Le verbe venir en français
Le Verbe Venir
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de français sur Settemila Lingue.
En bref
Venir est un verbe irrégulier : au présent, on dit je viens, tu viens, il ou elle vient, nous venons, vous venez, ils ou elles viennent. Il sert surtout à parler d’un déplacement vers un lieu ou une personne (Je viens chez toi) et d’une origine (Elle vient de Lyon). Les verbes revenir et devenir suivent la même conjugaison ; tenir suit un modèle très proche.
Vue d’ensemble
Venir exprime d’abord un mouvement vers le lieu où se trouve la personne qui parle, vers la personne à qui l’on parle ou vers un point choisi comme repère. Dans Tu viens à la réunion ?, la question porte sur l’arrivée ou la participation à cette réunion. Dans Paul vient chez nous ce soir, le déplacement se fait vers le domicile du locuteur.
C’est aussi le verbe courant pour indiquer l’origine : Je viens de Belgique, Ce train vient de Marseille. La construction venir de + infinitif a un autre sens : elle forme le passé récent et situe une action juste avant le moment présent, comme dans Je viens de finir. Cette construction sera étudiée plus en détail au niveau A2.
Au niveau A1, l’essentiel est de mémoriser le présent et les constructions venir de + lieu, venir à + lieu ou événement et venir chez + personne. Venir ne suit pas les terminaisons des verbes réguliers en -er : il faut donc apprendre ses formes comme un ensemble. Le mot infinitif désigne la forme non conjuguée du verbe, celle que l’on trouve dans le dictionnaire : venir, parler, finir.
Fonctionnement
La conjugaison de venir au présent
Le sujet (la personne ou la chose qui accomplit l’action) détermine la forme du verbe.
| Personne | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| je | viens | Je viens demain. |
| tu | viens | Tu viens avec nous. |
| il / elle / on | vient | On vient en métro. |
| nous | venons | Nous venons souvent ici. |
| vous | venez | Vous venez de loin. |
| ils / elles | viennent | Elles viennent ce soir. |
Trois groupes de formes sont à retenir :
- viens, viens, vient au singulier ;
- venons, venez avec nous et vous ;
- viennent avec ils et elles.
À l’oral, je viens, tu viens et il vient ont la même prononciation. Les lettres finales -s et -t ne s’entendent pas. En revanche, ils viennent a une consonne finale audible dans le verbe. Cette différence aide à distinguer il vient de ils viennent, même si le pronom reste indispensable dans une phrase ordinaire.
La négation et la question
Pour nier, on place normalement ne avant le verbe et pas après :
- Je ne viens pas ce soir.
- Ils ne viennent jamais le lundi.
- Nous ne venons plus ici.
Devant une voyelle, ne devient n’, mais les formes de venir commencent toutes par le son v : on écrit donc ne viens pas, et non n’viens pas. Dans la conversation familière, ne est souvent omis (Je viens pas), mais la forme complète reste préférable à l’écrit et lorsqu’on apprend la structure.
Pour poser une question, trois constructions sont possibles :
- intonation : Tu viens demain ?
- est-ce que : Est-ce que tu viens demain ?
- inversion : Viens-tu demain ?
L’inversion est fréquente dans les questions écrites ou dans un registre plus soigné. Avec un mot interrogatif, on peut dire D’où viens-tu ? ou, dans un échange courant, Tu viens d’où ?
Indiquer la destination ou la participation
Venir à + lieu indique un déplacement vers un lieu :
- Elle vient à Paris en juin.
- Vous venez au bureau demain ?
Comme toujours, à se combine avec les articles le et les : au (= à + le) et aux (= à + les). On dit donc venir au marché et venir aux réunions. Avec une ville, il n’y a généralement pas d’article : venir à Lille.
Pour le domicile, le cabinet professionnel ou le commerce associé à une personne, on emploie chez : Viens chez moi, Je viens chez le médecin. Avec un événement, venir à signifie souvent y participer : Ils viennent à la fête, Tu viens au concert ?
Le lieu peut aussi rester implicite si le contexte est clair : J’arrive à huit heures. Tu viens ? Enfin, venir + infinitif peut exprimer le but immédiat du déplacement : Je viens chercher mon dossier, Nous venons vous aider.
Indiquer l’origine : venir de
Devant un lieu, venir de répond à la question D’où ? :
- Je viens de Londres.
- Elle vient du Canada.
- Ils viennent des Alpes.
La préposition change selon le nom qui suit :
| Type de lieu | Construction | Exemple |
|---|---|---|
| ville sans article | de | venir de Rome |
| pays féminin | de | venir de France |
| pays masculin | du | venir du Portugal |
| pays au pluriel | des | venir des Pays-Bas |
| personne ou lieu introduit par chez | de chez | venir de chez Léa |
Ici, du correspond à de + le et des à de + les. Je viens de Londres peut indiquer l’origine personnelle (« Londres est ma ville d’origine ») ou le point de départ d’un trajet récent ; le contexte précise le sens.
Revenir, devenir et tenir
Revenir signifie venir de nouveau ou retourner vers un point de repère. Devenir exprime un changement d’état, de situation ou d’identité. Ils gardent toutes les formes de venir et ajoutent simplement leur préfixe.
| Personne | revenir | devenir |
|---|---|---|
| je | reviens | deviens |
| tu | reviens | deviens |
| il / elle / on | revient | devient |
| nous | revenons | devenons |
| vous | revenez | devenez |
| ils / elles | reviennent | deviennent |
Après devenir, on met souvent un nom de profession, de fonction ou de statut sans article : Elle devient médecin, Il veut devenir père. On peut aussi employer un adjectif : Le ciel devient sombre, Cette question devient importante.
Tenir appartient à la même famille de conjugaison, mais son début est différent :
| Personne | tenir au présent |
|---|---|
| je | tiens |
| tu | tiens |
| il / elle / on | tient |
| nous | tenons |
| vous | tenez |
| ils / elles | tiennent |
Tenir signifie notamment garder quelque chose dans la main, maintenir ou respecter un engagement : Je tiens la porte, Nous tenons notre promesse. Il ne faut donc pas confondre sa conjugaison proche avec son sens, qui n’exprime pas un déplacement.
Exemples en contexte
| Phrase française | Sens en français simple | Point à observer |
|---|---|---|
| Je viens de Londres. | Londres est mon lieu d’origine ou le départ de mon trajet. | venir de + ville |
| D’où viens-tu ? | Quelle est ton origine ou quel est ton point de départ ? | question avec inversion |
| Ils viennent à la fête. | Ils se déplacent jusqu’à la fête et y participent. | venir à + événement |
| Vous venez chez nous dimanche ? | Allez-vous vous déplacer jusqu’à notre domicile ? | chez + personne |
| Nous venons en train. | Le train est notre moyen de transport. | présent, forme venons |
| Ma sœur ne vient pas ce soir. | Ma sœur sera absente ce soir. | négation complète |
| Je viens chercher les clés. | Mon déplacement a pour but de prendre les clés. | venir + infinitif |
| Est-ce que tu viens avec moi ? | Vas-tu m’accompagner ? | question courante |
| Le bus vient du centre-ville. | Le centre-ville est le point de départ du bus. | du = de + le |
| Elles reviennent demain matin. | Elles seront de retour demain matin. | revenir |
| Elle devient médecin. | Elle accède à la profession de médecin. | profession sans article |
| Avec l’automne, les jours deviennent plus courts. | La durée des jours diminue progressivement. | devenir + adjectif |
| Je tiens ton sac pendant une minute. | Je garde ton sac dans mes mains. | forme proche, sens différent |
| Nous venons de terminer le repas. | Nous avons terminé il y a très peu de temps. | passé récent |
Erreurs fréquentes
1. Traiter venir comme un verbe régulier
- Incorrect : Je vene à huit heures.
- Correct : Je viens à huit heures.
- Pourquoi : Venir est irrégulier. Ses formes du singulier sont viens, viens, vient ; elles ne se construisent pas en retirant simplement -ir.
2. Employer la mauvaise forme avec ils ou elles
- Incorrect : Ils vient à la fête.
- Correct : Ils viennent à la fête.
- Pourquoi : le sujet est au pluriel. La terminaison écrite est -iennent, et la dernière consonne du verbe s’entend à l’oral.
3. Confondre destination et origine
- Incorrect : Je viens à France. pour parler de son origine.
- Correct : Je viens de France.
- Pourquoi : de introduit l’origine ou le point de départ ; à introduit une destination comme une ville ou un événement. Pour un déplacement vers le pays, on dit Je viens en France.
4. Oublier les formes contractées
- Incorrect : Il vient de le Canada.
- Correct : Il vient du Canada.
- Pourquoi : de + le devient du, et de + les devient des : du Canada, des États-Unis.
5. Ajouter un article devant une profession après devenir
- Peu naturel dans le sens professionnel : Elle devient une médecin.
- Correct : Elle devient médecin.
- Pourquoi : lorsqu’on indique simplement une profession ou une fonction après devenir, le nom s’emploie généralement sans article. Un article reste possible si le nom est précisé ou caractérisé : Elle devient une médecin très respectée.
6. Confondre origine et passé récent
- Origine : Je viens de Paris.
- Passé récent : Je viens de quitter Paris.
- Pourquoi : après venir de, un nom de lieu indique le plus souvent la provenance. Un infinitif, comme quitter, indique une action tout juste accomplie.
Notes d’usage
Dans une invitation, Tu viens ? est souvent plus naturel que des formulations longues : le lieu ou l’événement est déjà connu. Selon le contexte, cette question peut signifier « Est-ce que tu nous accompagnes ? », « Est-ce que tu participes ? » ou « Est-ce que tu arrives maintenant ? ».
Venir et aller dépendent du point de vue adopté. Aller présente un déplacement vers un autre lieu : Je vais au bureau. Venir présente le déplacement vers le lieu du locuteur, de son interlocuteur ou vers le lieu dont on parle comme point de rendez-vous : Tu viens au bureau avec nous ? En français courant, ce repère peut être mental plutôt que strictement lié à l’endroit où se trouve la personne au moment de parler.
Pour répondre à un appel, on entend souvent J’arrive ! plutôt que Je viens ! : J’arrive insiste sur l’arrivée imminente. Je viens reste possible lorsqu’on accepte d’accompagner quelqu’un ou de se déplacer vers lui : Attends-moi, je viens avec toi.
À l’impératif, c’est-à-dire dans une consigne ou une invitation directe, les formes courantes sont viens, venons et venez : Viens ici, Venons-en au sujet principal, Venez avec nous. Le pronom sujet disparaît dans cette construction.
Pour aller plus loin
Cette partie n’est pas à maîtriser dès le niveau A1, mais elle permet de reconnaître plusieurs emplois très fréquents par la suite.
Le passé composé avec être
Au passé composé, venir et la plupart de ses dérivés se construisent avec être : elle est venue, ils sont revenus, nous sommes devenus amis. Le participe passé (la forme utilisée avec avoir ou être pour construire un temps composé) est venu. Avec être, il s’accorde généralement avec le sujet : venu, venue, venus, venues.
Devenir suit aussi ce modèle : Elle est devenue directrice. Tenir, en revanche, se construit avec avoir : Elle a tenu la porte. La ressemblance du présent ne suffit donc pas à prévoir l’auxiliaire du passé composé.
Le passé récent
La structure venir de + infinitif exprime une action qui vient juste de se terminer :
- Le train vient de partir.
- Nous venons de recevoir votre message.
- Ils viennent d’arriver.
C’est la forme de venir qui indique la personne et le moment ; le second verbe reste à l’infinitif. À l’imparfait, venait de situe une action immédiatement antérieure dans un récit passé : Je venais de sortir quand tu as appelé.
Des constructions plus abstraites
En venir à + infinitif marque l’aboutissement d’une évolution, parfois après des hésitations ou des étapes : J’en viens à penser qu’il a raison. En venir aux mains signifie commencer à se battre. Dans un registre plutôt soutenu, venir à + infinitif peut évoquer une éventualité : S’il venait à pleuvoir, la cérémonie aurait lieu à l’intérieur.
Le verbe tenir forme lui aussi de nombreux dérivés sur le même modèle : obtenir (j’obtiens, nous obtenons), retenir (je retiens, ils retiennent) et maintenir (nous maintenons). Leur sens doit être appris séparément, mais leur conjugaison au présent devient plus facile une fois le modèle de tenir acquis.
Conseils pour s’entraîner
- Récitez les formes en trois blocs. Dites d’abord viens, viens, vient, puis venons, venez, puis viennent. Ajoutez ensuite les pronoms et une courte phrase : je viens demain, nous venons demain.
- Travaillez par contraste. Pour chaque lieu, produisez une phrase d’origine et une phrase de destination : Je viens de Lyon / Je viens à Lyon demain ; Il vient du bureau / Il vient au bureau.
- Réutilisez le modèle avec un préfixe. Transformez une phrase avec venir en phrase avec revenir ou devenir : Ils viennent lundi / Ils reviennent lundi ; puis entraînez tenir séparément pour ne pas mélanger les sens.
Notions liées
- Prérequis : Verbes réguliers en -ER — pour comprendre le rôle du sujet et comparer une conjugaison régulière avec celle de venir.
- Étape suivante : Passé récent — pour approfondir la construction venir de + infinitif et parler d’une action tout juste terminée.