A1

Les prépositions de base en māori

Ki, I, Kei

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de maori sur Settemila Lingue.

En bref

Les cinq formes essentielles ne correspondent pas mot à mot aux prépositions françaises. Retenez d’abord ki pour une direction ou un destinataire, kei pour un lieu actuel, i pour un lieu passé, un moment ou le complément de nombreux verbes, pour « pour/au sujet de » et pour « de, depuis, originaire de ». Le contexte et la structure de la phrase indiquent la fonction exacte.

Vue d’ensemble

Les prépositions sont de petits mots qui relient un lieu, une personne, un moment ou une chose au reste de la phrase. En māori, ki, i, kei, mō et sont parmi les premières formes rencontrées au niveau A1. Elles servent dans des phrases aussi courantes que « aller à l’école », « être à Auckland », « voir le chien », « un cadeau pour toi » ou « venir de Rotorua ».

Pour un francophone, la principale difficulté vient de l’absence de correspondance unique. Le français emploie par exemple à dans « aller à l’école » et « être à l’école » ; le māori distingue normalement la destination avec ki et la position actuelle avec kei. Inversement, i peut correspondre selon le contexte à « à », « dans », « en », « pendant » ou même ne pas se traduire par une préposition lorsqu’il introduit le complément d’un verbe.

Il faut aussi regarder ce qui suit. Devant un nom commun, on rencontre souvent te ou ngā : ki te kura, i ngā tamariki. Devant un pronom ou le nom d’une personne, le marqueur personnel a apparaît dans plusieurs constructions : ki a koe, i a Mere. Les formes et , quant à elles, se combinent directement avec certains pronoms : mōu, nōku.

Fonctionnement

La carte de base

Forme Idée de départ Équivalents français fréquents Exemple bref
ki mouvement vers une cible ; destinataire à, vers, chez, auprès de ki te kura — à l’école, comme destination
kei position ou situation actuelle à, dans, sur, chez Kei Ākarana ia. — Cette personne est à Auckland.
i lieu passé ; repère temporel ; complément de nombreux verbes à, dans, en, pendant ; parfois aucun mot distinct i tērā wiki — la semaine dernière
destination prévue, bénéficiaire, sujet pour, au sujet de mōu — pour toi
origine, provenance, appartenance de catégorie O de, depuis, originaire de Nō Rotorua au. — Je viens de Rotorua.

Cette carte suffit pour commencer, mais i surtout possède plusieurs emplois. Il vaut mieux apprendre chaque fonction dans une phrase complète que mémoriser une longue liste de traductions françaises.

Ki : aller vers une cible

Ki présente un endroit, une personne ou parfois une action comme la cible de ce qui précède.

  • destination physique : Haere ki te toa. — Va au magasin.
  • personne à qui l’on s’adresse ou remet quelque chose : Kōrero ki a Hine. — Parle à Hine.
  • cible après certains verbes ou expressions : Whakarongo ki te waiata. — Écoute la chanson.
  • action souhaitée après hiahia : Kei te hiahia au ki te kai. — Je veux manger.

Le schéma le plus simple est ki + groupe nominal (un nom accompagné de ses petits mots) :

  • ki te + nom singulier : ki te whare — vers la maison ;
  • ki ngā + nom pluriel : ki ngā toa — vers les magasins ;
  • ki + nom de lieu : ki Pōneke — à Wellington, avec l’idée de destination ;
  • ki a + personne ou pronom : ki a Mere, ki a koe.

Le français peut masquer la différence entre mouvement et position. Comparez :

Situation Māori Français
on se dirige vers l’école Kei te haere au ki te kura. Je vais à l’école.
on se trouve actuellement à l’école Kei te kura au. Je suis à l’école.

Kei : dire où se trouve quelqu’un ou quelque chose maintenant

Dans une phrase de localisation au présent, kei place le lieu en tête :

Kei + lieu + personne ou chose localisée.

Ainsi, Kei Ākarana ia signifie littéralement, selon l’ordre māori, « à Auckland — cette personne ». Le pronom ia ne précise pas le genre : la traduction peut être « il », « elle » ou une formulation neutre selon le contexte.

Avec un nom commun précédé de l’article te, deux mots se suivent : Kei te kura au. Ici, kei te ne marque pas une action en cours. Te kura signifie « l’école », et kei introduit ce lieu. Comparez :

  • Kei te kura au. — Je suis à l’école. (kei + te kura)
  • Kei te ako au. — Je suis en train d’étudier. (kei te + verbe ako)

La forme visible est identique, mais le mot qui suit détermine l’analyse. Dans le premier exemple, kura est un lieu ; dans le second, ako exprime une action.

Pour préciser une position, on emploie souvent un mot de lieu tel que runga « dessus », raro « dessous », roto « intérieur » ou waho « extérieur ». Le repère est alors introduit par i :

Kei + position + i + repère + élément localisé.

Kei runga i te tēpu te kapu. — La tasse est sur la table.

I : lieu passé, temps et complément

Un lieu dans le passé

Quand une phrase indique où quelqu’un ou quelque chose se trouvait dans le passé, i remplace généralement kei :

  • Kei te kāinga au ināianei. — Je suis à la maison maintenant.
  • I te kāinga au inanahi. — J’étais à la maison hier.

Ici, i n’est pas à traduire automatiquement par « dans » ou « à » : il associe la localisation au passé.

Un repère temporel

I introduit aussi de nombreux moments passés ou délimités :

  • i tērā wiki — la semaine dernière ;
  • i te ata — le matin ;
  • i te Rāhina — lundi.

Dans I haere au i tērā wiki, le premier I, placé devant le verbe haere, est la particule du passé (un petit mot qui situe l’action). Le second i introduit le moment. Ils ont la même forme, mais pas la même fonction.

Le complément d’un verbe

Après de nombreux verbes transitifs — des verbes dont l’action porte sur une personne ou une chose — i introduit le complément direct, c’est-à-dire ce qui subit ou reçoit l’action :

  • I kai rātou i te ika. — Ils ont mangé le poisson.
  • I kite au i a ia. — J’ai vu cette personne.

Devant un pronom ou un nom de personne, on emploie normalement i a : i a koe, i a Hēmi. Devant un nom commun, i est suivi directement de son déterminant : i te pukapuka, i ngā tamariki.

Tous les verbes ne construisent pas leur complément de la même manière. Par exemple, whakarongo « écouter » se rencontre avec ki : Whakarongo ki te kaiako. Il est donc utile d’apprendre un verbe avec sa construction.

Enfin, i reste présent dans les groupes de position, même si la localisation est actuelle : kei roto i te whare. Dans cette structure, kei situe l’ensemble au présent et i te whare indique le repère par rapport auquel on dit « à l’intérieur ».

: pour, destiné à, au sujet de

peut présenter un bénéficiaire, une destination prévue ou le thème d’une parole :

  • He koha mōu. — Un cadeau pour toi.
  • He kai mō ngā tamariki. — De la nourriture pour les enfants.
  • I kōrero mātou mō te hui. — Nous avons parlé de la réunion.

Avec les pronoms singuliers, les formes courantes se contractent :

Personne Forme Sens de base
moi mōku pour moi ; à mon intention
toi mōu pour toi ; à ton intention
lui, elle mōna pour lui ou pour elle

Ces formes appartiennent à la catégorie possessive O, expliquée plus loin. Au niveau débutant, on peut retenir mōu comme un bloc très fréquent.

: venir de et appartenir à

indique d’abord une origine ou une provenance :

  • Nō Rotorua au. — Je viens de Rotorua.
  • Nō hea koe? — D’où viens-tu ?
  • Nō Aotearoa tēnei pukapuka. — Ce livre vient d’Aotearoa.

Il peut également marquer une appartenance de catégorie O :

  • Nōku tēnei whare. — Cette maison est à moi.
  • Nō wai tēnei? — À qui est ceci ?

Les formes pronominales singulières parallèles sont nōku « de moi/à moi », nōu « de toi/à toi » et nōna « de lui/d’elle/à lui/à elle ». Attention : « appartenir » ne se réduit pas toujours à en māori, car le choix entre les catégories A et O dépend de la relation entre le possesseur et ce qui est possédé. Pour une première présentation ou pour demander l’origine géographique, reste néanmoins une base sûre.

Exemples en contexte

Māori Français Remarque
Kei te haere au ki te kura. Je vais à l’école. ki marque la destination.
Haere mai ki te marae. Venez au marae. Mouvement vers un lieu.
I tuku au i te reta ki a Mere. J’ai remis la lettre à Mere. i introduit la chose remise ; ki a introduit la destinataire.
Whakarongo ki te kaiako. Écoute le professeur. Le verbe whakarongo se construit avec ki.
Kei Ākarana ia. Cette personne est à Auckland. Localisation actuelle avec kei.
Kei te kāinga ngā tamariki. Les enfants sont à la maison. kei + groupe nominal te kāinga.
Kei raro i te tūru te ngeru. Le chat est sous la chaise. i relie raro au point de repère.
I te toa au inanahi. J’étais au magasin hier. Localisation passée avec i.
I haere au i tērā wiki. Je suis parti la semaine dernière. Premier I : passé ; second i : moment.
I kite ia i te kurī. Cette personne a vu le chien. i te kurī est le complément de kite.
I kite au i a Hēmi. J’ai vu Hēmi. a précède le nom personnel.
He koha mōu. C’est un cadeau pour toi. mōu signifie « pour toi ».
He kai tēnei mō te haerenga. Ceci est de la nourriture pour le voyage. Destination ou usage prévu.
I kōrero rātou mō te hui. Ils ont parlé de la réunion. introduit le thème.
Nō Rotorua au. Je viens de Rotorua. Origine géographique.
Nō wai tēnei koti? À qui est ce manteau ? Appartenance de catégorie O.

Erreurs fréquentes

Employer ki pour toute traduction de « à »

  • Incorrect : Ki te kura au. pour dire « Je suis à l’école. »
  • Correct : Kei te kura au.
  • Pourquoi : ki présente normalement une destination ; kei présente une position actuelle. La préposition française « à » ne suffit donc pas pour choisir.

Garder kei pour une localisation passée

  • Incorrect : Kei te kāinga au inanahi.
  • Correct : I te kāinga au inanahi.
  • Pourquoi : inanahi « hier » situe la localisation dans le passé. On attend i, et non le locatif présent kei.

Prendre tous les groupes kei te pour un présent progressif

  • Analyse incorrecte : dans Kei te tēpu te pukapuka, considérer kei te comme « être en train de ».
  • Analyse correcte : kei + te tēpu « la table ».
  • Pourquoi : le mot suivant est un nom, pas un verbe. La phrase signifie « Le livre est sur/à la table », selon le contexte spatial.

Oublier a devant une personne

  • Incorrect : I kite au i Mere.
  • Correct : I kite au i a Mere.
  • Pourquoi : après i ou ki, un nom de personne et de nombreux pronoms prennent le marqueur personnel a : i a Mere, ki a koe.

Croire que le premier et le second i ont toujours le même rôle

  • Interprétation incorrecte : dans I kai au i te ika, traduire les deux i par une préposition française.
  • Interprétation correcte : le premier I marque le passé ; le second i introduit le poisson comme complément.
  • Pourquoi : la position dans la phrase compte autant que la forme.

Utiliser pour toute possession

  • Incorrect comme règle générale : « français de/à = toujours ».
  • À retenir : convient à l’origine et à certaines relations de catégorie O, mais d’autres possessions demandent la catégorie A, notamment dans une phrase d’appartenance.
  • Pourquoi : le māori classe les relations possessives selon leur nature ; ce contraste n’existe pas de la même façon en français.

Notes d’usage

Les formes avec macron ne sont pas interchangeables avec les formes sans macron. Écrivez et avec une voyelle longue ; mo et no ne constituent pas de simples variantes orthographiques dans une écriture soignée. Le macron, appelé tohutō, fait partie de l’orthographe et peut distinguer des mots.

Dans une traduction française, il est parfois plus naturel de ne pas rendre la préposition séparément. Ainsi, I kite au i te kurī devient « J’ai vu le chien », sans équivalent visible du second i. À l’inverse, une seule préposition française peut correspondre à plusieurs formes māories. Il faut traduire le sens de la construction, non chaque petit mot isolément.

Les noms de villes et de lieux se placent généralement directement après la préposition : ki Rotorua, kei Pōneke, nō Ōtautahi. Le a personnel concerne plutôt les personnes et les pronoms : ki a ia, i a Rangi. Certains noms peuvent toutefois être traités selon leur statut culturel ou personnel ; l’usage observé dans des sources fiables reste le meilleur guide.

Au-delà des bases : emplois avancés

Cette partie n’est pas à maîtriser immédiatement au niveau A1. Elle explique toutefois pourquoi les cinq formes ne peuvent pas être réduites à cinq traductions françaises.

Les catégories possessives A et O

et appartiennent à la série O. Il existe une série parallèle en A : « pour, à la charge ou au bénéfice de » et « de, par, appartenant à ». Le choix A/O exprime le type de relation, pas le genre ni le nombre. De façon très simplifiée, la catégorie A apparaît souvent avec ce que l’on produit, choisit ou contrôle davantage ; la catégorie O avec ce que l’on reçoit, subit ou ne contrôle pas de la même manière, ainsi qu’avec certaines relations, lieux et objets associés au corps.

Ce n’est qu’un repère pédagogique : les catégories suivent des conventions lexicales et culturelles qu’il faut apprendre avec les noms. Comparez les paires pronominales māku/mōku et nāku/nōku. Elles ne sont pas de simples variantes stylistiques. Une étude spécifique des possessifs A et O est nécessaire avant de les employer avec assurance.

Kei a et la possession disponible

La construction kei a + personne + chose peut indiquer qu’une chose se trouve auprès de quelqu’un, donc qu’il ou elle l’a en sa possession :

Kei a Mere te pukapuka. — Mere a le livre / Le livre est chez Mere.

La nuance de départ reste locative : on présente où se trouve la chose. Ce n’est pas exactement la même manière de concevoir la possession que dans Nō Mere te pukapuka, qui affirme une relation d’appartenance lorsque la catégorie O convient.

Direction, état et régime des verbes

Avec l’expérience, ki et i s’apprennent aussi comme le « régime » d’un verbe, c’est-à-dire la forme que ce verbe demande devant son complément. Whakarongo ki « écouter », kōrero ki « parler à » et kite i « voir » doivent être mémorisés comme des ensembles. Cette méthode évite de choisir uniquement à partir du français.

Les particules directionnelles mai, atu, ake et iho ajoutent ensuite le mouvement vers le locuteur, loin de lui, vers le haut ou vers le bas : haere mai, haere atu, piki ake, heke iho. Elles complètent ki plutôt qu’elles ne le remplacent nécessairement : Haere mai ki konei « Viens ici ».

Conseils de pratique

  1. Travaillez par contraste. Prenez un même lieu et faites une série de trois phrases : Kei te kura au « je suis à l’école », I te kura au inanahi « j’étais à l’école hier », puis Kei te haere au ki te kura « je vais à l’école ». Le changement de préposition devient ainsi concret.
  2. Apprenez les verbes avec leur petit mot. Notez kite i, whakarongo ki, kōrero ki et kōrero mō, avec une phrase complète pour chaque construction. Une traduction française seule ne permet pas toujours de retrouver la bonne forme.
  3. Repérez les blocs personnels. Entraînez-vous à alterner ki te kaiako / ki a Mere / ki a koe, puis i te kurī / i a Hēmi / i a ia. Ajoutez ensuite les séries mōku, mōu, mōna et nōku, nōu, nōna.

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