A1

Le corps et la santé en basque

Gorputza eta Osasuna

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de basque sur Settemila Lingue.

L’essentiel

Pour parler de sa santé en basque, trois modèles suffisent au début : gaixorik nago (« je suis malade »), min dut (« j’ai mal ») et sendagilearengana joan behar dut (« je dois aller chez le médecin »). Les noms de parties du corps apparaissent souvent avec la terminaison -a au singulier, comme burua (« la tête ») et eskua (« la main »), ou -ak au pluriel, comme eskuak (« les mains »).

Vue d’ensemble

Le vocabulaire du corps et de la santé fait partie des besoins immédiats du niveau A1 : comprendre une consigne simple, signaler une douleur, demander de l’aide ou expliquer pourquoi on ne se sent pas bien. En basque, ces situations reposent sur quelques mots très fréquents et sur des constructions courtes que l’on peut d’abord mémoriser comme des blocs.

Deux habitudes françaises demandent toutefois un peu d’attention. D’une part, le basque place souvent l’information essentielle avant le verbe, qui arrive fréquemment en fin de phrase. D’autre part, il ne reproduit pas toujours le possessif français : lorsqu’il est évident que l’on parle de son propre corps, l’article basque suffit souvent. Ainsi, Eskuak garbitzen ditut signifie naturellement « Je me lave les mains », sans équivalent explicite de « mes ».

Ce thème prolonge directement l’emploi de egon, le verbe utilisé pour une localisation ou un état passager. Sa forme nago (« je suis / je me trouve ») permet de dire gaixorik nago. À côté de ce modèle, les sensations et les symptômes emploient souvent dut, forme auxiliaire correspondant ici à « j’ai ».

Comment cela fonctionne

Les principales parties du corps

Les formes ci-dessous sont données sous une forme courante avec article. Le nom est le mot qui désigne une personne, une chose ou, ici, une partie du corps. En basque, l’article défini se colle à la fin du groupe nominal : buru + -a → burua. Il n’existe pas de genre grammatical masculin ou féminin comparable à celui du français.

Basque Français Basque Français
gorputza le corps burua la tête
aurpegia le visage ilea les cheveux, la chevelure
begia l’œil belarria l’oreille
sudurra le nez ahoa la bouche
hortza la dent lepoa le cou
sorbalda l’épaule besoa le bras
ukondoa le coude eskua la main
hatza le doigt bularra la poitrine
bizkarra le dos sabela le ventre
bihotza le cœur hanka la jambe
belauna le genou oina le pied

Pour former le pluriel absolu, c’est-à-dire la forme de base employée notamment pour ce qui subit l’action, on rencontre généralement -ak : begiak (« les yeux »), eskuak (« les mains »), hankak (« les jambes »). À ce stade, retenez surtout les couples utiles : begia / begiak, eskua / eskuak, oina / oinak.

Dire que l’on est malade

Le modèle le plus simple est :

état + forme de egon

Personne Forme Traduction
ni (« je ») gaixorik nago je suis malade
zu (« vous / tu » courant) gaixorik zaude vous êtes / tu es malade
hura (« il / elle ») gaixorik dago il / elle est malade
gu (« nous ») gaixorik gaude nous sommes malades
zuek (« vous » pluriel) gaixorik zaudete vous êtes malades
haiek (« ils / elles ») gaixorik daude ils / elles sont malades

Dans gaixorik, la terminaison -rik appartient à cette expression prédicative courante : apprenez l’ensemble gaixorik egon, « être malade ». On peut omettre le pronom personnel, car la forme verbale indique déjà la personne : Nago renvoie à « je », zaude à « tu / vous » singulier.

D’autres états se construisent de manière proche :

  • Nekatuta nago. — Je suis fatigué(e).
  • Zorabiatuta nago. — J’ai la tête qui tourne / je suis étourdi(e).
  • Ez nago ondo. — Je ne vais pas bien.

La négation ez se place devant la forme verbale : Ez nago ondo, et non après comme le second élément « pas » en français.

Dire où l’on a mal

Le mot min signifie « douleur » ou « mal ». Le modèle très productif pour localiser une douleur est :

partie du corps avec -n + min dut

La terminaison -n est ici un cas, c’est-à-dire une terminaison qui indique le rôle du nom dans la phrase. Elle donne l’idée de « dans / à » :

Forme de base Lieu de la douleur Phrase complète
burua, la tête buruan, à la tête Buruan min dut. — J’ai mal à la tête.
sabela, le ventre sabelean, au ventre Sabelean min dut. — J’ai mal au ventre.
bizkarra, le dos bizkarrean, au dos Bizkarrean min dut. — J’ai mal au dos.
hanka, la jambe hankan, à la jambe Hankan min dut. — J’ai mal à la jambe.

On rencontre également Burua min dut, la formulation donnée dans ce thème, pour « J’ai mal à la tête ». Une autre expression très courante est Buruko mina dut, littéralement « j’ai un mal de tête » : buruko min(a) forme le groupe nominal « mal de tête ». Pour commencer, choisissez un modèle et automatisez-le ; Buruan min dut est particulièrement pratique parce qu’il s’étend facilement aux autres parties du corps.

Pour poser la question, dites Non duzu min? (« Où avez-vous mal ? / Où as-tu mal ? »). La réponse peut être complète, Bizkarrean min dut, ou courte dans une conversation : Bizkarrean (« au dos »).

Nommer des symptômes

Plusieurs symptômes se disent avec le modèle nom + dut, proche du français « j’ai » :

Basque Français
Sukarra dut. J’ai de la fièvre.
Eztula dut. Je tousse / J’ai de la toux.
Hotzeria dut. Je suis enrhumé(e).
Buruko mina dut. J’ai mal à la tête.

Le basque ne choisit donc pas toujours le même type de phrase que le français. Là où le français emploie parfois « être » (être enrhumé) ou un verbe (tousser), le basque peut présenter le symptôme comme quelque chose que l’on a.

Pour préciser l’intensité, min handia signifie « une forte douleur » et min pixka bat « un peu mal ». En situation réelle, une phrase simple et précise vaut mieux qu’une construction compliquée : Sabelean min handia dut (« J’ai très mal au ventre »).

Aller chez le médecin et exprimer une nécessité

Sendagilea signifie « le médecin ». Pour dire que l’on se dirige vers une personne, le basque emploie notamment -rengana :

  • sendagilea — le médecin ;
  • sendagilearengana — chez / vers le médecin ;
  • Sendagilearengana joan behar dut. — Je dois aller chez le médecin.

Dans joan behar dut, joan est la forme de base « aller » et behar exprime le besoin ou l’obligation. Le modèle est verbe + behar + auxiliaire :

  • Atseden hartu behar dut. — Je dois me reposer.
  • Botika hartu behar duzu. — Vous devez / Tu dois prendre le médicament.
  • Ospitalera joan behar dugu. — Nous devons aller à l’hôpital.

Remarquez la différence entre une destination qui est un lieu et une personne : ospitalera (« à l’hôpital », avec -ra) mais sendagilearengana (« chez le médecin », avec -rengana).

Comprendre une consigne simple

Dans un cabinet médical ou dans une consigne d’hygiène, on entend des formes impératives, c’est-à-dire des formes servant à donner une instruction :

  • Eskuak garbi itzazu. — Lavez-vous / Lave-toi les mains.
  • Ahoa ireki. — Ouvrez / Ouvre la bouche.
  • Eseri, mesedez. — Asseyez-vous / Assieds-toi, s’il vous plaît.
  • Arnasa hartu. — Respirez / Inspire(z).

Dans Eskuak garbi itzazu, itzazu convient à un objet pluriel, ici eskuak. L’impératif basque possède davantage de distinctions que l’impératif français ; au niveau A1, il est raisonnable de mémoriser les consignes fréquentes sans chercher encore à reconstruire tout le paradigme.

Exemples en contexte

Basque Français Remarque
Burua min dut. J’ai mal à la tête. Formulation du thème.
Gaixorik nago. Je suis malade. État passager avec egon.
Non duzu min? Où avez-vous mal ? / Où as-tu mal ? Question utile en consultation.
Sabelean min dut. J’ai mal au ventre. -n localise la douleur.
Bizkarrean min handia dut. J’ai très mal au dos. handia renforce ici l’idée de douleur.
Sukarra eta eztula ditut. J’ai de la fièvre et de la toux. Plusieurs symptômes entraînent une forme d’objet pluriel.
Ez nago ondo gaur. Je ne vais pas bien aujourd’hui. ez précède nago.
Sendagilearengana joan behar dut. Je dois aller chez le médecin. Nécessité avec behar.
Ospitalea non dago? Où est l’hôpital ? Question de localisation.
Botika hau hartu behar duzu. Vous devez / Tu dois prendre ce médicament. Instruction ou nécessité.
Ahoa ireki, mesedez. Ouvrez / Ouvre la bouche, s’il vous plaît. Consigne polie.
Eskuak garbi itzazu. Lavez-vous / Lave-toi les mains. Consigne portant sur un objet pluriel.
Begia gorri daukat. J’ai l’œil rouge. Description d’un état visible.
Atseden hartu behar dut. Je dois me reposer. atseden hartu, « prendre du repos ».

Erreurs fréquentes

Copier le possessif français

  • À éviter : Nire eskuak garbitzen ditut dans une phrase neutre où il est déjà évident qu’il s’agit de ses propres mains.
  • Préférable : Eskuak garbitzen ditut.
  • Pourquoi : le basque peut employer simplement l’article quand le possesseur d’une partie du corps est évident. Nire (« mon / ma / mes ») reste possible si l’on veut créer un contraste : mes mains, et non celles de quelqu’un d’autre.

Oublier la terminaison de lieu avec une douleur

  • À éviter : Sabela min dut si l’on applique le modèle productif de localisation.
  • Correct : Sabelean min dut.
  • Pourquoi : -n indique ici l’endroit où la douleur est ressentie. Mémorisez ensemble sabelean, bizkarrean, buruan.

Employer izan au lieu de egon pour un état passager

  • Incorrect : Gaixorik naiz.
  • Correct : Gaixorik nago.
  • Pourquoi : dans le modèle enseigné ici, la maladie est un état temporaire et se construit avec egon : nago, zaude, dago…

Mettre la négation à la française

  • Incorrect : Nago ez ondo.
  • Correct : Ez nago ondo.
  • Pourquoi : ez se place devant le verbe conjugué. La structure française « ne… pas » n’a pas d’équivalent en deux morceaux.

Confondre une destination et une personne

  • Incorrect : Sendagileara joan behar dut. dans le modèle courant « aller chez le médecin ».
  • Correct : Sendagilearengana joan behar dut.
  • Pourquoi : -rengana exprime un mouvement vers une personne, tandis que -ra convient à un lieu : ospitalera.

Garder dut avec plusieurs éléments comptés comme pluriels

  • Incorrect : Bi begi dut.
  • Correct : Bi begi ditut.
  • Pourquoi : l’auxiliaire basque tient compte du nombre de l’objet. Cette différence, absente de « j’ai » en français, se retrouve aussi dans sintoma bat dut mais bi sintoma ditut.

Remarques d’usage

Sendagilea est un terme basque transparent pour « médecin » ; medikua est également très courant. Il est utile de reconnaître les deux. Dans une interaction, mesedez (« s’il vous plaît ») et barkatu (« pardon / excusez-moi ») permettent de transformer une phrase minimale en demande naturelle : Barkatu, sendagilea non dago?

Le pronom zu couvre le singulier courant et peut se traduire par « tu » ou « vous » selon la relation. C’est pourquoi Non duzu min? a les deux traductions possibles. Le pronom familier hi et les formes verbales qui l’accompagnent relèvent d’un système particulier ; mieux vaut ne pas les improviser au niveau débutant.

Les mots mina et gaixorik ne donnent qu’une information générale. Pour communiquer clairement, ajoutez le lieu, le symptôme, l’intensité ou la durée avec les moyens que vous connaissez. Ces phrases servent à communiquer en basque, mais ne remplacent évidemment pas un avis médical.

Pour aller plus loin

Les points qui suivent ne sont pas à maîtriser au niveau A1, mais ils expliquent des formes que l’on peut rencontrer.

Deux façons de présenter la douleur

À côté de Buruan min dut, le basque dispose d’une construction où la personne qui ressent la douleur est marquée au datif — le datif étant la forme qui correspond souvent à « à quelqu’un » :

  • Burua min zait. — J’ai mal à la tête, littéralement « la tête me fait mal ».
  • Hortza min zaio. — Il / Elle a mal à la dent.

Les formes zait, zaizu, zaio… appartiennent au système NOR–NORI, étudié plus tard. Elles ressemblent davantage au français « cela me fait mal », tandis que min dut se rapproche de « j’ai mal ». Les deux modèles ne se combinent pas au hasard : apprenez une phrase entière avec son auxiliaire.

L’accord de l’auxiliaire

Dans Sukarra dut, l’auxiliaire indique un objet singulier. Avec plusieurs éléments, on trouve une forme plurielle : Sintoma bat dut (« j’ai un symptôme »), mais Bi sintoma ditut (« j’ai deux symptômes »). Cette concordance entre le verbe, la personne et l’objet est centrale en basque ; elle explique aussi Eskuak garbitzen ditut et la forme impérative itzazu.

Les groupes en -ko

Buruko mina (« mal de tête ») contient -ko, une terminaison qui permet ici de relier buru à min. On retrouve des groupes lexicaux comme eztarriko mina (« mal de gorge »). Pour le débutant, il est plus sûr de les mémoriser comme des expressions complètes plutôt que de déduire toutes les valeurs de -ko, qui en possède plusieurs.

Conseils pour s’entraîner

  1. Travaillez par gestes. Touchez ou montrez une partie du corps et dites sa forme singulière puis plurielle : eskua, eskuak ; begia, begiak ; hanka, hankak. L’image et le mouvement facilitent la mémorisation.
  2. Faites tourner trois gabarits. Remplacez un seul élément dans Gaixorik nago, Buruan min dut et Ospitalera joan behar dut. Par exemple : Nekatuta nago, Bizkarrean min dut, Sendagilearengana joan behar dut.
  3. Jouez une consultation de trente secondes. Posez Non duzu min?, répondez avec une partie du corps, puis ajoutez un symptôme et une nécessité. Enregistrez-vous afin de vérifier que l’auxiliaire reste bien à la fin des petites phrases.

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Prérequis

Le verbe *egon* en basqueA1

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