B2

Les constructions infinitives en polonais

Konstrukcje Bezokolicznikowe

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de polonais sur Settemila Lingue.

En bref

L’infinitif polonais est une forme verbale non conjuguée, comme faire ou venir en français : robić, przyjść. Il sert notamment après un verbe ou un mot impersonnel, comme sujet d’une phrase, ou à exprimer le but après un verbe de déplacement : Chcę odpocząć, Trudno to wyjaśnić, Przyszedłem porozmawiać. Le polonais n’ajoute généralement ni de ni à devant cet infinitif.

Vue d’ensemble

L’infinitif est la forme du verbe qui ne marque ni la personne ni le nombre. Dans un dictionnaire polonais, les verbes apparaissent donc sous des formes comme czytać « lire », zrobić « faire » ou pomóc « aider ». Au niveau B2, l’enjeu n’est plus seulement de reconnaître cette forme, mais de choisir entre plusieurs constructions : infinitif seul, proposition introduite par żeby, ou groupe en do.

Ces tours sont très fréquents dans la conversation, les consignes et les textes informatifs. Ils permettent de ne pas nommer la personne qui agit : Warto spróbować signifie « Cela vaut la peine d’essayer », sans préciser qui essaie. Ils rendent aussi la phrase plus compacte : Przyszedłem ci pomóc correspond naturellement à « Je suis venu pour t’aider ».

Pour un francophone, deux réflexes demandent une attention particulière. D’une part, les prépositions françaises à, de et pour n’ont souvent aucun équivalent devant l’infinitif polonais. D’autre part, l’aspect du verbe (la manière de présenter l’action comme en cours/répétée ou comme menée à son terme) reste visible à l’infinitif : robić et zrobić sont tous deux des infinitifs, mais ils ne donnent pas le même point de vue.

Fonctionnement

Reconnaître l’infinitif

Beaucoup d’infinitifs polonais se terminent par : pisać « écrire », czytać « lire », zrozumieć « comprendre ». Certains se terminent par -c, notamment móc « pouvoir », pomóc « aider » et piec « cuire ». La forme ne change pas selon la personne :

Structure Exemple polonais Sens
verbe conjugué + infinitif Mogę zostać. Je peux rester.
mot impersonnel + infinitif Trzeba poczekać. Il faut attendre.
déplacement + infinitif de but Idę odpocząć. Je vais me reposer.
mot interrogatif + infinitif Co robić? Que faire ?

La négation nie se place directement devant l’infinitif : Postanowiłem nie odpowiadać « J’ai décidé de ne pas répondre » ; Lepiej nie czekać « Mieux vaut ne pas attendre ».

L’infinitif comme sujet

Un sujet est ce dont on dit quelque chose dans la phrase. Un infinitif peut remplir ce rôle :

  • Pływać jest zdrowo. — Nager est bon pour la santé.
  • Czekać dwie godziny nie ma sensu. — Attendre deux heures n’a aucun sens.
  • Pomagać innym to ważna rzecz. — Aider les autres est une chose importante.

Lorsque le sujet est un infinitif, le commentaire prend souvent une forme impersonnelle en -o, telle que zdrowo, miło, trudno ou łatwo. Ces mots ressemblent à des adverbes et ne s’accordent pas. Comparez :

  • Pływać jest zdrowo.pływać est un infinitif ; on emploie zdrowo.
  • Pływanie jest zdrowe.pływanie est un nom verbal neutre, c’est-à-dire un nom formé sur un verbe ; l’adjectif zdrowe s’accorde avec lui.

Dans la langue courante, le nom verbal est parfois plus naturel pour parler d’une activité en général : Pływanie jest zdrowe. L’infinitif reste tout à fait possible, surtout dans une appréciation, un contraste ou une formulation concise.

Après une expression impersonnelle

Les constructions impersonnelles ne désignent pas explicitement l’auteur de l’action. Elles sont particulièrement productives avec l’infinitif :

Expression Valeur habituelle Exemple
można possibilité, permission Można wejść. — On peut entrer.
trzeba nécessité Trzeba działać. — Il faut agir.
należy obligation, recommandation plutôt formelle Należy zachować ostrożność. — Il convient d’être prudent.
warto action qui vaut la peine Warto przeczytać tę książkę. — Cela vaut la peine de lire ce livre.
trudno / łatwo difficulté / facilité Łatwo się pomylić. — Il est facile de se tromper.
wolno / nie wolno permission / interdiction Nie wolno parkować. — Il est interdit de stationner.

La personne concernée peut parfois être indiquée au datif (le cas qui marque notamment le bénéficiaire ou la personne qui ressent la difficulté) : Trudno mi to wyjaśnić « J’ai du mal à expliquer cela », littéralement « Il m’est difficile de l’expliquer ». Les pronoms fréquents sont mi « à moi », ci « à toi », mu « à lui », jej « à elle », nam « à nous » et im « à eux/elles ».

L’infinitif garde ses propres compléments. Dans Warto przeczytać tę książkę, tę książkę est le complément d’objet direct (ce qui subit directement l’action) de przeczytać et prend l’accusatif.

Après un autre verbe

De nombreux verbes se construisent directement avec l’infinitif, sans équivalent de de ou à :

  • volonté ou intention : chcieć zrobić, zamierzać wyjechać, postanowić zostać ;
  • capacité ou obligation : móc pomóc, musieć pracować, potrafić pływać ;
  • début, continuation ou fin : zacząć mówić, przestać padać ;
  • préférence, crainte ou tentative : woleć poczekać, bać się zapytać, próbować zasnąć.

En règle générale, le sujet non exprimé de l’infinitif est le même que celui du verbe conjugué : Marta postanowiła wyjechać signifie que c’est Marta qui a décidé et qui partira. Si les deux actions ont des sujets différents, une proposition en żeby est souvent nécessaire : Marta chce, żeby Piotr wyjechał « Marta veut que Piotr parte ».

L’infinitif de but

Après un verbe de mouvement, d’arrivée ou de départ, l’infinitif peut indiquer directement le but :

  • Idę kupić chleb. — Je vais acheter du pain.
  • Przyszedłem ci pomóc. — Je suis venu pour t’aider.
  • Pojechali zwiedzić Kraków. — Ils sont partis visiter Cracovie.

Le français emploie volontiers pour, tandis que le polonais préfère ici l’infinitif nu. Cette construction suppose normalement que la même personne effectue le déplacement et l’action visée. Pour changer de sujet ou rendre le but plus explicite, on utilise żeby : Przyszedłem, żebyś mi pomógł « Je suis venu pour que tu m’aides ».

Co, jak, gdzie + infinitif

Un mot interrogatif peut précéder l’infinitif pour présenter une question pratique, un choix ou une possibilité :

  • Co robić? — Que faire ?
  • Jak to wyjaśnić? — Comment expliquer cela ?
  • Nie wiem, gdzie zaparkować. — Je ne sais pas où me garer.
  • Nie mam z kim porozmawiać. — Je n’ai personne avec qui parler.

Le tour nie ma co + infinitif signifie selon le contexte « il n’y a rien à… » ou « ce n’est pas la peine de… » : Nie ma co czekać « Ce n’est pas la peine d’attendre ». Avec mieć, la construction s’adapte à la personne : Mam co czytać « J’ai de quoi lire », Nie mamy gdzie spać « Nous n’avons nulle part où dormir ».

La construction en do après un adjectif

On rencontre souvent des groupes comme łatwy do zrobienia « facile à faire », trudny do zrozumienia « difficile à comprendre » ou gotowy do wysłania « prêt à être envoyé ». Ils expriment bien une idée proche de l’infinitif français, mais une précision grammaticale est importante : zrobienia, zrozumienia et wysłania ne sont pas des infinitifs polonais. Ce sont des noms verbaux au génitif, forme exigée après la préposition do.

Adverbe + véritable infinitif Adjectif + do + nom verbal
Łatwo to zrobić. — C’est facile à faire. To jest łatwe do zrobienia. — C’est facile à faire.
Trudno to zrozumieć. — C’est difficile à comprendre. Tekst jest trudny do zrozumienia. — Le texte est difficile à comprendre.

La première structure évalue l’action de manière impersonnelle. La seconde qualifie un nom précis ; l’adjectif s’accorde donc avec ce nom : łatwy tekst, łatwa książka, łatwe zadanie, łatwe ćwiczenia. Cette famille de constructions est traditionnellement étudiée avec les emplois de l’infinitif parce que la traduction française utilise souvent à + infinitif, mais il ne faut pas confondre les formes polonaises.

Exemples en contexte

Polonais Français Remarque
Pływać jest zdrowo. Nager est bon pour la santé. Infinitif sujet et commentaire impersonnel.
Trudno to zrozumieć bez kontekstu. C’est difficile à comprendre sans contexte. trudno + infinitif.
Warto wcześniej zarezerwować stolik. Cela vaut la peine de réserver une table à l’avance. Conseil impersonnel.
Nie wolno tu robić zdjęć. Il est interdit de prendre des photos ici. Interdiction générale.
Chcemy nauczyć się mówić po polsku. Nous voulons apprendre à parler polonais. Deux infinitifs dépendants ; się appartient à nauczyć się.
Postanowiła nie zmieniać pracy. Elle a décidé de ne pas changer d’emploi. nie précède l’infinitif.
Przyszedłem ci pomóc. Je suis venu pour t’aider. But, avec le même sujet.
Pojechali nad jezioro odpocząć. Ils sont allés au bord du lac pour se reposer. Déplacement suivi du but.
Nie wiem, jak mu to powiedzieć. Je ne sais pas comment le lui dire. Mot interrogatif + infinitif.
Nie mamy gdzie zostawić bagażu. Nous n’avons nulle part où laisser les bagages. Absence de lieu possible.
Nie ma co o tym dyskutować. Ce n’est pas la peine d’en discuter. Expression figée à valeur pragmatique.
Mam dziś dużo do zrobienia. J’ai beaucoup de choses à faire aujourd’hui. do zrobienia contient un nom verbal, non un infinitif.
Ta instrukcja jest łatwa do zrozumienia. Cette notice est facile à comprendre. Adjectif accordé + do + nom verbal.
Łatwo się tutaj zgubić. Il est facile de se perdre ici. się fait partie de zgubić się.
Trudno mi odmówić takiej propozycji. J’ai du mal à refuser une telle proposition. mi indique la personne concernée.

Erreurs fréquentes

Ajouter une préposition sur le modèle français

  • Incorrect : Przyszedłem dla pomóc.
  • Correct : Przyszedłem pomóc.
  • Pourquoi : après un verbe de déplacement, le but peut être exprimé par l’infinitif seul. Le pour français ne se traduit pas ici par dla.

Employer l’infinitif quand les sujets sont différents

  • Incorrect : Chcę Piotr przyjść wcześniej.
  • Correct : Chcę, żeby Piotr przyszedł wcześniej.
  • Pourquoi : chcę przyjść signifie que « je » viendrai. Pour dire que Piotr doit venir, il faut une proposition avec żeby et un verbe conjugué.

Accorder un mot impersonnel avec l’infinitif

  • Incorrect : Pływać jest zdrowe.
  • Correct : Pływać jest zdrowo.
  • Pourquoi : avec l’infinitif sujet, on emploie la forme impersonnelle zdrowo. Zdrowe convient avec le nom neutre pływanie : Pływanie jest zdrowe.

Prendre zrobienia pour un infinitif

  • Incorrect : considérer zrobienia comme la forme de dictionnaire de « faire ».
  • Correct : l’infinitif est zrobić ; dans łatwy do zrobienia, zrobienia est un nom verbal après do.
  • Pourquoi : l’équivalent français « facile à faire » masque la différence de structure entre les deux langues.

Oublier l’aspect

  • Peu adapté : Muszę czytać ten e-mail do końca. si l’idée est de le lire entièrement une fois.
  • Naturel : Muszę przeczytać ten e-mail do końca.
  • Pourquoi : czytać présente la lecture comme un processus ou une activité répétée ; przeczytać vise ici son accomplissement complet.

Mal placer nie

  • Incorrect : Postanowiłem odpowiadać nie.
  • Correct : Postanowiłem nie odpowiadać.
  • Pourquoi : la négation de l’action exprimée par l’infinitif se place juste devant celui-ci.

Remarques d’usage

Les formes trzeba, można, warto et nie wolno sont neutres et extrêmement courantes. Należy appartient davantage aux règlements, aux notices et aux recommandations formelles : Należy wypełnić formularz drukowanymi literami « Il convient de remplir le formulaire en lettres capitales ». Dans une conversation, trzeba est souvent plus spontané.

Nie ma co… est très fréquent à l’oral. Selon l’intonation et le contexte, il peut être purement descriptif (Nie ma co jeść « Il n’y a rien à manger ») ou décourager une action (Nie ma co się martwić « Ce n’est pas la peine de s’inquiéter »). La traduction française doit donc suivre le sens, pas une formule unique.

Avec un déplacement, l’infinitif de but est bref et naturel : Idę spać, Wpadłem porozmawiać. Une proposition en żeby reste possible lorsque le locuteur veut développer le but, éviter une ambiguïté ou introduire un autre sujet. La construction infinitive n’est donc pas un remplacement automatique de chaque pour + infinitif français.

Enfin, l’ordre des mots peut varier pour mettre un élément en relief : Pomóc ci nie mogę, ale mogę posłuchać « T’aider, je ne le peux pas, mais je peux écouter ». L’ordre neutre demeure Nie mogę ci pomóc.

Pour aller plus loin

Choisir l’aspect de l’infinitif

Une construction infinitive ne neutralise pas l’opposition aspectuelle. L’imperfectif présente une activité, une répétition ou un processus ; le perfectif envisage généralement un résultat ou une action unique menée à son terme :

  • Lubię czytać wieczorem. — J’aime lire le soir : habitude, donc czytać.
  • Muszę przeczytać raport do jutra. — Je dois avoir lu le rapport pour demain : résultat attendu, donc przeczytać.
  • Nie wolno tu parkować. — Il est interdit de stationner ici : règle générale, donc parkować.
  • Spróbuj otworzyć okno. — Essaie d’ouvrir la fenêtre : tentative orientée vers un résultat, donc otworzyć.

Le choix exact dépend aussi du verbe principal et du contexte. Il vaut mieux apprendre les paires aspectuelles dans des phrases complètes que comme deux traductions françaises identiques.

L’infinitif comme consigne

Dans les panneaux, recettes, formulaires et instructions, l’infinitif peut fonctionner comme une consigne impersonnelle : Nie dotykać! « Ne pas toucher ! », Przechowywać w chłodnym miejscu « Conserver dans un endroit frais ». Le ton est général et administratif ; adressé directement à une personne dans une conversation, l’impératif est souvent plus naturel.

On trouve aussi proszę + infinitif pour une demande polie mais ferme : Proszę usiąść « Veuillez vous asseoir », Proszę nie otwierać okna « Veuillez ne pas ouvrir la fenêtre ». Malgré le sens de « demander », proszę est ici suivi directement de l’infinitif.

Des structures condensées

Certains tours présentent une action comme la seule étape restante ou comme suffisante :

  • Pozostaje tylko czekać. — Il ne reste plus qu’à attendre.
  • Wystarczy nacisnąć ten przycisk. — Il suffit d’appuyer sur ce bouton.
  • Nie pozostaje nam nic innego, jak wrócić. — Il ne nous reste rien d’autre à faire que rentrer.

Ces structures sont utiles à l’écrit comme à l’oral. Elles illustrent une tendance générale du polonais : quand l’auteur de l’action est évident, générique ou sans importance, l’infinitif permet une formulation dense sans créer de proposition personnelle complète.

Conseils pratiques

  1. Transformez une même idée de trois façons. Partez de Czytanie jest przyjemne, puis comparez Czytać jest przyjemnie et Przyjemnie jest czytać wieczorem. Vous verrez ainsi la différence entre nom verbal, infinitif sujet et commentaire impersonnel.
  2. Constituez des blocs plutôt que des mots isolés. Mémorisez warto spróbować, nie wolno palić, nie ma co czekać, iść kupić et łatwy do zrobienia. Pour ce dernier, notez explicitement « nom verbal après do ».
  3. Travaillez l’aspect par paires contextualisées. Inventez une phrase habituelle avec czytać, robić, oglądać, puis une phrase orientée vers un résultat avec przeczytać, zrobić, obejrzeć.

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Prérequis

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