Les phrases complexes en allemand
Komplexe Satzgefüge
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de allemand sur Settemila Lingue.
En bref
Une phrase allemande très complexe reste lisible si l'on repère ses propositions comme des blocs emboîtés : chaque subordonnée a sa propre fonction, ses virgules et, en principe, son verbe conjugué à la fin. Pour l'analyser, trouvez d'abord l'ossature de la principale, puis rattachez chaque relative ou subordonnée au mot dont elle dépend. Le véritable niveau C2 consiste autant à comprendre une forte densité syntaxique qu'à savoir la réduire lorsqu'elle nuit à la clarté.
Aperçu
Un Satzgefüge est une phrase composée d'une proposition principale et d'une ou plusieurs propositions qui en dépendent. Une proposition est ici un groupe organisé autour d'un verbe : sie widerspricht (« elle conteste ») peut constituer une principale, tandis que obwohl sie den Einwand versteht (« bien qu'elle comprenne l'objection ») dépend d'une autre proposition. Lorsque cette subordonnée en contient elle-même une autre, on parle d'enchâssement, c'est-à-dire d'un bloc placé à l'intérieur d'un autre.
Au niveau C2, la difficulté ne vient donc plus de la seule règle « verbe à la fin ». Il faut suivre plusieurs dépendances à la fois : identifier le nom repris par un pronom relatif, déterminer la portée d'une condition ou d'une concession, associer chaque groupe verbal à son sujet et retrouver la principale après une longue incise. Cette organisation par subordination s'appelle l'hypotaxe (une construction où les idées sont hiérarchisées, plutôt que simplement juxtaposées).
Le français connaît lui aussi les relatives imbriquées et les longues phrases périodiques. Toutefois, l'allemand marque davantage les limites des subordonnées par la position verbale et par la virgule. Cette différence offre des repères solides, mais elle oblige le francophone à résister à deux réflexes : conserver l'ordre français sujet-verbe dans une subordonnée et traduire automatiquement « que » par dass. La maîtrise des propositions relatives constitue donc un préalable essentiel.
Fonctionnement
Retrouver d'abord l'ossature
Face à une phrase longue, commencez par mettre provisoirement les incises entre parenthèses. Cherchez ensuite la principale, qui peut fonctionner seule et dont le verbe conjugué occupe normalement la deuxième position syntaxique.
Prenons la phrase suivante :
Der Mann, der das Buch, das ich ihm gab, gelesen hat, sagte nichts.
Elle se déplie en trois niveaux :
- Ossature : Der Mann sagte nichts. — L'homme ne dit rien.
- Relative rattachée à Mann : der das Buch gelesen hat — qui a lu le livre.
- Relative rattachée à Buch : das ich ihm gab — que je lui ai donné.
On peut visualiser l'emboîtement ainsi : Der Mann, [der das Buch, [das ich ihm gab], gelesen hat], sagte nichts. Les mots der et gelesen hat appartiennent au même bloc, même s'ils sont éloignés par la relative intérieure.
Chaque subordonnée ferme son propre cadre
Après une conjonction de subordination telle que dass (que), weil (parce que), obwohl (bien que), wenn (si/quand) ou nachdem (après que), le verbe conjugué se place normalement à la fin de la proposition. La même organisation vaut pour une relative.
| Structure allemande | Traduction française | Repère structurel |
|---|---|---|
| Sie sagt, dass der Plan funktioniert. | Elle dit que le plan fonctionne. | funktioniert ferme la complétive en dass. |
| Weil der Plan funktioniert, stimmen wir zu. | Puisque le plan fonctionne, nous donnons notre accord. | Après la subordonnée initiale, stimmen vient immédiatement. |
| Der Plan, den sie vorgeschlagen hat, funktioniert. | Le plan qu'elle a proposé fonctionne. | hat ferme la relative ; funktioniert appartient à la principale. |
| Ich weiß, dass er, obwohl er müde war, weiterarbeitete. | Je sais qu'il a continué à travailler, bien qu'il fût fatigué. | war ferme l'incise ; weiterarbeitete ferme la complétive. |
Une subordonnée placée au début compte comme le premier élément de la principale. Le verbe de la principale suit donc aussitôt : Obwohl alles vorbereitet war, musste die Sitzung verschoben werden. Dire obwohl …, die Sitzung musste … reproduirait un découpage possible en français, mais ne respecterait pas le cadre allemand standard dans une seule phrase.
Distinguer coordination et subordination
Toutes les liaisons ne créent pas un nouvel étage. Les conjonctions de coordination und, aber, oder et denn relient des éléments de même rang et ne déplacent pas à elles seules le verbe à la fin. Les conjonctions weil, obwohl ou während rendent au contraire une proposition dépendante.
- Er blieb, denn er war müde. — Il resta, car il était fatigué.
- Er blieb, weil er müde war. — Il resta parce qu'il était fatigué.
Cette distinction aide à dessiner l'architecture. Une longue phrase peut contenir plusieurs propositions coordonnées, dont chacune renferme à son tour des subordonnées. Il ne faut pas traiter toute la phrase comme un unique bloc final.
Rattacher correctement les relatives
Le pronom relatif reprend un antécédent, c'est-à-dire le nom auquel la relative apporte une précision. Son genre et son nombre viennent de cet antécédent ; son cas vient de sa fonction à l'intérieur de la relative. Le cas est la forme qui indique le rôle du groupe : sujet, objet direct, destinataire, complément après une préposition, etc.
Considérons :
Die Gutachterin, deren Bericht, den der Ausschuss angefordert hatte, noch fehlte, wurde erneut kontaktiert.
- Die Gutachterin wurde erneut kontaktiert forme la principale.
- deren Bericht noch fehlte signifie « dont le rapport manquait encore » ; deren renvoie à Gutachterin.
- den der Ausschuss angefordert hatte signifie « que la commission avait demandé » ; den renvoie à Bericht et est objet direct de angefordert hatte.
Le nom le plus proche n'est donc pas forcément l'antécédent. Les marques de genre, de nombre et de cas permettent de vérifier le rattachement. Cette vérification est plus fiable qu'une traduction mot à mot par « qui », « que » ou « dont ».
Empilement et enchâssement ne sont pas identiques
Plusieurs subordonnées peuvent s'ajouter l'une après l'autre sans être emboîtées :
Sie erklärte, dass die Frist verlängert werde und dass alle Beteiligten informiert würden.
Les deux complétives en dass sont coordonnées et dépendent toutes deux de erklärte. Dans un véritable enchâssement, la seconde dépend d'un élément situé dans la première :
Sie erklärte, dass die Frist, die ursprünglich morgen enden sollte, verlängert werde.
Ici, la relative die … enden sollte dépend de die Frist, à l'intérieur de la complétive. Cette différence détermine la structure du sens : deux blocs parallèles ne répondent pas à la même question que deux blocs hiérarchisés.
Organiser les groupes verbaux complexes
Dans une subordonnée, les formes non conjuguées précèdent généralement le verbe conjugué :
- …, weil sie den Antrag geprüft hat — parce qu'elle a examiné la demande ;
- …, obwohl der Termin verschoben werden musste — bien que la date ait dû être reportée ;
- …, dass er den Fehler bemerkt haben könnte — qu'il pourrait avoir remarqué l'erreur.
Une exception importante apparaît avec l'infinitif de substitution (Ersatzinfinitiv) de certains verbes, notamment les verbes modaux, aux temps composés. Au lieu du participe passé attendu, on trouve un infinitif, et l'auxiliaire conjugué se place avant le groupe d'infinitifs :
Sie sagte, dass sie früher hätte gehen müssen. — Elle dit qu'elle aurait dû partir plus tôt.
Dans une production très dense, ce groupe est difficile à planifier. Reformuler n'est pas un aveu de faiblesse : Sie sagte, sie habe früher gehen müssen ou deux phrases séparées peuvent être préférables selon le contexte.
Marquer la portée logique
Une condition, une concession ou une cause peut porter sur toute la principale ou seulement sur un élément enchâssé. Sa position doit permettre de comprendre cette portée, c'est-à-dire la partie exacte du message qu'elle modifie.
Comparez :
- Wenn die Zahlen stimmen, glaubt sie, dass der Plan tragfähig ist. — Si les chiffres sont exacts, elle estime que le projet est viable.
- Sie glaubt, dass der Plan, wenn die Zahlen stimmen, tragfähig ist. — Elle estime que le projet est viable si les chiffres sont exacts.
La différence est discrète mais réelle : dans la première phrase, la condition encadre l'affirmation de la personne ; dans la seconde, elle est intégrée au contenu de son jugement. Dans les textes argumentatifs, placer clairement de tels cadres évite une ambiguïté logique.
Employer les relatives libres et les concessions générales
Les combinaisons wer auch immer, was auch immer, wie … auch et so … auch ne reprennent pas nécessairement un nom exprimé auparavant. Elles forment souvent une relative libre ou une concession générale.
- Was auch immer geschieht, wir bleiben hier. — Quoi qu'il arrive, nous restons ici.
- Wer auch immer dafür verantwortlich ist, muss Stellung nehmen. — Qui que soit la personne responsable, elle doit s'expliquer.
- Wie überzeugend das Argument auch klingen mag, es löst das Problem nicht. — Aussi convaincant que puisse paraître l'argument, il ne résout pas le problème.
Dans ces schémas, auch contribue au sens indéfini ou concessif. Il ne faut pas l'interpréter isolément comme le simple adverbe « aussi ».
Exemples en contexte
| Allemand | Français | Point à observer |
|---|---|---|
| Der Mann, der das Buch, das ich ihm gab, gelesen hat, sagte nichts. | L'homme qui avait lu le livre que je lui avais donné ne dit rien. | Une relative est enchâssée dans une autre. |
| Ich weiß, dass er, obwohl er müde war, weiterarbeitete. | Je sais qu'il continua à travailler, bien qu'il fût fatigué. | La concessive interrompt la complétive. |
| Was auch immer geschieht, wir bleiben hier. | Quoi qu'il arrive, nous restons ici. | Relative libre à valeur concessive. |
| Obwohl sie wusste, dass die Angaben unvollständig waren, genehmigte sie den Antrag. | Bien qu'elle sût que les informations étaient incomplètes, elle approuva la demande. | Une complétive dépend d'une concessive initiale. |
| Die Entscheidung, die der Ausschuss, nachdem er drei Stunden beraten hatte, traf, überraschte selbst die Ministerin. | La décision que la commission prit après trois heures de délibération surprit même la ministre. | La temporelle coupe la relative. |
| Er rechnet damit, dass die Firma, deren Vertrag Ende Juni ausläuft, erneut bieten wird. | Il s'attend à ce que l'entreprise dont le contrat expire fin juin présente une nouvelle offre. | damit annonce la complétive ; deren reprend Firma. |
| Dass niemand bemerkte, wie schnell sich die Lage verschlechterte, ist kaum zu erklären. | Il est difficile d'expliquer que personne n'ait remarqué à quelle vitesse la situation se dégradait. | Toute la complétive en dass sert de sujet. |
| Die Frage, ob die Maßnahme, falls sie verlängert wird, weiterhin finanzierbar ist, blieb unbeantwortet. | La question de savoir si la mesure, au cas où elle serait prolongée, resterait finançable est restée sans réponse. | Une conditionnelle est insérée dans une interrogative indirecte. |
| Der Zeuge erklärte, dass er den Mann, der später festgenommen wurde, nie gesehen habe. | Le témoin déclara qu'il n'avait jamais vu l'homme qui fut arrêté plus tard. | Relative et discours rapporté au subjonctif allemand. |
| Wer den Bericht gelesen hat und dennoch behauptet, es habe keine Warnung gegeben, übersieht den letzten Absatz. | Quiconque a lu le rapport et affirme malgré tout qu'il n'y a eu aucun avertissement néglige le dernier paragraphe. | Une relative libre coordonne deux prédicats et contient du discours rapporté. |
| Hätte sie geahnt, dass der Zug, den sie nehmen wollte, ausfallen würde, wäre sie früher losgefahren. | Si elle avait su que le train qu'elle voulait prendre serait supprimé, elle serait partie plus tôt. | Condition irréelle, complétive et relative. |
| So sorgfältig der Text auch formuliert sein mag, bleibt unklar, worauf sich der letzte Satz bezieht. | Aussi soigneusement que le texte puisse être formulé, on ne sait toujours pas à quoi renvoie la dernière phrase. | Concession générale suivie d'une interrogative indirecte. |
| Sie sagte, dass sie, wenn die Verhandlungen gescheitert wären, früher hätte abreisen müssen. | Elle dit que, si les négociations avaient échoué, elle aurait dû repartir plus tôt. | Condition irréelle et infinitif de substitution. |
| Der Vorschlag wurde abgelehnt, weil die Kosten, die entstehen würden, falls alle Standorte umgebaut werden müssten, nicht gedeckt waren. | La proposition fut rejetée parce que les coûts qui apparaîtraient si tous les sites devaient être transformés n'étaient pas couverts. | Trois degrés de dépendance dans une causale. |
Erreurs courantes
Garder l'ordre français dans une subordonnée
- Incorrect : Ich weiß, dass er, obwohl er war müde, weiterarbeitete.
- Correct : Ich weiß, dass er, obwohl er müde war, weiterarbeitete.
- Pourquoi : obwohl ouvre une subordonnée ; son verbe conjugué war en ferme normalement le cadre.
Reprendre le sujet après une subordonnée initiale
- Incorrect : Wenn der Bericht fertig ist, wir schicken ihn sofort.
- Correct : Wenn der Bericht fertig ist, schicken wir ihn sofort.
- Pourquoi : la subordonnée initiale occupe la première position de l'ensemble. Le verbe schicken vient donc avant le sujet wir dans la principale.
Traduire tous les « que » par dass
- Incorrect : Der Bericht, dass ich gestern gelesen habe, war überzeugend.
- Correct : Der Bericht, den ich gestern gelesen habe, war überzeugend.
- Pourquoi : « que » reprend ici der Bericht et représente l'objet de gelesen habe. Il faut le relatif masculin à l'accusatif den, et non la conjonction dass.
Choisir le relatif d'après le nom le plus proche
- Incorrect : Die Leiterin des Instituts, den wir eingeladen haben, spricht zuerst.
- Correct : Die Leiterin des Instituts, die wir eingeladen haben, spricht zuerst.
- Pourquoi : si l'invitée est la directrice, l'antécédent est die Leiterin. den renverrait à un nom masculin à l'accusatif et rendrait le rattachement incohérent avec le sens visé.
Oublier une virgule qui ferme l'incise
- Incorrect : Der Antrag, der gestern einging wird morgen geprüft.
- Correct : Der Antrag, der gestern einging, wird morgen geprüft.
- Pourquoi : la relative insérée doit être encadrée par deux virgules. La seconde permet aussi de retrouver immédiatement le verbe principal wird.
Confondre complexité et qualité
- Lourd : Der Bericht, den die Fachkraft, die der Direktor, der inzwischen zurückgetreten ist, beauftragt hatte, verfasst hat, wurde veröffentlicht.
- Plus clair : Der Bericht wurde veröffentlicht. Verfasst hatte ihn die Fachkraft, die der inzwischen zurückgetretene Direktor beauftragt hatte.
- Pourquoi : la première version peut être analysable, mais l'enchâssement central surcharge la mémoire. Une bonne rédaction avancée contrôle l'effort demandé au lecteur.
Notes d'utilisation
Les phrases fortement subordonnées sont plus fréquentes dans les contrats, les textes juridiques, l'administration, la recherche, la presse d'analyse et certains styles littéraires que dans une conversation spontanée. Elles permettent de préciser dans une seule unité une règle, ses conditions, ses exceptions et sa source. Cette densité peut être nécessaire ; elle peut aussi produire un style bureaucratique si toutes les précisions sont insérées avant le message principal.
À l'oral, on préfère souvent annoncer l'idée, puis ajouter une précision : Der Bericht ist noch nicht fertig. Die Kollegin, die ihn schreibt, ist nämlich krank. Une chaîne plus courte facilite aussi l'intonation. Le fait qu'une structure soit grammaticale ne signifie donc pas qu'elle convienne à tous les registres.
Dans le discours rapporté soutenu, le Konjunktiv I (mode verbal servant notamment à rapporter des propos sans les reprendre à son compte) s'associe souvent à ces constructions : Die Sprecherin erklärte, die Verhandlungen seien beendet, weil keine Einigung habe erzielt werden können. Le mode indique la distance énonciative ; l'organisation des propositions indique, elle, la relation de cause. Il faut analyser séparément ces deux informations.
Pour un francophone, la ponctuation allemande est un véritable outil de lecture. Les subordonnées sont séparées par des virgules de façon plus systématique qu'en français. En revanche, il ne suffit pas de compter les virgules : une coordination, une apposition ou une construction infinitive peut également en contenir. La position des verbes et le sens du connecteur doivent confirmer le découpage.
Pour aller plus loin
La profondeur n'est pas la seule source de difficulté
Une phrase peut être longue sans être profondément enchâssée, si elle aligne plusieurs propositions de même rang. Inversement, une phrase assez courte peut demander beaucoup d'effort lorsque son centre sépare longtemps un relatif de son verbe. Cette imbrication centrale est particulièrement coûteuse pour la mémoire : der Mann, der das Buch, das …, gelesen hat. Les rédacteurs expérimentés tendent à limiter ces coupures ou à placer les informations lourdes plus tard.
Une solution fréquente consiste à sortir une relative lourde du milieu lorsque le rattachement reste évident :
- Dense : Wir haben den Vorschlag, den die Arbeitsgruppe nach monatelanger Prüfung vorgelegt hat, gestern angenommen.
- Plus progressif : Wir haben gestern den Vorschlag angenommen, den die Arbeitsgruppe nach monatelanger Prüfung vorgelegt hat.
La seconde version livre d'abord le cadre principal, puis la précision. Cet ordre, souvent naturel à l'oral et dans la presse, doit cependant rester non ambigu : si plusieurs noms peuvent servir d'antécédent, l'éloignement de la relative risque de brouiller le sens.
Les corrélats annoncent une subordonnée
Des mots comme damit, daran, darauf ou es peuvent occuper une place dans la principale et annoncer le contenu développé ensuite :
- Es überrascht mich, dass niemand widersprochen hat. — Cela m'étonne que personne n'ait protesté.
- Wir müssen darauf achten, dass keine Daten verloren gehen. — Nous devons veiller à ce qu'aucune donnée ne soit perdue.
- Er bestand darauf, dass der Wortlaut geändert wurde. — Il insista pour que le libellé soit modifié.
Le choix du corrélat dépend notamment du verbe ou de l'expression qui le régit. Il rend la dépendance plus visible et évite parfois qu'une longue complétive semble flotter sans point d'ancrage.
L'ordre des informations produit un effet rhétorique
Une subordonnée initiale peut installer toutes les réserves avant que la thèse principale n'apparaisse : Obwohl die Daten unvollständig sind und obwohl mehrere Fragen offenbleiben, lässt sich bereits eine Tendenz erkennen. Ce retard crée une progression argumentative prudente. À l'inverse, commencer par la principale donne davantage de poids à la conclusion : Eine Tendenz lässt sich bereits erkennen, obwohl …
La syntaxe complexe ne sert donc pas seulement à « mettre plusieurs idées dans une phrase ». Elle hiérarchise ce qui est présenté comme cadre, fait principal, justification, réserve ou information secondaire. À C2, comprendre cet effet est aussi important que placer correctement les verbes.
Savoir réviser une phrase complexe
Après avoir rédigé une longue phrase, vérifiez-la en quatre passages :
- supprimez mentalement toutes les incises et contrôlez la principale ;
- associez chaque subordonnant ou relatif à son verbe final ;
- vérifiez l'antécédent et le cas de chaque pronom relatif ;
- demandez-vous si la hiérarchie syntaxique correspond vraiment à la hiérarchie des idées.
Si une proposition essentielle est enterrée dans une relative tandis qu'un détail reçoit la place principale, le problème n'est plus grammatical mais rédactionnel. La meilleure correction peut être de changer le découpage plutôt que de déplacer un seul mot.
Conseils de pratique
- Travaillez avec des crochets. Dans un article allemand, encadrez chaque subordonnée et numérotez les niveaux : Ich glaube, [dass sie, [obwohl sie zögert], zustimmen wird]. Soulignez ensuite le verbe qui ferme chaque bloc.
- Dépliez puis reconstruisez. Transformez une phrase complexe en trois phrases simples. Reliez-les de nouveau de deux façons : une fois par coordination, une fois par subordination. Comparez ce qui devient principal ou secondaire.
- Entraînez les rattachements relatifs. Pour chaque relatif, posez deux questions : « Quel nom est repris ? » puis « Quel rôle le relatif joue-t-il dans sa propre proposition ? » Cette méthode évite de choisir der, den, dem, dessen ou deren à l'oreille.
- Relisez à voix haute. Marquez une légère pause aux frontières, sans couper le lien entre le début et la fin d'une même subordonnée. Si vous perdez vous-même l'ossature, allégez la phrase.
Concepts associés
- Prérequis : Propositions relatives — pour maîtriser les pronoms relatifs, leur cas et leur antécédent avant de les enchâsser.
Prérequis
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