Grammaire indonésien

Explore 80 concepts de grammaire — du niveau débutant au niveau avancé.

A1 (30)

L’alphabet indonésienAlfabet Indonesia

L’indonésien s’écrit avec les 26 lettres de l’alphabet latin, sans tons ni signes diacritiques obligatoires. L’orthographe est assez régulière, mais un francophone doit surtout retenir que c se prononce comme « tch », j comme « dj », u comme « ou », et que ng, ny et sy représentent des sons à part entière. Une fois ces correspondances acquises, on peut généralement lire un mot nouveau de façon reconnaissable.

Les pronoms personnels en indonésienKata Ganti Orang

Les pronoms indonésiens ne changent ni selon leur fonction ni selon le verbe : saya peut signifier « je » ou « moi », et le verbe reste identique avec toutes les personnes. Les distinctions essentielles sont le registre — saya/aku, Anda/kamu — et l’inclusion de l’interlocuteur : kami l’exclut, tandis que kita l’inclut. Dia signifie aussi bien « il » que « elle ».

Adalah et l’absence de « être » en indonésienKata Adalah

En indonésien, on n’ajoute généralement aucun verbe là où le français emploie être : Dia cantik signifie « Elle est belle » et Saya guru « Je suis professeur ». Adalah sert surtout à relier un sujet à une définition ou à une identification dans un style soigné ou formel : Jakarta adalah ibu kota Indonesia. Il ne se conjugue jamais.

Ada et punya en indonésienAda dan Punya

Ada indique qu’une personne ou une chose existe, se trouve quelque part ou est disponible : Ada orang di sana signifie « Il y a quelqu’un là-bas ». Punya exprime la possession : Saya punya mobil signifie « J’ai une voiture ». Pour nier, on dit tidak ada (« il n’y a pas ») mais tidak punya (« ne pas avoir »).

Structure verbale de base en indonésienKata Kerja Dasar

En indonésien, le verbe ne change ni selon la personne ni selon le nombre : saya makan (« je mange »), dia makan (« il ou elle mange ») et mereka makan (« ils ou elles mangent »). Le moment et le déroulement de l’action sont indiqués par le contexte, par un complément de temps ou par un marqueur placé avant le verbe : sedang pour une action en cours, sudah pour une action accomplie et akan pour l’avenir.

Les adjectifs en indonésienKata Sifat

En indonésien, l’adjectif se place normalement après le nom : mobil baru signifie « une voiture neuve ». Il peut aussi constituer directement le prédicat (ce que l’on affirme à propos du sujet), sans verbe équivalent à « être » : Mobil itu baru signifie « Cette voiture est neuve ». Pour renforcer l’adjectif, on place notamment sangat avant lui ou sekali après lui.

La négation en indonésienNegasi

En indonésien, la négation dépend de ce que l’on nie : tidak devant un verbe ou un adjectif, bukan devant un nom ou un pronom, belum pour « pas encore » et jangan pour « ne… pas ! ». Ces mots se placent normalement juste avant l’élément concerné : tidak mengerti (« ne pas comprendre »), bukan guru (« ne pas être professeur »), belum siap (« ne pas être encore prêt »), jangan pergi (« ne pars pas »).

Former des questions en indonésienPertanyaan

En indonésien, on peut souvent transformer une affirmation en question fermée simplement par l’intonation : Kamu tinggal di sini? (« Tu habites ici ? »). Dans un style plus explicite ou plus formel, on ajoute apakah au début, ou parfois le suffixe -kah à un mot important. Pour demander une information, on emploie notamment apa (« quoi »), siapa (« qui »), di mana (« où »), kapan (« quand »), bagaimana (« comment ») et mengapa/kenapa (« pourquoi »).

La réduplication en indonésienReduplikasi

En indonésien, on peut répéter un mot et relier les deux éléments par un trait d’union : buku « livre » devient buku-buku « des livres ». Ce procédé, appelé réduplication, ne sert toutefois pas seulement à former le pluriel : selon le mot, il peut aussi exprimer la variété, une action répétée, une manière insistante ou un sens fixé par l’usage. Avec un nombre ou un mot comme banyak « beaucoup de », le nom reste généralement au singulier : dua buku, et non dua buku-buku.

Les nombres et l’heure en indonésienAngka dan Waktu

Les nombres indonésiens se construisent très régulièrement : belas sert de 11 à 19, puluh forme les dizaines et seratus signifie « cent ». Pour demander l’heure, dites Jam berapa? ou, dans un style plus précis, Pukul berapa? Une différence importante pour un francophone : setengah empat (« la moitié vers quatre ») désigne 3 h 30, et non 4 h 30.

Les prépositions de base en indonésienPreposisi

En indonésien, di indique le lieu où l’on se trouve, ke la destination et dari l’origine : di rumah « à la maison », ke sekolah « vers l’école », dari Indonesia « d’Indonésie ». Pada situe surtout dans le temps ou introduit certaines relations abstraites, tandis que dengan, untuk et tanpa signifient généralement « avec », « pour » et « sans ». Ces mots restent invariables et se placent devant le groupe qu’ils introduisent.

La possession en indonésienKepunyaan

En indonésien, on place normalement le possesseur après ce qui est possédé : buku saya (« mon livre »), littéralement « livre moi », et rumah Ali (« la maison d’Ali »). -nya, soudé au nom, signifie selon le contexte « son », « sa », « ses » ou parfois « le/la … dont on parle ». punya sert surtout à dire qu’une chose appartient à quelqu’un : Tas ini punya siapa? (« À qui est ce sac ? »).

Les démonstratifs en indonésienKata Penunjuk

En indonésien, ini désigne ce qui est proche ou présent (« ce…-ci »), tandis que itu renvoie à ce qui est plus éloigné ou déjà connu (« ce…-là »). Comme déterminants, ils se placent après le nom : buku ini (« ce livre-ci »), orang itu (« cette personne-là »). Pour indiquer un lieu, on emploie di sini (« ici ») et di sana (« là-bas »).

Verbes courants en indonésienKata Kerja Umum

En indonésien, le verbe ne change pas selon la personne : saya makan signifie « je mange » et mereka makan, « ils ou elles mangent ». Le moment de l’action se comprend grâce au contexte ou à des mots comme sedang (« en train de »), sudah (« déjà, action accomplie ») et akan (« futur, intention »). Pour commencer, retenez neuf bases très fréquentes : pergi, datang, makan, minum, tidur, buat, bicara, tulis et baca.

Les mots de temps de base en indonésienKata Waktu Dasar

En indonésien, hari ini, kemarin, besok et sekarang indiquent respectivement aujourd’hui, hier, demain et maintenant. Le verbe ne changeant pas de forme selon le temps, ces expressions suffisent souvent à situer l’action : Kemarin saya bekerja signifie « Hier, j’ai travaillé », tandis que Besok saya bekerja signifie « Demain, je travaillerai ».

Les conjonctions de base en indonésienKonjungsi Dasar

Pour relier des mots ou des idées, retenez six outils essentiels : dan (« et »), atau (« ou »), tetapi/tapi (« mais »), karena (« parce que »), jadi (« donc ») et lalu (« puis, ensuite »). Karena annonce une cause, jadi une conséquence et lalu une succession dans le temps. Ces mots sont invariables : leur forme ne change jamais.

Les adverbes de base en indonésienKata Keterangan Dasar

En indonésien, sangat (« très ») et terlalu (« trop ») se placent normalement avant un adjectif, tandis que juga (« aussi »), hanya/cuma (« seulement »), masih (« encore, toujours en cours ») et selalu (« toujours, à chaque fois ») se placent près de l'élément qu'ils précisent. Ces mots ne s'accordent pas et ne changent jamais de forme : c'est surtout leur position qui indique le sens.

Les expressions de base en indonésienUngkapan Dasar

Quelques formules suffisent pour gérer de nombreuses interactions dès le niveau A1 : selamat pagi pour saluer le matin, sampai jumpa pour prendre congé, maaf pour s’excuser, tidak apa-apa pour rassurer et silakan pour inviter quelqu’un à faire quelque chose. Attention surtout à silakan : cette expression signifie « je vous en prie, allez-y », mais ne remplace pas systématiquement le « s’il vous plaît » français.

Ordres et demandes de base en indonésienPerintah dan Permintaan

En indonésien, une consigne simple se forme souvent avec le verbe seul, sans conjugaison : Duduk! signifie « Assieds-toi ! » ou « Asseyez-vous ! ». Placez tolong devant le verbe pour demander un service, silakan pour inviter quelqu’un à faire quelque chose, mohon pour une demande formelle et jangan pour une interdiction. Avec biar saya…, on propose de faire soi-même l’action : Biar saya lihat (« Laissez-moi voir »).

Goûts, envies et besoins en indonésienSuka, Mau, dan Perlu

En indonésien, suka « aimer », mau ou ingin « vouloir », perlu ou butuh « avoir besoin » et benci « détester » se placent directement devant un nom ou un verbe : Saya suka kopi « J’aime le café », Saya mau makan « Je veux manger ». Il n’y a ni conjugaison selon la personne ni mot équivalent au de français dans avoir besoin de.

Savoir, connaître et comprendre en indonésienTahu dan Mengerti

Le français répartit « savoir » et « connaître » autrement que l’indonésien. Employez tahu pour une information, kenal pour une personne que vous connaissez, mengerti ou paham pour ce que vous comprenez, et bisa + verbe pour ce que vous savez faire : Saya bisa masak signifie « Je sais cuisiner ».

Bisa et boleh en indonésienBisa dan Boleh

Le français pouvoir correspond principalement à deux mots indonésiens : bisa exprime une capacité ou une possibilité, tandis que boleh exprime une permission. Ainsi, Saya bisa berenang signifie « Je sais/peux nager », mais Saya boleh berenang signifie « J’ai le droit de nager ».

Jours, mois et dates en indonésienHari, Bulan, dan Tanggal

En indonésien, les dates suivent l’ordre jour + mois + année, comme en français, mais sans article ni nombre ordinal : 17 Agustus 1945 signifie « le 17 août 1945 ». On peut préciser tanggal (« date, quantième »), hari (« jour ») ou bulan (« mois »), mais ces mots sont souvent omis lorsque le contexte est clair. Les noms de jours et de mois prennent une majuscule : Senin, Januari, Agustus.

Les couleurs en indonésienWarna

En indonésien, un nom de couleur se place normalement après le nom : baju merah signifie « chemise rouge ». Il ne s’accorde ni en genre ni en nombre, et aucun verbe équivalent à « être » n’est nécessaire dans une phrase simple : Langit biru signifie « Le ciel est bleu ». Le mot warna veut dire « couleur » et permet aussi des formulations comme warna merah, « la couleur rouge ».

Les mots de la famille en indonésienKeluarga

En indonésien, ayah et bapak désignent le père, ibu la mère, kakak un frère ou une sœur plus âgé(e), adik un frère ou une sœur plus jeune, et anak un enfant. Contrairement au français, kakak, adik et anak ne précisent pas automatiquement le sexe. Pour dire « ma mère », le possesseur vient après le nom : ibu saya, littéralement « mère moi ».

Les mots de lieu en indonésienKata Tempat

Pour situer une personne ou un déplacement, on place généralement di (« à, dans »), ke (« vers, à ») ou dari (« de, depuis ») devant le lieu : di rumah (« à la maison »), ke sekolah (« à l’école »), dari pasar (« du marché »). Le nom de lieu ne change pas et ne prend normalement pas d’article : c’est la préposition qui indique si l’on est quelque part, si l’on s’y rend ou si l’on en vient.

Règles de prononciation en indonésienPelafalan

L’indonésien se lit assez régulièrement : une même lettre garde généralement le même son. Les points essentiels sont le e, qui peut noter [ə] ou [e], la différence entre ng [ŋ] et ngg [ŋg], et les digrammes ny, sy et kh. L’accent de mot est léger ; pour commencer, visez l’avant-dernière syllabe sans la marteler.

Formules d’adresse et salutations en indonésienSapaan dan Salam

En indonésien, on s’adresse très souvent à une personne avec Pak/Bapak, Bu/Ibu, Mas ou Mbak, là où le français emploierait « monsieur », « madame », un prénom, voire aucun titre. On associe volontiers ces termes à une salutation liée au moment de la journée : Selamat pagi, Pak! le matin, Selamat sore, Bu! en fin d’après-midi. En cas de doute avec un adulte, Pak pour un homme et Bu pour une femme sont généralement les choix de départ les plus respectueux.

Le suffixe -nya en indonésienAkhiran -nya

Le suffixe -nya s’attache directement au mot qui le précède. Il peut exprimer la possession (rumahnya, « sa maison »), désigner un élément déjà identifiable (bukunya, « le livre en question ») ou transformer une qualité en notion (besarnya, « sa taille »). Comme il ne marque ni le genre ni le nombre, seul le contexte permet souvent de choisir la bonne traduction française.

Les adverbes de lieu en indonésienKata Keterangan Tempat

Pour indiquer une position, l’indonésien emploie très souvent di suivi d’un repère : di sini « ici », di sana « là-bas », di atas « au-dessus/sur », di bawah « sous », di depan « devant », di belakang « derrière » et di samping « à côté de ». Di s’écrit séparément dans toutes ces expressions : di atas meja « sur la table ».

A2 (11)

Le préfixe me(N)- en indonésienAwalan me(N)-

Le préfixe actif me(N)- se place devant une racine verbale et change de forme selon le premier son de celle-ci : baca devient membaca, tulis devient menulis et kirim devient mengirim. Il ne marque ni la personne ni le temps : il présente surtout l’action du point de vue de celui qui l’accomplit, dans la langue indonésienne standard.

Le préfixe passif di- en indonésienAwalan di-

Le préfixe di-, attaché au verbe, indique généralement que le sujet subit l’action : Rina menulis surat itu (« Rina écrit cette lettre ») devient Surat itu ditulis oleh Rina (« Cette lettre est écrite par Rina »). L’auteur de l’action, appelé agent, peut être introduit par oleh, mais il est souvent omis lorsqu’il est inconnu ou sans importance. Contrairement au français, la forme du verbe ne marque ni le temps, ni le genre, ni le nombre.

Le préfixe ber- en indonésienAwalan ber-

Le préfixe ber- sert surtout à former des verbes exprimant une activité ou un état lié au sujet : berjalan (« marcher »), bekerja (« travailler »), berbicara (« parler »), bernama (« s’appeler »). La forme obtenue est souvent intransitive, c’est-à-dire qu’elle n’a pas besoin d’objet direct. Devant certaines racines, ber- prend la forme be-, et belajar (« apprendre, étudier ») est une forme particulière à mémoriser.

Expressions temporelles en indonésienKeterangan Waktu

En indonésien, le verbe ne change généralement pas de forme selon le temps : makan peut correspondre à « mange », « a mangé » ou « mangera ». On situe l’action grâce au contexte, à un repère comme kemarin (« hier ») ou besok (« demain »), et à des marqueurs comme sudah (action accomplie), sedang (action en cours) et akan (futur envisagé).

La comparaison en indonésienPerbandingan

Pour dire « plus… que », l’indonésien emploie lebih + adjectif + daripada : lebih cepat daripada (« plus rapide que »). Le superlatif se forme surtout avec paling + adjectif, l’égalité avec sama + adjectif + dengan, et une progression parallèle avec semakin… semakin…. Les adjectifs ne s’accordent ni en genre ni en nombre.

Les prépositions avancées en indonésienPreposisi Lanjutan

Pour relier des lieux, préciser une zone ou introduire un sujet, l’indonésien emploie notamment dari… ke… (« de… à… »), di antara (« entre, parmi »), di sekitar (« autour de, dans les environs de »), tentang (« au sujet de ») et menurut (« selon »). Ces formes restent invariables : il faut surtout choisir celle qui correspond au sens, puis écrire di, ke et dari séparément du nom qui suit.

Les expressions de quantité en indonésienUngkapan Jumlah

En indonésien, les principaux mots de quantité se placent généralement devant le nom, sans article ni accord : banyak orang « beaucoup de personnes », sedikit waktu « peu de temps », beberapa buku « quelques livres ». Setiap présente les éléments un par un, semua les réunit en un ensemble, et cukup exprime une quantité suffisante.

Les connecteurs temporels en indonésienPenghubung Waktu

Les connecteurs temporels indiquent si une action a lieu quand, avant, après, pendant ou depuis une autre : ketika, sebelum, setelah, sambil, begitu, sejak. Ils sont invariables et ne donnent pas, à eux seuls, le temps du récit : c’est le contexte et, si nécessaire, des mots comme sudah « déjà, accompli » ou akan « futur » qui le précisent.

Réfléchi et réciproque en indonésienDiri Sendiri dan Saling

L’indonésien n’a pas un unique équivalent du pronom français « se ». On choisit sendiri pour « soi-même » ou « seul », diri sendiri lorsqu’une personne agit véritablement sur elle-même, saling pour une action mutuelle et bersama pour une activité faite ensemble. La distinction essentielle est donc : Mereka saling membantu signifie « Ils s’aident », tandis que Mereka bekerja bersama signifie seulement « Ils travaillent ensemble ».

Le préfixe ter- en indonésienAwalan ter-

Le préfixe ter- a trois emplois essentiels : il forme un superlatif (terbesar, « le plus grand »), présente un fait comme involontaire (tertidur, « s'endormir sans l'avoir voulu ») ou indique qu'une chose peut être perçue ou accomplie (terlihat, « visible »). Il sert aussi dans de nombreux mots qui décrivent un état, comme terbuka (« ouvert »). Le contexte et le sens de la base permettent généralement de choisir la bonne interprétation.

Le préfixe se- en indonésienAwalan se-

Le préfixe se- s’attache directement à un mot et renvoie souvent à l’idée de un, de même niveau ou d’ensemble entier : sebuah rumah « une maison », sebesar ini « aussi grand que ceci », sekeluarga « toute la famille ». On le retrouve aussi dans des mots très courants comme setiap « chaque », mais toutes ses valeurs ne sont pas librement applicables à n’importe quel mot.

B1 (14)

Les suffixes -kan et -i en indonésienAkhiran -kan dan -i

Les suffixes -kan et -i modifient le lien entre un verbe et ses compléments. En première approximation, -kan met souvent au premier plan une chose transférée, un résultat provoqué ou une action faite pour autrui, tandis que -i prend volontiers comme objet une personne, une cible ou un lieu touché par l’action. Ce sont toutefois des tendances, et de nombreux verbes doivent être appris comme des unités complètes.

Les phrases conditionnelles en indonésienKalimat Kondisional

Une condition se construit le plus souvent avec kalau ou jika (« si »), suivis d'une proposition qui énonce la condition : Kalau hujan, saya tidak pergi (« S'il pleut, je n'y vais pas »). Pour présenter une situation comme imaginaire ou contraire aux faits, on préfère seandainya. Contrairement au français, l'indonésien ne change pas la forme du verbe selon qu'il s'agit du présent, du futur ou de l'irréel : ce sont le connecteur, le contexte et des mots comme akan, sudah ou waktu itu qui donnent le bon sens.

Les propositions relatives en indonésienKlausa Relatif

En indonésien, yang relie généralement un nom à l’information qui permet de le préciser : orang yang tinggal di sini (« la personne qui habite ici »), buku yang saya baca (« le livre que je lis / que j’ai lu »). Contrairement aux pronoms français qui, que, dont et lequel, yang ne varie ni selon le genre ni selon le nombre. La fonction du nom se comprend grâce à l’ordre des mots et à la construction du verbe.

Le préfixe pe(N)- en indonésienAwalan pe(N)-

Le préfixe pe(N)- transforme souvent un verbe en nom désignant la personne qui accomplit l’action ou l’instrument qui sert à l’accomplir : menulis « écrire » donne penulis « auteur, personne qui écrit », et menghapus « effacer » donne penghapus « gomme, effaceur ». Le N entre parenthèses indique que la forme du préfixe s’adapte au premier son du radical : pe-, pem-, pen-, peny-, peng- ou, dans certains mots, penge-.

Le suffixe -an pour former des noms en indonésienAkhiran -an

En indonésien, -an s’ajoute souvent à une base pour former un nom (un mot qui désigne une chose, une idée ou une catégorie) : makan « manger » devient makanan « nourriture », et tulis « écrire » devient tulisan « texte, écrit ». Ce nouveau mot désigne fréquemment le résultat de l’action, l’objet concerné ou un ensemble : bacaan « lecture, document à lire », sayuran « légumes », lautan « océan, vaste étendue marine ».

Exclamations et emphase en indonésienSeruan dan Penekanan

Pour renforcer un adjectif, l’indonésien place souvent sekali après celui-ci : Indah sekali! (« Que c’est beau ! »). Benar-benar se place plutôt avant le mot ou le groupe mis en relief : Benar-benar hebat! (« Vraiment formidable ! »). Les tournures betapa + adjectif + -nya et alangkah + adjectif + -nya expriment une émotion plus marquée : Betapa senangnya! et Alangkah sulitnya!

Les propositions de but en indonésienKlausa Tujuan

Pour exprimer « pour », l’indonésien emploie surtout untuk devant un nom ou une action : untuk ujian (« pour l’examen »), untuk membeli rumah (« pour acheter une maison »). Devant une proposition complète, notamment lorsque son sujet est exprimé, on choisit plutôt agar ou supaya, au sens de « afin que » : supaya kamu mengerti (« pour que tu comprennes »). Biar remplit souvent le même rôle dans la conversation, mais peut aussi signifier « laisser ».

Résultat et conséquence en indonésienHasil dan Konsekuensi

Pour annoncer ce qui découle d’une situation, l’indonésien courant emploie souvent jadi (« donc »), tandis que maka et oleh karena itu conviennent mieux à un raisonnement suivi ou formel. Akibatnya met l’accent sur l’effet produit ; sehingga relie directement la situation et son résultat dans une même phrase, avec le sens de « si bien que » ou « de sorte que ».

Raconter des événements en indonésienMenarasikan Kejadian

Pour rendre l’ordre des événements clair, l’indonésien place souvent un marqueur en tête de phrase : pertama « d’abord », kemudian ou lalu « ensuite », selanjutnya « à l’étape suivante » et akhirnya « finalement ». Ces mots n’indiquent pas à eux seuls le passé : le moment du récit vient du contexte ou de repères comme kemarin « hier », tadi pagi « ce matin » et besok « demain ».

Les propositions concessives en indonésienKlausa Konsesif

Meskipun et walaupun introduisent un fait qui aurait pu empêcher la suite, sans l’empêcher réellement : Meskipun hujan, kami tetap pergi (« Bien qu’il pleuve, nous y allons quand même »). Sekalipun renforce souvent l’idée (« même si », « quand bien même »), tandis que bagaimanapun sert surtout à reprendre le fil avec le sens de « quoi qu’il en soit » ou « néanmoins ». Dans la proposition principale, tetap souligne que l’action ou la situation reste inchangée malgré l’obstacle.

Souhaits et espoirs en indonésienHarapan dan Keinginan

Pour un espoir encore réalisable, l’indonésien emploie surtout semoga ou mudah-mudahan : Semoga ujianmu lancar (« J’espère que ton examen se passera bien »). Pour un rêve contraire à la réalité ou un regret, on choisit andai, andaikan ou seandainya : Andai saya punya lebih banyak waktu (« Si seulement j’avais plus de temps »). Contrairement au français, le verbe ne change pas de forme : ce sont ces introducteurs, les marqueurs de temps et le contexte qui donnent le sens.

Définir et expliquer en indonésienMendefinisikan dan Menjelaskan

Pour demander ce qu’est une chose, on peut dire X itu apa ? : Rendang itu apa ? Pour donner ou reformuler une définition, on emploie surtout artinya (« cela signifie »), yaitu (« à savoir, c’est-à-dire »), ainsi que disebut ou dinamakan (« être appelé »). Ces formes ne sont pas interchangeables : chacune organise l’explication d’une manière différente.

Placement des adverbes en indonésienPenempatan Kata Keterangan

En indonésien, la place des adverbes est souple, mais non aléatoire : le temps se met volontiers au début ou à la fin, la manière après l’action, la fréquence avant le verbe et le degré juste à côté du mot renforcé. La position choisie dépend aussi de ce que l’on veut mettre au premier plan. Ainsi, Biasanya saya olahraga et Saya biasanya olahraga sont tous deux naturels, avec une légère différence de mise en relief.

Les constructions passives avancées en indonésienKonstruksi Pasif Lanjutan

Le passif indonésien en di- place au premier plan la personne ou la chose qui subit l’action : Dia ditangkap polisi signifie « Il a été arrêté par la police ». L’agent peut être introduit par oleh, rester directement après le verbe ou ne pas être exprimé. À l’oral, kena présente souvent un événement subi et désagréable, tandis que terkena signifie couramment « être touché, atteint ou affecté » dans un registre plus neutre.

B2 (10)

Le passif de type 2 en indonésienPasif Tipe 2

Dans le passif de type 2, ce qui subit l’action vient en premier, puis l’agent pronominal est placé juste avant le verbe sans préfixe meN- ni di- : Buku itu sudah saya baca (« Ce livre, je l’ai déjà lu »). Le schéma le plus sûr est élément concerné + marqueur de temps ou de modalité + agent + verbe de base. Cette tournure est particulièrement naturelle avec saya, aku, kamu, kami et kita.

Le discours indirect en indonésienKalimat Tak Langsung

En indonésien, on rapporte généralement une affirmation avec bahwa (« que ») et une question fermée avec apakah (« si ») : Dia mengatakan bahwa dia lelah ; Dia bertanya apakah saya akan datang. Contrairement au français, le verbe ne change pas de temps après un verbe au passé : on conserve ou on adapte surtout les marqueurs comme sudah, sedang et akan, ainsi que les pronoms et les repères temporels.

Les conjonctions en indonésienKonjungsi

Les conjonctions indonésiennes indiquent le lien logique entre deux éléments ou deux propositions : dan « et », atau « ou », tetapi/tapi « mais », karena « parce que », oleh karena itu « par conséquent », meskipun « bien que » et selain itu « en outre ». Elles sont invariables, mais leur place, leur registre et la ponctuation permettent de distinguer la coordination, la cause, la conséquence, l’opposition et la concession.

Schémas conditionnels avancés en indonésienPola Kondisional Lanjutan

En indonésien, asalkan pose une condition indispensable (« à condition que »), kecuali introduit une exception (« sauf si », « à moins que »), meskipun maintient le résultat malgré un obstacle (« même si », « bien que ») et kalau tidak signifie soit « si ce n’est pas le cas », soit « sinon ». Comme les verbes ne changent pas de temps, la chronologie et le caractère réel ou imaginaire de la condition se déduisent surtout du contexte, des repères temporels et de mots comme sudah, akan ou seandainya.

Constructions corrélatives en indonésienKonstruksi Korelatif

En indonésien, certaines relations s’expriment à l’aide de deux marqueurs qui se répondent : semakin...semakin (« plus...plus »), baik...maupun (« aussi bien...que »), bukan hanya...tetapi juga (« non seulement...mais aussi ») et entah...entah (« que ce soit...ou », avec une idée d’incertitude). Pour obtenir une phrase naturelle, placez chaque marqueur juste avant l’élément concerné et construisez les deux parties de façon aussi parallèle que possible.

Phrases complexes en indonésienKalimat Kompleks

Une phrase complexe indonésienne relie plusieurs propositions (groupes de mots qui expriment chacun une idée) par des marqueurs de cause, de condition, de concession ou d’addition : karena, kalau/jika, walaupun/meskipun, maka, tetapi et juga. Les formes doubles rendent le rapport logique très visible, mais karena...maka et surtout walaupun...tetapi sont souvent allégées dans un indonésien écrit soigné. En revanche, bukan hanya...tetapi juga forme une véritable paire dont les deux parties doivent rester parallèles.

Les constructions causatives avancées en indonésienKonstruksi Kausatif Lanjutan

L’indonésien ne traduit pas toutes les idées françaises de « faire faire » par une seule construction. Il choisit un verbe selon le rapport entre la cause et l’action : membuat cause un état ou un événement, memaksa contraint, meminta demande, mengusulkan propose et memerintahkan ordonne. Le complément qui suit se construit surtout avec un verbe direct, untuk ou agar, selon le sens et le registre.

Particules discursives en indonésienPartikel Wacana

Les particules -lah, -kah, sih, dong et kok ne décrivent pas une action : elles indiquent l'attitude de la personne qui parle. Elles peuvent rendre une demande plus encourageante, signaler la surprise, insister sur une évidence ou donner une couleur familière à une question. -lah et -kah s'attachent au mot précédent, tandis que sih, dong et kok s'écrivent séparément.

Connecteurs du discours écrit en indonésienPenghubung Wacana Tulis

Les connecteurs pertama, selain itu, singkatnya, sebaliknya et dengan kata lain indiquent au lecteur comment interpréter la suite : premier point, ajout, résumé, contraste ou reformulation. Placés en tête d’une nouvelle phrase, ils prennent généralement une majuscule et sont suivis d’une virgule : Selain itu, penelitian ini melibatkan lebih banyak peserta.

Discours rapporté avancé en indonésienKalimat Laporan Lanjutan

L’indonésien rapporte une déclaration avec un verbe précis, souvent suivi de bahwa : Dia mengakui bahwa dia salah (« Elle a reconnu qu’elle avait tort »). Une question indirecte prend apakah si elle appelle oui ou non, mais conserve son mot interrogatif dans les autres cas. Pour rapporter une demande, un ordre ou un conseil, on choisit notamment meminta, menyuruh, melarang ou menyarankan, sans appliquer la concordance des temps du français.

C1 (8)

L’indonésien formel (Bahasa Formal)Bahasa Formal

L’indonésien formel, ou bahasa Indonesia formal, emploie la langue standard avec des affixes complets, un vocabulaire précis et des phrases explicitement reliées entre elles. Il est attendu dans les courriers professionnels, les documents officiels, les rapports, les exposés préparés et de nombreux textes d’information. Pour s’adresser directement à une personne avec respect, Anda est fréquent, mais une fonction ou un titre comme Bapak, Ibu ou Saudara peut être plus naturel selon le contexte.

Les confixes en indonésienKonfiks

Un confixe — aussi appelé circonfixe — ajoute un élément avant et un autre après une base : ke- + bahagia + -an → kebahagiaan (« bonheur »). Les trois grands modèles étudiés ici sont ke-...-an, souvent associé à un état ou à une qualité, pe(N)-...-an, souvent associé à un processus ou au résultat d'une action, et per-...-an, fréquent pour les activités, les relations et les notions institutionnelles. Le sens exact ne se déduit toutefois pas mécaniquement : il faut apprendre chaque mot dans sa famille.

La langue administrative indonésienneBahasa Administrasi

Le bahasa administrasi est l’indonésien des lettres de service, décisions, règlements, formulaires et notifications officielles. Il privilégie les références explicites, les verbes à affixes complets, les noms d’action et les tournures passives ou impersonnelles : Dengan ini diberitahukan bahwa… signifie ainsi « Par la présente, il est porté à votre connaissance que… ». Pour bien le comprendre, il faut surtout repérer qui décide, ce qui est exigé ou autorisé, le document cité et le délai fixé.

Topicalisation et focalisation en indonésienTopikalisasi dan Fokus

L’indonésien organise volontiers la phrase autour d’un thème, placé au début, puis d’un commentaire qui dit quelque chose à son sujet : Buku itu, sudah saya baca (« Ce livre-là, je l’ai déjà lu »). Pour désigner précisément l’information mise en relief, il emploie notamment -lah et des constructions avec yang : Yang datang adalah Ali ou Alilah yang datang signifient tous deux « C’est Ali qui est venu », avec une organisation différente.

Indonésien littéraireBahasa Sastra

L’indonésien littéraire, ou bahasa sastra, n’est pas une grammaire séparée : c’est un registre qui exploite le choix des mots, l’ordre des constituants, les répétitions, les images et le rythme pour produire un effet. On le rencontre dans la poésie et la prose de fiction, mais aussi dans les chansons, les discours commémoratifs et certains textes patriotiques. Pour bien le lire, il faut distinguer ce qui est simplement soutenu, ce qui est poétique et ce qui imite volontairement le malais classique.

La langue journalistique indonésienneBahasa Media

Le bahasa media condense l’information dans les titres, attribue précisément les propos et met souvent l’événement avant son auteur. Pour lire la presse, il faut surtout reconnaître les verbes raccourcis des titres, les formules comme menurut sumber (« selon des sources »), le discours rapporté et les passifs en di-. Ces procédés relèvent d’un registre écrit formel, mais chaque média les emploie avec son propre degré de concision.

Passif formel et impersonnel en indonésienPasif Formal dan Impersonal

Dans l’écrit formel, l’indonésien présente souvent une action ou un constat sans nommer son auteur : Keputusan ini telah disetujui signifie « Cette décision a été approuvée ». Des séquences comme dapat dikatakan bahwa (« on peut dire que ») et perlu diketahui bahwa (« il faut savoir que ») n’emploient aucun équivalent du « il » impersonnel français : le modal vient directement devant le verbe passif en di-.

Mots empruntés et formation des mots en indonésienKata Serapan dan Pembentukan Kata

Les kata serapan sont des mots venus d’autres langues et intégrés à l’indonésien : bahasa, dunia, kantor et gereja en sont des exemples parfaitement courants. Ils adoptent généralement l’orthographe et les procédés de formation indonésiens : akses devient mengakses et aktif donne mengaktifkan ou pengaktifan. Reconnaître les grandes familles d’emprunts aide surtout à comprendre le vocabulaire formel, mais l’usage établi compte davantage qu’une ressemblance avec le français.

C2 (7)

Indonésien familier et *bahasa gaul*Bahasa Gaul

Le bahasa gaul désigne un ensemble mouvant de façons de parler familières, souvent associées à Jakarta, aux jeunes et aux échanges entre proches. On y entend notamment gue « je », lu « tu », nggak « ne… pas », gimana « comment » et aja « seulement, juste ». Les comprendre est indispensable dans les conversations et les médias, mais les employer naturellement exige de tenir compte de la relation, de l’âge, de la région et de la situation.

Proverbes et idiomes en indonésienPeribahasa dan Idiom

Un peribahasa est une formule traditionnelle relativement fixe qui exprime une observation, un conseil ou un jugement par une image : sedia payung sebelum hujan invite ainsi à se préparer avant que les difficultés n’arrivent. Un idiome, ou idiom, est plutôt un groupe de mots intégré à une phrase, dont le sens global ne se déduit pas toujours des mots pris séparément : gulung tikar, « mettre la clé sous la porte ». Dans les deux cas, il faut apprendre ensemble la forme, le sens, le contexte et le registre, plutôt que traduire chaque mot.

Le bahasa internet indonésienBahasa Internet

Le bahasa internet est l’indonésien informel des messages, commentaires, publications et mèmes. Il mêle raccourcis comme yg pour yang, formes familières comme gak, mots condensés comme baper et emprunts adaptés comme nge-post. Ces formes sont utiles à reconnaître, mais leur emploi dépend fortement de la relation entre les personnes, de la plateforme et du degré de formalité.

Indonésien académique (Bahasa Akademik)Bahasa Akademik

Le bahasa akademik est le registre qui sert à exposer une question, situer des travaux antérieurs, décrire une méthode et défendre une conclusion fondée sur des données. Il privilégie une progression explicite, les affixes complets, des citations clairement attribuées et des affirmations mesurées telles que Hasil analisis menunjukkan bahwa... « Les résultats de l’analyse indiquent que… ». La maîtrise consiste moins à rendre chaque phrase compliquée qu’à préciser qui affirme quoi, sur quelle base et avec quel degré de certitude.

Variétés régionales de l’indonésienRagam Daerah

L’indonésien standard, ou bahasa Indonesia baku, sert de langue commune dans tout le pays, mais la langue parlée porte souvent la marque des langues locales. Des formes comme mas, mbak, teteh, bli, uda, uni ou sampun peuvent renseigner sur le lieu, la relation entre les personnes et le degré de proximité. Au niveau C2, le but principal est de reconnaître ces indices et d’en saisir la valeur sociale, sans les imiter au hasard.

Les figures de style en indonésienMajas dan Gaya Bahasa

En indonésien, majas désigne un emploi expressif de la langue qui dépasse ou infléchit le sens strict des mots. Les cinq figures essentielles ici sont perumpamaan (comparaison), metafora (métaphore), personifikasi (personnification), hiperbola (hyperbole) et ironi (ironie). Pour bien les interpréter, il faut repérer à la fois les marqueurs linguistiques et l’écart entre le sens littéral, le contexte et l’intention.

Les éléments du malais classique en indonésienUnsur Melayu Klasik

Le malais classique a laissé dans l’indonésien littéraire des pronoms marqués comme hamba, des termes d’adresse comme tuan, des ouvertures narratives comme alkisah et des enchaînements fréquents avec maka. Ces formes se rencontrent surtout dans les hikayat — récits traditionnels malais —, les fictions historiques, les cérémonies et certains textes formels. À l’oral moderne, il faut généralement les reconnaître plutôt que les employer spontanément.