue ou que l’on veut insister sur le lien de cause à effet.

La phrase du concept Làm cho tôi vui peut, selon le contexte, signifier « Cela me rend heureux » avec un sujet sous-entendu, ou « Rendez-moi heureux » si elle est prononcée comme une demande. Une phrase complète comme Điều đó làm cho tôi vui évite cette ambiguïté.

Ordre, demande et souhait : choisir un autre verbe si nécessaire

Toutes les constructions françaises avec « faire » ou « demander de » ne contiennent pas cho en vietnamien.

Intention Construction vietnamienne Sens typique
autoriser cho + personne + action laisser faire
causer un résultat làm cho + élément + résultat rendre, faire que
dire de faire bảo + personne + action dire, demander de
demander un service nhờ + personne + action demander à quelqu’un de faire
contraindre bắt + personne + action forcer à faire
souhaiter un résultat chúc + personne + résultat souhaiter

Ainsi, Mẹ bảo tôi về nhà signifie « Maman m’a dit de rentrer à la maison ». Ajouter cho juste parce que le français contient « de » serait incorrect. On rencontre néanmoins bảo cho biết ou nói cho biết, où cho présente la personne qui reçoit l’information : Nói cho tôi biết (« Dites-le-moi », littéralement « dites pour que je sache »).

De même, Chúc bạn may mắn (« Je vous souhaite bonne chance ») appartient à la grande famille des suites de prédicats, mais ce n’est pas une construction avec cho. Cette comparaison aide à voir que le vietnamien choisit un verbe selon la relation voulue au lieu d’utiliser un seul auxiliaire causatif partout.

Exemples en contexte

Vietnamien Français Remarque
Bố cho tôi lái xe. Mon père me laisse conduire. Permission accordée par le père.
Cô giáo cho học sinh dùng từ điển. La professeure permet aux élèves d’utiliser un dictionnaire. Học sinh accomplit l’action dùng.
Cho anh ấy vào. Laissez-le entrer. Ordre ; le sujet qui autorise est sous-entendu.
Cho em xem ảnh được không? Je peux voir la photo ? Demande familière et adoucie par được không?
Xin cho tôi nói hết. Permettez-moi de finir ce que j’ai à dire. Formule polie avec xin.
Tôi xin bố mẹ cho tôi đi du lịch một mình. Je demande à mes parents de me laisser voyager seul. Demande suivie de la permission espérée.
Tin nhắn đó làm cho cô ấy vui. Ce message la rend heureuse. Vui décrit le résultat.
Tiếng ồn làm cho tôi không ngủ được. Le bruit m’empêche de dormir. Littéralement, il fait que je ne peux pas dormir.
Mưa lớn làm cho nhiều chuyến bay bị hoãn. Les fortes pluies ont entraîné le retard de nombreux vols. Cause suivie d’une conséquence.
Mẹ bảo tôi về nhà trước chín giờ. Maman m’a dit de rentrer avant neuf heures. Ordre ou instruction : bảo, sans cho.
Tôi nhờ bạn mua giúp ít đồ. Je demande à un ami de m’acheter quelques affaires. Service demandé avec nhờ.
Đừng bắt trẻ em ngồi yên quá lâu. Ne forcez pas les enfants à rester assis trop longtemps. Contrainte avec bắt.
Nói cho tôi biết sự thật đi. Dites-moi la vérité. Cho tôi biết présente le destinataire du savoir.
Chúc bạn may mắn! Bonne chance ! Souhait avec chúc, et non permission.

Erreurs fréquentes

Employer cho pour toute construction française avec « faire »

  • Incorrect : Tin đó cho tôi buồn.
  • Correct : Tin đó làm cho tôi buồn.
  • Pourquoi : la nouvelle produit un état de tristesse ; elle n’accorde aucune permission. Làm cho marque ici la cause et le résultat.

Oublier la personne qui accomplit la seconde action

  • Incorrect : Mẹ cho đi chơi si l’on ne sait pas qui peut sortir.
  • Correct : Mẹ cho con đi chơi.
  • Pourquoi : entre cho et l’action, il faut normalement nommer la personne autorisée. Elle ne peut être omise que si le contexte la rend évidente.

Ajouter un équivalent de « de » avant le second verbe

  • Incorrect : Tôi cho em để xem phim.
  • Correct : Tôi cho em xem phim.
  • Pourquoi : les verbes vietnamiens ne prennent pas de marque d’infinitif comparable au « de » français. Để introduit généralement un but et changerait la structure.

Confondre permission et ordre

  • Incorrect : Mẹ cho tôi về nhà pour dire seulement « Maman m’a dit de rentrer ».
  • Correct : Mẹ bảo tôi về nhà.
  • Pourquoi : cho signifie que la mère autorise le retour ; bảo indique qu’elle donne l’instruction de rentrer. Les deux phrases décrivent des situations différentes.

Placer mal la personne autorisée

  • Incorrect : Tôi cho dùng điện thoại bạn.
  • Correct : Tôi cho bạn dùng điện thoại.
  • Pourquoi : la personne qui fait la seconde action se place avant ce second verbe : cho + bạn + dùng.

Accumuler được sans nécessité

  • Lourd hors contexte : Tôi cho em được xem được phim.
  • Naturel : Tôi cho em xem phim.
  • Pourquoi : un premier được pourrait insister sur l’autorisation et un autre sur la possibilité ou le résultat, mais leur accumulation brouille une phrase simple. Commencez par cho + personne + action ; ajoutez được seulement si son sens est utile.

Notes d’usage

Cho est courant dans tous les registres, mais un impératif nu comme Cho tôi xem peut paraître direct. L’intonation, les termes d’adresse et les particules finales comptent beaucoup. Cho em xem với est une demande familière (« Laisse-moi voir, s’il te plaît »), tandis que Anh có thể cho tôi xem được không? est plus prudent. Dans un cadre administratif, cho phép (« autoriser ») est souvent plus explicite : Công ty cho phép nhân viên làm việc tại nhà (« L’entreprise autorise ses salariés à travailler chez eux »).

Les mots vietnamiens employés pour « je » et « vous » dépendent de l’âge et de la relation. Le schéma grammatical reste le même : cho tôi, cho em, cho con, cho cháu. Le choix du terme d’adresse peut toutefois rendre la demande chaleureuse, respectueuse ou maladroite. Il faut donc apprendre les phrases avec une situation sociale, pas seulement comme des suites de mots abstraites.

Làm cho est neutre et très fréquent pour établir une cause. Dans une conversation, làm seul est souvent plus concis : Bạn làm tôi cười (« Vous me faites rire »). Dans un texte suivi, làm cho rend le rapport logique plus visible. Il ne faut pas en conclure que les deux variantes sont toujours interchangeables mot pour mot ; les expressions figées et le rythme de la phrase favorisent parfois l’une des deux.

Enfin, cho peut simplement marquer le bénéficiaire : Tôi nấu cơm cho con (« Je prépare le repas pour mon enfant »). Le test utile consiste à regarder ce qui suit la personne. Dans cho con ăn, con mange : lecture permissive ou causative selon le contexte. Dans nấu cơm cho con, le repas est préparé au bénéfice de l’enfant : cho con dépend de l’action précédente.

Pour aller plus loin

Autorisation, cause et contrainte forment une échelle

À un niveau plus avancé, comparez les choix du locuteur :

  • Tôi cho nó đi. — Je le laisse partir : autorisation.
  • Tôi bảo nó đi. — Je lui dis de partir : instruction.
  • Tôi bắt nó đi. — Je le force à partir : contrainte.
  • Điều đó khiến nó bỏ đi. — Cela le pousse à partir : cause.

Ces verbes ne décrivent pas seulement la grammaire ; ils expriment aussi le pouvoir, la volonté et la responsabilité. Khiến est proche de làm cho, mais il met souvent nettement en avant le lien causal et convient bien à l’écrit. Il n’est pas obligatoirement négatif : le contexte décide de l’évaluation.

Faire exécuter un travail

Le français « faire réparer » peut correspondre à une organisation pratique plutôt qu’à une permission. Le vietnamien nomme volontiers l’exécutant : Tôi cho thợ sửa xe (« Je fais réparer le véhicule par un mécanicien »). Si le contexte suffit, on peut aussi rencontrer une formulation plus courte comme Tôi cho sửa lại nhà (« Je fais rénover la maison »). Dans la langue quotidienne, Tôi mang xe đi sửa (« J’emmène le véhicule pour le faire réparer ») est souvent encore plus naturel, car la suite de verbes décrit concrètement les étapes.

Deux lectures possibles selon le contexte

Une phrase brève comme Mẹ cho con ăn peut signifier que la mère laisse l’enfant manger ou qu’elle lui donne à manger. Le contexte, l’âge de l’enfant et la situation tranchent. Pour préciser la seconde lecture, on peut dire Mẹ cho con ăn cơm (« La mère donne à manger à son enfant ») ; pour insister sur la permission, on peut ajouter được ou un contraste : Mẹ cho con được ăn món này (« La mère permet à son enfant de manger ce plat »).

Cette souplesse vient de l’histoire et des nombreux emplois de cho. Il est donc préférable d’apprendre des structures complètes plutôt que d’attribuer une seule traduction française fixe au mot.

Conseils de pratique

  1. Classez les situations par intention. Pour dix phrases françaises, décidez d’abord s’il s’agit d’autoriser, de causer, d’ordonner, de demander un service ou de contraindre. Choisissez ensuite cho, làm cho, bảo, nhờ ou bắt.
  2. Construisez des chaînes à trois éléments. Remplacez successivement chaque partie de Tôi cho bạn xem ảnh : qui autorise, qui agit, puis quelle action est permise. Cette méthode fixe l’ordre des mots sans passer par une règle abstraite.
  3. Écoutez les demandes réelles. Relevez les combinaisons cho tôi…, cho em… với, xin cho… et … được không? dans des dialogues. Notez aussi le terme d’adresse et la particule finale : ils déterminent autant la politesse que le verbe lui-même.

Notions liées

Prérequis

Les constructions verbales en série en vietnamienA2

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