B2

Les propositions relatives (جو…وہ) en ourdou

موصول جملے

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de ourdou sur Settemila Lingue.

En bref

En ourdou, une proposition relative se construit souvent en deux parties : جو (jo, « qui/que ») ouvre la partie qui identifie une personne ou une chose, puis وہ (voh, « celui-là/celle-là ») la reprend dans la proposition principale. Ainsi, جو لڑکا آیا وہ میرا دوست ہے signifie « Le garçon qui est venu est mon ami ». Selon sa fonction, جو devient notamment جس au singulier oblique et جن au pluriel oblique.

Vue d’ensemble

Une proposition relative est un groupe de mots qui précise de quelle personne ou de quelle chose on parle : dans « le livre que j’ai lu », la partie en gras identifie le livre. Le français place normalement cette précision juste après le nom et choisit entre qui, que, dont ou . L’ourdou préfère souvent une structure relative–corrélative : un premier élément annonce l’information avec جو, et un second élément, généralement وہ, lui répond dans la proposition principale.

Ce mécanisme devient particulièrement important au niveau B2, car il permet de relier des idées sans produire une suite de phrases courtes. Il sert aussi bien à identifier une personne qu’à définir une chose, un lieu, un moment, une manière ou une quantité. Il faut donc apprendre non seulement جو…وہ, mais aussi les couples apparentés جہاں…وہاں (« là où… là »), جب…تب (« quand… alors »), جیسا…ویسا (« tel que… de même ») et جتنا…اتنا (« autant que… autant »).

La difficulté principale pour un francophone n’est pas le sens, mais l’organisation de la phrase. Là où le français part du nom puis ajoute qui ou que, l’ourdou peut commencer par l’ensemble « quel homme… », puis seulement reprendre cet homme par وہ. Cette reprise n’est pas une répétition maladroite : elle constitue le cœur de la structure.

Fonctionnement

Le modèle de base : جو…وہ

Le schéma le plus courant est le suivant :

Organisation Modèle en ourdou Sens en français
Relative + principale جو + nom + précision، وہ + information principale Le nom qui/que… + information principale
Antécédent + relative postposée وہ + nom + جو + précision، + information principale Ce nom qui/que… + information principale

Dans جو لڑکا آیا وہ میرا دوست ہے, لڑکا (« garçon ») est l’antécédent, c’est-à-dire le nom précisé par la relative. La première partie, جو لڑکا آیا, le sélectionne : « le garçon qui est venu ». La deuxième, وہ میرا دوست ہے, dit quelque chose de lui : « celui-là est mon ami ».

جو ne varie ni selon le genre de l’antécédent ni selon son nombre lorsqu’il reste à la forme directe :

  • جو لڑکا آیا… — le garçon qui est venu…
  • جو لڑکی آئی… — la fille qui est venue…
  • جو لوگ آئے… — les personnes qui sont venues…

En revanche, le verbe suit les règles ordinaires d’accord de l’ourdou. Dans les deux premiers exemples, آیا est masculin et آئی féminin. Ce n’est donc pas جو qui porte le genre : ce sont le nom, le verbe ou les adjectifs qui l’indiquent.

Quand جو devient جس ou جن

Une postposition est un petit mot placé après un nom ou un pronom, comme کو (« à », marque d’objet), سے (« de, avec, par »), میں (« dans ») ou پر (« sur »). Devant une postposition, le pronom relatif passe à la forme oblique, c’est-à-dire la forme exigée par ce type de mot.

Nombre Forme directe Forme oblique Avec کو Possession Reprise correspondante
Singulier جو جس جسے / جس کو جس کا، جس کی، جس کے وہ / اس، اسے، اس کا…
Pluriel جو جن جنہیں / جن کو جن کا، جن کی، جن کے وہ / ان، انہیں، ان کا…

La forme de reprise suit la même logique. Si la relative emploie جس, la principale contient souvent une forme de اس ; avec جن, elle emploie souvent ان :

  • جس سے میں نے بات کی، اس نے میری مدد کی۔ — La personne à qui j’ai parlé m’a aidé.
  • جن کو دعوت ملی، انہیں اندر بلایا گیا۔ — Ceux qui ont reçu une invitation ont été appelés à l’intérieur.
  • جس کی گاڑی باہر کھڑی ہے، وہ اندر آ جائے۔ — Que la personne dont la voiture est garée dehors entre.

Cette organisation remplit des fonctions que le français répartit entre plusieurs pronoms :

Fonction Forme usuelle Exemple Équivalent français
Sujet ou objet sans postposition جو جو کتاب میں نے پڑھی le livre que j’ai lu
Personne ou chose avec postposition جس / جن + postposition جس سے میں ملا la personne que j’ai rencontrée / avec qui je me suis entretenu
Possesseur جس کا/کی/کے، جن کا/کی/کے جس کی بیٹی ڈاکٹر ہے dont la fille est médecin
Destinataire ou objet marqué جسے / جس کو، جنہیں / جن کو جسے تم جانتے ہو celui que tu connais

Il ne faut pas traduire mécaniquement les prépositions françaises. On choisit la postposition demandée par le verbe ou par le sens ourdou. Par exemple, بات کرنا se construit volontiers avec سے pour la personne à qui l’on parle : جس سے میں نے بات کی.

Sujet, objet et accord du verbe

Avec جو sujet, l’ordre est transparent : جو عورت یہاں کام کرتی ہے… (« la femme qui travaille ici… »). Avec جو objet, le sujet de la relative apparaît séparément : جو کتاب میں نے پڑھی… (« le livre que j’ai lu… »), où میں نے signifie ici « moi, comme auteur de l’action accomplie ».

Dans un passé perfectif transitif — une action achevée portant sur un objet — le sujet prend souvent نے. Le verbe peut alors s’accorder avec l’objet non marqué :

  • جو کتاب میں نے پڑھی… : پڑھی est féminin, comme کتاب.
  • جو خط اس نے لکھا… : لکھا est masculin, comme خط.

La relative ne crée donc pas un système d’accord particulier. Elle conserve les règles normales de temps, de genre, de nombre et de construction avec نے.

Deux placements possibles

Le modèle initial est très naturel et met en relief le critère d’identification :

جو لڑکا کل آیا تھا وہ میرا دوست ہے۔

« Le garçon qui était venu hier est mon ami. »

On rencontre aussi une relative après un antécédent déjà annoncé :

وہ لڑکا جو کل آیا تھا میرا دوست ہے۔

« Ce garçon, qui était venu hier, est mon ami. »

Pour un francophone, le second ordre paraît plus familier. Le premier reste toutefois fondamental en ourdou et ne doit pas être évité. Il présente d’abord la propriété distinctive, puis affirme quelque chose de l’être ou de l’objet ainsi identifié.

Les relatives sans nom exprimé

جو peut aussi signifier « celui qui », « ce qui » ou « tout ce que » sans antécédent explicite. On parle alors de relative libre, c’est-à-dire une relative qui joue elle-même le rôle d’un nom :

  • جو چاہو لے لو۔ — Prends ce que tu veux.
  • جو پہلے آئے گا وہ جیتے گا۔ — Celui qui arrivera le premier gagnera.
  • جو ہوا سو ہوا۔ — Ce qui est arrivé est arrivé.

Dans ces phrases, le contexte indique si جو renvoie à une personne, à une chose ou à une situation entière.

Lieu, temps, manière et quantité

Le même principe de paire s’étend à plusieurs adverbes relatifs :

Élément relatif Élément corrélatif Sens Exemple
جہاں وہاں là où… là جہاں وہ بیٹھے ہیں وہاں جگہ کم ہے۔
جب تب quand… alors جب وقت ملے تب فون کرنا۔
جیسا / جیسی / جیسے ویسا / ویسی / ویسے tel que… de même جیسا سوال ہوگا ویسا جواب ملے گا۔
جتنا / جتنی / جتنے اتنا / اتنی / اتنے autant que… autant جتنی ضرورت ہو اتنی چینی ڈالو۔

Contrairement à جو, les formes en ـسا et ـتنا s’accordent avec le genre et le nombre pertinents : جیسی…ویسی au féminin, جیسے…ویسے au masculin pluriel ou dans certaines formes obliques ; de même pour جتنی…اتنی et جتنے…اتنے.

Exemples en contexte

Ourdou Français Remarque
جو لڑکا آیا وہ میرا دوست ہے۔ Le garçon qui est venu est mon ami. Modèle de base جو…وہ
جو کتاب میں نے پڑھی وہ اچھی تھی۔ Le livre que j’ai lu était bon. جو est l’objet de پڑھی
جہاں آپ رہتے ہیں وہاں اچھا ہے۔ L’endroit où vous habitez est agréable. Paire de lieu جہاں…وہاں ; tournure elliptique
جب وہ آئے تب ہم جائیں گے۔ Quand il ou elle viendra, alors nous partirons. Paire temporelle جب…تب
جو عورت دروازے کے پاس کھڑی ہے وہ میری استاد ہیں۔ La femme qui se tient près de la porte est mon enseignante. Accord féminin ; pluriel honorifique ہیں
جس لڑکے نے مجھے بلایا تھا وہ علی ہے۔ Le garçon qui m’avait appelé est Ali. جس لڑکے نے : sujet d’un verbe perfectif transitif
جس کتاب کی آپ کو ضرورت ہے وہ میز پر ہے۔ Le livre dont vous avez besoin est sur la table. جس…کی appartient ici à la locution ضرورت ہونا
جس سے میں نے بات کی اس نے فوراً جواب دیا۔ La personne à qui j’ai parlé a répondu immédiatement. جس سے…اس نے
جن طلبہ نے محنت کی وہ کامیاب ہوئے۔ Les étudiants qui ont travaillé sérieusement ont réussi. Pluriel جن…وہ
جنہیں ہم نے دعوت دی تھی وہ سب آ گئے۔ Toutes les personnes que nous avions invitées sont venues. Objet humain pluriel marqué par کو
وہ مکان جو سامنے ہے بہت پرانا ہے۔ La maison qui se trouve en face est très ancienne. Relative placée après l’antécédent
جو چاہو لے لو۔ Prends ce que tu veux. Relative libre ; la reprise est omise
جہاں ہم پہلی بار ملے تھے وہاں اب ایک دکان ہے۔ Là où nous nous étions rencontrés pour la première fois, il y a maintenant une boutique. Lieu relatif et lieu corrélatif
جیسا آپ کہیں گے ویسا ہی کریں گے۔ Nous ferons exactement comme vous le direz. ہی renforce la correspondance exacte
جتنی چائے چاہیے اتنی لے لیجیے۔ Prenez autant de thé qu’il vous en faut. Accord féminin avec چائے

Erreurs fréquentes

Copier l’ordre français dans toutes les phrases

  • À éviter comme seul modèle : وہ لڑکا جو آیا…
  • Modèle à maîtriser : جو لڑکا آیا وہ…
  • Pourquoi : la première construction existe, mais si l’on ne produit jamais que l’ordre français « nom + relative », on passe à côté de la structure corrélative la plus caractéristique. Entraînez-vous à annoncer d’abord جو…, puis à reprendre avec وہ.

Oublier la reprise corrélative

  • Incorrect dans une phrase soignée : جو لڑکا آیا میرا دوست ہے۔
  • Correct : جو لڑکا آیا وہ میرا دوست ہے۔
  • Pourquoi : après une relative initiale qui identifie un nom, وہ relie clairement cette relative à l’affirmation principale. L’omission est possible dans certaines relatives libres ou dans un contexte très resserré, mais elle ne doit pas servir de modèle général.

Garder جو devant une postposition

  • Incorrect : جو سے میں نے بات کی…
  • Correct : جس سے میں نے بات کی…
  • Pourquoi : au singulier, جو devient جس devant سے, کو, میں, پر et les autres postpositions. Au pluriel, on emploie جن.

Confondre singulier et pluriel obliques

  • Incorrect : جس لوگوں کو بلایا…
  • Correct : جن لوگوں کو بلایا…
  • Pourquoi : لوگوں est pluriel oblique ; le relatif correspondant est donc جن, et non جس. La reprise sera souvent ان ou l’une de ses formes, par exemple انہیں.

Traduire « dont » toujours par جس کا

  • Formulation mécanique : chercher systématiquement جس کا dès que le français emploie dont.
  • Formulation selon la construction : جس کتاب کی مجھے ضرورت ہے…
  • Pourquoi : le français dont couvre plusieurs rapports. En ourdou, il faut construire la relation réellement exigée : possession avec کا/کی/کے, origine avec سے, besoin avec ضرورت et son complément, etc. De plus, کا/کی/کے s’accorde avec le nom possédé ou relié, pas avec la personne introduite par جس.

Faire accorder جو lui-même

  • Incorrect : inventer une forme féminine de جو sur le modèle d’un adjectif.
  • Correct : جو لڑکا آیا / جو لڑکی آئی
  • Pourquoi : جو reste identique ; c’est le verbe آیا/آئی qui marque ici le genre. Les séries جیسا/جیسی et جتنا/جتنی, elles, s’accordent réellement.

Notes d’usage

Dans la langue courante comme dans l’écrit, la construction initiale جو…وہ est parfaitement naturelle. Elle est particulièrement utile lorsque la relative définit un groupe : « ceux qui ont réservé », « ce dont nous avons besoin », « la personne à qui j’ai parlé ». La relative postposée, وہ شخص جو…, est elle aussi fréquente, notamment quand le locuteur a déjà introduit l’antécédent ou souhaite ajouter une précision après coup.

La reprise peut être renforcée par ہی (« précisément, justement ») : جو محنت کرے گا وہی کامیاب ہوگا signifie « C’est celui qui travaillera sérieusement qui réussira ». Écrit avec la reprise, وہی concentre l’attention sur l’identité exacte entre les deux parties.

Dans les couples adverbiaux, le second membre peut disparaître lorsque le lien est évident, surtout à l’oral : جب وقت ملے، فون کرنا (« Quand tu auras le temps, appelle »). L’emploi de تب rend la symétrie plus nette ou insiste sur « à ce moment-là ». De même, وہاں peut être omis si la proposition principale possède déjà un complément de lieu clair. Au niveau B2, il est toutefois utile de produire d’abord les paires complètes : elles rendent les longues phrases plus faciles à suivre.

Les signes de ponctuation ne remplacent pas la structure grammaticale. Une virgule peut séparer les deux grandes parties dans une phrase longue, mais elle n’est pas obligatoire dans une phrase courte. À l’oral, une légère pause apparaît souvent avant la reprise corrélative.

Pour aller plus loin

Antécédent défini, description ajoutée et effet de cadrage

Les deux ordres ne mettent pas exactement l’information au même endroit. جو طالب علم سب سے پہلے آیا وہ… définit d’abord « l’étudiant qui est arrivé le premier ». وہ طالب علم، جو سب سے پہلے آیا تھا، … part d’un étudiant déjà identifiable et ajoute à son sujet une information. Cette différence se rapproche de la distinction française entre une relative qui identifie et une relative explicative, mais la ponctuation et le contexte jouent un rôle important : il ne faut pas chercher une correspondance automatique.

Chaînes avec plusieurs relations

Une relative peut contenir une autre précision ou plusieurs postpositions :

جس شہر میں وہ رہتے ہیں وہاں کے لوگ بہت مہمان نواز ہیں۔

« Les habitants de la ville où ils vivent sont très accueillants. »

Ici, جس شہر میں ouvre le cadre relatif, وہاں کے لوگ reprend le lieu sous la forme « les gens de là », et کے relie ce lieu à لوگ. Pour comprendre ce type de phrase, repérez d’abord le couple جس…وہاں, puis analysez les groupes internes.

Reprises nominales plutôt que pronominales

La seconde partie ne doit pas toujours reprendre l’antécédent par un simple pronom. Elle peut reformuler le groupe pour éviter une ambiguïté :

جو تجاویز کل پیش کی گئی تھیں ان تجاویز پر آج بحث ہوگی۔

« Les propositions présentées hier seront discutées aujourd’hui. »

La répétition de تجاویز est plus lourde, mais elle peut clarifier un texte administratif ou argumentatif. Dans un contexte ordinaire, ان پر آج بحث ہوگی suffit généralement.

Formules condensées

Certaines expressions figées montrent à quel point la paire peut devenir concise :

  • جو ہوگا دیکھا جائے گا۔ — On verra bien ce qui arrivera.
  • جو ہوا سو ہوا۔ — Ce qui est fait est fait.
  • جیسا دیس ویسا بھیس۔ — À chaque pays ses usages, littéralement « tel pays, telle tenue ».

La forme سو est une reprise plus littéraire ou proverbiale correspondant ici à « cela ». Il suffit d’abord de la reconnaître ; dans la conversation moderne, وہ reste le modèle productif le plus sûr.

Conseils pratiques

  1. Travaillez par paires. Écrivez dix débuts avec جو, جس ou جن, puis terminez-les avec وہ, اس ou ان. Par exemple : جس سے…اس نے… et جن کو…انہیں…. Cela automatise les correspondances mieux qu’une liste isolée de pronoms.
  2. Transformez des phrases françaises sans conserver leur ordre. Partez de « La femme qui habite ici est médecin », puis construisez mentalement « quelle femme habite ici — celle-là est médecin » avant de produire جو عورت یہاں رہتی ہے وہ ڈاکٹر ہے.
  3. Repérez les deux bornes à l’écoute. Dans une émission ou un entretien en ourdou, notez seulement les couples جو…وہ, جس…اس, جہاں…وہاں et جب…تب. Une fois ces bornes reconnues, ajoutez les mots qui se trouvent entre elles et vérifiez quelle fonction remplit chaque postposition.

Notions liées

  • Prérequis : Conjonctions de base — pour relier les propositions et reconnaître notamment کہ, اگر et les autres connecteurs courants.
  • À approfondir : Structures corrélatives — pour consolider les paires جب…تب, جیسا…ویسا et d’autres relations parallèles.

Prérequis

Les conjonctions de base en ourdouA1

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