A2

L’imparfait de *bod* en gallois

Bod - Amherffaith

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de gallois sur Settemila Lingue.

En bref

Au passé, bod (« être ») prend notamment les formes roeddwn i, roeddet ti, roedd e/hi, roedden ni, roeddech chi, roedden nhw. Avec yn et un verbe, cette construction décrit souvent une action en cours ou habituelle : Roeddwn i'n gweithio signifie « je travaillais ». Pour poser une question, on emploie oedd- ; à la forme négative, doedd- ... ddim.

Vue d’ensemble

Bod est le verbe gallois qui correspond le plus souvent à « être ». Son imparfait, appelé amherffaith en gallois, sert à présenter une situation passée sans la considérer comme un événement achevé et isolé. Il décrit donc très naturellement un état, le décor d’un récit, une action en train de se dérouler ou une habitude ancienne : « j’étais », « je faisais », « j’avais l’habitude de faire ».

Ce point apparaît au niveau A2, après le présent de bod. La logique reste proche de celle de Dw i'n gweithio (« je travaille / je suis en train de travailler ») : on change la forme de bod pour placer la situation dans le passé, mais le reste de la construction demeure souvent identique. Ainsi, Dw i'n byw yma (« j’habite ici ») devient Roeddwn i'n byw yma (« j’habitais ici »).

Pour une personne francophone, le rapprochement avec l’imparfait français est particulièrement utile. Les deux temps couvrent largement les états, les descriptions, les habitudes et l’arrière-plan d’un récit. La correspondance n’est toutefois pas mot à mot : le gallois construit beaucoup de phrases avec bod + yn + nom verbal, là où le français utilise simplement un verbe conjugué. Le nom verbal est la forme sous laquelle un verbe est généralement cité dans le dictionnaire, comme gweithio « travailler » ou byw « vivre ».

Comment ça fonctionne

Les formes affirmatives

À l’affirmatif, les formes courantes sont les suivantes :

Personne Forme galloise Sens de base
1re personne du singulier roeddwn i j’étais
2e personne du singulier roeddet ti tu étais
3e personne du singulier roedd e / roedd o il était
3e personne du singulier roedd hi elle était
1re personne du pluriel roedden ni nous étions
2e personne du pluriel ou de politesse roeddech chi vous étiez
3e personne du pluriel roedden nhw ils / elles étaient

E et o sont deux variantes régionales du pronom « il ». On rencontre aussi fe dans certains usages. Pour apprendre le paradigme, il suffit d’abord de choisir la variante employée dans son cours ou dans sa région de référence et de rester cohérent.

Avec un sujet exprimé par un nom, on utilise généralement roedd au singulier et roedd reste également courant devant un groupe nominal pris comme sujet :

  • Roedd Mair yn brysur. — Mair était occupée.
  • Roedd y plant yn cysgu. — Les enfants dormaient.

État, qualité ou identité : yn comme lien

Devant un adjectif ou un nom qui indique ce qu’est le sujet, yn sert de lien :

  • Roeddwn i'n hapus. — J’étais heureux / heureuse.
  • Roedd hi'n athrawes. — Elle était enseignante.
  • Roedd y dref yn dawel. — La ville était calme.

Après un pronom, yn se contracte en 'n : i'n, ti'n, e'n, hi'n, ni'n, chi'n, nhw'n. Après un nom, on écrit la forme entière : Roedd Mair yn...

Ce yn prédicatif — c’est-à-dire le petit mot qui relie le sujet à une qualité ou à une identité — peut provoquer une mutation douce, une modification de la première consonne. On a par exemple prysur mais yn brysur. Il est préférable de retenir les associations fréquentes comme des blocs plutôt que d’essayer d’appliquer toutes les mutations dès la première leçon.

Action en cours ou habitude : yn + nom verbal

Pour parler d’une activité, le schéma essentiel est :

forme imparfaite de bod + sujet + yn + nom verbal

  • Roeddwn i'n darllen. — Je lisais / j’étais en train de lire.
  • Roedden ni'n cerdded bob bore. — Nous marchions tous les matins.

Ici, le contexte décide souvent entre une action en cours et une habitude. Roedd hi'n nofio peut signifier « elle nageait » ou « elle avait l’habitude de nager ». Un repère comme pan... (« quand... ») favorise la lecture progressive ; une expression comme bob wythnos (« chaque semaine ») indique une habitude.

Le français n’a pas besoin de traduire séparément bod et yn. Roeddet ti'n gweithio ne se rend pas littéralement par « tu étais travaillant », mais tout simplement par « tu travaillais » ou, si l’on veut insister sur le déroulement, « tu étais en train de travailler ».

Lieu et certaines expressions sans yn de liaison

On ne place pas automatiquement 'n après chaque forme de bod. Un complément de lieu peut suivre directement :

  • Roeddwn i gartref. — J’étais chez moi.
  • Roedden nhw yng Nghymru. — Ils étaient au pays de Galles.
  • Roedd y siop ar gau. — Le magasin était fermé.

Dans yng Nghymru, yng est une forme de la préposition locative yn (« dans, en »), et non le lien yn placé devant un adjectif ou un verbe. Ces deux petits mots ont des fonctions différentes.

Questions : oedd-

Dans une question directe, le r- initial de la forme affirmative disparaît :

Affirmation Question Traduction de la question
Roeddwn i... Oeddwn i...? Est-ce que j’étais... ?
Roeddet ti... Oeddet ti...? Est-ce que tu étais... ?
Roedd e / hi... Oedd e / hi...? Est-ce qu’il / elle était... ?
Roedden ni... Oedden ni...? Est-ce que nous étions... ?
Roeddech chi... Oeddech chi...? Est-ce que vous étiez... ?
Roedden nhw... Oedden nhw...? Est-ce qu’ils / elles étaient... ?

Par exemple : Oeddech chi'n aros am y trên? (« Attendiez-vous le train ? ») et Oedd hi gartref? (« Était-elle chez elle ? »).

Négation : doedd- ... ddim

La négation courante combine une forme commençant par doedd- et ddim :

Personne Forme négative Sens de base
i doeddwn i ddim je n’étais pas
ti doeddet ti ddim tu n’étais pas
e / o / hi doedd e / o / hi ddim il / elle n’était pas
ni doedden ni ddim nous n’étions pas
chi doeddech chi ddim vous n’étiez pas
nhw doedden nhw ddim ils / elles n’étaient pas

Le reste du groupe vient après ddim :

  • Doeddwn i ddim yn barod. — Je n’étais pas prêt / prête.
  • Doedden nhw ddim yn gweithio. — Ils ne travaillaient pas.
  • Doedd hi ddim gartref. — Elle n’était pas chez elle.

Pour une question négative, le même modèle s’emploie avec l’intonation interrogative : Doeddet ti ddim yn gwybod? (« Tu ne savais pas ? »).

Exemples en contexte

Gallois Français Remarque
Roeddwn i'n hapus. J’étais heureux / heureuse. État passé.
Roeddet ti'n gweithio gartref. Tu travaillais chez toi. Activité en cours ou situation habituelle.
Roedd e'n flinedig ar ôl y daith. Il était fatigué après le voyage. Description d’un état.
Roedd hi'n bwrw glaw ddoe. Il pleuvait hier. En français, le sujet naturel est impersonnel.
Roedden ni'n byw yng Nghaerdydd. Nous habitions à Cardiff. Situation durable dans le passé.
Roeddech chi'n brysur y bore hwnnw. Vous étiez occupé(e)(s) ce matin-là. Chi peut désigner plusieurs personnes ou une personne vouvoyée.
Roedden nhw'n chwarae pêl-droed bob dydd Sadwrn. Ils jouaient au football tous les samedis. Habitude signalée par bob dydd Sadwrn.
Roedd y plant yn cysgu pan gyrhaeddais i. Les enfants dormaient quand je suis arrivé(e). Action de fond interrompue par un événement.
Roedd Mair yn athrawes bryd hynny. Mair était enseignante à cette époque. Identité ou profession avec yn.
Roedd y siop ar gau. Le magasin était fermé. Expression avec ar gau, sans yn de liaison.
Oeddech chi'n adnabod Siân? Connaissiez-vous Siân ? Question directe avec oedd-.
Doedd e ddim yn barod. Il n’était pas prêt. Négation en doedd... ddim.
Doedden nhw ddim yn byw yma bryd hynny. Ils n’habitaient pas ici à cette époque. Situation passée négative.
Roeddwn i'n aros am y bws pan ddechreuodd hi fwrw glaw. J’attendais le bus quand il s’est mis à pleuvoir. L’imparfait pose le décor ; le second verbe marque l’événement.

Erreurs fréquentes

Employer la forme affirmative dans une question

  • Incorrect : Roeddet ti'n flinedig?
  • Correct : Oeddet ti'n flinedig?
  • Pourquoi : une question directe à l’imparfait commence normalement par oedd-, sans le r- de roedd-.

Oublier doedd- dans la négation

  • Incorrect : Roeddwn i ddim yn barod.
  • Correct : Doeddwn i ddim yn barod.
  • Pourquoi : dans le modèle courant, les deux marques sont nécessaires : doedd- au début et ddim après le sujet.

Oublier le lien yn devant un verbe

  • Incorrect : Roedden ni byw yng Nghaerdydd.
  • Correct : Roedden ni'n byw yng Nghaerdydd.
  • Pourquoi : une activité ou une situation exprimée par un nom verbal demande le schéma bod + yn + nom verbal.

Ajouter yn devant toute indication de lieu

  • Incorrect : Roeddwn i'n gartref.
  • Correct : Roeddwn i gartref.
  • Pourquoi : gartref (« chez soi ») suit directement bod. Le 'n de Roeddwn i'n hapus n’est pas un élément obligatoire après i ; il a une fonction grammaticale précise.

Utiliser l’imparfait pour un événement unique et achevé

  • À éviter si l’on veut dire « je suis allé au magasin » : Roeddwn i'n mynd i'r siop ddoe.
  • Pour une action achevée : Es i i'r siop ddoe. — Je suis allé(e) au magasin hier.
  • Pourquoi : Roeddwn i'n mynd présente le déplacement comme en cours ou habituel. Il devient parfaitement approprié dans Roeddwn i'n mynd i'r siop pan... (« J’allais au magasin quand... »).

Traduire mécaniquement par « être en train de »

  • Gallois : Roeddwn i'n gwybod yr ateb.
  • Traduction naturelle : Je connaissais la réponse.
  • Pourquoi : la construction galloise ne décrit pas toujours une activité visible en cours. Avec un verbe d’état comme gwybod (« savoir »), l’imparfait français simple est naturel.

Notes d’usage

Dans la langue parlée, les formes peuvent être réduites. On entend notamment ro'n i pour roeddwn i. L’orthographe et l’étendue de ces contractions varient selon les régions et les supports pédagogiques. Au niveau A2, apprendre d’abord les formes complètes permet de reconnaître la structure partout ; les formes contractées viendront ensuite avec l’écoute.

Le choix entre « action en cours » et « habitude » dépend souvent des indications temporelles. Comparez :

  • Roeddwn i'n darllen pan ffoniodd hi. — Je lisais quand elle a téléphoné.
  • Roeddwn i'n darllen bob nos. — Je lisais tous les soirs.

La première phrase montre une action déjà en cours ; la seconde, une habitude. La forme galloise est la même. Comme en français, des mots tels que bob dydd (« tous les jours »), fel arfer (« d’habitude ») ou une proposition introduite par pan (« quand ») orientent l’interprétation.

Enfin, chi fonctionne à la fois comme « vous » pluriel et comme « vous » de politesse. Roeddech chi'n brysur? peut donc s’adresser à une personne que l’on vouvoie ou à plusieurs personnes. C’est le contexte, et non la forme verbale, qui lève l’ambiguïté.

Pour aller plus loin

Les points suivants ne sont pas indispensables pour commencer, mais ils expliquent des formes que l’on rencontre rapidement dans les récits et les textes.

Roedd- dans la principale, oedd- dans certaines subordonnées

Dans une phrase affirmative indépendante, on trouve roedd- : Roeddwn i'n ifanc (« J’étais jeune »). Après certains mots qui introduisent une proposition dépendante — une partie de phrase rattachée à une autre — on rencontre oedd- sans r- :

  • pan oeddwn i'n blentyn — quand j’étais enfant
  • y tŷ lle roedd hi'n byw — la maison où elle habitait

Il ne faut donc pas conclure que toute forme en oedd- est une question. Sa fonction dépend de la structure de la phrase.

Le plus-que-parfait avec wedi

L’imparfait de bod sert aussi de base à des temps composés. Avec wedi et un nom verbal, il exprime souvent une action déjà accomplie avant un autre moment passé :

  • Roeddwn i wedi gorffen cyn naw o'r gloch. — J’avais fini avant neuf heures.
  • Roedd e wedi mynd pan gyrhaeddon ni. — Il était parti quand nous sommes arrivés.

On ne met pas yn devant wedi : la structure est roedd + sujet + wedi + nom verbal. Ce prolongement relève des temps composés et peut être étudié séparément au niveau B2.

Registre plus soutenu

Dans un gallois écrit plus formel, on peut rencontrer yr oedd... à l’affirmatif et nid oedd... à la négation, là où la langue courante préfère souvent roedd... et doedd... ddim. Il est utile de les reconnaître, sans chercher à les employer tout de suite dans la conversation.

Imparfait et événement achevé

La différence fondamentale n’est pas simplement « passé proche » contre « passé lointain ». L’imparfait ouvre une vue intérieure sur une situation : elle durait, se répétait ou formait l’arrière-plan. Un passé accompli présente au contraire l’événement comme un tout. Cette opposition explique le contraste naturel entre Roeddwn i'n coginio pan gyrhaeddodd hi (« Je cuisinais quand elle est arrivée ») et une phrase qui raconte simplement que le repas a été préparé.

Conseils pour s’entraîner

  1. Apprenez les formes par séries de trois. Pour chaque personne, dites une affirmation, une question et une négation : Roeddet ti... / Oeddet ti...? / Doeddet ti ddim... Cette méthode fixe le changement de consonne initiale.
  2. Transformez des phrases du présent. Partez de Dw i'n gweithio, Mae hi'n byw yma ou Maen nhw'n chwarae, puis placez-les dans le passé. Vous réutiliserez ainsi une structure déjà connue au lieu d’apprendre des phrases entièrement nouvelles.
  3. Ajoutez un repère temporel. Inventez une phrase avec bob dydd pour une habitude, puis une autre avec pan pour une action en cours. Par exemple : Roeddwn i'n cerdded bob bore et Roeddwn i'n cerdded pan ddechreuodd hi fwrw glaw.

Concepts associés

  • Prérequis : Le présent de bod — la même construction de base au présent, avec dw i, mae hi et maen nhw.
  • Pour continuer : Les temps composés — l’imparfait de bod se combine notamment avec wedi pour former le plus-que-parfait.

Prérequis

Le présent de *bod* en galloisA1

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