Le corps et la santé en gallois
Y Corff ac Iechyd
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de gallois sur Settemila Lingue.
En bref
Pour dire que l’on a mal, le gallois suit plusieurs modèles : Mae pen tost gyda fi (« j’ai mal à la tête »), Mae gen i ben tost (« j’ai mal à la tête ») ou Mae fy nghoes i’n brifo (« ma jambe me fait mal »). Pour un état général, on emploie Dw i’n sâl (« je suis malade ») ; certains petits maux se construisent avec ar (« sur »), comme Mae annwyd arna i (« j’ai un rhume »).
Vue d’ensemble
Le thème Y Corff ac Iechyd (« le corps et la santé ») associe un vocabulaire immédiatement utile à quelques structures fondamentales du gallois. Dès le niveau A1, il permet de dire où l’on a mal, de signaler que l’on est malade et de comprendre des questions simples. Les mots de base comprennent pen (« tête »), braich (« bras »), coes (« jambe ») et stumog (« estomac »).
Pour une personne francophone, le principal changement de perspective concerne le verbe « avoir ». Le gallois n’emploie pas un unique verbe équivalent dans toutes ces phrases. Il présente plutôt une douleur comme étant « avec » une personne, une maladie comme étant « sur » elle, ou une partie du corps comme accomplissant l’action de brifo (« faire mal »). Il faut donc apprendre une expression avec sa construction, et non remplacer mot à mot « avoir » par un seul mot gallois.
Ce point prolonge la possession. Les formes gen i et gyda fi, déjà utilisées pour dire ce que l’on possède, servent aussi à parler d’un mal. La règle de débutant est simple : choisissez un modèle sûr pour chaque message. Les mutations et les variantes régionales sont expliquées séparément afin de ne pas surcharger les premières phrases.
Comment ça fonctionne
Quatre modèles essentiels
| Modèle gallois | Sens en français | Emploi |
|---|---|---|
| Dw i’n + adjectif | Je suis… | État général : malade, mieux, fatigué |
| Mae + partie du corps possessive + yn brifo | Ma… me fait mal | Douleur localisée dans une partie du corps |
| Mae + mal + gyda fi / Mae gen i + mal | J’ai… | Douleur ou problème que l’on « a » |
| Mae + affection + arna i | J’ai… | Certaines affections présentées comme étant « sur » la personne |
Mae est une forme de bod (« être »). Dw i signifie « je suis ». Dans Dw i’n sâl, le petit ’n est la contraction de yn après une voyelle ; il relie ici le sujet à l’état sâl. Dans Mae fy nghoes i’n brifo, brifo est un nom verbal (la forme qui nomme l’action, proche de l’infinitif français) : la structure signifie littéralement, de façon approximative, « ma jambe est en train de faire mal ».
Dire que l’on est malade
Pour décrire son état général, on peut employer :
- Dw i’n sâl. — Je suis malade.
- Dw i ddim yn teimlo’n dda. — Je ne me sens pas bien.
- Dw i’n teimlo’n well. — Je me sens mieux.
La négation courante place ddim après Dw i : Dw i ddim yn sâl (« je ne suis pas malade »). Il ne faut donc pas calquer le français « ne… pas » autour du verbe.
Pour une autre personne, on reprend Mae : Mae hi’n sâl (« elle est malade »), Mae e’n sâl dans de nombreux usages du Sud ou Mae o’n sâl dans de nombreux usages du Nord (« il est malade »). Ces variantes ne changent pas le mécanisme de la phrase.
Faire de la partie du corps le sujet
Le modèle le plus transparent pour localiser la douleur est :
Mae + possessif + partie du corps + pronom de rappel + yn brifo.
Ainsi, Mae fy nghoes i’n brifo se comprend mot à mot comme « ma jambe, à moi, fait mal ». Le pronom final i renforce le possesseur. Il est extrêmement courant dans le gallois parlé, même si le français ne répète pas « à moi ».
| Groupe nominal gallois | Français | Changement initial |
|---|---|---|
| fy mhen i | ma tête | pen → mhen |
| fy mraich i | mon bras | braich → mraich |
| fy nghoes i | ma jambe | coes → nghoes |
| fy stumog i | mon estomac | pas de changement visible |
| dy ben di | ta tête | pen → ben |
| dy fraich di | ton bras | braich → fraich |
| dy goes di | ta jambe | coes → goes |
Ces changements de première consonne sont des mutations. Une mutation est une modification régulière du début d’un mot, déclenchée ici par le possessif. Fy (« mon, ma, mes ») entraîne la mutation nasale : p → mh, b → m, c → ngh. Dy (« ton, ta, tes ») entraîne la mutation douce : p → b, b → f, c → g. Au niveau A1, mieux vaut mémoriser les groupes complets fy mhen i, fy mraich i et fy nghoes i plutôt qu’une longue liste abstraite.
Le gallois n’exige pas toujours le possessif là où le français en emploie un. Néanmoins, le modèle avec fy… i est clair et très utile pour commencer : Mae fy mraich i’n brifo (« j’ai mal au bras » ou, plus littéralement, « mon bras me fait mal »).
Exprimer un mal avec gen i ou gyda fi
La possession se réalise couramment de deux façons :
- Mae gen i… — « j’ai… », très associé au gallois du Nord ;
- Mae … gyda fi. — « j’ai… », courant notamment dans le Sud.
On rencontre donc Mae gen i ben tost et Mae pen tost gyda fi pour « j’ai mal à la tête ». Pen tost signifie littéralement « tête douloureuse ». L’ordre des mots diffère de « mal de tête » : le nom pen vient avant tost, qui le décrit.
Ces indications Nord–Sud sont des tendances utiles, pas des frontières absolues. Choisissez d’abord la variante enseignée dans votre cours ou parlée dans votre région de référence. L’essentiel est de ne pas mélanger les deux cadres dans la même phrase : gen i vient avant ce que l’on a, tandis que gyda fi vient après.
Certaines affections avec ar
Dans Mae annwyd arna i, annwyd signifie « rhume » et arna i correspond littéralement à « sur moi ». Ar est ici une préposition conjuguée, c’est-à-dire une préposition dont la forme varie selon la personne.
| Personne | Forme de ar | Sens littéral utile |
|---|---|---|
| moi | arna i | sur moi |
| toi | arnat ti | sur toi |
| lui | arno fe / arno fo | sur lui |
| elle | arni hi | sur elle |
| nous | arnon ni | sur nous |
| vous | arnoch chi | sur vous |
| eux, elles | arnyn nhw | sur eux, sur elles |
Il est préférable d’apprendre annwyd arna i comme une association complète. Toutes les maladies ne se construisent pas automatiquement avec ar. Si l’on invente une expression en traduisant « sur moi », on risque d’obtenir une phrase peu naturelle.
Poser une question simple
Pour demander l’état général :
- Wyt ti’n sâl? — Tu es malade ?
- Wyt ti’n teimlo’n well? — Tu te sens mieux ?
Pour une partie du corps :
- Ydy dy goes di’n brifo? — Ta jambe te fait mal ?
- Ble mae’n brifo? — Où est-ce que ça fait mal ?
Wyt ti…? s’emploie avec « tu », tandis que Ydy…? introduit ici une question dont le sujet est dy goes di. Pour vouvoyer une personne ou parler à plusieurs personnes, on emploie chi : Ydych chi’n sâl? (« vous êtes malade ? »).
Exemples en contexte
| Gallois | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Mae pen tost gyda fi. | J’ai mal à la tête. | Construction avec gyda fi |
| Mae gen i ben tost heddiw. | J’ai mal à la tête aujourd’hui. | Construction avec gen i |
| Mae fy nghoes i’n brifo. | Ma jambe me fait mal. | coes → nghoes après fy |
| Mae fy mraich i’n brifo hefyd. | Mon bras me fait mal aussi. | braich → mraich après fy |
| Mae fy stumog i’n brifo. | J’ai mal à l’estomac. | La partie du corps est le sujet |
| Dw i’n sâl. | Je suis malade. | État général |
| Dw i ddim yn teimlo’n dda. | Je ne me sens pas bien. | Négation avec ddim |
| Mae annwyd arni hi. | Elle a un rhume. | arni hi : « sur elle » |
| Mae annwyd arna i hefyd. | Moi aussi, j’ai un rhume. | arna i : « sur moi » |
| Wyt ti’n teimlo’n well? | Tu te sens mieux ? | Question familière |
| Ydy dy fraich di’n brifo? | Ton bras te fait mal ? | braich → fraich après dy |
| Ble mae’n brifo? | Où est-ce que ça fait mal ? | Question pratique chez le médecin |
| Mae hi’n well heddiw. | Elle va mieux aujourd’hui. | gwell → well après yn |
| Mae poen yn fy nghefn i. | J’ai mal au dos. | Littéralement : « il y a une douleur dans mon dos » |
Les traductions françaises ne reproduisent volontairement pas toujours la structure galloise. Mae fy stumog i’n brifo devient naturellement « j’ai mal à l’estomac », même si le sujet grammatical gallois (le mot qui commande la phrase) est « mon estomac ».
Erreurs fréquentes
Chercher un verbe gallois unique pour « avoir mal »
- À éviter : construire toutes les phrases sur le modèle français « j’ai + mal ».
- Correct : Mae fy nghoes i’n brifo.
- Pourquoi : le gallois peut faire de la partie du corps le sujet et employer brifo. Apprenez le modèle entier plutôt qu’une traduction mot à mot.
Placer gyda fi avant le problème
- Incorrect : Mae gyda fi pen tost.
- Correct : Mae pen tost gyda fi.
- Autre possibilité : Mae gen i ben tost.
- Pourquoi : dans ces modèles, gyda fi suit le nom, alors que gen i le précède.
Oublier la mutation après fy
- Incorrect : Mae fy coes i’n brifo.
- Correct : Mae fy nghoes i’n brifo.
- Pourquoi : fy déclenche la mutation nasale ; c devient ngh. De même, on dit fy mhen i et fy mraich i.
Copier l’article défini français
- Incorrect : ajouter automatiquement y (« le, la, les ») pour reproduire « j’ai mal à la tête ».
- Correct : Mae pen tost gyda fi.
- Pourquoi : pen tost fonctionne ici sans article. Les articles français et gallois ne se correspondent pas mot à mot dans les expressions corporelles.
Confondre yn et ’n
- Incorrect : Dw i yn sâl dans l’écriture courante attendue.
- Correct : Dw i’n sâl.
- Pourquoi : après la voyelle de i, yn se contracte normalement en ’n. Après une consonne, la forme entière reste visible, comme dans Dw i ddim yn sâl.
Employer arna i avec n’importe quelle maladie
- À éviter : traduire librement chaque « j’ai une maladie » par Mae… arna i.
- Correct : mémoriser une expression attestée, par exemple Mae annwyd arna i.
- Pourquoi : le choix de la construction est lexical : il dépend de l’affection et de l’usage, pas seulement du sens français « avoir ».
Notes d’usage
Le gallois parlé présente une variation régionale normale. Mae gen i… est particulièrement caractéristique du Nord, tandis que Mae … gyda fi est fréquent dans le Sud. Les supports pédagogiques peuvent privilégier l’un ou l’autre. Comprendre les deux est plus important que vouloir déclarer l’un « correct » et l’autre « incorrect ».
Les pronoms masculins varient eux aussi : on entend notamment e / fe dans le Sud et o / fo dans le Nord. Ainsi, « son bras à lui » peut apparaître sous la forme ei fraich e ou ei fraich o selon la variété. Pour parler poliment à une personne, chi est la forme sûre : Ydych chi’n teimlo’n well?
Dans une vraie consultation, une phrase courte et précise est préférable à une construction ambitieuse. Ble mae’n brifo?, Mae fy mhen i’n brifo et Dw i ddim yn teimlo’n dda permettent déjà un échange élémentaire. Pour une urgence, le vocabulaire spécialisé et les consignes médicales dépassent toutefois ce point de grammaire.
Pour aller plus loin
Cette partie n’est pas à maîtriser au niveau A1, mais elle aide à reconnaître des phrases plus riches.
Les possessifs de la troisième personne montrent bien l’importance des mutations. Ei peut signifier « son/sa à lui » ou « son/sa à elle » ; la mutation et le pronom final lèvent souvent l’ambiguïté :
- ei fraich e / ei fraich o — son bras à lui ; braich subit la mutation douce et devient fraich ;
- ei braich hi — son bras à elle ; la mutation aspirée demandée par le possessif féminin ne modifie pas b, et le mot reste donc braich ;
- ei goes e / ei goes o — sa jambe à lui ; coes → goes ;
- ei choes hi — sa jambe à elle ; coes → choes.
On rencontre également d’autres manières de présenter la douleur. Mae poen yn fy nghefn i signifie « j’ai une douleur dans le dos » ; poen nomme la douleur, tandis que cefn (« dos ») devient nghefn après fy. Une phrase comme Dw i wedi torri fy mraich (« je me suis cassé le bras ») emploie wedi pour parler d’un événement accompli. Cette construction appartient à une étape ultérieure, mais le groupe fy mraich reste exactement le même.
Enfin, le gallois écrit formel peut présenter des formes plus compactes des prépositions conjuguées, sans le pronom de renforcement que l’on entend souvent à l’oral. Pour l’apprentissage courant, arna i, arni hi et les formes du tableau sont des repères pratiques et naturels. Il suffit d’abord de les reconnaître comme des unités, avant d’étudier tout le système historique ou littéraire.
Conseils pratiques
- Mémorisez des blocs, pas des mots isolés. Faites quatre cartes avec Dw i’n sâl, Mae fy nghoes i’n brifo, Mae gen i ben tost et Mae annwyd arna i. Changez ensuite seulement la personne ou la partie du corps.
- Associez chaque partie du corps à sa forme après fy. Dites à voix haute : pen — fy mhen i, braich — fy mraich i, coes — fy nghoes i, stumog — fy stumog i. Cette pratique rend la mutation automatique.
- Choisissez une variante active, gardez l’autre en compréhension. Produisez par exemple gen i si votre cours suit le gallois du Nord, mais entraînez-vous à reconnaître gyda fi. Vous éviterez ainsi de mélanger les cadres tout en comprenant davantage de locuteurs.
Notions connexes
- Prérequis : La possession — présente gen i, gyda fi et les possessifs comme fy et dy, indispensables pour parler de ses douleurs.