Grammaire finnois
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A1 (30)
Les six pronoms personnels sujets de base sont minä, sinä, hän, me, te et he. Hän signifie aussi bien « il » qu’« elle » : le finnois ne marque pas le genre dans ce pronom. Comme la terminaison du verbe indique souvent la personne, minä et sinä, notamment, peuvent être omis : Puhun suomea signifie naturellement « Je parle finnois ».
En finnois, beaucoup de suffixes ont deux variantes : l’une avec a, o, u, l’autre avec ä, ö, y. Un mot contenant a, o ou u prend normalement la variante arrière, comme talo → talossa ; un mot contenant ä, ö ou y prend la variante avant, comme pöytä → pöydässä. Les voyelles e et i sont neutres ; si elles sont seules, on choisit en général la variante avant : nimi → nimessä.
Le nominatif est la forme de base du nom : auto, « voiture ». Le partitif présente souvent une quantité non délimitée, un élément partiellement concerné ou une action sans résultat total : Juon kahvia, « Je bois du café ». Il s’emploie aussi après un nombre supérieur à un — kolme autoa, « trois voitures » — et normalement pour l’objet d’une phrase négative : En osta autoa, « Je n’achète pas de voiture ».
Le génitif finnois se reconnaît le plus souvent à sa terminaison -n. Il sert notamment à placer un possesseur devant ce qui lui appartient — auton ovi, « la porte de la voiture » — et à former le complément de nombreuses postpositions — talon edessä, « devant la maison ». La même forme en -n marque aussi, dans certaines phrases affirmatives, un objet envisagé dans sa totalité : Ostan auton, « J’achète la voiture ».
Olla correspond le plus souvent au verbe français « être ». Au présent, on emploie olen, olet, on, olemme, olette, ovat ; à la forme négative, c’est le verbe de négation qui porte la personne : en ole, et ole, ei ole, etc. Olla sert à exprimer l’identité, un état, un lieu, l’existence et, dans la structure minulla on, la possession.
Le finnois n'emploie pas de verbe courant équivalent au français avoir. Il place la personne à l'adessif — une forme en -lla/-llä — puis utilise toujours on : Minulla on koira signifie « J'ai un chien », mot à mot « auprès de moi est un chien ». Pour nier, on dit ei ole et le nom passe généralement au partitif : Minulla ei ole koiraa.
Le présent finnois, le preesens, se forme avec un radical et une terminaison personnelle : puhun « je parle », puhut « tu parles », puhumme « nous parlons ». Il exprime aussi bien une action actuelle qu’une habitude ou, avec un repère temporel, un fait futur. La règle de base est simple ; c’est la formation du radical, différente selon les six types de verbes, qui demande de l’entraînement.
Pour conjuguer un verbe finnois, on part de son infinitif — la forme donnée par le dictionnaire — puis on construit un radical, c’est-à-dire la partie qui reçoit les terminaisons personnelles. Au type 1, on retire le dernier -a/-ä ; au type 2, -da/-dä ; au type 3, on retire la fin de l’infinitif et on ajoute -e-. Ainsi : puhua → puhun, syödä → syön et tulla → tulen.
Au présent, le finnois emploie un verbe négatif qui varie selon la personne : en, et, ei, emme, ette, eivät. Il est suivi du verbe principal sans terminaison personnelle : puhun « je parle » devient en puhu « je ne parle pas ». Contrairement au français, il n’y a donc pas deux éléments équivalant à ne… pas autour du verbe.
Pour poser une question à laquelle on répond par oui ou par non, le finnois ajoute généralement -ko/-kö au verbe conjugué et place celui-ci au début : Puhut suomea devient Puhutko suomea? Pour demander une information, on commence plutôt par un mot interrogatif comme missä « où » ou miksi « pourquoi » : Missä asut? On n’ajoute alors normalement pas -ko/-kö.
Le finnois exprime souvent « dans », « de l’intérieur de » et « dans, vers l’intérieur de » en ajoutant une terminaison au nom. Les trois formes de base sont -ssa/-ssä pour le lieu où l’on est, -sta/-stä pour le lieu d’où l’on sort et l’illatif, dont la terminaison varie, pour le lieu où l’on entre : talossa « dans la maison », talosta « de la maison », taloon « dans la maison, en y entrant ».
Le finnois distingue trois cas locaux externes : -lla/-llä indique une position (pöydällä, « sur la table »), -lta/-ltä un mouvement depuis cette position (pöydältä, « de la table ») et -lle un mouvement vers elle (pöydälle, « sur la table, en direction de »). Ces mêmes formes servent aussi avec certains lieux, les personnes et plusieurs emplois abstraits : Annalla peut signifier « chez Anna » ou, dans une phrase possessive, « Anna a ».
En finnois, on dit yksi auto « une voiture », mais kaksi autoa « deux voitures » : à partir de 2, le nom compté se met généralement au partitif singulier. Pour l’heure, retenez Kello on kolme « Il est trois heures » et surtout puoli neljä « trois heures et demie », littéralement « la moitié vers quatre ». Les jours prennent souvent -na/-nä pour situer une action, comme maanantaina « lundi ».
En finnois, la personne qui possède quelque chose peut être indiquée par un suffixe placé à la fin du nom : kirja « livre » devient kirjani « mon livre » et kirjasi « ton livre ». Les suffixes de base sont -ni, -si, -nsa/-nsä, -mme et -nne. Dans la langue écrite soignée, ils restent présents même quand le possesseur est aussi exprimé par minun, sinun, hänen, meidän, teidän ou heidän.
Devant un nom, l’adjectif finnois prend normalement le même nombre et le même cas que ce nom : iso talo « une grande maison », isot talot « de grandes maisons », isossa talossa « dans une grande maison ». Contrairement au français, il ne varie pas selon le genre. Après olla (« être »), il est attribut : Talo on iso « La maison est grande » ; il ne reprend alors pas un éventuel cas local du nom.
Pour saluer, hei convient dans presque toutes les situations, tandis que moi est plus familier. Retenez aussi kiitos (« merci »), anteeksi (« pardon »), hyvää huomenta (« bonjour » le matin) et hyvää päivää (« bonjour » dans la journée). En finnois, quelques formules courtes et bien prononcées suffisent déjà à mener un premier échange poli.
Les sept conjonctions essentielles sont ja « et », mutta « mais », tai « ou », koska « parce que », kun « quand », jos « si » et että « que ». Elles relient soit des mots, soit des propositions, c’est-à-dire des groupes de mots organisés autour d’un verbe. Contrairement à certaines langues, le finnois conserve généralement l’ordre normal des mots après une conjonction.
Le finnois distingue trois séries : tämä–nämä pour ce qui est proche, tuo–nuo pour ce qui est plus éloigné mais perceptible, et se–ne pour ce qui est déjà connu ou évoqué. Ces mots ne marquent pas le genre, mais ils s'accordent en nombre et en cas avec le nom : tässä kirjassa signifie « dans ce livre ».
En finnois, un même lieu s'exprime souvent avec trois formes différentes selon qu'on y est, qu'on s'y dirige ou qu'on en vient : täällä « ici », tänne « vers ici », täältä « d'ici ». Pour débuter, associez chaque forme à une question : missä? « où ? », mihin? « vers où ? » ou mistä? « d'où ? ».
Les adverbes nyt « maintenant », tänään « aujourd’hui », eilen « hier » et huomenna « demain » situent une action dans le temps. Aina « toujours », usein « souvent » et joskus « parfois » en indiquent la fréquence ; pour dire « jamais », on emploie normalement le verbe négatif avec koskaan : En käy koskaan « Je n’y vais jamais ». L’adverbe peut ouvrir la phrase pour poser le cadre temporel ou rester près du verbe.
En finnois, de nombreux mots correspondant aux prépositions françaises se placent après leur complément : talon edessä signifie « devant la maison », littéralement « de-la-maison devant ». Dans la règle de base, le nom placé avant la postposition est au génitif, souvent marqué par -n : talo → talon. Quelques postpositions demandent toutefois un autre cas ; elles sont présentées plus loin comme des exceptions.
En finnois, paljon (« beaucoup »), vähän (« peu, un peu »), tarpeeksi (« assez ») et monta (« beaucoup de, de nombreux ») sont normalement suivis du partitif, c’est-à-dire d’une forme du nom qui présente une quantité comme non délimitée. On dit ainsi paljon työtä (« beaucoup de travail »), paljon kirjoja (« beaucoup de livres ») et monta kirjaa (« beaucoup de livres »). Attention : avec un nom comptable, paljon appelle généralement le partitif pluriel, tandis que monta appelle le partitif singulier.
L’ordre neutre d’une phrase finnoise est généralement sujet – verbe – objet : Minä luen kirjaa (« Je lis un livre »). Le finnois peut toutefois placer en tête le thème ou l’élément que l’on veut opposer à un autre, car les terminaisons des mots indiquent souvent leur fonction. Dans une question sans mot interrogatif, on ajoute normalement -ko/-kö au verbe placé au début : Luetko kirjaa? (« Est-ce que tu lis un livre ? »).
En finnois, pitää et täytyy expriment l’obligation avec une construction particulière : la personne concernée se met au génitif et le verbe reste à la troisième personne du singulier, par exemple minun pitää mennä (« je dois partir »). Voida, saada et haluta se conjuguent normalement : voin mennä (« je peux partir »), saan mennä (« j’ai le droit de partir »), haluan mennä (« je veux partir »). Dans tous ces cas, le deuxième verbe reste à l’infinitif.
Le finnois possède quelques cas mineurs, c’est-à-dire des terminaisons grammaticales dont l’emploi est plus limité que celui des cas courants. L’abessif en -tta/-ttä exprime l’absence (rahatta, « sans argent »), le comitatif en -ine- l’accompagnement (perheineen, « avec sa famille ») et l’instructif en -n apparaît surtout dans des expressions de manière comme jalan, « à pied ».
Les six verbes essentiels sont mennä « aller », tulla « venir », lähteä « partir », saapua « arriver », kävellä « marcher » et ajaa « conduire ». Pour indiquer la destination, le finnois modifie généralement la fin du nom : kouluun « à l’école », torille « sur la place du marché ». Il faut donc apprendre ensemble le verbe, la direction et la forme du lieu.
Pour dire « aimer » au sens d’« apprécier », le finnois emploie surtout pitää ou tykätä, puis met ce qui est apprécié à l’élatif (un cas, c’est-à-dire une forme du nom), en -sta/-stä : Pidän kahvista et Tykkään kahvista signifient « J’aime le café ». Pitää est généralement neutre et convient bien à l’écrit ; tykätä est très fréquent dans la conversation.
Le nominatif pluriel se termine généralement par -t : auto → autot, kirja → kirjat. Quand ce groupe nominal est le sujet (le mot ou groupe de mots dont on dit quelque chose), le verbe se met normalement au pluriel : Autot ovat kalliita. Attention : après olla « être », l’adjectif attribut prend le plus souvent le partitif pluriel, comme kalliita, et non la forme en -t.
En finnois, on peut exprimer une permission, une obligation ou un conseil sans nommer de sujet : le verbe reste alors à la troisième personne du singulier, sans équivalent de on ou de il. Ainsi, Täällä saa uida signifie « On peut se baigner ici », et Kannattaa yrittää « Cela vaut la peine d’essayer ». Le verbe qui décrit l’action se place généralement à l’infinitif.
Les nombres ordinaux indiquent un rang : ensimmäinen « premier », toinen « deuxième », kolmas « troisième ». En finnois, ils se comportent comme des adjectifs : leur terminaison change avec le cas (la forme qui indique le rôle du mot), comme dans kolmas luokka « la troisième classe » mais kolmannella luokalla « en troisième classe ». Dans une date, on dit couramment kolmas toukokuuta « le 3 mai ».
A2 (12)
L’imperfekti est le temps courant pour raconter une action ou une situation située dans un passé révolu : Puhuin hänen kanssaan (« J’ai parlé avec lui/elle »). À l’affirmatif, il comporte généralement un -i- avant les terminaisons personnelles ; à la forme négative, on emploie le verbe négatif (en, et, ei…) suivi d’un participe : en puhunut (« je n’ai pas parlé »). Malgré son nom, il ne correspond pas uniquement à l’imparfait français.
Le perfekti se forme avec olla (« être ») au présent et un participe passé (une forme du verbe qui présente l’action comme accomplie) : olen puhunut signifie « j’ai parlé ». Il relie généralement un fait passé à la situation présente : expérience vécue, résultat actuel ou période qui continue. Le participe se termine habituellement par -nut/-nyt au singulier et par -neet au pluriel.
Les types 4, 5 et 6 se reconnaissent à la fin de leur infinitif : -ata/-ätä et formes proches pour le type 4, -ita/-itä pour le type 5, -eta/-etä pour le type 6. Pour obtenir le radical du présent, on forme respectivement un radical en -a/-ä, -itse- ou -ene- : haluta → halua-, tarvita → tarvitse-, vanheta → vanhene-. On ajoute ensuite les terminaisons personnelles ordinaires : haluan, tarvitset, vanhenee.
En finnois, k, p et t peuvent changer dans le radical d’un mot lorsqu’on lui ajoute une terminaison : kauppa devient kaupan, katu devient kadun et aika devient ajan. Cette alternance consonantique, appelée astevaihtelu, fait alterner un degré fort et un degré faible. Pour commencer, apprenez chaque nom avec son génitif et chaque verbe avec sa première personne : ces formes révèlent immédiatement l’alternance.
En finnois, la forme de l’objet indique comment on envisage l’action. On emploie en général le partitif si la phrase est négative, si l’action reste en cours ou si la quantité n’est pas délimitée ; un objet total singulier prend généralement le génitif dans une phrase affirmative ordinaire, mais le nominatif dans certains cadres, notamment à l’impératif : Luen kirjaa, Luin kirjan, Lue kirja!
L’essif en -na/-nä présente une personne ou une chose dans un rôle ou un état : opettajana « en tant que professeur ». Le translatif en -ksi indique ce que cette personne ou cette chose devient, ou le résultat obtenu : opettajaksi « pour devenir professeur ». Retenez ce contraste simple : situation ou rôle actuel → essif ; changement ou résultat → translatif.
En finnois, on forme généralement le comparatif avec -mpi et le superlatif avec -in : iso → isompi → isoin (« grand → plus grand → le plus grand »). Pour exprimer « que », on emploie soit kuin, soit le terme comparé au partitif (un cas, c’est-à-dire une forme prise par le nom) : vanhempi kuin minä ou minua vanhempi. La série la plus importante à apprendre séparément est hyvä → parempi → paras (« bon → meilleur → le meilleur »).
Le finnois emploie itse pour « soi-même » : Tein sen itse signifie « Je l’ai fait moi-même ». Quand itse est complément, il reçoit à la fois la marque du cas exigé et un suffixe indiquant la personne : itseni « moi-même », itseäsi « toi-même », itselleen « à lui-même / à elle-même ». Il ne correspond toutefois pas automatiquement au se des verbes pronominaux français.
En finnois, certains verbes imposent un cas précis à leur complément : on dit pitää musiikista « aimer la musique », mais odottaa bussia « attendre le bus ». Le français choisit souvent une préposition comme « à » ou « de » ; le finnois modifie généralement la fin du nom ou du pronom. Il faut donc apprendre le verbe avec son cas, comme une seule unité.
Au nominatif, c’est-à-dire dans la forme de base employée notamment pour le sujet, le pluriel finit généralement en -t : talo → talot (« maison → maisons »). Dans les autres cas courants, le finnois emploie un radical pluriel contenant -i- : taloissa (« dans les maisons »), taloista (« hors des maisons »). Le partitif pluriel, fréquent pour une quantité indéterminée, prend des formes comme taloja, kyliä ou huoneita.
En finnois, on adoucit souvent une demande grâce au conditionnel (une forme verbale qui présente l’action comme éventuelle) : Voisitko auttaa? signifie « Pourrais-tu m’aider ? » et Saisinko kahvia? « Pourrais-je avoir du café ? ». Il n’existe pas un mot unique à ajouter partout comme « s’il vous plaît » : la forme du verbe, la situation, l’intonation et parfois kiitos construisent ensemble la politesse.
Pour donner un avis, placez minusta (« à mon avis ») ou mielestäni (« selon moi ») devant une phrase : Minusta se on hyvä idea. Pour nommer un sentiment, employez olla + adjectif : Olen iloinen. Pour décrire une impression, utilisez tuntua + adjectif en -lta/-ltä : Tuntuu hyvältä.
B1 (14)
Le conditionnel finnois se reconnaît généralement au marqueur -isi-, placé avant la terminaison personnelle : puhu-isi-n « je parlerais », puhu-isi-t « tu parlerais ». Il sert surtout à présenter une situation imaginée et à adoucir une demande : Jos voisin, auttaisin « Si je pouvais, j’aiderais » ; Voisitko auttaa? « Pourriez-vous m’aider ? »
Pour donner un ordre à une personne que l’on tutoie, le finnois emploie généralement le radical du verbe : puhua « parler » devient Puhu! « Parle ! ». À plusieurs personnes — ou à une personne que l’on vouvoie — on ajoute -kaa/-kää : Puhukaa! Pour interdire quelque chose, on place älä devant la forme brève : Älä puhu! « Ne parle pas ! »
Le finnois ne possède pas un seul infinitif passe-partout. Il choisit une forme selon le rapport exprimé : puhua « parler », puhuessa « en parlant / pendant que… », puhumassa « en train de parler », puhumaan « pour aller parler » et puhumasta « après avoir parlé / de l’activité de parler ». Il faut donc apprendre non seulement la terminaison, mais aussi le verbe ou la situation qui appelle chaque forme.
Le pluskvamperfekti situe un fait avant un autre moment du passé. Il se forme avec l’imparfait du verbe olla (« être ») et un participe passé : olin syönyt signifie « j’avais mangé ». Au pluriel, le participe prend lui aussi la forme plurielle : olimme syöneet, « nous avions mangé ».
Le passiivi finnois présente une action sans nommer précisément la personne qui l’accomplit : Täällä puhutaan suomea signifie « Ici, on parle finnois ». Il n’a qu’une forme par temps, sans accord avec une personne, et se traduit souvent en français par on ou par un passif avec être. Dans la langue parlée, cette même forme sert aussi très couramment à parler de nous : Me mennään (« On y va / Nous y allons »).
Le pronom relatif finnois joka correspond souvent à « qui », « que », « dont » ou « où », mais il change de forme selon son rôle dans la proposition relative : joka est sujet, jonka peut marquer un objet total ou un possesseur, et jossa signifie « dans lequel » ou « où ». Le nom repris détermine le singulier ou le pluriel ; le verbe, la possession ou la relation de lieu détermine le cas à employer.
Le conditionnel parfait finnois se construit avec le conditionnel du verbe olla (« être »), puis un participe passé : olisin puhunut signifie « j’aurais parlé ». Il sert surtout à imaginer un passé différent, à exprimer un regret ou à dire ce qui aurait été possible. Dans une phrase avec jos (« si »), le finnois emploie volontiers cette forme dans les deux propositions : Jos olisin tiennyt, olisin tullut (« Si j’avais su, je serais venu »).
Une phrase conditionnelle finnoise relie une condition introduite le plus souvent par jos (« si ») à sa conséquence. Pour une condition réelle, on emploie normalement l’indicatif présent ; pour une hypothèse irréelle, le conditionnel apparaît généralement dans les deux propositions ; pour un passé qui ne s’est pas réalisé, les deux propositions prennent le conditionnel passé.
Pour dire comment une action se déroule, le finnois forme très souvent un adverbe en -sti à partir d’un adjectif : nopea « rapide » devient nopeasti « rapidement », et kaunis « beau » devient kauniisti « joliment ». Quelques mots très fréquents ont une forme à mémoriser, surtout hyvin « bien ». L’adverbe ne s’accorde pas et ne reçoit normalement aucune terminaison de cas.
Le quatrième infinitif en -minen transforme une action en nom : lukea « lire » devient lukeminen « le fait de lire, la lecture ». Cette forme, très fréquente, se décline comme un nom finnois. Le cinquième infinitif s’emploie presque toujours avec olla et un suffixe possessif : olin lähtemäisilläni signifie « j’étais sur le point de partir ».
Une proposition temporelle indique quand une action a lieu par rapport à une autre. En finnois, on emploie surtout kun (« quand »), ennen kuin (« avant que »), sen jälkeen kun (« après que »), kunnes (« jusqu’à ce que ») et samalla kun (« pendant que »). Contrairement au français, ces expressions ne déclenchent pas le subjonctif : on choisit simplement le présent, l’imparfait finnois, le parfait ou le plus-que-parfait selon le rapport temporel voulu.
Le finnois emploie puhuttiin pour raconter qu’« on a parlé » ou qu’« il a été parlé », on puhuttu pour un fait passé encore pertinent, et oli puhuttu pour un fait antérieur à un autre moment passé. Le conditionnel puhuttaisiin signifie « on parlerait » : malgré sa présence dans cette famille de formes, ce n’est pas en lui-même un temps du passé.
Vaikka introduit une proposition qui signifie « bien que » ou « même si » : Vaikka satoi, menimme ulos. Pour « malgré », on emploie surtout nom à l’élatif + huolimatta : sateesta huolimatta. Siitä huolimatta signifie « néanmoins » et kun taas met deux faits en contraste, comme « tandis que » ou « alors que ».
Pour exprimer un but, le finnois emploie surtout jotta suivi du conditionnel : Opiskelen, jotta oppisin suomea « J’étudie afin d’apprendre le finnois ». Lorsque le sujet reste le même, une construction infinitive est souvent plus concise : Opiskelen oppiakseni suomea. Pour présenter un résultat, on utilise couramment niin…että avec un verbe à l’indicatif : Olen niin väsynyt, etten jaksa « Je suis si fatigué que je n’en peux plus ».
B2 (10)
Les participes finnois (partisiipit) sont des formes verbales qui peuvent décrire un nom comme le ferait un adjectif. Les quatre formes centrales sont l’actif présent en -va/-vä (puhuva mies, « un homme qui parle »), l’actif passé en -nut/-nyt (puhunut mies, « un homme qui a parlé »), le passif présent en -tava/-tävä (luettava kirja, « un livre à lire ») et le passif passé, souvent en -ttu/-tty (luettu kirja, « un livre lu »).
Pour rapporter une affirmation, le finnois offre deux constructions principales : une proposition avec että (« que »), très courante dans tous les registres, ou une construction participiale plus compacte : Hän sanoi, että hän on väsynyt et Hän sanoi olevansa väsynyt. Contrairement au français, le finnois ne pratique pas une concordance mécanique des temps : avec että, le choix du temps dépend du moment auquel le contenu est présenté ; dans la construction participiale, -va/-vä marque surtout la simultanéité et -nut/-nyt, sous la forme -neen, l’antériorité.
Les lauseenvastikkeet condensent une proposition subordonnée en une construction sans verbe conjugué : Kun tulin kotiin devient ainsi Tullessani kotiin (« quand je suis rentré chez moi »). Les trois grands emplois étudiés au niveau B2 expriment le temps, le contenu d’une pensée ou d’une parole, et le but. Ils sont particulièrement fréquents dans la langue écrite soignée.
Le potentiel finnois (potentiaali) présente un fait comme probable ou supposé, et non comme certain : Hän tullee huomenna signifie « Il/Elle viendra probablement demain ». Il se reconnaît souvent au marqueur -ne-, mais certaines consonnes le modifient, comme dans tullee. Ce mode appartient surtout à la langue écrite ou soutenue ; dans la conversation courante, on préfère souvent un adverbe tel que varmaan ou ehkä.
En finnois, le choix d’un cas peut changer le point de vue sur toute l’action. Le partitif présente souvent un procès sans résultat atteint, l’essif un état ou un rôle valable dans une situation, le translatif le passage à un nouvel état, et l’ablatif une personne ou une institution qui fournit une information. Il faut donc choisir le cas d’après le sens voulu, et non traduire automatiquement une préposition française.
Le participe d’agent finnois en -ma/-mä condense une proposition relative en indiquant qui accomplit l’action : äidin tekemä kakku signifie « le gâteau que la mère a fait ». L’auteur de l’action se met au génitif et le participe s’accorde avec le nom qu’il précise. Avec un pronom personnel, le finnois standard ajoute aussi un suffixe possessif : minun tekemäni kakku.
Pour introduire une cause exprimée par une proposition, on emploie surtout koska (« parce que ») ou sillä (« car »). Devant un nom, takia et vuoksi correspondent à « à cause de » et se placent après ce nom au génitif : tuulen vuoksi. Pour annoncer un résultat, on choisit notamment joten (« donc, si bien que »), siksi (« c’est pourquoi ») ou la structure niin… että (« tellement… que »).
Pour dire qu’une personne doit faire quelque chose, le finnois place souvent cette personne au génitif et garde l’expression de nécessité à la troisième personne du singulier : minun täytyy lähteä, « je dois partir ». Le choix entre pitää, täytyy, on pakko, on määrä et pitäisi précise s’il s’agit d’une obligation, d’une contrainte, d’un programme prévu ou d’un conseil.
Une phrase existentielle finnoise présente ce qui se trouve, apparaît ou se produit dans un lieu ou une situation : Pöydällä on kirja (« Il y a un livre sur la table »). Son schéma courant est lieu + verbe à la 3e personne du singulier + sujet placé après le verbe. Le sujet est au nominatif s'il désigne une unité entière, mais il est souvent au partitif avec une quantité non délimitée et toujours au partitif dans une phrase existentielle négative.
En finnois, les cas ne servent pas uniquement à situer quelque chose dans l’espace. Le translatif en -ksi présente un résultat ou une nouvelle fonction, l’essif en -na/-nä un état ou un rôle dans lequel on se trouve, et l’élatif en -sta/-stä peut introduire un thème, une source ou le complément exigé par certains mots. On dira donc tulla sairaaksi « tomber malade », työskennellä opettajana « travailler comme professeur » et puhua asiasta « parler de l’affaire ».
C1 (8)
Un verbe causatif indique que le sujet ne réalise pas forcément l’action lui-même : il la fait faire, la provoque ou en charge quelqu’un. Le finnois construit beaucoup de ces verbes avec un dérivé en -tta-/-ttä- ou une variante apparentée : tehdä « faire » → teettää « faire faire », korjata « réparer » → korjauttaa « faire réparer ». Leur formation n’est toutefois pas entièrement mécanique : il faut apprendre chaque infinitif avec son sens et ses changements de radical.
Les verbes fréquentatifs finnois présentent une action comme répétée, intermittente, détendue ou sans objectif bien délimité : lukea « lire » devient lueskella « lire par-ci par-là, feuilleter tranquillement ». Beaucoup comportent l’élément -ele-, mais leur formation n’est pas entièrement prévisible : il vaut mieux apprendre ajella, istuskella ou käyskennellä comme des verbes à part entière, avec leur nuance propre.
Le kirjakieli est la variété standardisée employée dans les textes publics, professionnels et scolaires. Il conserve les formes grammaticales complètes — minä olen, me menemme, kirjassani — là où la conversation quotidienne emploie souvent mä oon, me mennään ou mun kirjassa. Écrire correctement ne consiste toutefois pas à rendre chaque phrase bureaucratique : un bon texte standard reste clair, précis et adapté à son lecteur.
Le finnois crée beaucoup de vocabulaire en ajoutant un ou plusieurs suffixes à une base : opettaa « enseigner » donne opettaja « enseignant », et koti « domicile » donne koditon « sans domicile ». Les quatre familles essentielles présentées ici sont -ja/-jä pour une personne qui accomplit une action, -us/-ys pour un état, une qualité, une action ou son résultat, -ton/-tön pour l'absence, et -llinen pour la présence d'une qualité. La forme exacte du radical peut toutefois changer : il ne suffit donc pas toujours de coller mécaniquement une terminaison au mot du dictionnaire.
En finnois, les éléments d’un mot composé s’écrivent normalement en un seul mot, sans espace : sana « mot » + kirja « livre » donne sanakirja « dictionnaire ». Le dernier élément est le mot principal : il indique de quel type de chose il s’agit et reçoit généralement les marques de cas et de nombre. Un trait d’union apparaît dans certains cas précis, notamment lorsque deux voyelles identiques se rencontrent : linja-auto « autobus ».
Le finnois ne transpose pas automatiquement tous les temps après un verbe au passé comme le fait souvent le français. Il indique surtout si l’action subordonnée est simultanée, antérieure ou postérieure à celle de la proposition principale. Dans une construction participiale, olevan ou tulevan présentent une situation simultanée ou attendue, tandis que olleen ou tulleen marquent clairement l’antériorité.
En finnois, toisaalta… toisaalta met deux aspects en balance, sitä vastoin oppose deux faits comparables, nimittäin apporte après coup une explication ou une précision, et toisin sanoen reformule. Ces expressions ne changent pas la grammaire de la proposition : elles indiquent surtout au lecteur le lien logique à établir avec ce qui précède.
Les verbes momentanés en -ahta-/-ähtä- présentent une action comme brève et ponctuelle : nauraa « rire » devient naurahtaa « laisser échapper un petit rire ». Les verbes curatifs, souvent formés avec -utta-/-yttä- ou une variante apparentée, indiquent que le sujet fait réaliser l’action par quelqu’un d’autre : rakentaa « construire » → rakennuttaa « faire construire ». Ces dérivations ont leur propre conjugaison et ne se fabriquent pas toujours de manière entièrement prévisible.
C2 (6)
Le puhekieli est le finnois de la conversation quotidienne. On y entend notamment mä, sä, se, ne au lieu de minä, sinä, hän, he, me mennään au lieu de me menemme, ainsi que des formes contractées comme oon, tuuks et en tiiä. Ce n’est ni une faute ni un système unique et uniforme : les formes varient selon la région, l’âge, le groupe social et la situation.
Les expressions finnoises doivent s’apprendre comme des associations de mots, mais non comme des blocs totalement immuables : le verbe se conjugue et certains noms changent de cas selon la phrase. Ainsi, pitää pää kylmänä signifie « garder son sang-froid », tandis que Hän piti päänsä kylmänä signifie « Il/Elle a gardé son sang-froid ». Au niveau C2, l’essentiel est de maîtriser à la fois le sens figuré, la forme grammaticale, le registre et l’effet produit en contexte.
Les dialectes finnois forment un continuum : on ne reconnaît pas une région à un seul mot, mais à un ensemble d’indices de prononciation, de vocabulaire et de grammaire. La grande opposition traditionnelle sépare les dialectes occidentaux des dialectes orientaux, mais les parlers urbains modernes brouillent cette carte. Des formes comme mää, nää, mie et pittää sont surtout utiles à reconnaître ; les employer naturellement demande de connaître leur région, leur registre et leur valeur sociale.
Le virkakieli est la langue des administrations, des formulaires et des décisions officielles ; le lakikieli désigne plus précisément celle des lois. Ces registres privilégient les noms d’action, le passif impersonnel, les participes et des relations logiques très explicites : Hakemus on toimitettava määräajassa signifie « La demande doit être remise dans le délai imparti ». Il faut surtout apprendre à repérer qui est concerné, quelle action est exigée, sous quelle condition et dans quel délai.
L’argot finnois ne consiste pas seulement à remplacer un mot neutre par un mot « jeune » : il combine le finnois parlé (puhekieli), un vocabulaire propre à certains groupes et des marqueurs d’attitude. Des mots comme hima « chez soi », duuni « travail » ou frendi « ami » prennent normalement les terminaisons grammaticales finnoises : himassa, duuniin, frendille. Il faut surtout apprendre à les reconnaître et à choisir le bon contexte, car leur âge, leur région et leur effet social varient vite.
Le finnois peut déplacer un constituant en début ou en fin de phrase pour en faire le thème, le corriger ou le mettre en relief. Les cas grammaticaux continuent d’indiquer la fonction des mots malgré ce déplacement : Tämän kirjan minä luin signifie « Ce livre, je l’ai lu ». Les phrases clivées, existentielles et littéraires exploitent cette souplesse, mais leur interprétation dépend toujours du contexte et de l’intonation.