Les propositions relatives en allemand
Relativsätze
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de allemand sur Settemila Lingue.
En bref
Une proposition relative apporte une précision sur un nom : Der Mann, der dort steht, ist mein Lehrer. Le pronom relatif reprend le genre et le nombre de ce nom, mais son cas dépend de sa fonction dans la relative. Comme dans toute proposition subordonnée allemande, le verbe conjugué se place à la fin, et la relative est encadrée par des virgules.
Vue d’ensemble
Une proposition relative, ou Relativsatz, permet de réunir deux informations sans répéter le même nom. Dans Das Buch ist interessant. Ich lese das Buch., le groupe das Buch apparaît deux fois. On peut le remplacer dans la seconde phrase par le pronom relatif das : Das Buch, das ich lese, ist interessant. Le nom précisé, ici das Buch, s’appelle l’antécédent (le mot auquel renvoie le pronom).
Cette construction est généralement abordée au niveau B1. Elle s’appuie sur deux acquis : les cas allemands et l’ordre des mots dans une subordonnée. Le point essentiel n’est pas de choisir mécaniquement der, die ou das d’après le nom. Il faut effectuer deux choix distincts : reprendre le genre et le nombre de l’antécédent, puis déterminer la fonction du pronom à l’intérieur de la relative.
Pour un francophone, le sens rappelle souvent qui, que, dont ou une forme comme avec lequel. Cependant, le français et l’allemand ne découpent pas toujours les fonctions de la même manière. Il faut notamment tenir compte du cas exigé par le verbe allemand : helfen demande le datif, même si le français dit simplement « aider quelqu’un ».
Fonctionnement
La structure de base
Le schéma le plus courant est le suivant :
antécédent + virgule + pronom relatif + autres éléments + verbe conjugué + virgule
Dans Die Frau, die in Berlin wohnt, arbeitet hier, la relative die in Berlin wohnt précise die Frau. Le verbe conjugué wohnt vient à la fin de cette subordonnée. Si la relative termine toute la phrase, sa virgule fermante se confond avec le point final : Ich kenne die Frau, die in Berlin wohnt.
Les virgules sont obligatoires en allemand. Contrairement à l’usage français, on ne les supprime pas sous prétexte que l’information est indispensable pour identifier le nom.
Le tableau des pronoms relatifs
Les formes les plus fréquentes ressemblent à celles de l’article défini. Il faut toutefois mémoriser denen au datif pluriel ainsi que les formes du génitif.
| Cas | Masculin | Féminin | Neutre | Pluriel |
|---|---|---|---|---|
| Nominatif | der | die | das | die |
| Accusatif | den | die | das | die |
| Datif | dem | der | dem | denen |
| Génitif | dessen | deren | dessen | deren |
Le nominatif correspond ici au sujet (la personne ou la chose qui accomplit l’action). L’accusatif marque le plus souvent le complément d’objet direct (ce qui subit directement l’action). Le datif sert notamment au complément exigé par certains verbes ou certaines prépositions. Le génitif exprime ici un lien de possession ou d’appartenance.
Première décision : genre et nombre de l’antécédent
Le pronom reprend le genre grammatical et le nombre du nom qu’il précise :
- der Mann est masculin singulier ; le pronom appartiendra à la colonne masculine ;
- die Frau est féminin singulier ; il appartiendra à la colonne féminine ;
- das Buch est neutre singulier ; il appartiendra à la colonne neutre ;
- die Kinder est pluriel ; il appartiendra à la colonne du pluriel.
Le genre naturel ne suffit pas. C’est bien le genre grammatical du nom allemand qui compte : Das Mädchen, das dort wartet, ... emploie das, car Mädchen est grammaticalement neutre.
Deuxième décision : fonction dans la relative
Le cas de l’antécédent dans la proposition principale n’impose pas celui du pronom. Il faut reconstruire mentalement la relative comme une phrase indépendante.
- Der Mann steht dort. → der est sujet, donc nominatif : Der Mann, der dort steht, ...
- Ich sehe den Mann. → le nom repris est objet direct, donc accusatif : Der Mann, den ich sehe, ...
- Ich helfe der Frau. → helfen exige le datif : Die Frau, der ich helfe, ...
Cette méthode évite la confusion la plus courante. Dans Ich spreche mit dem Mann, der neben mir sitzt, l’antécédent dem Mann est au datif dans la principale à cause de mit, mais der est au nominatif dans la relative, car il est le sujet de sitzt.
Nominatif ou accusatif ? Repérer le sujet
Quand le pronom relatif est lui-même sujet, il prend le nominatif et aucun autre sujet distinct ne vient normalement avant le verbe :
- die Kollegin, die heute arbeitet — c’est la collègue qui travaille ;
- das Kind, das im Garten spielt — c’est l’enfant qui joue.
Quand un autre sujet est présent, le pronom peut être objet :
- die Kollegin, die ich anrufe — ich est sujet et die est objet direct ;
- der Film, den wir gestern gesehen haben — wir est sujet et den est objet direct.
Pour le féminin, le neutre et le pluriel, certaines formes du nominatif et de l’accusatif sont identiques. C’est donc la fonction, et non la seule apparence du pronom, qui permet d’analyser la phrase.
Le datif avec les verbes et les prépositions
Certains verbes imposent le datif, par exemple helfen, danken, gefallen ou vertrauen :
- Die Frau, der ich helfe, ist meine Nachbarin.
- Das ist der Kollege, dem ich vertraue.
- Die Leute, denen wir danken, arbeiten ehrenamtlich.
Après une préposition, celle-ci se place devant le pronom relatif. Le cas dépend alors de la préposition et, pour les prépositions mixtes, du sens :
- der Freund, mit dem ich reise — mit exige le datif ;
- die Stadt, in der ich wohne — lieu sans déplacement, datif ;
- das Haus, in das wir ziehen — destination, accusatif ;
- das Thema, über das wir sprechen — über avec sprechen prend ici l’accusatif.
L’allemand standard ne laisse pas normalement la préposition seule en fin de relative. On dit die Person, mit der ich spreche, et non une construction calquée sur d’autres langues.
Le verbe à la fin
La relative est une subordonnée : le bloc verbal se ferme donc à droite. Avec un temps composé, le participe précède l’auxiliaire conjugué :
- Das Buch, das ich gerade lese, ...
- Der Film, den wir gestern gesehen haben, ...
- Die Aufgabe, die bis Freitag erledigt werden muss, ...
La proposition principale conserve sa propre structure. Une relative insérée après le sujet ne change pas la règle de la deuxième position dans la principale : Der Mann, der dort steht, ist mein Lehrer. Le long groupe Der Mann, der dort steht occupe ensemble la première position.
Exemples en contexte
| Allemand | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Der Mann, der dort steht, ist mein Lehrer. | L’homme qui se tient là-bas est mon professeur. | Masculin, sujet : nominatif. |
| Das Buch, das ich lese, ist interessant. | Le livre que je lis est intéressant. | Neutre, objet direct : accusatif. |
| Die Frau, der ich helfe. | La femme que j’aide. | Féminin, datif exigé par helfen ; il s’agit d’un groupe incomplet hors contexte. |
| Kennst du den Mann, der an der Tür wartet? | Connais-tu l’homme qui attend à la porte ? | der est sujet de wartet, même si den Mann est à l’accusatif dans la principale. |
| Das ist der Schlüssel, den ich gesucht habe. | C’est la clé que j’ai cherchée. | Masculin, objet direct : accusatif. |
| Die Kollegin, mit der ich arbeite, kommt aus Wien. | La collègue avec qui je travaille vient de Vienne. | mit exige le datif. |
| Das Kind, dem der Ball gehört, spielt draußen. | L’enfant à qui appartient le ballon joue dehors. | gehören se construit avec le datif. |
| Die Gäste, denen wir das Essen servieren, sitzen draußen. | Les invités auxquels nous servons le repas sont assis dehors. | Datif pluriel : denen. |
| Wir besuchen die Stadt, in der meine Schwester studiert. | Nous visitons la ville où ma sœur fait ses études. | Position dans un lieu : in avec le datif. |
| Das ist die Wohnung, in die wir nächsten Monat ziehen. | C’est l’appartement dans lequel nous emménageons le mois prochain. | Destination : in avec l’accusatif. |
| Der Nachbar, dessen Auto vor der Tür steht, ist verreist. | Le voisin dont la voiture est garée devant la porte est parti en voyage. | dessen renvoie à un possesseur masculin. |
| Die Autorin, deren Roman ich gelesen habe, lebt in Hamburg. | L’autrice dont j’ai lu le roman vit à Hambourg. | deren renvoie à un possesseur féminin. |
| Alles, was du brauchst, liegt auf dem Tisch. | Tout ce dont tu as besoin se trouve sur la table. | was après l’antécédent indéfini alles. |
Erreurs fréquentes
Choisir le cas d’après la proposition principale
- Incorrect : Ich spreche mit dem Mann, dem dort wartet.
- Correct : Ich spreche mit dem Mann, der dort wartet.
- Pourquoi : dem Mann est au datif dans la principale, mais le pronom est sujet de wartet. Il doit donc être au nominatif.
Employer toujours le nominatif
- Incorrect : Das ist der Mann, der ich jeden Morgen sehe.
- Correct : Das ist der Mann, den ich jeden Morgen sehe.
- Pourquoi : ich est le sujet de sehe ; le pronom masculin est l’objet direct et prend l’accusatif den.
Oublier le datif exigé par un verbe
- Incorrect : Die Frau, die ich helfe, ist meine Nachbarin.
- Correct : Die Frau, der ich helfe, ist meine Nachbarin.
- Pourquoi : helfen se construit avec le datif. La traduction française « que j’aide » ne montre pas cette différence.
Laisser le verbe en deuxième position
- Incorrect : Der Film, den ich habe gestern gesehen, war spannend.
- Correct : Der Film, den ich gestern gesehen habe, war spannend.
- Pourquoi : dans la relative, le participe gesehen et l’auxiliaire conjugué habe ferment la proposition.
Oublier une virgule
- Incorrect : Die Frau die dort sitzt ist Ärztin.
- Correct : Die Frau, die dort sitzt, ist Ärztin.
- Pourquoi : toute proposition relative allemande doit être séparée du reste de la phrase par une ou deux virgules selon sa position.
Utiliser was après n’importe quel nom neutre
- Incorrect : Das Buch, was auf dem Tisch liegt, gehört mir.
- Correct en allemand standard : Das Buch, das auf dem Tisch liegt, gehört mir.
- Pourquoi : après un nom neutre précis comme das Buch, on emploie normalement das. Was a d’autres emplois, notamment après alles, nichts ou un superlatif substantivé.
Notes d’usage
Dans la langue courante comme dans les textes soignés, der, die, das et leurs formes fléchies constituent le choix normal. La série welcher, welche, welches peut également introduire une relative : der Bericht, welcher gestern erschien. Elle paraît souvent plus soutenue, administrative ou lourde. Elle peut toutefois éviter une succession peu élégante de formes identiques, par exemple après un article : die Frau, die die Tür öffnet est parfaitement correct, même si welche die Tür öffnet peut être choisi pour la lisibilité.
À l’oral, on entend régionalement wo ou was dans des contextes où la norme écrite attend un pronom relatif : der Mann, wo ... ou das Buch, was .... Ces usages ne sont pas rares, mais mieux vaut employer les formes standard dans un examen, un courrier professionnel ou un texte formel.
Le français choisit fréquemment où avec un lieu. L’allemand standard préfère souvent une préposition précise accompagnée du pronom : die Stadt, in der ich wohne ; das Land, aus dem er kommt. Wo est néanmoins normal quand l’antécédent est un adverbe de lieu ou un nom de lieu sans article, par exemple dort, wo wir uns getroffen haben ou Berlin, wo sie lange gelebt hat. Selon le sens, on rencontre aussi wohin pour une destination et woher pour une origine.
Pour aller plus loin
Le génitif : dessen et deren
Le génitif relatif correspond souvent à « dont » lorsqu’il indique le possesseur. La forme dépend du possesseur, c’est-à-dire de l’antécédent, et non de l’objet possédé :
- der Mann, dessen Tochter in Köln lebt — la fille de l’homme ;
- die Frau, deren Sohn Arzt ist — le fils de la femme ;
- die Eltern, deren Kinder hier lernen — les enfants des parents.
Dessen reprend un masculin ou un neutre singulier ; deren reprend un féminin singulier ou un pluriel. Ces formes ne changent pas selon le cas du nom qui suit. Elles occupent déjà la place du déterminant : on dit dessen Auto, sans ajouter d’article.
Was après certains antécédents
On emploie couramment was après des pronoms indéfinis neutres comme alles, etwas, nichts et vieles, après das lorsqu’il signifie « ce qui/ce que », ainsi qu’après un superlatif employé comme nom :
- Nichts, was er sagt, überrascht mich. — Rien de ce qu’il dit ne me surprend.
- Das, was du beschreibst, kenne ich gut. — Ce que tu décris, je le connais bien.
- Das Schönste, was wir gesehen haben, war der See. — La plus belle chose que nous ayons vue était le lac.
Lorsque la construction exige une préposition, l’allemand préfère souvent un adverbe pronominal en wo(r)- : Das ist etwas, worüber wir sprechen müssen. Ce type de forme renvoie normalement à une chose ou à une idée. Pour une personne, on conserve préposition + pronom : die Person, über die wir sprechen.
Les relatives sans antécédent exprimé
Une relative dite libre peut fonctionner sans nom antécédent : Wer zuerst kommt, bekommt den besten Platz. Ici, wer signifie « celui qui » ou « quiconque ». Les deux parties peuvent imposer des cas différents, ce qui produit des constructions plus avancées comme Wem das gefällt, dem schenke ich eine Kopie : « À celui à qui cela plaît, j’offre un exemplaire. »
Des relatives imbriquées, mais avec mesure
L’allemand permet d’insérer plusieurs niveaux de subordination : Der Mann, der das Buch, das ich ihm gegeben habe, gelesen hat, ruft morgen an. La phrase est correcte, mais demande beaucoup d’attention. Dans un texte destiné à être lu facilement, il vaut souvent mieux répartir l’information sur deux phrases. La maîtrise avancée ne consiste pas seulement à construire de longues relatives, mais aussi à savoir quand les éviter.
Conseils pratiques
- Procédez toujours en deux temps. Notez d’abord le genre et le nombre de l’antécédent, puis posez la question : le pronom est-il sujet, objet direct, complément au datif ou complément d’une préposition dans la relative ?
- Transformez deux phrases en une seule. Par exemple, partez de Ich kenne den Mann. Der Mann arbeitet hier. et obtenez Ich kenne den Mann, der hier arbeitet. Variez ensuite la fonction : Der Mann, den ich kenne, arbeitet hier.
- Apprenez les verbes avec leur cas. Faites une petite liste de groupes complets, tels que jemandem helfen, jemandem danken et jemandem vertrauen. Vous choisirez ainsi plus facilement dem, der ou denen au lieu de vous fier à la traduction française.
Notions liées
- Prérequis : Les subordonnées avec weil et dass — elles introduisent déjà le verbe final et la ponctuation des subordonnées.
- Pour approfondir : Les structures de phrase complexes — elles combinent relatives, enchâssements et plusieurs niveaux de subordination.
Prérequis
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