Les verbes réguliers en -ER en français
Verbes Réguliers en -ER
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de français sur Settemila Lingue.
En bref
Pour conjuguer un verbe régulier en -ER au présent, on retire -er de l’infinitif, puis on ajoute -e, -es, -e, -ons, -ez, -ent. Ainsi, parler donne je parle, tu parles, il parle, nous parlons, vous parlez, ils parlent. Les verbes en -ger, -cer et certains verbes en -yer adaptent parfois leur orthographe, mais gardent les mêmes terminaisons.
Vue d’ensemble
L’infinitif est la forme du verbe que l’on trouve dans le dictionnaire, comme parler, manger, habiter ou travailler. Une très grande partie des verbes français se terminent par -er à l’infinitif. Ce groupe est aussi très productif : les verbes créés ou adoptés récemment suivent souvent ce modèle, par exemple téléphoner ou scanner.
Au niveau A1, le plus important est de savoir construire le présent et de l’associer au bon sujet (la personne ou la chose qui accomplit l’action). Ce seul modèle permet déjà de parler de ses habitudes, de son travail, de ses goûts et de sa vie quotidienne : Je travaille à Paris, Nous regardons un film, Elle aime le café.
Le présent français sert aussi bien à une action en cours qu’à une habitude ou à une vérité générale. Il n’existe donc pas ici plusieurs conjugaisons selon que l’action se déroule maintenant ou régulièrement : Je mange peut signifier « je suis en train de manger » ou « je mange habituellement », selon le contexte.
Fonctionnement
Former le présent en deux étapes
La conjugaison est le changement de forme du verbe selon la personne, le temps ou le mode. Pour un verbe régulier en -er :
- retirer -er pour obtenir le radical (la partie qui porte le sens principal du verbe) ;
- ajouter la terminaison correspondant au sujet.
Avec parler : parler → parl- → je parle.
| Personne | Pronom sujet | Terminaison | parler |
|---|---|---|---|
| 1re personne du singulier | je | -e | je parle |
| 2e personne du singulier | tu | -es | tu parles |
| 3e personne du singulier | il, elle, on | -e | il parle, elle parle, on parle |
| 1re personne du pluriel | nous | -ons | nous parlons |
| 2e personne du pluriel | vous | -ez | vous parlez |
| 3e personne du pluriel | ils, elles | -ent | ils parlent, elles parlent |
Le même mécanisme s’applique à habiter : habit- + e = j’habite, habit- + ons = nous habitons. Devant une voyelle ou un h muet, je devient j’ : j’aime, j’habite, j’écoute.
Un modèle avec plusieurs verbes courants
| Sujet | aimer | manger | travailler |
|---|---|---|---|
| je | j’aime | je mange | je travaille |
| tu | tu aimes | tu manges | tu travailles |
| il / elle / on | il aime | elle mange | on travaille |
| nous | nous aimons | nous mangeons | nous travaillons |
| vous | vous aimez | vous mangez | vous travaillez |
| ils / elles | ils aiment | elles mangent | ils travaillent |
Manger suit les terminaisons régulières, mais sa forme avec nous s’écrit mangeons. Ce e conserve le son doux de g, comme dans manger. Il ne constitue pas une terminaison supplémentaire : la terminaison reste -ons.
Les particularités d’orthographe les plus utiles
Certains verbes restent réguliers dans leurs terminaisons, mais modifient légèrement leur radical afin de conserver une prononciation ou une graphie naturelle.
Verbes en -ger : manger, voyager, partager
On ajoute e devant -ons :
- nous mangeons ;
- nous voyageons ;
- nous partageons.
Les autres formes ordinaires ne prennent pas ce e supplémentaire : vous mangez, ils mangent.
Verbes en -cer : commencer, placer, annoncer
Le c devient ç devant -ons pour garder le son de c dans ce :
- nous commençons ;
- nous plaçons ;
- nous annonçons.
On écrit cependant vous commencez et ils commencent.
Certains verbes en -yer : payer, essayer, nettoyer
Devant un e muet, le y peut devenir i. Pour nettoyer, ce changement est attendu : je nettoie, tu nettoies, il nettoie, nous nettoyons, vous nettoyez, ils nettoient. Avec payer, les deux graphies sont admises dans plusieurs formes : je paie ou je paye.
Pour débuter, il suffit de mémoriser chaque verbe avec une forme du singulier et la forme en nous : je nettoie / nous nettoyons.
Prononciation : six écritures, moins de sons distincts
À l’oral, les formes je parle, tu parles, il parle, elle parle, on parle, ils parlent, elles parlent se prononcent de la même manière. Les lettres finales -e, -es et -ent ne s’entendent généralement pas. En revanche, nous parlons et vous parlez ont des terminaisons audibles.
Cette différence entre écrit et oral explique deux erreurs fréquentes : oublier -s dans tu parles ou écrire ils parle parce que les deux formes se prononcent pareil. Pour écrire correctement, il faut donc repérer le sujet, pas seulement écouter le son du verbe.
Construire une phrase affirmative, négative ou interrogative
Dans une phrase simple, le sujet précède normalement le verbe conjugué :
- Sujet + verbe + complément : Nous regardons un film.
- Sujet + ne/n’ + verbe + pas : Nous ne regardons pas la télévision.
- Est-ce que + sujet + verbe… ? : Est-ce que vous travaillez ici ?
Un complément apporte une information supplémentaire au verbe : ce que l’on regarde, où l’on habite, avec qui l’on parle, etc. Il ne change pas la terminaison du verbe. Celle-ci dépend toujours du sujet.
Exemples en contexte
| Exemple en français | Sens ou reformulation | Point observé |
|---|---|---|
| Je parle français. | Je sais m’exprimer en français. | parler, 1re personne du singulier |
| Tu manges la pizza. | La pizza est ce que tu manges. | manger, 2e personne du singulier |
| Nous habitons à Lyon. | Notre domicile se trouve à Lyon. | habiter, forme en -ons |
| Ils travaillent à la banque. | Leur emploi est à la banque. | travailler, pluriel en -ent |
| Elle écoute un balado dans le train. | Elle est en train d’écouter une émission audio. | Le pronom elle ne s’élide pas devant une voyelle |
| On prépare le dîner ensemble. | Nous préparons le dîner ensemble. | on prend la 3e personne du singulier |
| Vous cherchez la gare ? | Est-ce la gare que vous essayez de trouver ? | Question courante par intonation |
| Mes voisins voyagent souvent en hiver. | Ils font souvent des voyages en hiver. | Sujet nominal pluriel : terminaison -ent |
| Nous commençons à neuf heures. | Le début est prévu à neuf heures. | ç devant -ons |
| Je n’aime pas conduire la nuit. | Conduire la nuit ne me plaît pas. | Élision je → j’ et négation n’… pas |
| Léa et Karim regardent un film. | Deux personnes regardent le même film. | Deux noms forment un sujet pluriel |
| Est-ce que tu téléphones à ta sœur ce soir ? | Tu prévois de l’appeler ce soir ? | Question avec est-ce que |
Erreurs fréquentes
Garder la terminaison de l’infinitif
- Incorrect : Je parler français.
- Correct : Je parle français.
- Pourquoi : après un sujet, le verbe principal au présent doit être conjugué. On retire -er, puis on ajoute -e avec je.
Ajouter un -s avec je
- Incorrect : Je travailles ici.
- Correct : Je travaille ici.
- Pourquoi : pour les verbes réguliers en -er, je et il/elle/on prennent -e. Seule la forme avec tu prend -es : tu travailles.
Écrire le pluriel comme le singulier
- Incorrect : Ils habite à Marseille.
- Correct : Ils habitent à Marseille.
- Pourquoi : la terminaison de la 3e personne du pluriel est -ent, même si elle ne se prononce pas.
Prononcer les lettres -ent
- À éviter : prononcer la fin de ils parlent comme celle de l’adverbe lentement.
- Prononciation correcte : ils parlent se termine oralement comme il parle.
- Pourquoi : dans la terminaison verbale -ent, les lettres finales sont muettes.
Oublier les changements avec nous
- Incorrect : Nous mangons ici ; nous commencons maintenant.
- Correct : Nous mangeons ici ; nous commençons maintenant.
- Pourquoi : les verbes en -ger gardent un e, et les verbes en -cer prennent une cédille devant -ons.
Traiter aller comme un verbe régulier
- Incorrect : Je alle au bureau ; ils allent au bureau.
- Correct : Je vais au bureau ; ils vont au bureau.
- Pourquoi : malgré sa terminaison en -er, aller est irrégulier. Il faut apprendre ses formes séparément. Sa forme nous allons ressemble au modèle régulier, mais les autres formes ne se déduisent pas de ce radical.
Notes d’usage
Le pronom on est très fréquent dans la conversation pour dire nous, mais le verbe reste au singulier : On travaille demain équivaut souvent à Nous travaillons demain. Dans un écrit soutenu, nous est généralement plus neutre ; dans la langue courante, on paraît souvent plus spontané.
Tu s’emploie avec les proches, les enfants et dans de nombreux contextes informels. Vous sert soit à parler à plusieurs personnes, soit à s’adresser poliment à une seule personne. La forme verbale ne change pas selon ces deux sens : Vous habitez ici ? peut concerner une personne vouvoyée ou plusieurs personnes.
Le sujet n’est normalement pas omis en français. On dit Je travaille et non simplement Travaille pour décrire ce que l’on fait. L’absence de pronom est possible à l’impératif, c’est-à-dire pour donner un ordre ou un conseil : Travaille ! Cette construction appartient à une autre leçon.
Enfin, le présent dépend fortement du contexte temporel :
- Je travaille le lundi exprime une habitude ;
- Je travaille en ce moment décrit une action en cours ;
- Le magasin ferme à dix-neuf heures indique un horaire ;
- Demain, je déjeune avec Nina peut évoquer un projet déjà prévu.
Pour aller plus loin
Les points suivants ne sont pas à maîtriser immédiatement au niveau A1, mais ils expliquent des formes que l’on rencontre vite.
D’autres changements de radical
Des verbes en -er modifient l’accent ou doublent une consonne devant un e muet :
- acheter : j’achète, mais nous achetons ;
- préférer : je préfère, mais nous préférons ;
- appeler : j’appelle, mais nous appelons ;
- jeter : je jette, mais nous jetons.
Leurs terminaisons restent celles du modèle en -er. C’est le radical qui varie. Une bonne habitude consiste à apprendre ensemble l’infinitif, la forme avec je et celle avec nous.
Le participe passé en -é et l’infinitif en -er
Le participe passé est une forme utilisée notamment pour construire certains temps du passé. Pour les verbes réguliers en -er, il se termine en -é : parlé, mangé, travaillé. À l’oral, parler et parlé sonnent souvent pareil, mais leur fonction et leur orthographe diffèrent :
- Je vais parler : après aller, on emploie l’infinitif en -er ;
- J’ai parlé : après l’auxiliaire avoir, on emploie le participe passé en -é.
Cette distinction devient essentielle quand on apprend le futur proche et le passé composé.
La liaison avec ils et elles
La terminaison -ent reste muette, mais une liaison peut faire entendre un son entre le pronom et un verbe commençant par une voyelle : ils aiment se prononce avec un son z entre ils et aiment. Ce son vient de la liaison avec le pronom ; il ne signifie pas que -ent se prononce.
Conseils pour s’entraîner
- Travaillez par familles de six formes. Choisissez chaque jour deux verbes courants, retirez -er, puis écrivez les six personnes. Dites ensuite les formes à voix haute pour constater que plusieurs se prononcent pareil.
- Opposez le singulier et le pluriel à l’écrit. Transformez Elle regarde la rue en Elles regardent la rue, puis Tu habites ici en Vous habitez ici. Cet exercice oblige à regarder le sujet.
- Mémorisez les variantes par paires. Notez je mange / nous mangeons, je commence / nous commençons et je nettoie / nous nettoyons. Les paires rendent les changements de radical plus visibles qu’une règle isolée.
Notions liées
- Prérequis : Les pronoms sujets — pour identifier la personne qui détermine la terminaison du verbe.
- Étape suivante : Le verbe aller — un verbe en -er qui ne suit pas le modèle régulier et qui sert aussi à former le futur proche.
- Étape suivante : Le verbe venir — pour comparer le modèle régulier avec une conjugaison irrégulière fréquente.
- Étape suivante : Le verbe faire — une autre conjugaison essentielle à apprendre séparément.
- Verbes modaux : Pouvoir, vouloir et devoir — suivis très souvent d’un infinitif.
- Contraste de sens : Savoir et connaître — deux verbes irréguliers courants qui expriment différentes manières de connaître.