Les nombres ordinaux et les fractions en gallois
Rhifau Trefnol a Ffracsiynau
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de gallois sur Settemila Lingue.
En bref
En gallois, « premier » se dit cyntaf et se place souvent après le nom : y tro cyntaf (« la première fois »). À partir de « deuxième », l’ordinal précède généralement le nom : yr ail dŷ (« la deuxième maison »), avec mutation douce de tŷ en dŷ. Pour les fractions courantes, retenez d’abord hanner (« moitié, demi »), chwarter (« quart ») et traean (« tiers »).
Vue d’ensemble
Un nombre ordinal indique une place dans une série : premier, deuxième, troisième, etc. Il se distingue d’un nombre cardinal, qui indique une quantité : tri phlentyn signifie « trois enfants », tandis que y trydydd plentyn désigne « le troisième enfant ». Les ordinaux sont indispensables pour parler d’étapes, de chapitres, de rangs, d’étages ou d’événements qui se répètent.
Au niveau B1, connaître la liste ne suffit plus. Il faut aussi placer l’ordinal au bon endroit, choisir parfois une forme masculine ou féminine et reconnaître une mutation consonantique (le changement régulier de la première consonne d’un mot). C’est là que les habitudes françaises peuvent induire en erreur : en français, l’ordinal précède le plus souvent le nom et s’accorde visiblement dans premier/première. En gallois, cyntaf suit très souvent le nom, tandis que les distinctions de genre les plus nettes concernent « troisième » et « quatrième ».
Une fraction exprime une partie d’un tout. Le gallois possède des mots très usuels pour « moitié », « quart » et « tiers », mais aussi une construction précise avec rhan (« partie ») et o (« de, sur »). Ces expressions servent aussi bien à partager un gâteau qu’à indiquer une durée, une proportion ou une mesure.
Fonctionnement
Les ordinaux de 1 à 10
Les formes les plus utiles sont les suivantes. Un nom est ici simplement un mot qui désigne une personne, une chose, un lieu ou une idée.
| Rang | Forme galloise | Remarque essentielle |
|---|---|---|
| 1er | cyntaf | se place couramment après le nom |
| 2e | ail | se place avant le nom et provoque la mutation douce du nom |
| 3e | trydydd / trydedd | masculin / féminin |
| 4e | pedwerydd / pedwaredd | masculin / féminin |
| 5e | pumed | une forme pour les deux genres |
| 6e | chweched | une forme pour les deux genres |
| 7e | seithfed | une forme pour les deux genres |
| 8e | wythfed | une forme pour les deux genres |
| 9e | nawfed | une forme pour les deux genres |
| 10e | degfed | une forme pour les deux genres |
À partir de 5, la terminaison -ed ou -fed est fréquente, mais les changements de radical empêchent d’ajouter mécaniquement une seule terminaison à n’importe quel nombre. Il est plus sûr d’apprendre pumed, chweched, seithfed, wythfed, nawfed, degfed comme une série rythmée.
« Premier » : cyntaf après le nom
Le modèle le plus courant est :
article + nom + cyntaf
- y tro cyntaf — la première fois ;
- y diwrnod cyntaf — le premier jour ;
- y bennod gyntaf — le premier chapitre.
Dans le dernier exemple, pennod (« chapitre ») est féminin. Après l’article défini y, il devient bennod, puis cyntaf, placé après ce nom féminin singulier, devient gyntaf. On obtient donc deux mutations dans le même groupe. Pour mémoriser la structure sans surcharge, commencez par des groupes masculins tels que y tro cyntaf et y diwrnod cyntaf, puis ajoutez le modèle féminin y bennod gyntaf.
Le français incite à placer « premier » avant le nom. Une traduction mot à mot donnerait donc un ordre peu naturel. Retenez plutôt le bloc complet y tro cyntaf, très fréquent dans la conversation.
« Deuxième » : ail avant le nom
Avec ail, l’ordre s’inverse par rapport à cyntaf :
article + ail + nom muté
Comme ail commence par une voyelle, l’article défini prend la forme yr : yr ail. Le nom qui suit subit une mutation douce :
| Forme de base | Après ail | Groupe complet |
|---|---|---|
| tŷ — maison | dŷ | yr ail dŷ — la deuxième maison |
| pennod — chapitre | bennod | yr ail bennod — le deuxième chapitre |
| blwyddyn — année | flwyddyn | yr ail flwyddyn — la deuxième année |
| gêm — match, partie | êm | yr ail êm — le deuxième match |
La mutation douce ne produit pas toujours un changement visible : certaines consonnes initiales ne sont pas concernées. Il ne faut donc ni forcer une modification impossible, ni oublier celle qui est attendue. Apprendre chaque expression comme un groupe — yr ail dŷ, et non trois mots isolés — est la méthode la plus fiable.
« Troisième » et « quatrième » : le genre compte
Pour les rangs 3 et 4, le gallois distingue une forme masculine et une forme féminine :
| Genre du nom gallois | 3e | 4e | Exemple |
|---|---|---|---|
| masculin | trydydd | pedwerydd | y trydydd plentyn — le troisième enfant |
| féminin | trydedd | pedwaredd | y drydedd ferch — la troisième fille |
Après l’article y, les formes féminines apparaissent couramment avec mutation douce : trydedd → drydedd et pedwaredd → bedwaredd. Le nom féminin qui suit se rencontre lui aussi sous sa forme mutée dans des groupes usuels comme y drydedd ferch et y bedwaredd bennod.
Le genre grammatical gallois n’est pas forcément celui du mot français correspondant. Il faut donc apprendre le genre avec le nom gallois. Ici, plentyn (« enfant ») est masculin, d’où y trydydd plentyn. Pour parler d’une « troisième fille », merch est féminin : le groupe attendu est y drydedd ferch.
Du cinquième au dixième
Les ordinaux suivants se placent normalement avant le nom :
- y pumed diwrnod — le cinquième jour ;
- y chweched cwestiwn — la sixième question ;
- y seithfed mis — le septième mois ;
- yr wythfed bennod — le huitième chapitre ;
- y nawfed safle — la neuvième place ;
- y degfed tro — la dixième fois.
L’article est yr devant une voyelle, comme dans yr wythfed. Dans les autres cas, on emploie y. Les mutations visibles dans un groupe nominal peuvent dépendre du genre, de l’article et de l’ordinal ; les formes féminines sont particulièrement importantes à reconnaître. À ce stade, la priorité est d’automatiser quelques groupes fréquents plutôt que de tenter de déduire chaque consonne en temps réel.
Les fractions essentielles
Les trois mots de base ne se construisent pas tous comme en français.
| Fraction | Gallois | Exemple |
|---|---|---|
| 1/2 | hanner | hanner awr — une demi-heure |
| 1/4 | chwarter | chwarter awr — un quart d’heure |
| 1/3 | traean | traean o'r dosbarth — un tiers de la classe |
Devant un nom non déterminé, hanner et chwarter se placent directement avant lui, sans équivalent de « de » : hanner awr, hanner torth (« une demi-miche »), chwarter awr. Le nom reste au singulier.
Pour une chose déjà définie, hanner peut précéder le groupe complet :
- hanner y gacen — la moitié du gâteau ;
- hanner y bobl — la moitié des gens.
On rencontre aussi o pour présenter l’ensemble dont on prélève une partie : traean o'r dosbarth (« un tiers de la classe »), où o'r est la contraction de o + yr. Le choix entre une construction directe et une construction avec o dépend donc du mot de fraction et de la manière dont l’ensemble est présenté ; il ne faut pas traduire automatiquement le « de » français.
Exprimer des fractions plus précises avec rhan
Le mot rhan signifie « partie ». La construction nombre de parties + o + nombre total de parties permet d’exprimer clairement une proportion :
- un rhan o dair — un tiers, littéralement « une partie sur trois » ;
- dwy ran o dair — deux tiers ;
- tair rhan o bedair — trois quarts.
Après o, le nombre peut apparaître sous une forme mutée : tair → dair, pedair → bedair, pump → bump. Les formes féminines sont employées parce que rhan est féminin, même lorsque ce nom n’est pas répété après le second nombre. C’est un point où la structure galloise s’éloigne nettement de la fraction française écrite avec un numérateur et un dénominateur.
Dans l’usage courant, on peut également compter certains noms de fraction : dau draean (« deux tiers ») et tri chwarter (« trois quarts »). Les constructions avec rhan restent particulièrement transparentes lorsqu’il faut rendre le rapport entre les parties explicite.
Exemples en contexte
| Gallois | Français | Point à observer |
|---|---|---|
| Dyma'r tro cyntaf i mi ymweld â Chaerdydd. | C’est la première fois que je visite Cardiff. | cyntaf suit tro. |
| Roedd y diwrnod cyntaf yn hawdd. | Le premier jour était facile. | Nom masculin suivi de cyntaf. |
| Darllenais i'r bennod gyntaf neithiwr. | J’ai lu le premier chapitre hier soir. | Groupe féminin : pennod → bennod, cyntaf → gyntaf. |
| Yr ail dŷ ar y chwith yw e. | C’est la deuxième maison à gauche. | ail provoque tŷ → dŷ. |
| Mae hi yn ei hail flwyddyn yn y brifysgol. | Elle est en deuxième année à l’université. | Après le possessif ei féminin, ail devient hail. |
| Atebodd y trydydd plentyn y cwestiwn. | Le troisième enfant a répondu à la question. | Forme masculine trydydd. |
| Enillodd hi'r drydedd wobr. | Elle a remporté le troisième prix. | Forme féminine mutée drydedd avec gwobr → wobr. |
| Rydyn ni'n gweithio ar y bedwaredd bennod. | Nous travaillons sur le quatrième chapitre. | Forme féminine pedwaredd → bedwaredd. |
| Hwn yw'r pumed tro eleni. | C’est la cinquième fois cette année. | pumed précède tro. |
| Arhoswch am hanner awr. | Attendez une demi-heure. | Pas de o entre hanner et awr. |
| Bwytais i hanner y gacen. | J’ai mangé la moitié du gâteau. | hanner devant un groupe défini. |
| Bydd y cyfarfod yn dechrau mewn chwarter awr. | La réunion commencera dans un quart d’heure. | chwarter précède directement awr. |
| Roedd traean o'r dosbarth yn absennol. | Un tiers de la classe était absent. | o'r introduit l’ensemble concerné. |
| Gorffennodd dwy ran o dair o'r myfyrwyr y dasg. | Deux tiers des étudiants ont terminé la tâche. | Fraction construite avec rhan et o. |
| Ychwanegwch dri chwarter litr o ddŵr. | Ajoutez trois quarts de litre d’eau. | tri chwarter exprime 3/4 d’une mesure. |
Erreurs fréquentes
Placer cyntaf comme le français « premier »
- Incorrect : y cyntaf tro
- Correct : y tro cyntaf
- Pourquoi : dans ce groupe courant, cyntaf vient après le nom. Mémorisez y tro cyntaf comme une seule unité.
Oublier la mutation après ail
- Incorrect : yr ail tŷ
- Correct : yr ail dŷ
- Pourquoi : ail provoque la mutation douce du nom suivant ; t devient d.
Employer la forme masculine avec un nom féminin
- Incorrect : y trydydd merch
- Correct : y drydedd ferch
- Pourquoi : « troisième » a une forme féminine, trydedd. Dans le groupe défini, elle apparaît ici comme drydedd, et merch devient ferch.
Traduire systématiquement « de » par o
- Incorrect : hanner o awr pour « une demi-heure »
- Correct : hanner awr
- Pourquoi : devant un nom non déterminé, hanner se construit directement avec celui-ci. En revanche, traean o'r dosbarth emploie bien o pour désigner l’ensemble.
Mettre le nom au pluriel après une fraction de mesure
- Incorrect : hanner oriau pour « une demi-heure »
- Correct : hanner awr
- Pourquoi : le groupe direct garde le nom singulier. La pluralité française ne doit pas être copiée mécaniquement.
Confondre rang et quantité
- Incorrect : tri plentyn pour désigner « le troisième enfant »
- Correct : y trydydd plentyn
- Pourquoi : tri compte trois enfants ; trydydd situe un enfant au rang numéro trois.
Notes d’usage
Les ordinaux apparaissent souvent avec l’article défini, car on identifie une position précise : y trydydd plentyn, y pumed diwrnod. Employé seul, l’ordinal peut remplacer le nom déjà connu du contexte : yr ail signifie alors « le deuxième » ou « la deuxième ». Comme en français, le contexte indique ce qui est sous-entendu, mais les mutations galloises restent visibles dans la forme complète.
Pour les dates, les numéros de chapitres et certains intitulés officiels, les usages écrits peuvent présenter des conventions particulières. À l’oral, il est souvent plus naturel d’apprendre la formulation complète de la date ou du titre que de convertir isolément un chiffre en ordinal. Les formes au-delà de dix existent, mais le système mêle des formes construites et des formes traditionnelles ; vérifiez les ordinaux moins fréquents au lieu d’ajouter -fed au hasard.
Hanner awr et chwarter awr appartiennent au vocabulaire quotidien du temps. Pour dire « une heure et demie », on rencontre naturellement awr a hanner. Dans une recette, une statistique ou une mesure, la construction choisie dépend de ce qui est compté : hanner litr (« un demi-litre »), traean o'r gymysgedd (« un tiers du mélange »), tair rhan o bedair (« trois quarts »).
À l’écrit, les chiffres 1/2, 1/3 ou 3/4 sont commodes, mais à l’oral il faut choisir une expression grammaticale. Savoir lire le symbole ne dispense donc pas d’apprendre le genre de rhan, les formes mutées après o et les mots usuels hanner, chwarter, traean.
Au-delà des bases
L’ordinal dans un groupe possessif
Les mutations ne viennent pas toujours de l’ordinal lui-même. Un mot qui précède peut également modifier sa première consonne. Comparez yr ail flwyddyn (« la deuxième année ») et ei hail flwyddyn (« sa deuxième année à elle ») : le possessif ei féminin provoque ici la mutation aspirée ail → hail. Une forme comme hail n’est donc pas un nouvel ordinal à apprendre, mais une réalisation mutée de ail.
Ce principe explique pourquoi un même ordinal peut apparaître sous plusieurs formes dans des textes authentiques. Pour analyser le groupe, cherchez d’abord la forme de base, puis identifiez le déclencheur placé avant elle.
Les grands ordinaux
Après dix, les formes dépendent du système numéral employé et du registre. On rencontre notamment des formations comportant un ordinal et ar ddeg pour les nombres de 11 à 19, ainsi que des formes lexicalisées. Les rangs élevés sont souvent écrits en chiffres dans les contextes pratiques. Le bon réflexe n’est pas de fabriquer une forme par analogie, mais de vérifier la forme consacrée et d’apprendre avec elle le nom qu’elle accompagne.
Pour les siècles, règnes ou éditions, il faut aussi tenir compte du genre du nom : les groupes féminins peuvent faire apparaître plusieurs mutations successives. À un niveau avancé, l’enjeu est autant la lecture que la production : repérer la forme de base derrière drydedd, bedwaredd ou hail permet de comprendre immédiatement le rang.
Fraction, proportion et approximation
Une fraction exacte ne se confond pas avec une quantité approximative. Hanner y bobl présente une moitié ; si l’on veut simplement dire « environ la moitié », il faut ajouter un marqueur d’approximation approprié au contexte. De même, dwy ran o dair décrit un rapport exact de deux parties sur trois, alors qu’une expression générale comme « la plupart » ne garantit aucun calcul précis.
Les mots de fraction peuvent aussi fonctionner comme de véritables noms. Ils peuvent alors être comptés ou suivis d’un complément, comme dans dau draean o'r swm (« deux tiers de la somme »). Cette souplesse explique la coexistence de formes courtes, utiles dans la conversation, et de la construction avec rhan, particulièrement claire dans les explications mathématiques ou statistiques.
Conseils de pratique
- Apprenez les ordinaux avec un nom. Dites à voix haute y tro cyntaf, yr ail dŷ, y trydydd plentyn, y drydedd ferch. Vous mémoriserez en même temps l’ordre des mots, le genre et la mutation.
- Transformez une petite série. Prenez quatre chapitres ou quatre jours et nommez leur rang. Vérifiez surtout le contraste entre cyntaf après le nom et ail, trydydd, pedwerydd avant le nom.
- Utilisez des objets réels pour les fractions. Partagez mentalement une heure, un gâteau ou un groupe : hanner awr, chwarter y gacen, traean o'r grŵp, dwy ran o dair. Alternez les groupes indéfinis et définis afin de savoir quand o est nécessaire.
Notions connexes
- Prérequis : Les nombres — fournit les cardinaux, le genre des formes numériques et les mutations de base nécessaires aux ordinaux et aux fractions.
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