B1

Les propositions subordonnées en tchèque

Vedlejší Věty

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de tchèque sur Settemila Lingue.

En bref

Une proposition subordonnée dépend d’une autre proposition et commence souvent par že (« que »), když (« quand, lorsque »), aby (« pour que, afin de »), protože (« parce que ») ou un relatif comme který (« qui, que, lequel »). En tchèque, elle est normalement séparée de la proposition principale par une virgule, mais elle ne rejette pas le verbe à la fin. Avec který, il faut en plus choisir le genre, le nombre et le cas corrects.

Vue d’ensemble

Une phrase simple transmet une seule information : Petr pracuje (« Petr travaille »). Une phrase complexe peut relier cette information à une pensée, un moment, un but, une cause ou la description d’un nom : Vím, že Petr pracuje (« Je sais que Petr travaille »). La partie že Petr pracuje ne fonctionne pas ici comme un message autonome ; elle complète vím. C’est une proposition subordonnée, c’est-à-dire un groupe organisé autour d’un verbe qui dépend d’une proposition principale.

Au niveau B1, l’objectif essentiel est de reconnaître la relation logique et de choisir le bon introducteur. Že rapporte un fait ou une pensée, když situe une action dans le temps ou pose parfois une condition, aby exprime un but ou un résultat souhaité, protože donne une cause, et který rattache une description à un nom.

Pour un francophone, deux différences méritent une attention immédiate. D’abord, le tchèque met normalement une virgule entre la principale et la subordonnée, y compris avant že ou protože, là où le français n’en met souvent aucune. Ensuite, le pronom relatif tchèque change de forme selon le cas — la forme qui indique sa fonction, par exemple sujet, complément direct ou complément après une préposition.

Comment cela fonctionne

Les cinq introducteurs essentiels

Introducteur Relation exprimée Équivalent français fréquent Schéma simple
že fait, opinion, parole rapportée que principale + , že + proposition
když moment, répétition, parfois condition quand, lorsque, si Když + proposition , principale
aby but, souhait, demande pour que, afin que, parfois pour + infinitif principale + , aby + proposition
protože cause parce que principale + , protože + proposition
který et ses formes description d’un nom qui, que, lequel nom + , který…,

L’ordre peut généralement être inversé lorsque le sens le permet :

  • Zůstali jsme doma, protože pršelo. — Nous sommes restés chez nous parce qu’il pleuvait.
  • Protože pršelo, zůstali jsme doma. — Comme il pleuvait, nous sommes restés chez nous.

La ponctuation marque la frontière dans les deux ordres. Quand la subordonnée est insérée dans la principale, elle est encadrée par deux virgules : Muž, který tu bydlí, je lékař (« L’homme qui habite ici est médecin »).

Že : présenter un fait comme contenu

Že introduit ce que l’on sait, pense, dit, espère, remarque ou apprend. Il correspond très souvent au français que :

  • Vím, že máš pravdu. — Je sais que tu as raison.
  • Myslím, že vlak má zpoždění. — Je pense que le train a du retard.
  • Řekla, že přijde později. — Elle a dit qu’elle viendrait plus tard.

Le tchèque ne place pas automatiquement le verbe à la fin après že. On conserve un ordre tchèque ordinaire, modulé par ce qui est déjà connu et ce que l’on veut mettre en relief : že Petr koupil auto et že auto koupil Petr sont tous deux possibles, mais ne répondent pas au même contexte.

Contrairement au français, le tchèque courant ne supprime normalement pas že après un verbe comme vědět (« savoir ») ou říct (« dire »). On dira donc Vím, že…, avec la conjonction et la virgule.

Když : relier les actions dans le temps

Když signifie « quand » ou « lorsque » pour une situation passée, présente ou répétée :

  • Když jsem byl malý, bydlel jsem v Brně. — Quand j’étais petit, j’habitais à Brno.
  • Když vařím, poslouchám rádio. — Quand je cuisine, j’écoute la radio.
  • Zavolej mi, když přijdeš domů. — Appelle-moi quand tu rentreras.

Dans certaines phrases, když se rapproche de « si » : Když nemáš čas, můžeme se sejít zítra (« Si tu n’as pas le temps, nous pouvons nous voir demain »). Il présente alors une condition réaliste et liée à la situation.

Pour un événement futur unique dont on attend l’achèvement, le tchèque préfère souvent : Až přijdeš domů, zavolej mi (« Une fois rentré, appelle-moi »). Au niveau B1, retenez surtout que když convient très bien aux habitudes, aux situations répétées et à de nombreux liens temporels généraux ; insiste davantage sur le moment futur attendu.

Aby : exprimer un but ou une volonté

Aby est historiquement lié au conditionnel et porte des marques de personne. Il est suivi d’une forme verbale en -l, appelée participe passé en tchèque ; cette forme s’accorde avec le genre et le nombre du sujet. La personne se lit dans la forme de aby :

Sujet de la subordonnée Forme Exemple
já, « je » abych abych přišel / přišla
ty, « tu » abys abys přišel / přišla
on, ona, ono aby aby přišel / přišla / přišlo
my, « nous » abychom abychom přišli
vy, « vous » abyste abyste přišli
oni, ony, ona aby aby přišli / přišly / přišla

Dans Učím se, abych složil zkoušku, le locuteur masculin dit littéralement qu’il étudie « afin que je réussisse l’examen ». Une locutrice dira abych složila. Là où le français choisit naturellement pour + infinitif lorsque le sujet reste le même, le tchèque emploie très volontiers une proposition personnelle avec aby :

  • Šetřím, abych si koupila nové kolo. — J’économise pour m’acheter un nouveau vélo. (locutrice)
  • Mluví pomalu, abychom mu rozuměli. — Il parle lentement pour que nous le comprenions.

Aby ne sert pas uniquement au but. Après un verbe de volonté, de demande ou de nécessité, il présente ce que quelqu’un souhaite voir se réaliser : Chci, abys přišel (« Je veux que tu viennes »), Požádala mě, abych počkal (« Elle m’a demandé d’attendre »).

Protože : donner la cause

Protože répond à la question proč? (« pourquoi ? ») et introduit la raison :

  • Nepřišel, protože byl nemocný. — Il n’est pas venu parce qu’il était malade.
  • Protože nemáme auto, pojedeme vlakem. — Comme nous n’avons pas de voiture, nous irons en train.

Ne confondez pas protože (« parce que ») avec proto (« c’est pourquoi, donc »). Les deux peuvent fonctionner en corrélation : Nepřišel proto, že byl nemocný met nettement l’accent sur la raison précise, « La raison pour laquelle il n’est pas venu, c’est qu’il était malade ».

Který : rattacher une proposition à un nom

Une proposition relative décrit un antécédent, c’est-à-dire le nom déjà mentionné : muž, který tu bydlí (« l’homme qui habite ici »). Le relatif který s’accorde en genre et en nombre avec cet antécédent. Son cas dépend toutefois de son rôle à l’intérieur de la relative, et non du rôle de l’antécédent dans la principale.

Rôle dans la relative Exemple tchèque Pourquoi cette forme ?
sujet muž, který tu bydlí masculin singulier, nominatif du sujet
complément direct žena, kterou znám féminin singulier, accusatif
après o kniha, o které mluvíme féminin singulier, locatif après o
complément de důvěřovat lidé, kterým důvěřuji pluriel, datif exigé par le verbe
après s kolega, se kterým pracuji masculin singulier, instrumental après s

Cette mécanique diffère du français, où « qui » marque surtout le sujet et « que » le complément direct, sans accord en genre. En tchèque, commencez par identifier l’antécédent, puis demandez-vous quelle fonction le relatif remplit dans sa propre proposition. La déclinaison complète de který mérite une étude séparée ; ici, l’essentiel est de comprendre pourquoi sa forme varie.

La virgule et l’ordre des mots

La règle pratique est simple : séparez la subordonnée de la principale par une virgule. Écrivez Vím, že…, Doufám, že…, Odešel, protože… et Přišel, aby…. Une relative est également séparée, même quand elle est indispensable pour identifier le nom : Kniha, kterou hledám, není tady. Cette convention tchèque est plus systématique que la ponctuation française.

Les petits mots non accentués — par exemple se, si, jsem, jsi, mi — tendent à occuper la deuxième position de leur propre proposition, juste après son premier élément. Une conjonction place donc souvent ces formes immédiatement après elle :

  • Vím, že se Petr učí. — Je sais que Petr étudie.
  • Když jsem přišel domů, zavolal jsem jí. — Quand je suis rentré, je l’ai appelée.
  • Učím se, abych si našel lepší práci. — J’étudie pour trouver un meilleur emploi.

Il ne faut pas transposer l’ordre français mot à mot. Construisez chaque proposition comme une petite unité tchèque avec son propre début, ses clitiques — de courts mots non accentués — et son information principale.

Exemples en contexte

Tchèque Français Remarque
Vím, že máš pravdu. Je sais que tu as raison. že complète le verbe « savoir »
Řekla, že dnes nemá čas. Elle a dit qu’elle n’avait pas le temps aujourd’hui. parole rapportée
Doufáme, že se brzy uvidíme. Nous espérons nous revoir bientôt. se vient tôt dans la subordonnée
Když přijdeš, dáme si kávu. Quand tu arriveras, nous prendrons un café. subordonnée placée en premier
Když jsem bydlel v Praze, chodil jsem pěšky do práce. Quand j’habitais à Prague, j’allais au travail à pied. situation habituelle passée ; locuteur masculin
Učím se, abych složil zkoušku. J’étudie pour réussir l’examen. même sujet ; locuteur masculin
Mluvte pomaleji, abychom vám rozuměli. Parlez plus lentement pour que nous vous comprenions. abychom indique « nous »
Chci, abys mi pomohla. Je veux que tu m’aides. interlocutrice féminine
Zůstali doma, protože pršelo. Ils sont restés chez eux parce qu’il pleuvait. cause
Protože obchod už byl zavřený, nic jsme nekoupili. Comme le magasin était déjà fermé, nous n’avons rien acheté. cause placée avant le résultat
Muž, který tu bydlí, je lékař. L’homme qui habite ici est médecin. který est sujet de la relative
Kniha, kterou hledám, je na stole. Le livre que je cherche est sur la table. kterou est complément direct
To je kolegyně, se kterou pracuji. C’est la collègue avec qui je travaille. préposition + instrumental
Lidé, kterým důvěřuji, mi řekli pravdu. Les personnes auxquelles je fais confiance m’ont dit la vérité. datif pluriel kterým

Erreurs fréquentes

Oublier la virgule avant la subordonnée

  • Incorrect : Vím že máš pravdu.
  • Correct : Vím, že máš pravdu.
  • Pourquoi : le tchèque sépare normalement les propositions par une virgule. L’absence habituelle de virgule avant « que » en français ne doit pas servir de modèle.

Mettre le verbe à la fin par automatisme

  • Incorrect : Vím, že Petr pravdu má. si l’on veut simplement dire « Je sais que Petr a raison ».
  • Correct : Vím, že Petr má pravdu.
  • Pourquoi : une conjonction de subordination tchèque n’impose pas un ordre « verbe final ». La première version peut produire un relief contextuel particulier, mais ce n’est pas l’ordre neutre à apprendre.

Employer aby sans marque de personne

  • Incorrect : Učím se, aby složil zkoušku. pour « J’étudie afin de réussir l’examen ».
  • Correct : Učím se, abych složil zkoušku.
  • Pourquoi : le sujet de la subordonnée est « je » ; il faut donc abych. La forme en -l s’accorde aussi avec le sujet : une femme dira složila.

Choisir který uniquement d’après le nom

  • Incorrect : Žena, která znám, je milá.
  • Correct : Žena, kterou znám, je milá.
  • Pourquoi : žena est bien féminin singulier, mais le relatif est le complément direct de znám. Il doit donc être à l’accusatif : kterou.

Calquer « pour + infinitif » mot à mot

  • Incorrect : Učím se pro složit zkoušku.
  • Correct : Učím se, abych složil zkoušku.
  • Pourquoi : la préposition pro signifie notamment « pour » devant un nom, mais ne sert pas à fabriquer un but devant un infinitif. Le tchèque emploie ici aby et un verbe personnel.

Confondre la cause et la conséquence

  • Incorrect : Pršelo, protože jsme zůstali doma si l’idée est « Il pleuvait, donc nous sommes restés chez nous ».
  • Correct : Pršelo, proto jsme zůstali doma.
  • Pourquoi : protože introduit la cause ; proto annonce la conséquence.

Remarques d’usage

Dans la conversation, že, když, aby et protože sont extrêmement fréquents et ne sonnent pas soutenus. Jelikož peut remplacer protože avec une coloration plus écrite ou formelle, proche de « puisque, étant donné que ». Pour produire un tchèque naturel au niveau B1, protože reste le choix le plus sûr.

Une proposition introduite par že peut précéder la principale, mais cet ordre est souvent marqué : Že nemá čas, to vím (« Qu’il n’a pas le temps, cela je le sais »). Le pronom to reprend alors le contenu mis en tête. Dans une réponse neutre, préférez Vím, že nemá čas.

Les fragments Muž, který tu bydlí… (« L’homme qui habite ici… ») et Když přijdeš… (« Quand tu viendras… ») restent grammaticalement en attente d’une suite. Ils sont utiles pour montrer le début d’une structure, mais dans une phrase complète, ajoutez une principale : Muž, který tu bydlí, je lékař ; Když přijdeš, zavolej mi.

Le choix du genre dans les formes en -l transmet une information absente du français. Abych přišel est dit par un homme, abych přišla par une femme. Au pluriel, přišli s’emploie notamment pour un groupe masculin animé ou mixte dans la norme traditionnelle, tandis que přišly correspond à un groupe entièrement féminin ou à certains pluriels non animés selon le nom concerné.

Pour aller plus loin

Les nuances de když, et jestli

Le français « quand » ne correspond pas toujours à un seul mot tchèque. Když présente volontiers une situation répétée ou un cadre temporel : Když mám čas, čtu (« Quand j’ai le temps, je lis »). vise souvent un événement futur attendu : Až budu mít čas, zavolám (« Quand j’aurai le temps, j’appellerai »). Jestli introduit une condition ou une interrogation indirecte : Nevím, jestli přijde (« Je ne sais pas s’il viendra »). Ces frontières dépendent du sens, pas seulement du temps verbal français.

Plusieurs subordonnées dans une même phrase

Une subordonnée peut en contenir une autre : Vím, že muž, který tu bydlí, pracuje v nemocnici (« Je sais que l’homme qui habite ici travaille à l’hôpital »). Pour analyser une telle phrase, repérez les verbes puis rattachez chaque introducteur à sa proposition : vím forme la principale, že… pracuje en complète le contenu, et který tu bydlí décrit muž.

Deux subordonnées de même fonction peuvent aussi être coordonnées : Řekl, že přijde a že nám pomůže (« Il a dit qu’il viendrait et qu’il nous aiderait »). Répéter že rend ici la structure particulièrement claire. Dans des phrases plus longues, la ponctuation dépend de la manière exacte dont les propositions sont coordonnées ; mieux vaut analyser leurs limites plutôt que placer une virgule devant chaque conjonction de façon mécanique.

Les autres relatifs

À côté de který, on rencontre co, fréquent et invariable après des mots comme to, všechno, něco : Všechno, co potřebuji (« Tout ce dont j’ai besoin »). Jenž se décline lui aussi, mais appartient surtout à la langue écrite soutenue. Ces formes, ainsi que le paradigme complet de který, relèvent de l’étude détaillée des pronoms relatifs.

Conseils pratiques

  1. Classez les phrases par relation. Prenez cinq phrases françaises avec « que », « quand », « pour », « parce que » et « qui ». Avant de traduire, nommez la relation : contenu, temps, but, cause ou description. Choisissez ensuite že, když, aby, protože ou une forme de který.
  2. Travaillez la virgule et les clitiques ensemble. Transformez Petr se učí en Vím, že se Petr učí ; puis Přišel jsem domů en Když jsem přišel domů…. Vous entraînez ainsi la frontière de proposition et la deuxième position en une seule fois.
  3. Déclinez le relatif à partir de sa fonction. Avec un même antécédent, créez une série : žena, která pracuje ; žena, kterou znám ; žena, se kterou pracuji. Dites à voix haute « sujet », « complément direct », « après s » avant de choisir la forme.

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