A2

L’imparfait en français

L'Imparfait

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de français sur Settemila Lingue.

En bref

L’imparfait présente une habitude, une description, un état ou une action en cours dans le passé : Nous habitions à Lyon ; Il faisait beau. Pour le former, on prend généralement la forme de nous au présent, on retire -ons, puis on ajoute -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient. La seule exception de formation est être, construit sur ét- : j’étais.

Vue d’ensemble

L’imparfait est un temps du passé très fréquent. Dès le niveau A2, il permet de ne plus seulement énumérer des événements terminés, mais de faire revivre leur cadre : le temps qu’il faisait, l’âge d’une personne, ses sentiments, ses habitudes ou une situation déjà en cours. Ainsi, Quand j’étais petit, nous habitions à Lyon décrit une période sans en marquer précisément le début ni la fin.

Il faut surtout comprendre le point de vue exprimé. Avec l’imparfait, on regarde souvent une situation « de l’intérieur », pendant qu’elle dure ou se répète. Avec le passé composé, on présente plus volontiers un fait comme achevé : Je mangeais quand tu as appelé. Le repas formait l’action en cours ; l’appel constitue l’événement qui survient.

Un temps verbal est une forme du verbe qui aide à situer un fait dans le temps. Le radical est la base à laquelle on ajoute une terminaison : dans nous parlons, le radical de l’imparfait est parl-. Le sujet est la personne ou la chose dont on parle et avec laquelle le verbe s’accorde : je, tu, Léa, les voisins.

Formation et fonctionnement

La règle simple

Pour presque tous les verbes, la méthode tient en trois étapes :

  1. mettre le verbe à la forme nous du présent ;
  2. retirer -ons ;
  3. ajouter la terminaison correspondant au sujet.
Forme avec nous Radical Exemple à l’imparfait
nous parlons parl- je parlais
nous finissons finiss- tu finissais
nous attendons attend- elle attendait
nous prenons pren- nous prenions
nous faisons fais- vous faisiez
nous voyons voy- ils voyaient

Cette règle fonctionne même lorsque le verbe est irrégulier au présent. Il suffit de connaître sa forme avec nous : nous avons donne j’avais ; nous allons donne j’allais ; nous buvons donne je buvais ; nous écrivons donne j’écrivais.

Les six terminaisons

Sujet Terminaison parler finir
je -ais je parlais je finissais
tu -ais tu parlais tu finissais
il, elle, on -ait on parlait elle finissait
nous -ions nous parlions nous finissions
vous -iez vous parliez vous finissiez
ils, elles -aient ils parlaient elles finissaient

À l’oral, parlais, parlait et parlaient ont la même fin sonore. Le sujet et le contexte permettent donc de comprendre qui agit. À l’écrit, il faut garder les terminaisons distinctes, notamment -ait au singulier et -aient au pluriel.

La seule exception de formation : être

On ne peut pas partir de nous sommes. Le verbe être utilise le radical ét-, auquel s’ajoutent les terminaisons ordinaires.

Sujet Forme Exemple
je j’étais J’étais très calme.
tu tu étais Tu étais chez toi.
il, elle, on il était Il était midi.
nous nous étions Nous étions prêts.
vous vous étiez Vous étiez en vacances.
ils, elles elles étaient Elles étaient voisines.

Ajustements orthographiques

Certaines formes gardent une lettre afin de conserver la prononciation. Il ne s’agit pas de nouveaux radicaux irréguliers.

  • Les verbes en -ger conservent le e devant a : je mangeais, ils voyageaient. Devant i, ce e n’est pas nécessaire : nous mangions, vous voyagiez.
  • Les verbes en -cer prennent une cédille devant a : je commençais, elle avançait. Devant i, on écrit nous commencions.
  • Les verbes dont le radical se termine déjà par i ou y gardent les deux lettres avec -ions et -iez : nous étudiions, vous étudiiez, nous riions. Ces formes sont correctes, même si elles paraissent inhabituelles.

Les quatre emplois essentiels

1. Une habitude passée

Une action se répétait régulièrement : Chaque été, nous allions à la mer. Des expressions comme souvent, toujours, tous les jours, le dimanche, à cette époque accompagnent fréquemment cet emploi.

2. Une description ou un état

L’imparfait décrit l’âge, l’apparence, la météo, l’heure, un sentiment, une opinion ou une situation : Il avait vingt ans ; La rue était silencieuse ; Je pensais que tout allait bien. Ces verbes peuvent aussi se mettre au passé composé si l’on veut présenter un changement ou un état délimité ; ce n’est donc pas le verbe seul qui impose le temps.

3. Une action en cours

L’action avait déjà commencé et on ne s’intéresse pas ici à son achèvement : À huit heures, je travaillais encore. Elle peut servir de cadre à un événement plus bref : Je travaillais quand l’alarme a sonné.

4. Des actions simultanées

Deux situations se déroulaient en même temps : Pendant que je préparais le dîner, Léa mettait la table. Si l’on raconte ensuite des actions successives et achevées, le passé composé devient généralement plus naturel.

Exemples en contexte

Exemple Sens en français courant Point illustré
Quand j’étais petit, je passais mes mercredis chez ma grand-mère. Durant mon enfance, c’était mon habitude du mercredi. âge et habitude
Il faisait beau et la place était pleine de monde. Le beau temps et la foule forment le décor. météo et description
Nous habitions à Lyon, près du parc de la Tête-d’Or. Lyon était notre lieu de résidence à cette époque. situation passée
Je mangeais quand tu as appelé. Mon repas était en cours au moment de ton appel. action interrompue
Tous les matins, elle prenait le même train. Ce trajet se répétait chaque matin. répétition
À minuit, les enfants dormaient encore. Leur sommeil était en cours à minuit. action en cours
Pendant que je cuisinais, Paul rangeait la cuisine. Les deux actions se déroulaient simultanément. simultanéité
La maison avait un petit jardin qui donnait sur la rivière. On décrit la maison telle qu’elle était. description
À cette époque, on ne travaillait pas à distance. La situation était habituelle pendant cette période. contexte d’époque
Je croyais que le magasin fermait à dix-neuf heures. Cette croyance appartenait au passé. pensée ou opinion
Vous vouliez me parler ? Je vérifie avec tact la raison de votre venue. atténuation polie
Il pleuvait depuis deux heures quand le soleil est revenu. La pluie durait déjà avant le retour du soleil. durée et événement
Chaque fois qu’il venait, il apportait des fleurs. Les deux faits se répétaient ensemble. répétition liée
Le train partait à six heures le lendemain. L’horaire était prévu depuis un point de vue passé. futur envisagé dans le passé

Erreurs fréquentes

Construire le radical à partir de l’infinitif

  • Incorrect : Je prendais le bus.
  • Correct : Je prenais le bus.
  • Pourquoi : on part de nous prenons, puis on retire -ons : pren- + -ais. La méthode fondée sur la forme de nous évite beaucoup d’erreurs avec les verbes irréguliers au présent.

Employer être comme un verbe régulier

  • Incorrect : Nous sommions fatigués.
  • Correct : Nous étions fatigués.
  • Pourquoi : être est la seule exception au procédé de formation. Son radical est toujours ét- à l’imparfait.

Confondre les terminaisons homophones

  • Incorrect : Ils parlait très vite.
  • Correct : Ils parlaient très vite.
  • Pourquoi : la prononciation ne révèle pas toujours la terminaison. Avec ils ou elles, on écrit -aient ; avec il, elle ou on, on écrit -ait.

Mettre tous les faits passés à l’imparfait

  • Incorrect : Hier, je sortais à huit heures, je prenais le bus et j’arrivais au bureau à neuf heures si l’on raconte une suite d’actions achevées.
  • Correct : Hier, je suis sorti à huit heures, j’ai pris le bus et je suis arrivé au bureau à neuf heures.
  • Pourquoi : l’imparfait convient aux habitudes et au cadre. Pour une suite d’événements terminés, le passé composé est normalement attendu.

Mettre automatiquement certains verbes à l’imparfait

  • Incorrect : croire que être, avoir, savoir, vouloir doivent toujours être à l’imparfait dans le passé.
  • Correct : J’ai été malade pendant trois jours ; J’ai eu une bonne idée ; J’ai su la vérité hier.
  • Pourquoi : le choix dépend du sens. L’imparfait présente un état ou une situation en cours (j’étais malade) ; le passé composé peut marquer une période achevée, une apparition ou un changement (j’ai été malade, j’ai su au sens d’« apprendre »).

Oublier les lettres nécessaires à la prononciation

  • Incorrect : Je mangais ; nous mangeions.
  • Correct : Je mangeais ; nous mangions.
  • Pourquoi : le e de manger est conservé devant a, mais disparaît devant la terminaison -ions. De même : je commençais, mais nous commencions.

Remarques d’usage

L’imparfait ne donne pas, à lui seul, la durée exacte d’une situation. Nous habitions à Lyon indique une situation passée, mais ne dit ni quand elle a commencé ni quand elle s’est terminée. Pour préciser les limites, on ajoute un complément : Nous avons habité à Lyon de 2018 à 2021. Dans cette dernière phrase, le passé composé présente toute la période comme achevée.

Les indicateurs de temps sont utiles, mais ils ne décident pas mécaniquement du temps verbal. Tous les jours favorise une lecture habituelle : Tous les jours, il marchait une heure. En revanche, hier peut accompagner l’imparfait si l’on décrit une action en cours : Hier à dix heures, il marchait encore.

Avec depuis, l’imparfait exprime une situation qui durait déjà à un moment passé : Elle attendait depuis vingt minutes quand le bus est arrivé. Avec pendant, le passé composé est fréquent lorsqu’on considère toute la durée comme terminée : Elle a attendu pendant vingt minutes.

À l’oral familier comme à l’écrit, l’imparfait reste pleinement vivant ; ce n’est pas un temps réservé au récit littéraire. En conversation, il sert très souvent à évoquer des souvenirs : Avant, on venait souvent ici.

Pour aller plus loin

Les emplois suivants dépassent la règle de base du niveau A2. Il n’est pas nécessaire de les maîtriser immédiatement, mais ils apparaissent souvent dès que les phrases deviennent plus nuancées.

L’imparfait d’atténuation

Dans une demande ou une interaction, l’imparfait peut rendre la parole moins directe : Je voulais vous demander un renseignement ; Vous cherchiez quelque chose ? Le désir ou la recherche ne sont pas forcément terminés. Le recul dans le passé sert ici à adoucir la formulation.

Une hypothèse avec si

Dans une hypothèse concernant le présent ou l’avenir, la proposition introduite par si emploie l’imparfait, tandis que la conséquence se met généralement au conditionnel présent : Si j’avais plus de temps, je lirais davantage. Le conditionnel est une forme verbale qui présente ici le résultat comme dépendant d’une condition.

Il faut éviter si + conditionnel dans ce modèle : on dit Si tu venais, nous serions contents, et non Si tu viendrais….

L’imparfait dans le discours indirect

Après un verbe de parole ou de pensée au passé, l’imparfait peut reprendre un présent prononcé auparavant :

  • parole directe : Lina a dit : « Je suis fatiguée. »
  • parole rapportée : Lina a dit qu’elle était fatiguée.

Le discours indirect consiste à rapporter des paroles sans les citer exactement. Le contexte peut toutefois conduire à conserver le présent si l’information reste générale ou toujours valable : Le professeur a expliqué que l’eau bout à 100 °C.

Un futur vu depuis le passé

L’imparfait peut évoquer un fait prévu ou imminent à partir d’un moment passé, surtout avec un horaire ou une situation déjà organisée : Le lendemain, nous partions à l’aube. Pour exprimer clairement le « futur dans le passé », le conditionnel est également courant : Elle savait qu’elle partirait le lendemain. Les deux constructions n’offrent pas exactement le même point de vue.

Imparfait et conditionnel : mêmes terminaisons, radicaux différents

Les deux formes ont les terminaisons -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient, mais pas le même radical :

Verbe Imparfait Conditionnel présent
parler je parlais je parlerais
finir nous finissions nous finirions
être il était il serait
avoir vous aviez vous auriez

L’imparfait part en principe de nous au présent ; le conditionnel utilise le radical du futur. Cette différence aide à distinguer je faisais de je ferais ou j’allais de j’irais.

Conseils pour s’entraîner

  1. Partez de souvenirs réels. Décrivez une ancienne maison, un travail ou une habitude en cinq phrases : J’habitais…, je prenais…, il y avait… Ajoutez ensuite un événement au passé composé pour créer un petit récit.
  2. Travaillez avec la forme de nous. Pour chaque nouveau verbe, notez trois éléments ensemble : nous écrivons → écriv- → j’écrivais. Cette chaîne est plus fiable que la mémorisation d’une longue liste de radicaux.
  3. Écoutez les contrastes dans les récits. Dans un entretien, un balado ou une conversation, repérez ce qui décrit le cadre à l’imparfait et ce qui fait avancer l’histoire au passé composé. À l’écrit, soulignez aussi les terminaisons silencieuses -ait et -aient.

Notions liées

  • Prérequis : Passé composé — permet de raconter les événements achevés auxquels l’imparfait sert souvent de cadre.
  • Étape suivante : Imparfait et passé composé — approfondit le choix du point de vue dans un récit.
  • Approfondissement : Discours indirect — explique les changements de temps lorsque l’on rapporte des paroles au passé.

Prérequis

Le passé composé en françaisA2

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