A1

Les pronoms sujets en français

Pronoms Sujets

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de français sur Settemila Lingue.

En bref

Les pronoms sujets indiquent qui accomplit l’action ou de qui l’on parle : je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils, elles. Ils déterminent la forme du verbe : je suis, tu es, nous sommes. Tu s’adresse normalement à une seule personne dans un cadre familier ; vous s’adresse à plusieurs personnes ou à une seule personne que l’on vouvoie. À l’oral, on remplace très souvent nous, mais le verbe reste au singulier : On va au cinéma.

Vue d’ensemble

Le sujet est la personne, l’animal, la chose ou l’idée dont on dit quelque chose. Dans Lina travaille, Lina est le sujet ; dans Elle travaille, le pronom elle reprend ce sujet. Un pronom est un petit mot qui peut remplacer un nom ou un groupe de mots : il évite ainsi de répéter Lina, mes voisins ou la voiture dans chaque phrase.

Les pronoms sujets sont une base du niveau A1, car la forme du verbe change selon la personne. Apprendre un verbe seulement sous sa forme de dictionnaire, par exemple parler, ne suffit donc pas : il faut relier ses formes à je parle, tu parles, il parle, nous parlons, vous parlez, ils parlent. Cette modification du verbe s’appelle la conjugaison.

Même quand plusieurs formes se prononcent de la même manière — je parle, tu parles, elle parle, elles parlent — le pronom permet souvent de savoir immédiatement qui est le sujet. Contrairement à certaines langues où la terminaison verbale suffit, le français courant exprime normalement le sujet devant un verbe conjugué : on dit Je comprends, et non simplement Comprends pour signifier « je comprends ».

Comment ça fonctionne

Le tableau de base

Personne Singulier Pluriel Emploi principal
1re personne je nous la personne qui parle ; les personnes qui parlent ou le groupe auquel elle appartient
2e personne tu vous la ou les personnes à qui l’on parle
3e personne il, elle, on ils, elles les personnes ou les choses dont on parle

Les termes première, deuxième et troisième personne décrivent simplement le rôle dans l’échange : la première parle, la deuxième écoute, la troisième est celle dont on parle.

Je et j’

Je désigne la personne qui parle, quel que soit son genre : Je suis français, Je suis française. Devant une voyelle ou un h muet (un h qui permet l’enchaînement avec la voyelle précédente), je devient j’ :

  • j’aime ;
  • j’habite à Lille ;
  • j’écoute la radio ;
  • j’ai une question.

Cette élision est obligatoire : on n’écrit pas je aime. Devant une consonne, on garde je : je parle. Certains mots commencent par un h aspiré, qui bloque l’élision : je hais cette odeur. Le dictionnaire signale généralement ce type de h.

Tu et vous : familiarité, pluriel et politesse

Tu s’emploie avec une seule personne que l’on tutoie : un proche, un ami, un enfant, ou une personne avec laquelle le tutoiement a été adopté. Le verbe est à la deuxième personne du singulier : Tu parles anglais ?

Vous a deux fonctions :

  1. il désigne plusieurs personnes, quel que soit le degré de proximité : Vous arrivez à quelle heure, les amis ? ;
  2. il désigne une seule personne que l’on vouvoie : Madame, vous êtes prête ?

Dans les deux cas, le verbe prend la forme de vous : vous êtes, vous avez, vous parlez. En revanche, un adjectif peut montrer que le vous de politesse ne représente qu’une personne : Monsieur, vous êtes prêt ; Madame, vous êtes prête. Avec plusieurs personnes, on écrit Vous êtes prêts ou Vous êtes prêtes selon le groupe.

Le choix entre tutoiement et vouvoiement dépend de la relation, du milieu et de la situation. En cas de doute avec un adulte inconnu, vous est le choix prudent. On peut ensuite entendre On peut se tutoyer ? ou Vous pouvez me tutoyer.

Il et elle : personnes, animaux et choses

Il reprend normalement un nom masculin singulier ; elle, un nom féminin singulier. Cela vaut aussi pour les objets et les idées, car les noms français ont un genre grammatical (une catégorie masculine ou féminine qui ne correspond pas nécessairement au sexe) :

  • Le train est en retard. Il arrive à dix heures.
  • La réunion commence bientôt. Elle dure une heure.

Pour une personne, il ou elle correspond généralement à la manière dont cette personne est désignée. Pour un animal dont on ne précise pas le sexe, le pronom suit souvent le genre du nom employé : Le chat dort ; il est tranquille.

Il sert aussi de sujet dans des constructions sans personne réelle : Il pleut, Il est tard, Il faut partir. On parle alors de il impersonnel : ce il ne remplace ni un homme ni un objet masculin.

On : un pronom singulier aux sens variés

On commande toujours un verbe à la troisième personne du singulier :

  • On va au cinéma.
  • On travaille demain.
  • Ici, on parle français.

Son sens dépend du contexte. Il peut représenter :

  • nous, surtout à l’oral : Paul et moi, on arrive à huit heures ;
  • les gens en général : En France, on mange souvent plus tard qu’ici ;
  • une personne indéterminée : On sonne à la porte.

Quand on signifie nous, le verbe reste singulier, mais un adjectif ou un participe peut s’accorder avec les personnes concernées : Léa et moi, on est contentes ; Paul et moi, on est arrivés. Cette distinction est surtout visible à l’écrit, car de nombreuses marques finales ne se prononcent pas.

Nous

Nous inclut la personne qui parle et au moins une autre personne : Nous habitons à Nantes. Il peut donc désigner deux personnes ou un groupe beaucoup plus grand. Le verbe prend la première personne du pluriel : nous sommes, nous avons, nous parlons.

Dans une conversation détendue, on est souvent plus naturel que nous comme sujet : On part demain ? Dans un texte suivi, une présentation officielle ou une situation où l’on veut lever toute ambiguïté, nous reste très courant. Le passage de nous à on change la forme du verbe : nous allons, mais on va.

Ils et elles

Ils reprend plusieurs noms masculins ou un groupe comprenant des éléments de genres différents : Paul et Marc ? Ils arrivent. ; Lina et Paul ? Ils arrivent. Elles reprend un groupe entièrement féminin : Lina et Sara ? Elles arrivent.

Avec des choses, on suit le genre grammatical des noms : Les dossiers sont prêts ; ils sont sur la table. ; Les lettres sont prêtes ; elles sont sur la table. Le verbe se met à la troisième personne du pluriel, même si sa prononciation ne change pas toujours : il parle et ils parlent se prononcent normalement de la même façon.

La place du pronom et la négation

Dans une phrase affirmative simple, le pronom sujet se place avant le verbe :

pronom sujet + verbe + complément

Nous cherchons un appartement. Un complément est ici un groupe de mots qui ajoute une information au verbe : ce que l’on cherche, où l’on va, quand on part, etc.

Dans une négation avec ne… pas, le pronom reste avant le verbe : Je ne comprends pas ; Ils n’habitent plus ici. Dans une question familière, l’ordre reste souvent identique et seule l’intonation change : Tu viens ce soir ? Avec est-ce que, le pronom vient après cette expression : Est-ce que vous travaillez demain ? Dans l’inversion, fréquente dans un registre plus soutenu, le pronom suit le verbe avec un trait d’union : Parlez-vous français ? ; Arrive-t-elle demain ?

Exemples en contexte

Français Sens en français Remarque
Je suis français. La personne qui parle indique sa nationalité. Je peut désigner un homme ou une femme ; l’adjectif s’accorde.
J’habite près de la gare. La personne qui parle donne son lieu d’habitation. Je devient j’ devant habite.
Tu parles anglais ? On demande à une personne que l’on tutoie si elle parle anglais. Deuxième personne du singulier.
Le musée est fermé : il ouvre à dix heures. Le musée ouvre à dix heures. Il reprend le nom masculin musée.
La boulangerie est ouverte : elle ferme à vingt heures. La boulangerie ferme à vingt heures. Elle reprend le nom féminin boulangerie.
Il pleut depuis ce matin. La pluie tombe depuis ce matin. Il est impersonnel.
On va au cinéma ce soir. Nous allons au cinéma ce soir. On remplace nous, mais va reste au singulier.
On cherche quelqu’un à l’accueil. Une personne non identifiée cherche quelqu’un. On a un sens indéterminé.
Nous finissons le travail à six heures. Le groupe qui parle termine à six heures. Première personne du pluriel.
Vous êtes américain ? On demande poliment sa nationalité à un homme. Vous désigne ici une seule personne.
Vous avez vos billets, les enfants ? On vérifie que plusieurs enfants ont leurs billets. Vous est ici pluriel.
Nora et Sami arrivent : ils sont dans le bus. Nora et Sami se trouvent dans le bus. Groupe mixte : ils.
Mes sœurs arrivent : elles sont devant la maison. Les sœurs se trouvent devant la maison. Groupe entièrement féminin : elles.
Est-ce que vous connaissez ce quartier ? On demande à une ou plusieurs personnes si le quartier leur est familier. Question avec est-ce que.

Erreurs courantes

Omettre le sujet devant un verbe conjugué

  • Incorrect : Suis fatigué aujourd’hui.
  • Correct : Je suis fatigué aujourd’hui.
  • Pourquoi : En français standard, un verbe conjugué a normalement un sujet exprimé. L’impératif, qui sert à donner un ordre ou un conseil (Écoute !, Allons-y !), constitue une exception.

Conserver je devant une voyelle

  • Incorrect : Je aime ce café.
  • Correct : J’aime ce café.
  • Pourquoi : Je devient obligatoirement j’ devant une voyelle ou la plupart des mots commençant par un h muet.

Employer tu avec la forme de vous

  • Incorrect : Tu parlez français ?
  • Correct : Tu parles français ?
  • Pourquoi : Le pronom et le verbe doivent correspondre. On dit tu parles, mais vous parlez.

Mettre le verbe de on au pluriel

  • Incorrect : On allons au restaurant.
  • Correct : On va au restaurant.
  • Pourquoi : Même lorsque on signifie nous, son verbe reste toujours à la troisième personne du singulier.

Confondre le vous de politesse et un pluriel pour l’adjectif

  • Incorrect : Madame, vous êtes prêts ?
  • Correct : Madame, vous êtes prête ?
  • Pourquoi : Le verbe garde la forme plurielle êtes, mais l’adjectif décrit une seule femme et s’écrit donc au féminin singulier.

Choisir ils ou elles selon le dernier nom seulement

  • Incorrect : Paul et Marie, elles arrivent.
  • Correct : Paul et Marie, ils arrivent.
  • Pourquoi : Dans la norme grammaticale courante, un groupe mixte est repris par ils. Elles reprend un groupe uniquement féminin.

Remarques d’usage

On ou nous dans la vie quotidienne

À l’oral, on est extrêmement fréquent pour dire nous. On a réservé une table paraît souvent plus spontané que Nous avons réservé une table. Cela ne rend pas nous incorrect ou rare : nous convient dans tous les registres et apparaît davantage dans les textes formels, les discours préparés et les contextes où la précision est importante.

Dans une même phrase, les déterminants et pronoms liés au groupe peuvent garder la première personne du pluriel : On prend notre voiture ; On rentre chez nous. Le sujet est grammaticalement on, mais le sens est bien « nous ».

Le tutoiement n’est pas seulement une question d’âge

Le choix entre tu et vous varie selon les familles, les régions, les milieux professionnels et les habitudes d’un groupe. Deux collègues peuvent se tutoyer dès leur première rencontre dans une entreprise et se vouvoyer ailleurs. Il vaut mieux observer l’usage local plutôt que d’appliquer une règle rigide. Avec plusieurs personnes, toutefois, vous est nécessaire, même si l’on tutoie chacune séparément.

Le pronom est parfois renforcé

Pour insister ou opposer deux personnes, on peut ajouter un pronom tonique : Moi, je prends le train ; lui, il vient en voiture. Les formes moi et lui ne remplacent pas directement je et il devant le verbe dans cette structure : on ne dit pas Moi prends le train. Cette reprise est très naturelle à l’oral.

Pour aller plus loin

Les points suivants ne sont pas nécessaires pour commencer à parler au niveau A1, mais ils expliquent des formes que l’on rencontre rapidement.

L’accord après on

Lorsque on désigne une ou plusieurs personnes précises, l’adjectif ou le participe peut refléter leur genre et leur nombre : Alors, Camille, on est prête ? ; Avec Julie, on est parties tôt. Le verbe, lui, ne change jamais : on est, on a, on va. Quand on signifie « les gens en général », l’accord reste habituellement au masculin singulier : On est toujours surpris la première fois.

L’inversion avec un t euphonique

Dans une question par inversion, on ajoute parfois -t- entre un verbe terminé par une voyelle et il, elle ou on afin de faciliter la prononciation : Parle-t-elle italien ? ; Va-t-on partir bientôt ? Ce t n’a pas de sens propre et s’écrit entre deux traits d’union. Quand le verbe possède déjà un t ou un d final, on n’en ajoute pas : Part-il demain ? ; Attend-elle dehors ?

Le sujet après qui

Dans C’est moi qui…, le verbe s’accorde avec la personne représentée par qui : C’est moi qui suis responsable, C’est toi qui as les clés, C’est nous qui avons appelé. Cette construction montre que l’accord dépend du véritable sujet, même si le pronom habituel n’est pas placé juste devant le verbe.

Les emplois non personnels de il

Outre la météo, le français utilise il dans de nombreuses tournures impersonnelles : il faut, il reste deux places, il est possible de réserver. Dans Il y a un problème, il ne reprend aucun nom. Ces structures s’apprennent comme des ensembles ; il ne faut pas remplacer automatiquement ce il par elle lorsque le nom suivant est féminin : Il y a une solution, et non Elle y a une solution.

Des usages en évolution

Dans certains contextes, notamment pour parler d’une personne non binaire ou sans préciser son genre, on rencontre le pronom iel. Son emploi se développe, mais varie selon les personnes, les milieux et les choix éditoriaux ; il ne remplace pas partout le système traditionnel il/elle. Pour s’adresser à une personne précise, le plus respectueux est d’employer le pronom qu’elle indique.

Conseils pratiques

  1. Apprenez chaque verbe avec ses pronoms. Récitez une courte série complète : je parle, tu parles, il/elle/on parle, nous parlons, vous parlez, ils/elles parlent. Vous associerez ainsi le sujet à la bonne terminaison.
  2. Transformez une même phrase. Partez de Je travaille ici, puis changez seulement le sujet et le verbe : Tu travailles ici, Nous travaillons ici, Ils travaillent ici. Faites ensuite la même chose avec être, avoir et un autre verbe courant.
  3. Écoutez la différence entre on et nous. Dans une conversation, relevez cinq phrases où on signifie « nous » et cinq où il signifie « les gens » ou « quelqu’un ». Le contexte est souvent plus utile que la traduction mot à mot.

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