B2

Les participes en tchèque

Příčestí

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de tchèque sur Settemila Lingue.

En bref

Le tchèque transforme volontiers un verbe en forme adjectivale : píšící student signifie « un étudiant qui écrit », tandis que přečtená kniha désigne « un livre lu, dont la lecture est achevée ». La forme active indique qui accomplit l’action ; la forme passive décrit ce qui la subit. Comme les adjectifs tchèques, ces formes s’accordent en genre, en nombre et en cas (la terminaison exigée par leur fonction dans la phrase).

Vue d’ensemble

Un participe est une forme construite à partir d’un verbe. Il conserve l’idée d’une action, mais peut servir à caractériser un nom (un mot qui désigne une personne, un objet ou une idée) ou à former une voix passive. À partir de psát « écrire », on obtient ainsi píšící « qui écrit » ; à partir de přečíst « lire jusqu’au bout », on obtient přečtený « lu ».

Ces formes deviennent importantes vers le niveau B2. Elles sont fréquentes dans la presse, les consignes, les textes universitaires et administratifs : rostoucí ceny « les prix qui augmentent », přiložený dokument « le document joint », výše uvedené podmínky « les conditions mentionnées ci-dessus ». Elles permettent de condenser une proposition relative (une petite phrase introduite en français par « qui » ou « que ») : student, který píše peut devenir píšící student.

Pour un francophone, la comparaison avec le participe présent et le participe passé est utile, mais seulement comme point de départ. Le participe présent français est généralement invariable ; píšící se décline au contraire comme un adjectif tchèque. Par ailleurs, l’accord du passif tchèque ne dépend pas des règles françaises liées à avoir ou être : la forme s’accorde directement avec le nom qu’elle qualifie ou avec le sujet de la construction passive.

Une précision de vocabulaire évite bien des confusions. Dans les grammaires tchèques, příčestí činné peut aussi désigner la forme en -l qui sert à construire le passé, comme psal, psala. Les formes píšící, přečetší, napsaný sont souvent présentées plus précisément comme des adjectifs verbaux (slovesná přídavná jména). Cet article suit le sens large, pratique pour l’apprentissage, tout en distinguant leurs emplois.

Formation et fonctionnement

La forme active présente : l’auteur d’une action en cours

La forme active présente décrit une personne ou une chose qui accomplit l’action au même moment que celle du verbe principal :

  • muž sedící u okna — « l’homme assis à la fenêtre », littéralement « l’homme qui est assis » ;
  • firma nabízející služby — « une entreprise qui propose des services » ;
  • rostoucí strom — « un arbre qui pousse ».

Elle se construit à partir de la base verbale du présent, et non en ajoutant toujours la même terminaison à l’infinitif. Les finales visibles les plus courantes sont -ající, -ící, -ující et -oucí.

Infinitif 3e personne du pluriel Forme active Sens
dělat dělají dělající qui fait
pracovat pracují pracující qui travaille
prosit prosí prosící qui demande
psát píší píšící qui écrit
nést nesou nesoucí qui porte
brát berou beroucí qui prend

Le rapprochement avec la 3e personne du pluriel aide à repérer la bonne base, mais il ne constitue pas une recette entièrement mécanique. Il vaut mieux mémoriser la forme avec les verbes irréguliers : jít → jdoucí « qui va », být → jsoucí « étant », cette dernière étant surtout formelle ou philosophique.

Ces formes suivent la déclinaison des adjectifs dits « mous », sur le modèle de jarní. Au nominatif singulier, la terminaison visible reste la même aux trois genres, mais elle change dans les autres cas.

Fonction Masculin animé Féminin Neutre
Sujet píšící student píšící studentka píšící dítě
Complément direct píšícího studenta píšící studentku píšící dítě
Avec « avec » s píšícím studentem s píšící studentkou s píšícím dítětem

Dans Vidím píšícího studenta, « je vois l’étudiant qui écrit », student est le complément direct (la personne sur laquelle porte directement l’action de voir). Il faut donc l’accusatif masculin animé, et píšící devient píšícího.

La forme passive : ce qui subit l’action

La forme passive décrit le résultat ou l’objet d’une action : napsaný dopis « une lettre écrite », zavřené dveře « une porte/des portes fermées ». Sa formation est moins prévisible que celle des formes actives. On rencontre principalement -n-, -en- et -t-, avec parfois une modification du radical.

Verbe Forme passive longue Exemple français
dělat / udělat dělaný / udělaný fait / réalisé
psát / napsat psaný / napsaný écrit
číst / přečíst čtený / přečtený lu
zavřít zavřený fermé
krýt krytý couvert
umýt umytý lavé
přijmout přijatý accepté

On ne peut donc pas retirer -t de l’infinitif et ajouter automatiquement -ný. Les couples číst → čtený et přečíst → přečtený doivent être appris comme tels.

La forme longue se comporte comme un adjectif :

  • přečtený článek — un article lu ;
  • přečtená kniha — un livre lu ;
  • přečtené zprávy — des nouvelles lues.

Le tchèque possède aussi une forme passive courte, employée surtout avec být « être » pour présenter une action : článek byl přečten, kniha byla přečtena, dopisy byly přečteny. Le tableau suivant montre le contraste de base.

Genre ou nombre Forme courte de napsat Forme longue
masculin singulier napsán napsaný
féminin singulier napsána napsaná
neutre singulier napsáno napsané
pluriel napsáni / napsány / napsána napsaní / napsané / napsaná

Au pluriel, la terminaison dépend du genre grammatical : Studenti byli informováni, mais studentky byly informovány et města byla informována. Dans la langue courante, les formes longues apparaissent souvent après být pour décrire un état : Dveře jsou zavřené « la porte/les portes sont fermées ». La forme courte met plus nettement l’accent sur l’événement : Dveře byly zavřeny v osm hodin « les portes ont été fermées à huit heures ».

L’aspect reste essentiel

Le tchèque distingue l’aspect imperfectif (action envisagée dans son déroulement ou sa répétition) et l’aspect perfectif (action envisagée comme menée à son terme). Cette différence, déjà présente dans číst / přečíst, reste perceptible dans les participes :

  • čtená kniha — un livre qu’on lit, qui est lu, éventuellement de façon régulière ;
  • přečtená kniha — un livre déjà lu jusqu’au bout ;
  • psaný dopis — une lettre écrite, ou en cours de rédaction selon le contexte ;
  • napsaný dopis — une lettre dont la rédaction est terminée.

Les formes actives présentes se construisent normalement à partir de verbes imperfectifs, puisqu’elles présentent une action en cours ou simultanée : čekající lidé « les gens qui attendent », de čekat.

Exemples en contexte

Tchèque Français Remarque
Píšící student se na chvíli zastavil. L’étudiant qui écrivait s’est arrêté un instant. Forme active employée comme adjectif.
Viděla jsem běžícího psa. J’ai vu un chien qui courait. Accusatif masculin animé : běžícího.
Mluvíme o rostoucích cenách. Nous parlons de la hausse des prix. Locatif pluriel après o.
Firma hledá lidi mluvící česky. L’entreprise cherche des personnes parlant tchèque. La forme conserve son complément česky.
Čekající cestující dostali vodu. Les voyageurs qui attendaient ont reçu de l’eau. cestující est ici un nom ; čekající le qualifie.
Studující mohou využít slevu. Les étudiants peuvent bénéficier d’une réduction. Forme active substantivée : elle fonctionne comme un nom.
Na stole ležela přečtená kniha. Un livre déjà lu était posé sur la table. Le préfixe pře- marque ici l’achèvement.
To je často kladená otázka. C’est une question souvent posée. Forme passive longue accordée avec otázka.
Prosím, pošlete podepsaný formulář. Veuillez envoyer le formulaire signé. Résultat attendu : le formulaire doit porter une signature.
Dokument musí být podepsán do pátku. Le document doit être signé d’ici vendredi. Forme passive courte dans une instruction formelle.
Kniha byla přeložena do francouzštiny. Le livre a été traduit en français. Féminin singulier de la forme courte.
Dveře jsou zavřené. La porte est fermée / Les portes sont fermées. État constaté ; le contexte lève l’ambiguïté du nombre.
Dveře byly zavřeny v osm hodin. Les portes ont été fermées à huit heures. Événement passif, forme courte.
Přečetši dopis, odpověděla. Ayant lu la lettre, elle répondit. Tour littéraire au féminin ; à reconnaître plutôt qu’à employer à l’oral.

Erreurs fréquentes

Oublier de décliner la forme active

  • Incorrect : Vidím píšící student.
  • Correct : Vidím píšícího studenta.
  • Pourquoi : après vidím, le groupe est à l’accusatif. L’adjectif verbal et le nom doivent porter les terminaisons correspondantes.

Fabriquer la forme passive directement sur l’infinitif

  • Incorrect : přečístný článek
  • Correct : přečtený článek
  • Pourquoi : la formation peut modifier le radical. Il faut apprendre přečíst → přečtený, et non appliquer une terminaison unique à tous les infinitifs.

Négliger l’aspect du verbe

  • Imprécis si la lecture est terminée : čtená kniha
  • Mieux : přečtená kniha
  • Pourquoi : čtený présente la lecture sans insister sur son terme ; přečtený indique normalement que la lecture est achevée.

Employer partout la forme longue dans un passif d’action

  • Moins soigné pour annoncer l’événement : Smlouva byla podepsaná včera.
  • Forme neutre attendue : Smlouva byla podepsána včera.
  • Pourquoi : la langue parlée utilise souvent podepsaná, mais la forme courte podepsána distingue clairement l’action accomplie hier. La forme longue convient très bien pour un état ou une propriété : Smlouva je podepsaná « le contrat est signé ».

Copier « ayant + participe » dans une conversation ordinaire

  • Trop littéraire au quotidien : Přečetši e-mail, odpověděla.
  • Plus naturel : Když si přečetla e-mail, odpověděla. ou Po přečtení e-mailu odpověděla.
  • Pourquoi : le přechodník, forme verbale condensée illustrée par přečetši, est aujourd’hui marqué comme littéraire ou volontairement solennel.

Donner deux auteurs différents à une construction condensée

  • Incorrect : Přečetši dopis, začalo pršet.
  • Correct : Když přečetla dopis, začalo pršet.
  • Pourquoi : dans le premier exemple, la forme féminine přečetši suppose une femme qui lit, alors que le verbe principal signifie « il s’est mis à pleuvoir » et n’a pas cette femme pour sujet. L’auteur implicite des deux actions doit être le même.

Notes d’usage

Les formes actives en -ící/-oucí sont normales dans l’écrit contemporain, surtout lorsque la personne ou la chose concernée est déjà identifiée : lidé čekající na autobus « les gens qui attendent le bus ». À l’oral, une relative avec který est souvent plus spontanée : lidé, kteří čekají na autobus. Accumuler plusieurs formes participiales donne vite une phrase lourde, administrative ou difficile à suivre.

Certaines formes se sont installées comme de véritables noms. Cestující signifie « voyageur » ou « passager », vedoucí « responsable, chef » et studující « personne qui étudie ». Elles gardent la déclinaison des adjectifs mous : bez vedoucího « sans le responsable », s cestujícími « avec les passagers ». Leur genre se comprend par la personne désignée et par les mots qui les accompagnent.

Les adjectifs passifs sont particulièrement fréquents dans les textes pratiques : doporučený dopis « lettre recommandée », zakázaný vstup « entrée interdite », přiložený soubor « fichier joint ». Beaucoup ont acquis un sens lexical stable ; il n’est alors pas toujours utile de reconstruire mentalement toute une phrase passive.

Enfin, le français invite parfois à traduire systématiquement par un participe présent. En tchèque comme en français naturel, une relative est souvent plus claire. Žena, která sedí u okna et žena sedící u okna sont tous deux corrects ; le second est plus compact, mais pas automatiquement meilleur.

Pour aller plus loin

La forme active passée en -vší/-ší

La forme active passée présente une action accomplie avant celle du verbe principal : vojáci vrátivší se z fronty « les soldats revenus du front ». Avec de nombreux verbes, elle contient -vší : udělat → udělavší, koupit → koupivší, vrátit se → vrátivší se. Certains verbes ont un radical particulier : přijít → přišedší, odejít → odešedší, přečíst → přečetší.

Cette forme se décline comme un adjectif mou et peut donc qualifier un nom dans différents cas. Elle est toutefois rare dans la conversation et marquée dans l’écrit moderne. Une relative est généralement plus naturelle : au lieu de hosté právě přijedší do hotelu, on dira volontiers hosté, kteří právě přijeli do hotelu « les clients qui viennent d’arriver à l’hôtel ».

Le lien avec le přechodník

Přečetši dopis, odpověděla ne contient pas un adjectif accordé avec un nom exprimé. Přečetši est un přechodník passé, c’est-à-dire une forme verbale littéraire qui condense ici « après avoir lu la lettre ». Sa forme indique que le sujet est féminin ou neutre singulier ; odpověděla confirme qu’il s’agit d’une femme.

Il faut donc distinguer :

  • žena přečetší dopis — « la femme ayant lu la lettre » : forme adjectivale active passée, liée au nom žena ;
  • Přečetši dopis, odpověděla. — « Ayant lu la lettre, elle répondit » : přechodník, lié au sujet du verbe principal.

Les deux appartiennent surtout au registre littéraire. Au niveau B2, le bon objectif est d’abord de les reconnaître. Leur formation complète, avec les différences de genre et de nombre, relève de l’étude avancée du přechodník.

Action, résultat et véritable adjectif

La frontière entre participe et adjectif n’est pas toujours nette. Dans okno bylo rozbito kamenem « la fenêtre a été brisée par une pierre », rozbito fait partie d’un événement passif. Dans rozbité okno « une fenêtre cassée », rozbité décrit surtout l’état ou la propriété de la fenêtre. Plus une forme devient lexicale, plus elle se comporte comme un adjectif ordinaire : elle peut s’opposer à un autre adjectif, recevoir la négation ne- ou entrer dans un terme fixe, comme nevyřešený problém « problème non résolu ».

Conseils pour s’entraîner

  1. Apprenez des familles de quatre formes. Par exemple : číst – přečíst – čtený – přečtený. Associez chaque forme à une courte phrase ; vous retiendrez à la fois le radical et l’aspect.
  2. Transformez des relatives. Passez de muž, který čeká à čekající muž, puis déclinez le groupe : vidím čekajícího muže, mluvím s čekajícím mužem. Faites aussi l’opération inverse pour vérifier le sens.
  3. Repérez l’opposition état/action. Dans des articles ou des notices, classez les exemples avec být en deux colonnes : forme longue pour un état, forme courte pour un événement passif. Notez les cas où l’usage courant brouille cette distinction.

Notions liées

  • Prérequis : L’aspect verbal — permet de comprendre la différence entre une action en cours et un résultat achevé, par exemple čtený face à přečtený.
  • Étape suivante : Le přechodník — approfondit les formes littéraires telles que Přečetši dopis, odpověděla.

Prérequis

L’aspect verbal en tchèqueA2

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