A1

Savoir et connaître en français

Savoir et Connaître

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de français sur Settemila Lingue.

En bref

Employez savoir pour une information ou une compétence : Je sais qu’il arrive, Je sais nager. Employez connaître pour une personne, un lieu, une œuvre ou un sujet avec lequel on a déjà un contact ou une certaine familiarité : Je connais Léa, Je connais bien Marseille. Devant un infinitif (la forme non conjuguée d’un verbe, comme nager ou lire), on choisit normalement savoir.

Vue d’ensemble

Le français distingue deux manières de « savoir ». Savoir présente généralement un contenu que l’on peut formuler : un fait, une réponse, une information, ou la manière de faire quelque chose. Connaître exprime plutôt la familiarité acquise par l’expérience : on connaît une personne, une ville, un livre, un domaine ou une situation.

Cette distinction apparaît dès le niveau A1, car les deux verbes sont très fréquents et irréguliers. Elle devient plus facile si l’on regarde ce qui suit le verbe. Une proposition (un groupe de mots organisé autour d’un verbe), comme qu’il est absent ou où elle habite, appelle savoir. Un groupe nominal (un nom accompagné éventuellement d’un article ou d’autres mots), comme ce quartier ou la réponse, peut demander l’un ou l’autre selon le sens.

La règle de débutant est donc simple : savoir + information ou infinitif ; connaître + personne, lieu ou chose familière. Elle couvre la grande majorité des situations courantes. Quelques noms, notamment réponse, adresse ou leçon, se rencontrent avec savoir lorsque l’accent porte sur l’information mémorisée. Les nuances plus fines sont présentées plus loin, sans qu’il soit nécessaire de les maîtriser immédiatement.

Fonctionnement

Les formes au présent

Savoir et connaître ne suivent pas le modèle régulier des verbes en -ER. Il faut donc apprendre leurs formes au présent.

Personne Savoir Connaître
je je sais je connais
tu tu sais tu connais
il, elle, on il, elle, on sait il, elle, on connaît
nous nous savons nous connaissons
vous vous savez vous connaissez
ils, elles ils, elles savent ils, elles connaissent

À l’oral, plusieurs formes se ressemblent : sais, sait et souvent c’est ont la même prononciation ; connais et connaît aussi. À l’écrit, les terminaisons restent différentes. L’accent circonflexe de connaît ne figure qu’à la troisième personne du singulier au présent.

Savoir une information

On emploie savoir lorsque le complément contient ou représente une information précise.

  • savoir que + proposition : Je sais que le magasin ferme à dix-neuf heures.
  • savoir si + proposition : Tu sais si Paul vient ?
  • savoir + mot interrogatif : Nous savons où aller. / Elle sait pourquoi il est parti.
  • savoir + certains noms d’information : Il sait la réponse. / Je sais son adresse.

Dans Je sais où habite Nora, le mot où introduit une interrogation indirecte : on rapporte une question sans la poser directement. La question directe serait Où habite Nora ? ; après savoir, elle devient Je sais où habite Nora et ne prend pas de point d’interrogation si toute la phrase est déclarative.

Savoir peut s’employer sans complément lorsque l’information est déjà claire :

  • — Qui a gagné ? — Je ne sais pas.
  • Tu savais déjà ?
  • Oui, je sais.

Savoir faire quelque chose

La structure savoir + infinitif indique une compétence acquise, c’est-à-dire la capacité de faire quelque chose parce qu’on l’a appris.

  • Je sais conduire.
  • Elle sait utiliser ce logiciel.
  • Vous savez faire du vélo ?

Il n’est normalement pas nécessaire d’ajouter comment : Je sais nager est la formulation naturelle. Savoir comment faire existe, mais insiste sur la méthode ou les étapes : Je sais comment réparer la machine, mais je n’ai pas les outils.

Savoir et pouvoir ne disent pas exactement la même chose. Je sais nager signifie que j’ai appris à nager ; Je peux nager aujourd’hui signifie que les circonstances ou mon état me le permettent. On peut donc dire : Je sais conduire, mais je ne peux pas conduire ce soir parce que je suis fatigué.

Connaître une personne, un lieu ou une chose

Connaître prend le plus souvent un complément direct, sans préposition : connaître quelqu’un ou quelque chose.

  • une personne : Je connais votre collègue.
  • un lieu : Nous connaissons bien cette région.
  • une œuvre ou un élément culturel : Tu connais ce film ?
  • un sujet ou un domaine : Elle connaît la grammaire française.
  • une situation déjà vécue : Ils connaissent les difficultés du métier.

Connaître n’implique pas toujours une connaissance approfondie. Les adverbes précisent le degré de familiarité : connaître un peu, assez bien, bien, très bien, parfaitement. Je connais un peu Lyon signifie que la ville ne m’est pas étrangère ; Je connais très bien Lyon suppose une expérience plus riche.

Avec une personne, connaître signifie qu’elle n’est pas inconnue et qu’un lien, même limité, existe. Pour dire que l’on connaît seulement son identité, on utilise souvent une autre construction : Je sais qui est Mme Diallo, mais je ne la connais pas personnellement.

Quand un nom accepte les deux verbes

Le choix dépend parfois du point de vue, et non du nom seul.

Avec savoir Avec connaître Différence de sens
Je sais le nom de cette rue. Je connais cette rue. J’ai l’information / la rue m’est familière.
Elle sait la date du rendez-vous. Elle connaît bien ce médecin. Elle a mémorisé un fait / elle a déjà des rapports avec la personne.
Nous savons notre leçon par cœur. Nous connaissons cette règle. Nous pouvons réciter un contenu mémorisé / la règle nous est familière.
Tu sais la réponse ? Tu connais ce sujet ? Tu possèdes l’information précise / tu as des connaissances sur le domaine.

Dans la langue courante, on préfère souvent une proposition lorsque le contenu est complexe : Je sais que cette règle comporte une exception est plus naturel que de chercher à placer tout ce contenu après un simple nom.

Exemples en contexte

Exemple en français Sens reformulé Remarque
Tu sais nager ? As-tu appris à nager ? Savoir + infinitif pour une compétence.
Je ne sais pas la réponse. Je n’ai pas l’information demandée. Savoir + nom d’information.
Tu connais Marie ? Marie est-elle une personne que tu as déjà rencontrée ou fréquentée ? Familiarité avec une personne.
Je connais bien Paris. Paris est une ville qui m’est familière. Le degré est précisé par bien.
Nous savons que le train a du retard. Nous possédons cette information sur le train. Savoir que + proposition.
Savez-vous où se trouve la gare ? Pouvez-vous indiquer l’emplacement de la gare ? Savoir + où dans une question polie.
Je ne sais pas si le musée est ouvert. Je n’ai pas l’information sur l’ouverture du musée. Savoir si introduit une alternative incertaine.
Elle sait préparer un couscous délicieux. Elle a appris à préparer ce plat. Compétence acquise.
Nous connaissons ce restaurant depuis longtemps. Ce restaurant nous est familier depuis longtemps. Expérience répétée d’un lieu.
Il connaît très bien l’histoire de la région. Il possède une connaissance approfondie de ce domaine. Connaître un sujet.
Je sais son numéro, mais je ne le connais pas personnellement. J’ai son numéro sans avoir de relation personnelle avec lui. Contraste entre information et relation.
Tu connais cette chanson, mais sais-tu qui l’a écrite ? La chanson t’est familière ; connais-tu l’identité de son auteur ? Les deux verbes dans la même situation.
Je sais utiliser l’application, mais je ne connais pas toutes ses fonctions. Je peux m’en servir sans en maîtriser chaque partie. Compétence globale contre connaissance détaillée.
On ne sait jamais ce qui peut arriver. L’avenir reste imprévisible. Expression courante avec savoir.

Erreurs fréquentes

Mettre connaître devant un infinitif

  • Incorrect : Je connais conduire.
  • Correct : Je sais conduire.
  • Pourquoi : une compétence exprimée par un infinitif se construit avec savoir. Connaître n’est pas directement suivi d’un infinitif dans cet emploi.

Mettre savoir devant une personne

  • Incorrect : Je sais Luc depuis l’université.
  • Correct : Je connais Luc depuis l’université.
  • Pourquoi : une relation ou une familiarité avec une personne s’exprime par connaître. En revanche, Je sais qui est Luc signifie seulement que l’on peut identifier Luc.

Employer connaître que

  • Incorrect : Je connais qu’elle travaille ici.
  • Correct : Je sais qu’elle travaille ici.
  • Pourquoi : devant une proposition introduite par que, on emploie savoir. Connaître demande ici un nom ou un pronom : Je connais son lieu de travail ; Je le connais.

Ajouter de après connaître

  • Incorrect : Tu connais de ce quartier ?
  • Correct : Tu connais ce quartier ?
  • Pourquoi : connaître est transitif direct : son complément se place sans de ni à. Un verbe transitif direct agit directement sur son complément, sans préposition intermédiaire.

Confondre compétence et possibilité

  • Formulation trompeuse : Je ne sais pas venir demain si l’on veut parler de son agenda.
  • Formulation naturelle : Je ne peux pas venir demain.
  • Pourquoi : savoir + infinitif indique normalement un apprentissage ou une maîtrise. La possibilité liée aux circonstances s’exprime avec pouvoir.

Ajouter l’accent aux mauvaises formes

  • Incorrect : Nous connaîssons bien le sujet.
  • Correct : Nous connaissons bien le sujet.
  • Pourquoi : dans l’orthographe traditionnelle, seul il, elle, on connaît porte un accent circonflexe au présent ; je connais, tu connais et nous connaissons n’en portent pas. La graphie rectifiée il connait, sans accent, est également admise.

Remarques d’usage

Dans la conversation, Tu sais ? sert souvent à attirer l’attention ou à introduire une confidence : Tu sais, j’ai finalement accepté le poste. Il ne s’agit pas d’une vraie question sur les connaissances de l’interlocuteur. Vous savez joue le même rôle dans un registre plus formel ou lorsqu’on s’adresse à plusieurs personnes.

Pour demander si quelque chose est familier, Tu connais… ? est très courant : Tu connais un bon café dans le quartier ? La question peut signifier « as-tu déjà entendu parler d’un tel café ? » ou « peux-tu en recommander un ? », selon le contexte. À propos d’une personne, Vous connaissez Mme Martin ? demande généralement s’il existe déjà un lien ou une rencontre antérieure.

Le degré compte. Je connais ce livre peut simplement vouloir dire que son titre ou son contenu général n’est pas inconnu. Je connais bien ce livre suggère plutôt qu’on l’a lu attentivement. Pour éviter toute ambiguïté, il est possible de préciser : Je connais ce livre de nom, mais je ne l’ai pas lu.

À l’oral familier, la négation perd souvent ne : Je sais pas, Je connais pas ce mot. Cette prononciation est fréquente, mais à l’écrit soigné et dans un contexte formel, on garde ne… pas : Je ne sais pas, Je ne connais pas ce mot.

Pour aller plus loin

Les points suivants dépassent la règle essentielle du niveau A1. Il n’est pas nécessaire de les produire tout de suite, mais ils permettent de mieux comprendre des textes et des conversations authentiques.

Le passé change parfois le point de vue

Les participes passés (formes utilisées notamment avec avoir au passé composé) sont su et connu : j’ai su, j’ai connu.

  • J’ai su la nouvelle hier signifie souvent « j’ai appris la nouvelle hier » : le moment où l’information est arrivée est mis en avant.
  • Je savais la nouvelle décrit un état déjà installé : l’information était en ma possession.
  • J’ai connu une période difficile évoque une expérience vécue.
  • Je connaissais déjà ce quartier décrit une familiarité qui existait dans le passé.

Ainsi, J’ai su qu’il partait insiste souvent sur la découverte, tandis que Je savais qu’il partait présente simplement le fait comme déjà connu.

Connaître de vue, de nom et personnellement

Plusieurs compléments précisent la nature du contact :

  • Je la connais de vue : je reconnais son visage, sans vraiment la fréquenter.
  • Je le connais de nom : j’ai entendu son nom, mais je ne l’ai pas rencontré.
  • Je la connais personnellement : j’ai un contact direct avec elle.

Ces expressions sont utiles pour ne pas exagérer le degré de relation contenu dans connaître.

S’y connaître en

La tournure pronominale s’y connaître en + domaine signifie « avoir de solides connaissances pratiques dans un domaine » : Il s’y connaît en informatique ; Je ne m’y connais pas en vin. Le pronom y fait partie de la tournure courante. Cette structure ne doit pas être confondue avec connaître quelque chose : Elle connaît ce logiciel parle d’un logiciel précis ; elle s’y connaît en logiciels de gestion présente une expertise plus générale.

Savoir-faire et expressions figées

Le nom un savoir-faire, avec un trait d’union, désigne une compétence pratique ou une maîtrise professionnelle : Cette entreprise possède un savoir-faire reconnu. Ce nom ne suit pas la construction verbale ordinaire de savoir faire : Elle sait faire du pain.

On rencontre aussi plusieurs expressions fréquentes :

  • faire savoir : informer — Merci de me faire savoir votre décision.
  • à ma connaissance : d’après ce que je sais — À ma connaissance, le dossier est complet.
  • que je sache : autant que je le sache — Il n’y a pas d’erreur, que je sache.
  • on ne sait jamais : une chose imprévue reste possible — Prends un parapluie, on ne sait jamais.

Dans un registre soutenu, savoir gré à quelqu’un de quelque chose signifie « être reconnaissant » : Je vous saurais gré de répondre avant lundi. Cette formule est surtout administrative ou très formelle ; elle ne constitue pas un modèle utile pour les premiers échanges quotidiens.

Conseils pratiques

  1. Posez deux questions devant chaque exemple. S’agit-il d’une information ou d’une compétence ? Choisissez savoir. S’agit-il d’une personne, d’un lieu, d’une œuvre ou d’un domaine familier ? Choisissez connaître.
  2. Apprenez des paires contrastées. Par exemple : Je connais cette ville / Je sais où se trouve la mairie ; Je connais ce professeur / Je sais quel cours il donne. Le contraste fixe mieux le sens qu’une liste isolée.
  3. Créez six phrases personnelles. Écrivez trois compétences avec je sais + infinitif et trois personnes, lieux ou sujets avec je connais. Ajoutez ensuite bien, un peu ou de nom pour préciser votre degré de familiarité.

Notions liées

  • Prérequis : Verbes réguliers en -ER — pour revoir les personnes grammaticales et le fonctionnement général du présent avant d’apprendre ces deux conjugaisons irrégulières.

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Les verbes réguliers en -ER en françaisA1

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