B1

Les pronoms relatifs en tchèque

Vztažná Zájmena

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de tchèque sur Settemila Lingue.

En bref

Le pronom relatif tchèque le plus courant est který (« qui », « que », « lequel »). Il s’accorde en genre et en nombre avec le nom repris, mais son cas dépend de sa fonction dans la proposition relative : žena, která pracuje (« la femme qui travaille »), mais žena, kterou znám (« la femme que je connais »). Co est invariable et fréquent après to, vše, všechno ou něco ; jenž appartient surtout à la langue écrite soutenue.

Vue d’ensemble

Un pronom relatif relie un nom à une proposition qui apporte une précision sur ce nom. Dans Žena, kterou znám, « la femme » est l’antécédent (le mot repris) et kterou znám est la proposition relative. À partir du niveau B1, cette structure permet de réunir des idées jusque-là exprimées par deux phrases : Znám tu ženu. Ta žena pracuje v bance. devient Znám ženu, která pracuje v bance. (« Je connais une femme qui travaille dans une banque. »)

Pour un francophone, la principale difficulté n’est pas l’existence des relatifs, mais leur forme. Le français choisit surtout entre qui, que, dont et des formes comme lequel. Le tchèque fait varier který comme un adjectif : il indique le genre, le nombre et le cas. Un cas est une terminaison qui montre le rôle d’un mot dans la phrase — par exemple sujet, complément direct ou complément introduit par une préposition.

Il faut donc effectuer deux opérations séparées. L’antécédent fournit le genre et le nombre ; le verbe ou la préposition à l’intérieur de la relative impose le cas. Cette distinction est le fil conducteur de tout le système.

Fonctionnement

La règle en deux questions

Pour choisir la bonne forme de který, posez-vous ces questions dans cet ordre :

  1. Quel nom le pronom reprend-il ? Ce nom détermine le genre et le nombre.
  2. Quel rôle le pronom joue-t-il dans la relative ? Ce rôle détermine le cas.

Comparez :

  • To je student, který mluví česky. — « C’est un étudiant qui parle tchèque. » Le pronom est sujet de mluví : nominatif.
  • To je student, kterého znám. — « C’est un étudiant que je connais. » Il est complément d’objet direct, c’est-à-dire la personne directement visée par znám : accusatif masculin animé.
  • To je student, kterému pomáhám. — « C’est un étudiant que j’aide. » Le verbe pomáhat demande le datif en tchèque.
  • To je student, se kterým pracuji. — « C’est un étudiant avec qui je travaille. » La préposition s/se demande l’instrumental.

Le français traduit parfois les trois dernières formes par que ou avec qui, mais la traduction française ne permet pas à elle seule de trouver le cas tchèque. Il faut connaître la construction du verbe tchèque.

Déclinaison de který

Který suit les terminaisons d’un adjectif dur. Le tableau ci-dessous donne les formes à connaître comme pronom relatif.

Cas et fonction typique Masculin animé singulier Masculin inanimé singulier Féminin singulier Neutre singulier Masculin animé pluriel Masculin inanimé et féminin pluriels Neutre pluriel
Nominatif — sujet který který která které kteří které která
Génitif — certains verbes et prépositions kterého kterého které kterého kterých kterých kterých
Datif — destinataire, certains verbes kterému kterému které kterému kterým kterým kterým
Accusatif — complément direct kterého který kterou které které které která
Locatif — après certaines prépositions kterém kterém které kterém kterých kterých kterých
Instrumental — moyen, accompagnement kterým kterým kterou kterým kterými kterými kterými

Deux oppositions sont particulièrement importantes :

  • au nominatif pluriel, on distingue kteří avec le masculin animé (studenti, kteří čekají), které avec le masculin inanimé et le féminin (domy, které stojí ; ženy, které čekají), et která avec le neutre (města, která znám) ;
  • à l’accusatif singulier masculin, un être animé prend kterého, tandis qu’un objet inanimé garde který : muž, kterého vidím mais film, který vidím.

Le cas vient de la proposition relative

Une méthode fiable consiste à remplacer mentalement le relatif par l’antécédent à l’intérieur de la relative.

  • Kniha, kterou čtu… → Čtu knihu. Le mot knihu est à l’accusatif ; on choisit donc kterou.
  • Kniha, o které mluvím… → Mluvím o knize. La préposition o au sens de « au sujet de » demande le locatif ; on choisit o které.
  • Přítel, kterému píšu… → Píšu příteli. La personne à qui l’on écrit est au datif ; on choisit kterému.
  • Kolegové, se kterými pracuji… → Pracuji s kolegy. S demande l’instrumental ; on choisit se kterými.

Cette méthode est plus sûre qu’une équivalence apprise par cœur avec qui ou que. En français, « la personne que j’aide » contient que ; en tchèque, pomáhat régit pourtant le datif : člověk, kterému pomáhám.

Les prépositions restent devant le relatif

Lorsqu’un verbe se construit avec une préposition, celle-ci précède immédiatement le pronom relatif :

  • dům, ve kterém bydlím — la maison dans laquelle j’habite ;
  • projekt, na kterém pracujeme — le projet sur lequel nous travaillons ;
  • žena, bez které nemohu žít — la femme sans laquelle je ne peux pas vivre ;
  • lidé, s nimiž mluvil — les gens avec lesquels il a parlé, avec la forme soutenue de jenž.

On ne rejette pas la préposition à la fin de la relative. Le choix entre v et ve, ou s et se, est surtout phonétique : la variante plus longue facilite la prononciation devant certains groupes de consonnes.

Co : une forme invariable très utile

Co ne se décline pas. Il est particulièrement naturel après un pronom neutre ou indéfini, quand l’antécédent désigne une chose, un ensemble ou une idée générale :

  • to, co říkáš — ce que tu dis ;
  • vše, co potřebuji — tout ce dont j’ai besoin ;
  • všechno, co vím — tout ce que je sais ;
  • něco, co mě překvapilo — quelque chose qui m’a surpris ;
  • nic, co by pomohlo — rien qui puisse aider.

Dans ces structures, co correspond souvent au français ce qui, ce que ou ce dont. Il ne faut pas le remplacer automatiquement par které : všechno, co vím est la tournure ordinaire.

Après un nom précis, co existe aussi dans la conversation : Ten člověk, co tam stojí… (« Cette personne qui se tient là… »). Quand co n’est pas sujet, le tchèque parlé ajoute souvent un pronom qui indique la fonction manquante : Ten člověk, co jsem ho včera viděl… (« La personne que j’ai vue hier… »), Dům, co v něm bydlíme… (« La maison où nous habitons… »). Cette construction est courante à l’oral, mais kterého et ve kterém conviennent mieux à un texte neutre ou soigné.

La virgule

En tchèque, une proposition relative est séparée de la principale par une virgule, y compris là où le français n’en mettrait pas forcément :

  • Hledám knihu, která vysvětluje české pády. — « Je cherche un livre qui explique les cas tchèques. »
  • Kniha, kterou jsi mi půjčil, je výborná. — « Le livre que tu m’as prêté est excellent. »

Quand la relative est insérée au milieu de la phrase, elle est encadrée par deux virgules. Cette ponctuation ne signifie donc pas toujours que l’information est facultative au même sens qu’en français.

Exemples en contexte

Tchèque Français Remarque
Žena, kterou znám, pracuje v nemocnici. La femme que je connais travaille à l’hôpital. Féminin singulier, accusatif : elle est l’objet de znám.
Dům, ve kterém bydlím, je starý. La maison dans laquelle j’habite est ancienne. Masculin inanimé, locatif après v.
Lidé, kteří přišli, už čekají. Les gens qui sont arrivés attendent déjà. Masculin animé pluriel, nominatif.
Vše, co potřebuji, je tady. Tout ce dont j’ai besoin est ici. Co après vše.
To je kolegyně, která mluví francouzsky. C’est une collègue qui parle français. Féminin, sujet de mluví.
To je kolegyně, které často píšu. C’est une collègue à qui j’écris souvent. Datif demandé par psát někomu.
Film, který jsme včera viděli, se mi líbil. Le film que nous avons vu hier m’a plu. Masculin inanimé, accusatif identique au nominatif.
Muž, kterého jsme včera viděli, je lékař. L’homme que nous avons vu hier est médecin. Masculin animé, accusatif en -ého.
Města, která leží u řeky, bývají krásná. Les villes qui se trouvent au bord d’une rivière sont souvent belles. Neutre pluriel : města, která.
Přátelé, se kterými cestuji, jsou z Brna. Les amis avec lesquels je voyage viennent de Brno. Instrumental pluriel après s/se.
Nevím nic, co by ten problém vyřešilo. Je ne connais rien qui puisse résoudre ce problème. Co après nic ; la forme en by présente ici une solution seulement envisagée.
Autorka, jejíž román čtu, žije v Praze. L’autrice dont je lis le roman vit à Prague. Possession : jejíž reprend une femme.
Den, kdy jsme se poznali, si dobře pamatuji. Je me souviens bien du jour où nous nous sommes rencontrés. Pour le temps, kdy est souvent plus naturel que ve kterém.

Erreurs fréquentes

Choisir le cas d’après l’antécédent dans la principale

  • Incorrect : Vidím ženu, která znám.
  • Correct : Vidím ženu, kterou znám.
  • Pourquoi : ženu est accusatif dans la principale après vidím. Mais dans la relative, c’est « je connais la femme » : le relatif est lui aussi complément direct et prend ici kterou. Dans d’autres phrases, les deux cas peuvent différer : Mluvím se ženou, která pracuje tady — ženou est instrumental, tandis que která est sujet, donc nominatif.

Employer qui et que comme s’ils avaient chacun une forme fixe

  • Incorrect : apprendre que který signifie toujours « qui » et kterého toujours « que ».
  • Correct : déterminer la fonction tchèque : člověk, který přišel ; člověk, kterému věřím ; člověk, o kterém mluvím.
  • Pourquoi : un même relatif français peut correspondre à plusieurs cas. Le verbe věřit (« croire quelqu’un, faire confiance à quelqu’un ») demande le datif : kterému.

Oublier la distinction animé–inanimé

  • Incorrect : muž, který vidím.
  • Correct : muž, kterého vidím.
  • Pourquoi : à l’accusatif masculin singulier, une personne ou un animal prend la forme animée kterého. Pour une chose, on dit film, který vidím.

Mettre la préposition ailleurs ou l’omettre

  • Incorrect : projekt, který pracuji.
  • Correct : projekt, na kterém pracuji.
  • Pourquoi : on dit pracovat na projektu, « travailler sur un projet ». La préposition na et le locatif restent nécessaires dans la relative.

Généraliser co à tous les registres

  • Familier : Dům, co v něm bydlíme, je malý.
  • Neutre : Dům, ve kterém bydlíme, je malý.
  • Pourquoi : la première phrase est naturelle dans la conversation, mais sa reprise par v něm marque l’oral. Dans un courriel professionnel, un devoir ou un article, préférez la seconde.

Calquer la ponctuation française

  • Incorrect : Kniha kterou čtu je zajímavá.
  • Correct : Kniha, kterou čtu, je zajímavá.
  • Pourquoi : la relative insérée est délimitée par deux virgules en tchèque.

Notes d’usage

Dans la langue neutre, který est le choix le plus polyvalent pour les personnes comme pour les choses. Il ne sonne ni excessivement formel ni familier. Contrairement au français, le tchèque ne dispose pas d’une opposition simple où qui serait réservé au sujet et que à l’objet : ce sont les terminaisons de který qui encodent ces rôles.

Co a deux visages. Après to, vše, všechno, něco ou nic, il appartient pleinement à la langue standard : To je všechno, co vím. Après un nom précis, son emploi relatif est surtout conversationnel. La présence d’un pronom de reprise — co jsem ho viděl, co v něm bydlím — renforce encore cette couleur orale.

Pour une personne non identifiée ou une proposition qui signifie « celui qui / quiconque », le tchèque emploie volontiers kdo : Kdo přijde první, vyhraje (« Celui qui arrivera le premier gagnera ») ; Ten, kdo to řekl… (« Celui qui a dit cela… »). Après ten désignant une personne, kdo est généralement plus naturel que který.

Les adverbes relatifs (des mots invariables qui indiquent ici le temps, le lieu, la raison ou la manière) évitent parfois une forme lourde de který. On rencontre couramment den, kdy… (« le jour où… »), místo, kde… (« l’endroit où… »), důvod, proč… (« la raison pour laquelle… ») et způsob, jak… (« la manière dont… »). Les variantes avec préposition restent possibles dans certains contextes, par exemple místo, na kterém se setkáme, mais elles ne sont pas toujours le choix le plus idiomatique.

Pour aller plus loin : emploi avancé

Jenž dans la langue écrite

Jenž a le même rôle général que který, mais il apparaît surtout dans la littérature, le journalisme soigné, les textes administratifs et certaines formulations solennelles. Dans une conversation ordinaire, il peut sembler recherché. Ses formes sont apparentées à celles du pronom de troisième personne et portent le suffixe -ž :

Fonction Formes fréquentes de jenž Exemple
Sujet jenž, jež, již muž, jenž promluvil — l’homme qui a parlé
Génitif ou accusatif animé jehož autor, jehož jsem potkal — l’auteur que j’ai rencontré
Datif jemuž, jíž, jimž student, jemuž pomohli — l’étudiant qu’ils ont aidé
Après préposition o němž, v níž, s nimiž otázka, o níž mluvíme — la question dont nous parlons
Instrumental jímž, jíž, jimiž způsob, jímž to udělal — la manière dont il l’a fait

Après une préposition, les formes commencent souvent par n-, comme les pronoms personnels : o němž, k níž, s nimiž. Pour produire un tchèque naturel au niveau B1, maîtriser který est prioritaire ; il suffit d’abord de savoir reconnaître jenž à la lecture.

Exprimer « dont » et « dont le… »

Le français dont recouvre plusieurs constructions. Avec un verbe, le tchèque conserve la préposition et choisit le cas qu’elle exige :

  • téma, o kterém mluvíme — le sujet dont nous parlons ;
  • člověk, od kterého jsem dostal dopis — la personne dont j’ai reçu une lettre ;
  • nástroj, bez kterého nemohu pracovat — l’outil sans lequel je ne peux pas travailler.

Pour une relation de possession, la langue soignée utilise souvent jehož, jejíž, jejichž, selon l’antécédent possesseur :

  • muž, jehož dcera studuje v Praze — l’homme dont la fille étudie à Prague ;
  • žena, jejíž dcera studuje v Praze — la femme dont la fille étudie à Prague ;
  • rodiče, jejichž děti chodí do této školy — les parents dont les enfants fréquentent cette école.

La forme dépend de la personne ou de la chose qui possède : masculin ou neutre singulier jehož, féminin singulier jejíž, pluriel jejichž. Elle ne s’accorde pas avec le nom possédé : on garde jehož aussi bien dans jehož dcera que dans jehož děti.

Relatives sans antécédent exprimé

Une relative peut fonctionner seule, sans nom placé juste avant. On parle alors de relative libre :

  • Kdo se učí pravidelně, dělá pokroky. — Qui étudie régulièrement fait des progrès.
  • Vezmi si, co potřebuješ. — Prends ce dont tu as besoin.
  • Udělám, co budu moci. — Je ferai ce que je pourrai.

Ici, kdo renvoie normalement à une personne et co à une chose, un contenu ou une action. Ces formes se rapprochent du français qui, ce qui et ce que, mais leur construction exacte reste tchèque.

Conseils pratiques

  1. Transformez deux phrases en une. Partez de Znám tu ženu. Ta žena pracuje tady. Puis remplacez le groupe répété : Znám ženu, která pracuje tady. Faites ensuite varier la fonction : žena, kterou znám ; žena, které píšu ; žena, se kterou pracuji.
  2. Apprenez les relatifs avec la construction du verbe. Notez pomáhat někomu → člověk, kterému pomáhám et mluvit o něčem → téma, o kterém mluvím. Une simple liste de traductions françaises ne suffit pas.
  3. Repérez trois informations en lisant. Soulignez l’antécédent, entourez la préposition éventuelle, puis nommez le rôle du relatif. Gardez jenž pour la reconnaissance au début et entraînez-vous surtout à produire který et les structures standard avec co.

Notions liées

  • Prérequis : Les propositions subordonnées — pour comprendre comment une proposition dépend d’une autre et comment les séparer par la ponctuation.

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Les propositions subordonnées en tchèqueB1

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