Les propositions relatives en vietnamien
Mệnh Đề Quan Hệ
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de vietnamien sur Settemila Lingue.
En bref
En vietnamien, la proposition relative se place après le nom qu’elle précise : người tôi gặp (« la personne que j’ai rencontrée »). On peut insérer mà après ce nom — người mà tôi gặp — mais ce marqueur est souvent omis lorsque la relation reste claire. Contrairement au français, mà ne varie pas selon qu’on traduirait par « qui », « que », « où » ou « dont ».
Vue d’ensemble
Une proposition relative est un petit groupe construit autour d’un verbe qui précise un nom : dans « le livre que j’ai lu », « que j’ai lu » précise « le livre ». Ce nom est parfois appelé antécédent, c’est-à-dire le nom auquel la relative se rattache. En vietnamien, le principe est très régulier : le nom vient d’abord, puis la précision. Ainsi, sách tôi đọc se lit littéralement comme « livre — moi — lire » et signifie « le livre que je lis / que j’ai lu », selon le contexte.
Cette structure devient essentielle au niveau B1, car elle permet de réunir deux idées sans répéter le même nom : au lieu de dire « J’ai acheté un livre. Ce livre est très intéressant », on peut dire Cuốn sách mà tôi mua rất thú vị (« Le livre que j’ai acheté est très intéressant »). Le vietnamien n’accorde pas de pronom relatif en genre ou en nombre et ne conjugue pas le verbe. Le temps se déduit du contexte ou s’indique avec des mots comme đã (accompli ou passé), đang (action en cours) et sẽ (futur).
Pour un francophone, la difficulté n’est donc pas de mémoriser une série équivalente à « qui, que, où, dont, lequel ». Il faut plutôt apprendre à repérer la fonction laissée vide dans la proposition vietnamienne et à décider si mà rend la phrase plus claire ou plus naturelle.
Comment ça fonctionne
Le schéma de base
La structure la plus utile est :
nom précisé + (mà) + proposition qui apporte la précision
Le nom précisé se trouve hors de la proposition, mais il y joue mentalement un rôle. Aucun pronom ne vient normalement le répéter à l’endroit où le français place « qui » ou « que ».
| Rôle du nom précisé | Schéma | Exemple | Sens |
|---|---|---|---|
| sujet de la relative | nom + (mà) + verbe | người (mà) sống ở đây | la personne qui vit ici |
| objet de la relative | nom + (mà) + sujet + verbe | sách (mà) tôi đọc | le livre que je lis / ai lu |
| lieu, moment ou raison | nom + (mà) + proposition | lý do (mà) tôi đến | la raison pour laquelle je suis venu(e) |
Les parenthèses autour de mà indiquent qu’il peut être omis dans ces exemples. Elles ne font pas partie de la phrase réelle.
Quand le nom est le sujet de la relative
Dans người sống ở đây, « la personne » est celle qui vit ici. Après người, on trouve donc directement le groupe verbal sống ở đây (« vivre ici ») :
người + sống ở đây
Il ne faut pas ajouter un pronom qui répète người. Le français exige « qui », mais le vietnamien peut simplement enchaîner le nom et le verbe. Mà est possible pour rendre la limite plus visible, notamment dans une construction plus longue : người mà đang nói chuyện với Lan (« la personne qui est en train de parler avec Lan »). Dans une phrase courte, người đang nói chuyện với Lan est généralement plus léger.
Quand le nom est l’objet de la relative
Dans cuốn sách tôi đã mua, le sujet de la relative est tôi (« je ») et le verbe est đã mua (« ai acheté »). L’objet de mua n’apparaît pas après le verbe, car il est déjà exprimé avant la relative par cuốn sách :
cuốn sách + tôi + đã mua + [objet non répété]
On peut ajouter mà : cuốn sách mà tôi đã mua. Cette version facilite souvent la lecture lorsque la relative contient plusieurs mots. Le marqueur ne signifie pas à lui seul « que » : il annonce le lien, mais la fonction du nom se comprend grâce à la structure du reste de la proposition.
Avec un lieu, un moment ou une raison
Le même procédé sert à préciser des noms comme nơi (« lieu »), ngày (« jour »), lúc (« moment ») ou lý do (« raison ») :
- nơi tôi sinh ra — le lieu où je suis né(e) ;
- ngày chúng ta gặp nhau — le jour où nous nous sommes rencontrés ;
- lý do mà tôi đến — la raison pour laquelle je suis venu(e).
Il n’existe pas ici de mot qui corresponde mécaniquement au français « où » ou « pour laquelle ». La relation dépend du sens du nom et du verbe. Il faut toutefois conserver une préposition ou un verbe de direction lorsqu’ils sont nécessaires à la phrase vietnamienne : nhà hàng mà chúng ta đã đến (« le restaurant où nous sommes allés »), avec đến « arriver / aller jusqu’à ».
L’exemple condensé Nhà hàng (mà) chúng ta đi se comprend par le contexte comme « le restaurant où nous sommes allés ». Dans une phrase autonome, nhà hàng mà chúng ta đã đến ou nhà hàng chúng ta đã ăn (« le restaurant où nous avons mangé ») indique plus explicitement la relation.
Choisir entre mà et l’absence de marqueur
Les deux formes sont courantes :
| Sans mà | Avec mà | Tendance pratique |
|---|---|---|
| người tôi gặp | người mà tôi gặp | les deux : la première est très compacte |
| món ăn Lan nấu | món ăn mà Lan nấu | mà sépare clairement le nom du sujet Lan |
| người đang đợi ngoài cửa | người mà đang đợi ngoài cửa | sans mà est souvent plus fluide dans une courte relative sujet |
| quyết định mọi người phản đối | quyết định mà mọi người phản đối | mà aide à analyser un groupe plus long |
Il ne s’agit pas d’une opposition absolue entre langue orale et langue écrite. La longueur, l’ambiguïté possible, le rythme et le degré d’insistance comptent davantage. Pour apprendre, une bonne stratégie consiste à employer mà dans les relatives objet longues, puis à observer où les locuteurs l’omettent.
Les marques de temps, d’aspect et la négation
Une relative reste une proposition vietnamienne ordinaire. Elle peut donc contenir les marqueurs habituels :
- người đã gọi cho tôi — la personne qui m’a appelé(e) ;
- người đang đứng trước cửa — la personne qui se tient devant la porte ;
- việc mà chúng ta sẽ làm — la chose que nous ferons ;
- cuốn sách tôi chưa đọc — le livre que je n’ai pas encore lu ;
- món mà cô ấy không ăn — le plat qu’elle ne mange pas.
Comme dans une phrase indépendante, ces mots se placent auprès du verbe qu’ils modifient. Mà ne remplace aucun d’eux.
La relative dans la phrase entière
Le groupe formé par le nom et sa relative fonctionne comme un seul ensemble. Il peut être sujet, objet ou complément de la phrase principale :
- sujet : Người mà tôi gặp hôm qua là bác sĩ. — La personne que j’ai rencontrée hier est médecin.
- objet : Tôi thích món bạn nấu. — J’aime le plat que tu as préparé.
- après une préposition ou un verbe : Tôi nói chuyện với người đang đợi. — Je parle avec la personne qui attend.
Pour analyser une phrase longue, repérez d’abord le nom, puis cherchez où se termine la précision qui le suit. Le verbe principal vient parfois seulement après toute la relative, comme là dans le premier exemple.
Exemples en contexte
| Vietnamien | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Người (mà) sống ở đây. | La personne qui vit ici. | Le nom est le sujet de sống. |
| Sách (mà) tôi đọc. | Le livre que je lis / que j’ai lu. | Le contexte donne le moment. |
| Nhà hàng (mà) chúng ta đi. | Le restaurant où nous sommes allés. | Formulation condensée, dépendante du contexte. |
| Lý do (mà) tôi đến. | La raison pour laquelle je suis venu(e). | Relation de cause ou de motivation. |
| Người đang nói chuyện với Mai là anh tôi. | La personne qui parle avec Mai est mon frère. | Relative sujet sans mà. |
| Cuốn sách mà tôi mua hôm qua rất hay. | Le livre que j’ai acheté hier est très intéressant. | Đã n’est pas indispensable grâce à hôm qua. |
| Đây là món ăn mẹ tôi nấu. | C’est le plat que ma mère a préparé. | Mẹ tôi est le sujet de la relative. |
| Tôi cần tìm người biết sửa máy tính. | J’ai besoin de trouver quelqu’un qui sait réparer les ordinateurs. | Deux verbes dans la relative. |
| Cô ấy trả lại những cuốn sách mà cô ấy đã mượn. | Elle a rendu les livres qu’elle avait empruntés. | Mà clarifie une relative plus développée. |
| Chúng tôi đến thăm ngôi làng nơi ông tôi sinh ra. | Nous avons visité le village où mon grand-père est né. | Nơi explicite la valeur de lieu. |
| Tôi vẫn nhớ ngày chúng ta gặp nhau lần đầu. | Je me souviens encore du jour où nous nous sommes rencontrés pour la première fois. | La relative précise ngày. |
| Món mà anh ấy không ăn có thịt. | Le plat qu’il ne mange pas contient de la viande. | La négation appartient à la relative. |
| Người đã gọi cho bạn đang đợi bên ngoài. | La personne qui vous a appelé attend dehors. | Đã gọi appartient à la relative ; đang đợi à la principale. |
| Đó là điều mà tôi muốn giải thích. | C’est ce que je veux expliquer. | Điều désigne ici une chose abstraite. |
Erreurs courantes
Ajouter un pronom qui répète le nom
- Incorrect : Người mà anh ấy sống ở đây. (si anh ấy désigne la même personne)
- Correct : Người sống ở đây.
- Pourquoi : le nom người remplit déjà mentalement la fonction de sujet de sống. Le vietnamien n’a pas besoin d’ajouter l’équivalent de « il » dans la relative.
Garder l’objet après le verbe
- Incorrect : Cuốn sách mà tôi đã đọc nó.
- Correct : Cuốn sách mà tôi đã đọc.
- Pourquoi : cuốn sách est déjà l’objet compris de đọc. Répéter cet objet avec nó (« le / lui » selon le contexte) produit une structure inutile dans la relative neutre.
Traduire chaque pronom relatif français par un mot différent
- Incorrect : chercher systématiquement quatre équivalents distincts de « qui », « que », « où » et « dont ».
- Correct : construire nom + (mà) + proposition, puis vérifier le rôle laissé implicite.
- Pourquoi : mà ne change ni selon le genre, ni selon le nombre, ni selon la fonction. Pour les lieux, nơi peut être utile, mais il n’est pas une traduction obligatoire de chaque « où ».
Croire que mà est toujours obligatoire
- Moins naturel dans une relative très simple : người mà đang đứng kia.
- Plus léger : người đang đứng kia.
- Pourquoi : dans une courte relative sujet, le passage du nom au verbe est souvent immédiatement clair. Mà reste utile lorsque la structure est longue ou risque d’être mal découpée.
Oublier les éléments nécessaires au sens du verbe
- Imprécis hors contexte : nhà hàng chúng ta đi.
- Plus explicite : nhà hàng mà chúng ta đã đến ou nhà hàng chúng ta đã ăn.
- Pourquoi : l’omission du relatif n’autorise pas à supprimer au hasard une préposition, un complément directionnel ou un autre élément exigé par le sens choisi.
Confondre le mà relatif avec d’autres emplois
- Relatif : cuốn sách mà tôi mua — le livre que j’ai acheté.
- Contraste : Mệt mà vẫn làm. — Bien que fatigué(e), il/elle continue à travailler.
- Pourquoi : après un nom, mà peut introduire une précision relative. Entre deux idées opposées ou en fin de phrase, il peut avoir d’autres fonctions et d’autres nuances.
Notes d’usage
Dans la conversation, les relatives courtes sans mà sont extrêmement pratiques : người tôi quen (« la personne que je connais »), quán mình hay ăn (« le restaurant où nous mangeons souvent »), việc cần làm (« les choses à faire »). Le contexte et l’ordre des mots suffisent souvent à rendre le lien évident.
Dans un texte soutenu ou une phrase chargée, mà peut servir de balise de lecture. Il indique nettement qu’une précision commence après le nom. Cela ne veut pas dire que toute phrase écrite doit le contenir : on l’emploie en fonction de la clarté et du rythme.
Le choix des pronoms personnels à l’intérieur de la relative suit les règles sociales ordinaires du vietnamien. Dans món chị nấu, chị peut vouloir dire « vous », « tu » ou « elle » selon la relation entre les personnes. La grammaire relative ne neutralise donc pas les choix d’adresse.
Enfin, ne déduisez pas automatiquement le temps français de la seule forme verbale vietnamienne. Sách tôi đọc peut correspondre à « le livre que je lis », « que je lisais » ou « que j’ai lu ». Ajoutez đang, đã, sẽ, hôm qua ou un autre repère seulement lorsque cette information est utile ou doit être explicite.
Pour aller plus loin
Les relatives imbriquées dans un groupe nominal
Une relative peut être accompagnée d’un classificateur, d’un nombre ou d’un démonstratif. Le classificateur est le petit mot qui accompagne un nom compté ou individualisé, par exemple cuốn pour un livre. Le démonstratif (này, « ce…-ci » ; đó, « ce…-là ») tend à venir après l’ensemble des précisions :
- cuốn sách mà tôi mua hôm qua đó — ce livre-là que j’ai acheté hier ;
- hai người đang đứng ngoài cửa — les deux personnes qui se tiennent devant la porte ;
- những việc chúng ta cần làm hôm nay — les choses que nous devons faire aujourd’hui.
Cette organisation peut sembler inversée à un francophone : en vietnamien, une longue série d’informations peut s’accumuler après le nom. Il faut écouter jusqu’au bout du groupe avant de chercher le verbe principal.
Relatives restrictives et précisions supplémentaires
Une relative peut identifier le référent indispensable — người biết tiếng Việt (« la personne qui connaît le vietnamien ») — ou simplement ajouter une information sur un référent déjà connu. Dans l’écrit, la ponctuation et le contexte aident à distinguer ces lectures, mais le vietnamien ne dispose pas d’un couple de pronoms relatifs différent pour les marquer. À l’oral, les pauses et l’intonation contribuent également à l’interprétation.
Des noms généraux pour les idées abstraites
Des mots comme điều (« chose, fait »), việc (« affaire, action ») et cách (« manière ») introduisent souvent une relative :
- điều tôi lo nhất — ce qui m’inquiète le plus ;
- việc chúng ta cần làm — ce que nous devons faire / la tâche à accomplir ;
- cách mà cô ấy giải quyết vấn đề — la manière dont elle résout le problème.
Le français emploie volontiers « ce qui », « ce que » ou « la manière dont ». Le vietnamien choisit d’abord un nom général, puis le précise avec la même structure relative.
Reprendre un élément dans une phrase très complexe
Dans la structure neutre, on laisse une place vide et l’on évite de répéter le nom avec un pronom. Dans des phrases spontanées très longues, on peut néanmoins entendre une reprise destinée à maintenir le fil. Il vaut mieux la reconnaître sans en faire un modèle de base : au niveau B1, construisez d’abord des relatives nettes, sans reprise inutile.
Conseils pour s’entraîner
- Transformez deux phrases en une seule. Partez de Tôi mua một cuốn sách. Cuốn sách rất hay. Puis réunissez-les : Cuốn sách mà tôi mua rất hay. Faites le même exercice avec une personne, un lieu, un jour et une raison.
- Cherchez la place vide. Dans món Lan nấu, demandez-vous : « Lan a préparé quoi ? » La réponse, món, est déjà placée avant la relative. Cette question évite d’ajouter nó après le verbe.
- Comparez les versions avec et sans mà. Relevez dix relatives dans des dialogues ou des articles vietnamiens. Notez leur longueur, le rôle du nom et la présence de mà. Vous développerez ainsi une intuition plus fiable qu’avec une règle rigide.
Notions connexes
- Prérequis : Structure verbale de base — pour reconnaître le sujet, le verbe et l’objet à l’intérieur de la relative.
- À comparer : Propositions concessives avec mà — pour distinguer le marqueur relatif des emplois exprimant un contraste.
- Étape suivante : Discours indirect — pour intégrer une proposition après des verbes comme « dire », « penser » ou « demander ».
Prérequis
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