A1

Les nombres en gallois

Rhifau

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de gallois sur Settemila Lingue.

En bref

Le gallois moderne forme régulièrement les dizaines sur le modèle nombre + deg : tri deg pump signifie « trente-cinq ». Devant un nom, celui-ci reste normalement au singulier, mais 2, 3 et 4 ont des formes liées au genre : dau frawd (« deux frères »), dwy chwaer (« deux sœurs »). Certains nombres provoquent aussi une mutation, c’est-à-dire un changement de la première consonne du nom.

Vue d’ensemble

Les nombres cardinaux sont les nombres employés pour compter : un, deux, trois, dix, cent. Ils font partie des premiers outils du niveau A1, car ils servent à donner un prix, un âge, une quantité, un numéro de téléphone ou une heure. Le système décimal moderne est assez régulier : une fois deg (« dix ») et les nombres de 1 à 9 connus, on peut construire presque tout jusqu’à 99.

Pour une personne francophone, la difficulté ne vient donc pas surtout du calcul. Elle vient de la grammaire qui entoure le nombre. Le gallois distingue le masculin et le féminin avec 2, 3 et 4, conserve généralement le nom au singulier après un nombre et peut en modifier la consonne initiale. Ainsi, le français dit « deux chiens » avec un nom pluriel, tandis que le gallois dit dau gi, avec la forme singulière ci et une mutation de c en g.

Il existe également un ancien système fondé en partie sur vingt, encore bien vivant dans certaines expressions, notamment pour l’heure, l’âge et les dates. Il n’est pas nécessaire de le maîtriser pour commencer : la règle simple et productive est le système décimal présenté d’abord ci-dessous.

Fonctionnement

Les nombres de base

Valeur Forme galloise Indication de prononciation ou d’emploi
0 sero, parfois dim dim signifie aussi « rien »
1 un une seule forme
2 dau / dwy masculin / féminin
3 tri / tair masculin / féminin
4 pedwar / pedair masculin / féminin
5 pump pum devant un nom
6 chwech chwe devant un nom
7 saith
8 wyth
9 naw
10 deg
100 cant souvent can directement devant un nom

Quand on récite les nombres sans nom, on emploie normalement les formes dites masculines : un, dau, tri, pedwar. Les formes féminines ne sont pas une autre façon de compter ; elles s’emploient parce qu’un nom (un mot qui désigne une personne, un objet ou une idée) féminin suit le nombre.

De 11 à 19 : « une dizaine plus… »

Dans le système décimal moderne, on place d’abord un deg (« une dizaine »), puis l’unité :

Valeur Gallois Construction littérale
11 un deg un dix + un
12 un deg dau dix + deux
13 un deg tri dix + trois
14 un deg pedwar dix + quatre
15 un deg pump dix + cinq
16 un deg chwech dix + six
17 un deg saith dix + sept
18 un deg wyth dix + huit
19 un deg naw dix + neuf

Sans nom, on garde ici encore les formes de comptage dau, tri, pedwar. Devant un nom féminin, l’unité finale peut prendre sa forme féminine : un deg dwy gath (« douze chats », avec cath, nom féminin) et un deg tair cath (« treize chats »).

Les dizaines jusqu’à 100

Le modèle général est très proche de « trois dix », « quatre dix », etc. Contrairement au français, 70, 80 et 90 ne demandent pas de calcul particulier.

Valeur Gallois Exemple avec une unité
20 dau ddeg dau ddeg un — 21
30 tri deg tri deg pump — 35
40 pedwar deg pedwar deg dau — 42
50 pum deg pum deg chwech — 56
60 chwe deg chwe deg saith — 67
70 saith deg saith deg wyth — 78
80 wyth deg wyth deg naw — 89
90 naw deg naw deg pedwar — 94
100 cant

La forme dau ddeg illustre déjà une mutation : après dau, le d de deg devient dd. Cette lettre galloise représente un son proche du « th » sonore dans certains mots étrangers ; elle compte comme une seule lettre dans l’alphabet gallois.

Devant un nom, pump et chwech deviennent généralement pum et chwe : pum munud (« cinq minutes »), chwe diwrnod (« six jours »). Cette forme courte apparaît aussi à la fin d’un nombre composé placé devant le nom : tri deg pum munud (« trente-cinq minutes »). Quand le nombre est dit seul, on garde pump et chwech : tri deg pump.

Le genre avec 2, 3 et 4

Le genre grammatical classe les noms gallois comme masculins ou féminins. Il ne correspond pas toujours au genre français : il faut donc apprendre le genre avec le nom, au lieu de le deviner à partir de la traduction.

Nombre Devant un nom masculin Devant un nom féminin
2 dau dwy
3 tri tair
4 pedwar pedair

On obtient par exemple dau frawd (« deux frères »), dwy chwaer (« deux sœurs »), tri chi (« trois chiens »), tair cath (« trois chats »), pedwar bachgen (« quatre garçons ») et pedair merch (« quatre filles »).

Dans un nombre composé, c’est l’unité qui se trouve directement devant le nom qui s’accorde avec lui : dau ddeg pedair merch (« vingt-quatre filles »). La dizaine ne change pas : on ne remplace donc pas pedwar deg par pedair deg simplement parce qu’un nom féminin vient plus loin.

Le nom reste au singulier

Après un nombre précis, le nom gallois est normalement au singulier :

  • un ci — un chien ;
  • dau gi — deux chiens ;
  • saith ci — sept chiens ;
  • pum punt — cinq livres sterling.

C’est un écart important avec le français écrit, où un nom prend habituellement la marque du pluriel après deux ou davantage. En gallois, le nombre indique déjà qu’il y en a plusieurs. On rencontre cependant une autre construction avec o (« de »), surtout avec des nombres ou des quantités considérés comme un ensemble : cannoedd o bobl (« des centaines de personnes »). Ce n’est pas le modèle de base à imiter pour une quantité simple.

Les mutations provoquées par les nombres

Une mutation consonantique est un changement régulier de la première consonne d’un mot. Deux mutations interviennent surtout ici : la mutation douce, qui transforme par exemple c en g et b en f, et la mutation aspirée, limitée à p → ph, t → th et c → ch.

Déclencheur Règle de base Forme sans mutation Groupe obtenu
un + nom féminin mutation douce cath un gath
un + nom masculin pas de mutation due au nombre ci un ci
dau + nom masculin mutation douce ci, brawd dau gi, dau frawd
dwy + nom féminin mutation douce cath, merch dwy gath, dwy ferch
tri + nom masculin mutation aspirée ci, pen tri chi, tri phen
tair + nom féminin pas de mutation régulière due au nombre cath tair cath
chwe + nom mutation aspirée si possible cath, tad chwe chath, chwe thad

Une mutation peut être grammaticalement attendue sans être visible : dwy chwaer garde ch- parce que la mutation douce ne modifie pas cette consonne. De même, la mutation aspirée ne change que p, t, c ; tri brawd reste donc inchangé.

Pour débuter, retenez quatre repères : un modifie un nom féminin, dau/dwy entraînent la mutation douce, tri masculin entraîne la mutation aspirée, et tair ne la déclenche pas. Chwe et ses effets peuvent être ajoutés une fois ce premier ensemble acquis.

Exemples en contexte

Gallois Français Point à observer
Mae gen i un ci ac un gath. J’ai un chien et un chat. cath est féminin : un gath.
Mae gen i ddau frawd. J’ai deux frères. dau provoque la mutation de brawd en frawd ; la phrase provoque aussi dau → ddau.
Mae hi'n byw gyda dwy chwaer. Elle vit avec deux sœurs. Forme féminine dwy ; ch- ne change pas.
Gwelais i dri chi yn y parc. J’ai vu trois chiens dans le parc. tri provoque ci → chi.
Mae tair cath yn yr ardd. Il y a trois chats dans le jardin. Forme féminine tair, sans mutation de cath.
Prynais i bedwar tocyn. J’ai acheté quatre billets. tocyn est masculin : on emploie pedwar.
Mae'r bws yn cyrraedd mewn pum munud. Le bus arrive dans cinq minutes. pum se place devant le nom singulier munud.
Mae chwe chadair yn yr ystafell. Il y a six chaises dans la pièce. cadair → chadair après chwe.
Mae'r llyfr yn costio dau ddeg pump o bunnoedd. Le livre coûte vingt-cinq livres. Nombre décimal ; avec o, le nom est au pluriel.
Mae angen tri deg pum copi. Il faut trente-cinq exemplaires. pum est la forme employée devant copi.
Rhif y tŷ yw pedwar deg dau. Le numéro de la maison est quarante-deux. Le nombre est autonome : dau, et non dwy.
Mae cant o bobl yma. Il y a cent personnes ici. cant o introduit un nom pluriel.

Erreurs fréquentes

Mettre automatiquement le nom au pluriel

  • Incorrect : dau gŵn
  • Correct : dau gi
  • Pourquoi : après un nombre précis, on emploie normalement le nom singulier ci. Le nombre exprime déjà la pluralité.

Employer toujours dau, tri, pedwar

  • Incorrect : dau chwaer, tri cath, pedwar merch
  • Correct : dwy chwaer, tair cath, pedair merch
  • Pourquoi : les noms féminins sélectionnent dwy, tair, pedair. Il faut connaître le genre gallois du nom, pas celui de sa traduction française.

Oublier la mutation après dau ou dwy

  • Incorrect : dau ci, dwy merch
  • Correct : dau gi, dwy ferch
  • Pourquoi : dau et dwy provoquent la mutation douce du nom qui suit.

Faire muter après tair comme après tri

  • Incorrect : tair chath
  • Correct : tair cath
  • Pourquoi : tri masculin provoque la mutation aspirée, mais tair féminin ne la provoque pas. En revanche, chwe chath est correct après chwe.

Garder pump et chwech devant un nom

  • Moins naturel : pump munud, chwech cath
  • Correct : pum munud, chwe chath
  • Pourquoi : les formes employées directement devant un nom sont généralement pum et chwe ; chwe provoque en plus la mutation aspirée de cath.

Copier la logique française de 70 à 99

  • Incorrect : chercher à traduire « soixante-dix » ou « quatre-vingt » morceau par morceau.
  • Correct : saith deg (70), wyth deg (80), naw deg (90).
  • Pourquoi : le système décimal gallois applique le même modèle régulier à toutes ces dizaines.

Notes d’usage

Dans la vie quotidienne, on entend à la fois le système décimal moderne et des formes traditionnelles. Le choix dépend du locuteur, de la région et de la situation. Le système décimal est le plus facile à produire sans hésitation et il est parfaitement adapté aux calculs, aux prix et aux grands nombres.

Pour un numéro de téléphone, un code ou une suite de chiffres, on lit souvent chaque chiffre séparément. Dans ce cas, il n’y a aucun nom qui impose son genre : on utilise les formes de comptage ordinaires, notamment dau, tri, pedwar. Pour une quantité suivie d’un nom, le genre et la mutation redeviennent pertinents.

Les prix peuvent se construire directement avec un nom singulier, comme pum punt (« cinq livres »), ou avec o et un pluriel dans certains groupes plus développés, comme dau ddeg pump o bunnoedd (« vingt-cinq livres »). À l’oral, plusieurs formulations naturelles coexistent ; l’essentiel pour le niveau A1 est de reconnaître le nombre et de ne pas fabriquer un pluriel français à l’intérieur du modèle direct.

Les mutations peuvent aussi venir d’un autre mot de la phrase. Dans Mae gen i ddau frawd, le groupe attendu est dau frawd, mais la structure qui précède entraîne en plus dau → ddau. Il ne faut pas en conclure que le nombre « deux » se dit toujours ddau : sa forme de dictionnaire reste dau.

Au-delà des bases

Cette partie n’est pas à mémoriser immédiatement, mais elle explique des formes que l’on rencontre très tôt au pays de Galles. Le système traditionnel combine les nombres autour de 10, 15 et surtout 20. Parmi les formes fréquentes figurent un ar ddeg (11, littéralement « un sur dix »), deuddeg (12), pymtheg (15), deunaw (18), ugain (20), un ar hugain (21), deugain (40) et pedwar ugain (80).

Il ne faut donc pas s’étonner de voir deux façons d’exprimer la même valeur :

Valeur Système décimal moderne Forme traditionnelle courante
11 un deg un un ar ddeg
12 un deg dau deuddeg
15 un deg pump pymtheg
18 un deg wyth deunaw
20 dau ddeg ugain
40 pedwar deg deugain
80 wyth deg pedwar ugain

Les heures traditionnelles emploient volontiers ces anciennes formes et ajoutent d’autres mutations. Par exemple, dans Mae hi'n dri o'r gloch (« Il est trois heures »), tri devient dri à cause de la structure avec yn, et non à cause du nom « heure ». Les dates, les âges et certaines expressions figées peuvent également préférer le système traditionnel. C’est un domaine à apprendre comme un second répertoire, après avoir automatisé les nombres décimaux.

Devant un nom, cant peut apparaître sous la forme can, par exemple can punt (« cent livres »), tandis que cant reste la forme autonome et s’emploie dans cant o bobl (« cent personnes »). Au-delà de 100, les constructions de nombre et l’usage de o deviennent plus variés ; mieux vaut les étudier séparément plutôt que de généraliser trop vite les règles de 1 à 100.

Enfin, les formes ordinales comme « premier », « deuxième » et les fractions comme « un demi » ne sont pas des nombres cardinaux. Elles ont leurs propres formes et parfois leurs propres accords : elles appartiennent à l’étape suivante du parcours.

Conseils de pratique

  1. Apprenez les nombres en trois séries. Récitez d’abord 1–10, puis fabriquez 11–19 avec un deg, puis les dizaines avec deg. Tirez ensuite deux chiffres au hasard et dites le nombre complet : 42 → pedwar deg dau, 67 → chwe deg saith.
  2. Associez chaque nom à son genre. Préparez deux petites listes : ci, brawd, bachgen d’un côté ; cath, chwaer, merch de l’autre. Faites varier 2, 3 et 4 pour obtenir dau/dwy, tri/tair et pedwar/pedair avec la bonne mutation.
  3. Travaillez à voix haute par groupes, pas par mots isolés. Répétez un gath, dwy gath, tair cath, pedair cath, chwe chath. Cette suite rend audibles les changements et aide davantage qu’une règle apprise sans exemple.

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