Propositions relatives avancées en gallois
Cymalau Perthynol Uwch
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de gallois sur Settemila Lingue.
En bref
Quand l’antécédent dépend d’une préposition ou exprime un possesseur, le gallois emploie souvent y/yr puis reprend cet antécédent dans la relative : y tŷ y buon ni’n byw ynddo, « la maison où nous habitions ». À la forme négative, na/nad introduit la relative : y ferch nad oedd yn hapus, « la fille qui n’était pas heureuse ». Le verbe de la relative peut être au présent, au passé, au futur ou au conditionnel.
Vue d’ensemble
Une proposition relative est un groupe de mots qui précise un nom : dans « la maison où nous habitions », la maison est l’antécédent (le nom précisé) et où nous habitions est la relative. Au niveau B2, il ne suffit plus de relier deux idées simples : il faut aussi indiquer qu’un antécédent est le propriétaire de quelque chose, le complément d’une préposition ou l’élément repris dans une relative négative.
Le français dispose de plusieurs pronoms relatifs spécialisés — qui, que, dont, où, auquel. Le gallois répartit l’information autrement. y ou yr peut seulement annoncer la relative, tandis qu’un élément placé plus loin montre le rôle de l’antécédent : un possessif comme ei « son/sa », ou une préposition conjuguée comme ynddo « en lui/dedans » et iddi « à elle ». Cet élément est appelé pronom de reprise : en termes simples, la phrase garde à l’intérieur de la relative une trace du nom déjà mentionné.
Ces constructions prolongent les propositions relatives de base. Elles sont particulièrement utiles pour parler de personnes rencontrées, de lieux fréquentés, de documents, de raisons et de relations de possession sans découper le propos en plusieurs phrases courtes.
Fonctionnement
1. La relative indirecte avec y ou yr
On parle ici de relative indirecte lorsque l’antécédent n’occupe pas simplement la place du sujet ou du complément direct, mais correspond par exemple à « dans la maison », « à cette femme » ou « au sujet de ce projet ».
Le schéma général est :
antécédent + y/yr + proposition + élément de reprise
- y se place normalement devant une forme commençant par une consonne : y tŷ y buon ni’n byw ynddo.
- yr se place normalement devant une forme commençant par une voyelle : y dafarn yr oedden ni’n cwrdd ynddi.
- Dans cette fonction, y/yr n’est pas l’article défini « le/la » du nom précédent. C’est le mot qui rattache la proposition au nom.
Le français place généralement où, dont, à qui au début de la relative. Le gallois demande donc un autre réflexe : chercher vers la fin de la proposition la préposition ou le possessif qui indique la relation exacte.
2. Reprendre l’antécédent après une préposition
De nombreuses prépositions galloises prennent une forme qui varie selon la personne, le nombre ou le genre. On parle de préposition conjuguée, c’est-à-dire d’une préposition et d’un pronom réunis dans une même forme. Dans une relative, cette forme rappelle l’antécédent.
| Relation | Antécédent masculin | Antécédent féminin | Antécédent pluriel | Sens courant |
|---|---|---|---|---|
| yn | ynddo | ynddi | ynddyn nhw | en lui, en elle, en eux ; dedans |
| ar | arno | arni | arnyn nhw | sur lui, sur elle, sur eux |
| i | iddo | iddi | iddyn nhw | à lui, à elle, à eux |
| am | amdano | amdani | amdanyn nhw | à son sujet ; pour lui/elle/eux |
Ainsi, y tŷ y buon ni’n byw ynddo signifie littéralement quelque chose comme « la maison que nous avons vécu dedans ». En français naturel, on traduit simplement par « la maison où nous habitions ». De même, y fenyw yr ysgrifennais i ati correspond à « la femme à qui j’ai écrit » : ati conserve le complément exigé par ysgrifennu at, « écrire à ».
Il faut respecter le genre grammatical de l’antécédent. Tŷ « maison » est masculin, d’où ynddo ; tafarn « pub, auberge » est féminin, d’où ynddi. Le genre ne coïncide pas toujours avec celui du nom français : mieux vaut apprendre le nom gallois avec son genre.
3. Exprimer « dont » et « de qui » par un possessif
Lorsque l’antécédent est le possesseur d’un nom situé dans la relative, le gallois peut employer :
antécédent + y/yr + proposition contenant ei/eu + nom possédé
Dans y dyn y gwelais i ei gar, « l’homme dont j’ai vu la voiture », ei reprend y dyn. La mutation du nom suivant aide parfois à reconnaître le genre du possesseur :
| Possesseur repris | Forme | Effet typique sur le nom suivant | Exemple |
|---|---|---|---|
| masculin singulier | ei « son/sa » | mutation douce | ei gar ← car, « sa voiture » |
| féminin singulier | ei « son/sa » | mutation aspirée, ou ajout de h devant une voyelle | ei chath ← cath ; ei herthygl ← erthygl |
| pluriel | eu « leur(s) » | pas de mutation initiale | eu canlyniadau, « leurs résultats » |
Les deux formes singulières s’écrivent ei, mais leur effet n’est pas le même. À l’oral, les formes possessives peuvent varier ou être renforcées selon le registre ; dans une phrase écrite soignée, la mutation reste un indice important.
4. La relative négative avec na ou nad
Une relative négative est introduite par na devant une consonne et par nad devant une voyelle :
- y llyfr na ddarllenais i erioed — « le livre que je n’ai jamais lu » ;
- y ferch nad oedd yn hapus — « la fille qui n’était pas heureuse ».
Na provoque normalement une mutation douce de la consonne suivante : darllenais devient ddarllenais, bydd devient fydd. Nad précède ici une forme vocalique comme oedd ou ydyn.
Dans ce type de relative, na/nad porte déjà la négation. Il ne faut donc pas copier automatiquement la structure française « qui + ne… pas » en ajoutant tous les marqueurs d’une phrase indépendante. Les tournures familières avec ddim existent dans la langue parlée, mais la construction en na/nad constitue le repère le plus sûr dans un texte suivi.
5. Changer de temps sans changer la relation
Le mot relatif ne fixe pas le moment de l’action. C’est le verbe à l’intérieur de la proposition qui situe l’événement.
| Valeur temporelle | Forme dans la relative | Exemple abrégé |
|---|---|---|
| présent ou situation actuelle | présent de bod ou autre forme présente | y bobl nad ydyn nhw wedi ateb |
| passé ponctuel | prétérit, c’est-à-dire passé d’un événement achevé | y dyn y gwelais i ei gar |
| passé duratif ou habituel | imparfait de bod ou tournure habituelle | y dafarn yr oedden ni’n arfer cwrdd ynddi |
| période passée considérée dans son ensemble | prétérit de bod + nom verbal | y tŷ y buon ni’n byw ynddo |
| futur | futur du verbe ou de bod | y prosiect y bydd hi’n gweithio arno |
| souhait ou hypothèse | conditionnel | y cwestiwn yr hoffwn i gael ateb iddo |
Le nom verbal est la forme du verbe employée après yn ou un auxiliaire, un peu comme l’infinitif français dans certaines constructions. Dans buon ni’n byw, byw est le nom verbal « vivre ». La forme buon présente la période comme révolue ; selon le contexte, le français rendra cette nuance par « nous avons vécu » ou « nous habitions ».
Exemples en contexte
| Gallois | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Y dyn y gwelais i ei gar oedd y pennaeth newydd. | L’homme dont j’ai vu la voiture était le nouveau directeur. | Ei gar reprend le possesseur masculin. |
| Dyma’r ferch y darllenais i ei herthygl. | Voici la fille dont j’ai lu l’article. | Ei herthygl reprend un possesseur féminin. |
| Y myfyrwyr y cyhoeddwyd eu canlyniadau ddoe oedd yn bryderus. | Les étudiants dont les résultats ont été publiés hier étaient inquiets. | Possesseur pluriel repris par eu. |
| Dyna’r tŷ y buon ni’n byw ynddo am bum mlynedd. | Voilà la maison où nous avons vécu pendant cinq ans. | Ynddo reprend tŷ, masculin. |
| Mae’r dafarn yr oedden ni’n arfer cwrdd ynddi wedi cau. | Le pub où nous avions l’habitude de nous retrouver a fermé. | Ynddi reprend tafarn, féminin. |
| Y fenyw yr ysgrifennais i ati atebodd y bore yma. | La femme à qui j’ai écrit a répondu ce matin. | Ati conserve la préposition « à ». |
| Dyma’r prosiect y bydd hi’n gweithio arno y flwyddyn nesaf. | Voici le projet sur lequel elle travaillera l’année prochaine. | Futur avec reprise en arno. |
| Y cwestiwn yr hoffwn i gael ateb iddo yw hwn. | Voici la question à laquelle j’aimerais obtenir une réponse. | Conditionnel avec reprise en iddo. |
| Y ferch nad oedd yn hapus aeth adref yn gynnar. | La fille qui n’était pas heureuse est rentrée tôt. | Nad devant la voyelle de oedd. |
| Dyma’r llyfr na ddarllenais i erioed. | Voici le livre que je n’ai jamais lu. | Na et mutation douce : darllenais → ddarllenais. |
| Mae’r bobl nad ydyn nhw wedi ateb yn cael nodyn atgoffa. | Les personnes qui n’ont pas répondu reçoivent un rappel. | Négation d’un accompli au présent. |
| Peidiwch â dal y trên na fydd yn stopio yma. | Ne prenez pas le train qui ne s’arrêtera pas ici. | Futur négatif : bydd → fydd. |
| Cawsom ni sgwrs am y broblem yr oedd pawb yn poeni amdani. | Nous avons parlé du problème qui inquiétait tout le monde. | Littéralement, tout le monde s’inquiétait « à son sujet ». |
| A wyt ti’n cofio’r athro y buon ni’n siarad amdano? | Tu te souviens du professeur dont nous parlions ? | Amdano reprend un antécédent masculin. |
Erreurs fréquentes
1. Employer y/yr sans laisser de trace de la relation
- Incorrect : y tŷ y buon ni’n byw
- Correct : y tŷ y buon ni’n byw ynddo
- Pourquoi : le verbe byw demande ici l’idée « dans la maison ». Ynddo garde cette relation à l’intérieur de la relative.
2. Copier directement le genre du nom français
- Incorrect : y tŷ y buon ni’n byw ynddi
- Correct : y tŷ y buon ni’n byw ynddo
- Pourquoi : même si « maison » est féminin en français, tŷ est masculin en gallois. La préposition de reprise doit suivre le genre gallois.
3. Oublier la mutation après le possessif
- Incorrect : y dyn y gwelais i ei car
- Correct : y dyn y gwelais i ei gar
- Pourquoi : le possessif masculin ei entraîne ici la mutation douce de car en gar.
4. Ajouter y devant une relative déjà négative
- Incorrect : y ferch y nad oedd yn hapus
- Correct : y ferch nad oedd yn hapus
- Pourquoi : nad introduit lui-même la relative négative ; il remplace y/yr, il ne s’y ajoute pas.
5. Négliger la mutation après na
- Incorrect : y trên na bydd yn stopio yma
- Correct : y trên na fydd yn stopio yma
- Pourquoi : na provoque la mutation douce de bydd en fydd.
6. Garder le présent pour raconter une situation passée
- Incorrect : y dafarn yr ydyn ni’n arfer cwrdd ynddi pour une habitude aujourd’hui terminée
- Correct : y dafarn yr oedden ni’n arfer cwrdd ynddi
- Pourquoi : la forme verbale de la relative doit suivre la chronologie réelle. Oedden place l’habitude dans le passé.
Notes d’usage
Le gallois écrit et le gallois parlé ne choisissent pas toujours les mêmes formes. Dans une prose assez soutenue, les particules relatives et les mutations sont généralement plus visibles. Dans la conversation, certaines particules peuvent être moins nettement prononcées, et les pronoms qui accompagnent une préposition — comme nhw dans amdanyn nhw — sont souvent conservés parce qu’ils rendent la référence claire. Il est utile de savoir reconnaître plusieurs styles, sans les mélanger au hasard dans la même phrase.
Les formes en y/yr + reprise sont particulièrement naturelles lorsque la préposition reste liée au verbe : byw yn « vivre dans », gweithio ar « travailler sur », poeni am « s’inquiéter de ». Apprendre chaque verbe avec sa préposition évite de choisir la reprise d’après le seul français. « Parler de » mène à siarad am, tandis que « écrire à » mène à ysgrifennu at.
La traduction française doit rester idiomatique. Y tŷ … ynddo n’a pas besoin d’être rendu par une lourde formule comme « la maison dans laquelle » : « la maison où » convient souvent. À l’inverse, le français dont peut correspondre soit à un possessif gallois (ei gar), soit à une préposition en am (amdano), selon ce que signifie réellement la phrase.
Pour aller plus loin : emplois avancés
Relative directe et relative indirecte
La distinction fondamentale ne dépend pas de la longueur de la phrase, mais du rôle de l’antécédent. Dans une relative directe soignée, on peut rencontrer a suivi d’une mutation douce : y dyn a welais, « l’homme que j’ai vu ». Dans une relative indirecte, y/yr annonce la proposition et la relation réapparaît plus loin : y dyn y siaradais i amdano, « l’homme dont j’ai parlé ».
| Type | Question à se poser | Marquage typique |
|---|---|---|
| directe | L’antécédent est-il directement sujet ou objet du verbe ? | a et mutation douce dans le registre soutenu |
| indirecte | Faut-il comprendre « à, dans, sur, de… » ou une possession ? | y/yr + préposition ou possessif de reprise |
| négative | La relative elle-même est-elle niée ? | na/nad, avec mutation après na |
Cette opposition aide davantage que la recherche d’un équivalent mot à mot de qui ou que.
Les relatives enchâssées
Une relative peut contenir une autre proposition : y llyfr y dywedodd hi ei bod wedi ei ddarllen, « le livre qu’elle a dit avoir lu ». Ei bod introduit ici le contenu « qu’elle avait lu », et le second ei reprend y llyfr devant le nom verbal darllen. Ces chaînes sont courantes dans une prose élaborée, mais elles demandent une référence très claire. Si plusieurs ei pourraient renvoyer à des personnes ou objets différents, il vaut souvent mieux reformuler en deux phrases.
Le choix du temps comme choix de point de vue
Deux temps peuvent décrire une réalité proche tout en présentant la situation différemment. Y tŷ yr oedden ni’n byw ynddo installe une situation en cours dans le passé : « la maison où nous habitions ». Y tŷ y buon ni’n byw ynddo envisage une période passée désormais achevée : « la maison où nous avons vécu ». La différence ne vient pas du relatif, mais du point de vue porté par oedden ou buon.
Enfin, l’accord de la reprise peut lever une ambiguïté que le français ne montre pas immédiatement. Les couples ynddo/ynddi, arno/arni et amdano/amdani obligent à identifier le genre grammatical de l’antécédent. C’est pourquoi les relatives avancées sont aussi un excellent exercice de révision du genre des noms et des mutations.
Conseils d’entraînement
- Transformez deux phrases en une seule. Partez de Buon ni’n byw yn y tŷ puis mettez y tŷ en tête : y tŷ y buon ni’n byw ynddo. Faites la même chose avec ar y prosiect, at y fenyw et am y broblem.
- Créez des paires de genre et de nombre. Alternez tŷ/tafarn/lleoedd et choisissez ynddo/ynddi/ynddyn nhw. Dites à voix haute ce qui justifie chaque forme.
- Faites varier uniquement le temps. Gardez une relative telle que y prosiect … arno, puis complétez-la au passé, au présent et au futur. Cet exercice sépare le mécanisme relatif de la conjugaison.
Notions connexes
- Prérequis : Propositions relatives de base — pour maîtriser d’abord les relatives simples et reconnaître l’antécédent.
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