B1

Le Präteritum des verbes irréguliers allemands

Präteritum: unregelmäßige Verben

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de allemand sur Settemila Lingue.

En bref

Au Präteritum, les verbes forts allemands changent souvent la voyelle de leur radical et ne prennent pas -te : gehen → ging, schreiben → schrieb, kommen → kam. Les première et troisième personnes du singulier n’ont aucune terminaison, tandis que les autres formes ajoutent surtout -st, -en ou -t. Ce temps sert principalement à raconter au passé dans les textes ; à l’oral, le Perfekt, le passé composé allemand, est généralement plus courant.

Vue d’ensemble

Le Präteritum est un temps simple du passé : une seule forme verbale suffit, par exemple ich ging (« je suis allé ») ou sie schrieb (« elle a écrit »). On le rencontre constamment dans les romans, les contes, les biographies, les récits historiques, les comptes rendus et la presse. Il faut donc savoir le reconnaître pour lire avec aisance, même si l’on emploie souvent le Perfekt dans une conversation quotidienne : Ich bin nach Hause gegangen plutôt que Ich ging nach Hause.

Ce point apparaît au niveau B1, après le Präteritum des verbes réguliers. La différence centrale est facile à voir : un verbe régulier comme machen donne machte, avec le suffixe -te, alors qu’un verbe fort (un verbe dont le radical varie selon les temps) comme finden donne fand. Ces changements de voyelle sont hérités de familles anciennes et ne se déduisent pas toujours de l’infinitif. Il faut donc apprendre les formes principales avec chaque nouveau verbe.

Pour un francophone, le rapprochement avec le passé simple peut aider à comprendre la fonction narrative, mais il ne faut pas les confondre. Le Präteritum allemand est beaucoup moins exclusivement littéraire que le passé simple français : war, hatte et les verbes modaux sont tout à fait naturels dans la langue courante.

Formation et fonctionnement

Partir du radical du Präteritum

Pour former le Präteritum d’un verbe fort, on utilise son radical du passé (la partie qui porte le sens, après retrait de la terminaison) puis on ajoute les terminaisons personnelles. Ce radical comporte souvent un changement de voyelle, appelé parfois Ablaut :

Infinitif Radical du Präteritum Forme avec ich Sens principal
gehen ging- ich ging aller
schreiben schrieb- ich schrieb écrire
kommen kam- ich kam venir
finden fand- ich fand trouver
sehen sah- ich sah voir
sprechen sprach- ich sprach parler
nehmen nahm- ich nahm prendre
geben gab- ich gab donner
bleiben blieb- ich blieb rester
fahren fuhr- ich fuhr aller en véhicule, conduire

Il n’existe pas une transformation unique telle que « ei devient toujours ie ». Comparez bleiben → blieb, mais heißen → hieß, et schneiden → schnitt. Les régularités historiques peuvent aider à classer les verbes, mais, au niveau pratique, la méthode la plus sûre consiste à retenir trois formes : infinitif – Präteritum – participe passé, par exemple schreiben – schrieb – geschrieben. L’infinitif est la forme non conjuguée donnée dans le dictionnaire ; le participe passé est notamment la forme employée avec un auxiliaire pour construire le Perfekt.

Les terminaisons des verbes forts

Les première et troisième personnes du singulier sont identiques. Contrairement aux verbes réguliers, elles ne prennent ni -te ni terminaison personnelle.

Personne Terminaison gehen schreiben
ich aucune ging schrieb
du -st gingst schriebst
er / sie / es aucune ging schrieb
wir -en gingen schrieben
ihr -t gingt schriebt
sie / Sie -en gingen schrieben

Le pronom Sie de politesse prend, comme toujours, la forme du pluriel : Gingen Sie zu Fuß? Lorsque le radical se termine par un son sifflant, la forme avec du peut recevoir un e pour être prononçable : lesen → du lasest, heißen → du hießest. Ces formes sont correctes, mais assez peu fréquentes dans la conversation, puisque le Perfekt y domine.

Les auxiliaires et les verbes très fréquents

Trois verbes essentiels ont des formes qu’il vaut mieux apprendre sous forme de tableaux complets :

Personne sein haben werden
ich war hatte wurde
du warst hattest wurdest
er / sie / es war hatte wurde
wir waren hatten wurden
ihr wart hattet wurdet
sie / Sie waren hatten wurden

Sein suit les terminaisons fortes, tandis que haben et werden suivent chacun un modèle irrégulier. Dans l’usage, les trois appartiennent au noyau des formes de passé à mémoriser.

Les verbes modaux (verbes comme « devoir », « pouvoir » ou « vouloir », qui précisent l’attitude envers une action) sont eux aussi très courants au Präteritum : können → konnte, müssen → musste, dürfen → durfte, sollen → sollte, wollen → wollte, mögen → mochte. Können, müssen et dürfen perdent leur tréma. Avec un autre verbe, l’infinitif reste à la fin : Ich musste lange warten.

Verbes forts et verbes mixtes

Tous les verbes irréguliers ne sont pas forts. Les verbes mixtes combinent une modification du radical et les terminaisons en -te des verbes réguliers :

Infinitif Präteritum Exemple
bringen brachte Sie brachte Kaffee.
denken dachte Ich dachte an dich.
kennen kannte Wir kannten den Weg.
nennen nannte Er nannte einen Grund.
wissen wusste Niemand wusste es.

Cette distinction évite une fausse règle : « irrégulier » ne signifie pas automatiquement « sans -te ». Le cœur de cet article reste cependant les verbes forts tels que ging, kam et fand.

Place du verbe dans la phrase

Le Präteritum ne modifie pas les règles habituelles de position. Dans une proposition principale déclarative, le verbe conjugué occupe la deuxième position : Gestern schrieb er einen Brief. Dans une proposition subordonnée (une partie de phrase introduite, par exemple, par weil ou als), il va à la fin : Sie ging nach Hause, weil sie müde war.

Avec un verbe à préfixe séparable, le préfixe se détache dans la proposition principale : Ich stand um sechs Uhr auf. Il reste joint au verbe placé en fin de subordonnée : Als ich um sechs Uhr aufstand, war es noch dunkel. Un préfixe inséparable ne se détache pas : Ich verstand die Frage.

Exemples en contexte

Allemand Français Remarque
Ich ging nach Hause. Je suis rentré chez moi. gehen → ging ; le français naturel emploie ici le passé composé.
Er schrieb einen Brief. Il écrivit une lettre. / Il a écrit une lettre. Forme narrative de schreiben.
Sie kam zu spät. Elle est arrivée trop tard. kommen → kam.
Wir fanden ein kleines Hotel am See. Nous avons trouvé un petit hôtel au bord du lac. finden → fand ; pluriel en -en.
Plötzlich sah ich ein Licht im Fenster. Soudain, j’ai vu une lumière à la fenêtre. sehen → sah dans un récit.
Der Zug fuhr pünktlich ab. Le train est parti à l’heure. Préfixe séparable de abfahren.
Als das Telefon klingelte, schliefen die Kinder schon. Lorsque le téléphone a sonné, les enfants dormaient déjà. schlafen → schlief ; la subordonnée place le verbe à la fin.
Warum nahmst du nicht den Bus? Pourquoi n’as-tu pas pris le bus ? Deuxième personne de nehmen → nahm.
Sie blieb den ganzen Abend zu Hause. Elle est restée chez elle toute la soirée. bleiben → blieb.
Niemand verstand seine Antwort. Personne n’a compris sa réponse. verstehen → verstand ; préfixe inséparable.
Früher gab es hier ein Kino. Autrefois, il y avait ici un cinéma. Tournure très fréquente es gab.
Ich war müde und hatte keine Zeit. J’étais fatigué et je n’avais pas le temps. war et hatte sont naturels même à l’oral.
Wir mussten lange warten. Nous avons dû attendre longtemps. Modal au Präteritum suivi d’un infinitif.
Als ich aufstand, war es noch dunkel. Quand je me suis levé, il faisait encore nuit. aufstehen → stand auf ; forme jointe en fin de subordonnée.

Les traductions montrent qu’un même Präteritum peut correspondre au passé composé, à l’imparfait ou au passé simple français. Le choix français dépend du contexte ; il ne permet donc pas, à lui seul, de choisir le temps allemand.

Erreurs fréquentes

Ajouter -te à un verbe fort

  • Incorrect : Ich gingte nach Hause.
  • Correct : Ich ging nach Hause.
  • Pourquoi : gehen est fort. Son radical du Präteritum est ging- et la première personne n’a pas de terminaison.

Garder la voyelle de l’infinitif

  • Incorrect : Er schreib einen Brief.
  • Correct : Er schrieb einen Brief.
  • Pourquoi : la forme du passé de schreiben est schrieb, pas le radical du présent schreib-.

Ajouter une terminaison à la troisième personne

  • Incorrect : Sie kamt zu spät.
  • Correct : Sie kam zu spät.
  • Pourquoi : au singulier, ich et er/sie/es ont la même forme sans terminaison : ich kam, sie kam. Kamt appartient à ihr.

Traiter un verbe mixte comme un verbe fort

  • Incorrect : Wir brachen Kaffee. pour dire « nous avons apporté du café ».
  • Correct : Wir brachten Kaffee.
  • Pourquoi : bringen donne brachte. La forme brachen vient de brechen (« casser ») et change complètement le sens.

Calquer le passé simple français

  • Incorrect dans une conversation ordinaire : employer systématiquement Ich aß, dann ging ich… simplement parce que le français écrit permet « je mangeai, puis j’allai… ».
  • Plus naturel à l’oral : Ich habe gegessen, dann bin ich gegangen…
  • Pourquoi : pour la plupart des verbes d’action, l’allemand parlé préfère le Perfekt. Le Präteritum n’est pourtant pas faux : il crée seulement un style plus narratif ou dépend de la région et de la situation.

Oublier la séparation du préfixe

  • Incorrect : Ich aufstand sehr früh.
  • Correct : Ich stand sehr früh auf.
  • Pourquoi : dans une proposition principale, le préfixe séparable va en fin de proposition. Dans weil ich sehr früh aufstand, il reste joint, car le verbe entier est à la fin.

Notes d’usage

Dans la langue écrite narrative, le Präteritum est le temps de base pour faire avancer les événements : Er öffnete die Tür, trat ein und sah sich um. Il alterne naturellement avec des descriptions, sans qu’il corresponde mécaniquement à un seul temps français. Les nouvelles, romans, biographies et articles de presse contiennent donc de nombreuses formes fortes.

Dans la conversation, le Perfekt domine surtout dans le sud de l’Allemagne, en Autriche et en Suisse alémanique. Le Präteritum est globalement plus présent à l’oral dans le nord, mais il n’existe pas de frontière absolue. Partout, sein, haben et les modaux se disent volontiers au Präteritum : Ich war krank, Ich hatte keine Zeit, Ich konnte nicht kommen. Ces formes sont souvent plus légères que leurs équivalents au Perfekt.

Le contexte décide également de la traduction. Ich wusste das nicht correspond naturellement à « je ne le savais pas », tandis que Plötzlich fand ich den Schlüssel se traduit plutôt par « soudain, j’ai trouvé la clé ». Le temps allemand présente les faits dans un récit passé ; les nuances d’accompli, de durée ou d’arrière-plan sont souvent apportées par le verbe, les adverbes et l’ensemble du passage.

Pour aller plus loin

Les trois formes principales d’un verbe révèlent souvent une série de voyelles : finden – fand – gefunden, sprechen – sprach – gesprochen, schreiben – schrieb – geschrieben. Regrouper les verbes par famille facilite la mémorisation, mais ces familles comportent des détails et des exceptions. Elles servent de soutien, jamais de remplacement à la vérification d’une forme.

Le radical du Präteritum intervient aussi dans d’autres constructions. Le plus-que-parfait utilise hatte ou war avec le participe passé : Nachdem sie den Brief geschrieben hatte, ging sie zur Post. Le passif au Präteritum emploie wurde : Die Straße wurde gesperrt. Ces constructions dépassent la simple conjugaison des verbes forts, mais elles expliquent pourquoi hatte, war et wurde apparaissent si souvent dans les textes.

Il faut enfin distinguer certaines formes du Konjunktiv II (mode servant notamment à exprimer l’hypothèse ou l’irréel). Il est historiquement lié au Präteritum fort et comporte souvent un tréma : kam « vint/est venu » face à käme « viendrait », fand face à fände. Pour gehen, les formes ging et ginge se ressemblent : seule la seconde est hypothétique. La terminaison et le contexte permettent de les reconnaître.

À un niveau avancé, le choix entre Präteritum et Perfekt devient aussi stylistique. Une personne peut passer au Präteritum pour donner à une anecdote orale une allure de récit, ou employer le Perfekt dans un texte pour souligner le lien d’un événement passé avec la situation présente. La distinction relève donc à la fois de la grammaire, du registre et de l’organisation du discours.

Conseils de pratique

  1. Apprenez les verbes par triplets. Notez chaque nouveau verbe sous la forme nehmen – nahm – genommen, avec une courte phrase au Präteritum. Cinq triplets bien révisés valent mieux qu’une longue liste lue une seule fois.
  2. Transformez un petit récit. Prenez six phrases au Perfekt et réécrivez-les au Präteritum : Ich bin aufgestanden → Ich stand auf. Vérifiez à la fois le radical, la terminaison et la place des préfixes.
  3. Lisez en repérant les formes. Dans un article ou une nouvelle, soulignez les Präteritum forts et retrouvez leur infinitif. Classez à part war, hatte, les modaux et les verbes mixtes : cette distinction réduit nettement les confusions.

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