Le participe présent en français
Participe Présent
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de français sur Settemila Lingue.
En bref
Le participe présent est une forme du verbe en -ant : parlant, finissant, prenant. Employé comme verbe, il reste invariable : les personnes parlant français. Devenu adjectif verbal, il s’accorde avec le nom : une histoire passionnante ; précédé de en, il forme le gérondif : en parlant.
Vue d’ensemble
Le participe présent est une forme non conjuguée du verbe : il ne change pas selon une personne comme je parle ou nous parlons. Il permet de rattacher une action ou un état à un nom, ou encore de donner le contexte d’une autre action, souvent de manière plus concise qu’une proposition avec qui, parce que ou comme. Ainsi, les voyageurs attendant le train équivaut à les voyageurs qui attendent le train.
Cette notion apparaît surtout au niveau B2 parce qu’il ne suffit pas de former un mot en -ant. Il faut distinguer trois emplois proches : le participe présent verbal, toujours invariable ; l’adjectif verbal (un mot issu d’un verbe mais fonctionnant comme un adjectif), qui s’accorde ; et le gérondif, construit avec en. Cette distinction est particulièrement importante à l’écrit.
Dans la conversation courante, on préfère souvent une proposition complète : Comme j’étais fatigué, je suis parti. Le participe présent est néanmoins fréquent dans les textes informatifs, administratifs, journalistiques et littéraires : Toute personne souhaitant participer doit s’inscrire. Il est aussi bien vivant dans quelques tours usuels comme étant donné que et sachant que.
Comment ça fonctionne
Former le participe présent
Pour la plupart des verbes, on part de la forme de nous au présent, on retire -ons, puis on ajoute -ant. L’infinitif est la forme qui sert à nommer le verbe, par exemple parler ou finir.
| Infinitif | Forme avec nous | Base | Participe présent |
|---|---|---|---|
| parler | nous parlons | parl- | parlant |
| finir | nous finissons | finiss- | finissant |
| vendre | nous vendons | vend- | vendant |
| prendre | nous prenons | pren- | prenant |
| boire | nous buvons | buv- | buvant |
| écrire | nous écrivons | écriv- | écrivant |
| faire | nous faisons | fais- | faisant |
Cette règle explique des formes qu’on ne pourrait pas toujours deviner à partir de l’infinitif : lire → nous lisons → lisant ; devoir → nous devons → devant ; recevoir → nous recevons → recevant.
Trois verbes très fréquents ont une forme irrégulière à mémoriser :
| Infinitif | Participe présent | Exemple |
|---|---|---|
| avoir | ayant | Ayant un peu de temps, elle nous a aidés. |
| être | étant | Étant malade, il est resté chez lui. |
| savoir | sachant | Sachant la réponse, Léa a levé la main. |
Le participe présent verbal : une forme invariable
Le participe présent reste un verbe lorsqu’il exprime une action ou un état et conserve les propriétés du verbe. Il peut avoir un complément, recevoir un pronom ou être accompagné d’une négation :
- une étudiante préparant son examen : son examen complète le verbe préparer ;
- les collègues lui parlant souvent : le pronom lui dépend de parler ;
- des candidats ne possédant pas ce diplôme : la négation encadre la forme verbale.
Dans tous ces cas, la forme en -ant ne s’accorde ni en genre ni en nombre. On écrit donc un homme parlant français, une femme parlant français et des femmes parlant français.
Le nom auquel se rapporte le participe peut être développé par une proposition avec qui :
- les personnes parlant français = les personnes qui parlent français ;
- un train venant de Lyon = un train qui vient de Lyon.
Le participe peut aussi porter sur le sujet de la proposition principale. Le sujet est la personne ou la chose qui accomplit l’action ou se trouve dans l’état exprimé :
- *Sachant cela, **j’*ai changé d’avis.
- Étant fatiguée, Maya est rentrée tôt.
Ici, c’est bien je qui sait et Maya qui est fatiguée. Le participe étant reste invariable, mais l’adjectif fatiguée s’accorde avec Maya.
L’adjectif verbal : une qualité qui s’accorde
Certaines formes issues d’un participe présent sont devenues de véritables adjectifs. Elles décrivent alors une qualité du nom, comme intéressant, fatigant ou brillant. Elles prennent les marques habituelles du féminin et du pluriel :
| Masculin singulier | Féminin singulier | Masculin pluriel | Féminin pluriel |
|---|---|---|---|
| passionnant | passionnante | passionnants | passionnantes |
| fatigant | fatigante | fatigants | fatigantes |
| convaincant | convaincante | convaincants | convaincantes |
Comparez :
- des exercices fatiguant les yeux : ils fatiguent les yeux ; fatiguant est un verbe et a un complément ;
- des exercices fatigants : ils sont fatigants ; le mot décrit leur qualité et s’accorde.
Un adjectif verbal peut souvent être renforcé par très ou employé après être : une conférence très intéressante ; ces résultats sont encourageants. Ce test aide, mais le sens et la construction entière restent décisifs.
Des différences d’orthographe à connaître
Le participe présent et l’adjectif verbal ont souvent la même base, mais quelques couples s’écrivent différemment. L’orthographe reflète alors la fonction grammaticale.
| Verbe | Participe présent, invariable | Adjectif verbal, variable |
|---|---|---|
| convaincre | convainquant | convaincant, convaincante |
| provoquer | provoquant | provocant, provocante |
| précéder | précédant | précédent, précédente |
| différer | différant | différent, différente |
| négliger | négligeant | négligent, négligente |
On écrit donc des arguments convainquant le jury, mais des arguments convaincants. Dans la première phrase, les arguments convainquent quelqu’un ; dans la seconde, on leur attribue une qualité.
Participe présent ou gérondif ?
Le gérondif se forme avec en + participe présent. Les deux formes sont invariables, mais leur rôle n’est pas le même.
| Construction | Fonction fréquente | Exemple |
|---|---|---|
| participe présent seul | caractériser un nom | les enfants jouant dans le jardin |
| participe présent détaché | donner une cause ou un contexte, souvent à l’écrit | Sachant la route coupée, nous avons fait demi-tour. |
| en + participe présent | exprimer la manière, la simultanéité ou la condition | Il apprend en pratiquant. |
Le gérondif répond souvent à comment ? ou signifie pendant que : Elle téléphone en marchant. Le participe présent placé après un nom équivaut plus naturellement à qui + verbe : la personne marchant devant nous.
Exemples en contexte
| Exemple | Reformulation ou sens | Point observé |
|---|---|---|
| Une histoire passionnante. | Une histoire qui passionne, très intéressante. | Adjectif verbal au féminin singulier. |
| Les personnes parlant français peuvent nous aider. | Les personnes qui parlent français peuvent nous aider. | Participe présent invariable après un nom pluriel. |
| J’ai vu un enfant traversant la place en courant. | J’ai vu un enfant qui traversait la place en courant. | Traversant caractérise un enfant ; en courant est un gérondif. |
| Étant fatigué, je suis parti plus tôt. | Comme j’étais fatigué, je suis parti plus tôt. | Le participe détaché exprime ici la cause. |
| Étant fatiguée, je suis partie plus tôt. | Comme j’étais fatiguée, je suis partie plus tôt. | Étant ne change pas ; fatiguée et partie marquent le féminin. |
| Sachant cela, j’ai décidé d’attendre. | Comme je savais cela, j’ai décidé d’attendre. | Le sujet sous-entendu de sachant est je. |
| Les dossiers ne contenant pas de signature seront renvoyés. | Les dossiers qui ne contiennent pas de signature seront renvoyés. | Le participe verbal accepte la négation et un complément. |
| Nous cherchons une personne connaissant bien la région. | Nous cherchons quelqu’un qui connaît bien la région. | Construction fréquente dans les annonces. |
| C’est une remarque très pertinente. | Cette remarque est tout à fait juste. | Adjectif verbal accordé au féminin. |
| En prenant le métro, vous gagnerez du temps. | Si vous prenez le métro, vous gagnerez du temps. | Gérondif exprimant ici le moyen ou la condition. |
| Les résultats sont encourageants. | Les résultats donnent de l’espoir. | Adjectif verbal attribut après être. |
| Les premiers résultats encourageant l’équipe, le projet a continué. | Comme les premiers résultats encourageaient l’équipe, le projet a continué. | Participe verbal avec le complément l’équipe. |
| Ayant terminé son rapport, Nora l’a envoyé. | Après avoir terminé son rapport, Nora l’a envoyé. | Participe composé : l’action est antérieure. |
| Étant donné que le magasin est fermé, revenons demain. | Puisque le magasin est fermé, revenons demain. | Locution causale courante. |
Erreurs fréquentes
Accorder un participe présent verbal
- Incorrect : Les personnes parlantes français peuvent entrer.
- Correct : Les personnes parlant français peuvent entrer.
- Pourquoi : parlant garde le complément français et signifie qui parlent. C’est une forme verbale, donc elle reste invariable. Parlant existe aussi comme adjectif dans un exemple parlant, au sens de « révélateur », mais ce n’est pas le sens ici.
Oublier l’accord de l’adjectif verbal
- Incorrect : Une histoire passionnant.
- Correct : Une histoire passionnante.
- Pourquoi : le mot décrit une propriété de l’histoire. Comme tout adjectif, passionnant s’accorde avec le nom féminin singulier.
Ajouter en automatiquement
- Incorrect : Les clients en attendant dehors seront servis ensuite.
- Correct : Les clients attendant dehors seront servis ensuite.
- Pourquoi : on caractérise ici les clients : ce sont ceux qui attendent. Le gérondif en en se rattacherait plutôt au verbe principal : Les clients se réchauffent en attendant dehors.
Donner au participe le mauvais sujet logique
- Incorrect : En arrivant au bureau, la réunion avait déjà commencé.
- Correct : En arrivant au bureau, j’ai constaté que la réunion avait déjà commencé.
- Pourquoi : dans la première phrase, la grammaire donne l’impression que la réunion arrive au bureau. Le sujet du gérondif ou du participe détaché doit normalement être clairement identifiable, le plus souvent identique au sujet du verbe principal.
Confondre participe et adjectif dans l’orthographe
- Incorrect : Des arguments convainquants.
- Correct : Des arguments convaincants.
- Pourquoi : sans complément verbal, le mot qualifie les arguments et s’accorde : c’est l’adjectif convaincant. On écrirait en revanche des arguments convainquant le jury.
Mal construire la forme à partir de l’infinitif
- Incorrect : fairant, formé directement sur l’infinitif faire.
- Correct : faisant, formé sur nous faisons sans -ons.
- Pourquoi : il faut partir de la forme avec nous, non simplement remplacer la terminaison de l’infinitif. Il faut en plus mémoriser ayant, étant, sachant.
Remarques d’usage
Le participe présent est correct dans tous les registres, mais sa fréquence varie. Après un nom, il est courant dans les consignes, annonces et textes professionnels : Les personnes désirant obtenir un reçu… Dans une conversation, les personnes qui veulent obtenir un reçu sonne souvent plus spontané. Une accumulation de participes peut rendre une phrase administrative ou lourde ; mieux vaut alors rétablir des verbes conjugués.
Un participe détaché en début de phrase peut exprimer la cause, le contexte ou parfois une concession comprise grâce au sens : Ne connaissant personne, il est resté près de l’entrée. La relation logique n’est pas marquée aussi explicitement qu’avec parce que, comme ou bien que. Si plusieurs interprétations sont possibles, une conjonction rend la phrase plus claire.
La locution étant donné que introduit une cause déjà admise ou présentée comme un fait : Étant donné que le délai est court, commençons maintenant. Elle est proche de puisque et reste figée. Devant un nom, on rencontre très souvent la forme invariable étant donné : étant donné les circonstances. L’accord existe aussi, surtout lorsque le groupe suit le nom : les circonstances étant données. Dans un texte courant, il est préférable de garder une construction cohérente plutôt que d’alterner sans raison.
Sachant que peut introduire une information prise en compte : Sachant que le dernier train part à 22 heures, nous dînerons tôt. Contrairement à une simple conjonction, sachant conserve un sujet logique : ce sont ici nous qui savons. Pour annoncer un fait sans personne qui « sait », étant donné que, puisque ou comme convient souvent mieux.
Pour aller plus loin
Le participe composé et l’antériorité
Pour indiquer qu’une action est terminée avant celle du verbe principal, on emploie le participe composé : ayant ou étant au participe présent, suivi du participe passé.
- Ayant terminé son travail, Malik est sorti. = Il a d’abord terminé, puis il est sorti.
- Étant arrivée en avance, Inès a pris un café. = Elle est d’abord arrivée, puis elle a pris un café.
- S’étant trompés de route, ils ont fait demi-tour.
La première partie (ayant, étant) est invariable. En revanche, le participe passé suit ses propres règles d’accord : étant arrivée, s’étant trompés. Cette construction appartient surtout à l’écrit soigné. À l’oral, après avoir terminé ou une suite de deux phrases est souvent plus naturelle.
La proposition participiale avec son propre sujet
Dans une construction plus soutenue, le participe peut avoir un sujet exprimé différent de celui du verbe principal :
- Le temps permettant, nous déjeunerons dehors.
- La nuit tombant, les rues se sont vidées.
- Tous les documents ayant été vérifiés, le paiement peut être effectué.
On parle de proposition participiale, c’est-à-dire d’un petit groupe organisé autour d’un participe et possédant son propre sujet. Elle sert à condenser une indication de temps, de cause ou de condition. Elle est fréquente dans les textes formels, mais peut sembler raide dans la conversation.
Choisir entre concision et clarté
Le participe présent permet d’éviter une répétition et de rapprocher deux informations : Les élèves ayant fini peuvent sortir. Pourtant, la forme condensée n’est pas toujours la meilleure. Si le sujet logique est éloigné, si la chronologie est complexe ou si le lien de cause n’est pas évident, une proposition complète est plus sûre : Les élèves qui ont fini peuvent sortir.
Il faut aussi éviter de croire que toute forme en -ant est automatiquement un participe présent. Dans en travaillant, l’ensemble est un gérondif ; dans un travail exigeant, exigeant est un adjectif ; dans un salarié exigeant une réponse, il reste un verbe. C’est la fonction dans la phrase, et non la seule terminaison, qui donne la bonne analyse.
Conseils de pratique
- Partez de la forme avec nous. Prenez dix verbes fréquents, écrivez nous prenons, nous écrivons, nous buvons, puis retirez -ons et ajoutez -ant. Ajoutez à part les trois formes ayant, étant, sachant.
- Faites le test de la reformulation. Remplacez une forme en -ant par qui + verbe : si la phrase garde son sens, vous avez probablement un participe verbal invariable. Essayez ensuite très ou être + adjectif pour repérer un adjectif verbal.
- Transformez des phrases par paires. Écrivez Les voyageurs qui attendent… / Les voyageurs attendant…, puis Ils lisent pendant qu’ils mangent / Ils lisent en mangeant. Cette comparaison fixe la différence entre participe présent et gérondif sans apprendre des définitions isolées.
Notions liées
- Prérequis : Le gérondif (en + -ant) — pour distinguer parlant de en parlant et revoir les valeurs de manière, de simultanéité et de condition.
- À approfondir : l’accord des adjectifs — nécessaire pour employer correctement les adjectifs verbaux comme passionnant, convaincant et fatigant.
- À approfondir : l’accord du participe passé — utile pour maîtriser les formes composées telles que ayant terminé, étant arrivée et s’étant trompés.
Prérequis
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