Les parties du corps en swahili
Viungo vya Mwili
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de swahili sur Settemila Lingue.
En bref
En swahili, apprendre une partie du corps, c’est aussi apprendre son pluriel et ses accords : jicho langu (« mon œil »), mais macho yangu (« mes yeux »). Pour dire qu’une partie du corps fait mal, celle-ci devient souvent le sujet de la phrase : Kichwa changu kinauma, littéralement « Ma tête fait mal », soit « J’ai mal à la tête ».
Vue d’ensemble
Les noms des parties du corps apparaissent dès le niveau A1 : ils servent à décrire quelqu’un, à parler de sa santé ou à comprendre une consigne comme Osha mikono yako (« Lave-toi les mains »). Plusieurs mots couvrent toutefois un champ plus large qu’en français. Mkono peut désigner le bras ou la main, et mguu la jambe ou le pied ; le contexte précise le sens.
Le point essentiel n’est pas seulement lexical. En swahili, chaque nom appartient à une classe nominale (une famille de noms qui commande certains préfixes). Le passage du singulier au pluriel peut donc modifier le début du nom : kichwa → vichwa, mkono → mikono, jicho → macho. Les mots qui dépendent du nom — notamment le possessif et l’adjectif — changent eux aussi pour s’accorder avec cette classe.
Cette logique diffère du français. Le français accorde surtout selon le genre et le nombre : « mon œil », « mes yeux ». Le swahili choisit l’accord d’après la classe du nom possédé, non d’après le sexe ou le nombre de ses propriétaires. Il faut donc mémoriser les mots par paires et dans de petits groupes utiles : jicho langu, macho yangu, macho mazuri.
Comment ça marche
Le vocabulaire de base et ses pluriels
| Singulier swahili | Pluriel swahili | Sens courant en français | Classe singulier/pluriel |
|---|---|---|---|
| kichwa | vichwa | tête, têtes | 7/8 |
| mkono | mikono | bras ou main | 3/4 |
| mguu | miguu | jambe ou pied | 3/4 |
| jicho | macho | œil, yeux | 5/6 |
| sikio | masikio | oreille, oreilles | 5/6 |
| mdomo | midomo | bouche, lèvres selon le contexte | 3/4 |
| tumbo | matumbo | ventre, estomac ; ventres | 5/6 |
| moyo | mioyo | cœur, cœurs | 3/4 |
Certains pluriels sont faciles à reconnaître : les noms en m- de classe 3 prennent souvent mi- au pluriel, comme mkono/mikono. D’autres demandent une mémorisation explicite. Jicho/macho est particulièrement important : il ne suffit pas d’ajouter une marque de pluriel au mot français ou de conserver le même début.
Les numéros de classe servent de repères, mais il n’est pas nécessaire de tous les réciter au niveau A1. Une méthode plus pratique consiste à apprendre ensemble le singulier, le pluriel et un possessif : kichwa changu — vichwa vyangu.
Dire « mon », « ton », « son »
Un possessif est un mot qui indique à qui appartient quelque chose. En swahili, il est placé après le nom. Sa fin indique le propriétaire : -angu (« mon/ma/mes »), -ako (« ton/ta/tes »), -ake (« son/sa/ses »), -etu (« notre/nos »), -enu (« votre/vos ») et -ao (« leur/leurs »). Son début s’accorde avec la chose possédée.
| Classe du nom | mon/ma/mes | ton/ta/tes | son/sa/ses | notre/nos | votre/vos | leur/leurs |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 : mkono, mguu, moyo | wangu | wako | wake | wetu | wenu | wao |
| 4 : mikono, miguu, mioyo | yangu | yako | yake | yetu | yenu | yao |
| 5 : jicho, sikio, tumbo | langu | lako | lake | letu | lenu | lao |
| 6 : macho, masikio, matumbo | yangu | yako | yake | yetu | yenu | yao |
| 7 : kichwa | changu | chako | chake | chetu | chenu | chao |
| 8 : vichwa | vyangu | vyako | vyake | vyetu | vyenu | vyao |
Ainsi, wangu ne signifie pas à lui seul « mon » dans toutes les phrases. On dit mguu wangu mais jicho langu et kichwa changu. De même, le pluriel donne miguu yangu, macho yangu et vichwa vyangu.
Le swahili emploie volontiers le possessif avec le corps lorsque la personne concernée doit être claire. Là où le français préfère souvent un pronom et un article défini — « lave-toi les mains » — le swahili peut dire littéralement « lave tes mains » : Osha mikono yako.
Accorder un adjectif
Un adjectif est un mot qui décrit un nom, comme « beau » ou « bon ». Il vient généralement après le nom et prend un préfixe d’accord. Avec la racine -zuri (« beau, joli, bon »), on obtient :
| Nom | Forme avec -zuri | Traduction naturelle |
|---|---|---|
| kichwa | kichwa kizuri | une jolie tête |
| vichwa | vichwa vizuri | de jolies têtes |
| mkono | mkono mzuri | un beau bras / une belle main |
| mikono | mikono mizuri | de beaux bras / de belles mains |
| jicho | jicho zuri | un bel œil |
| macho | macho mazuri | de beaux yeux |
Le français fait varier « beau/belle/beaux/belles ». Le swahili, lui, rattache -zuri à la classe du nom : ki-zuri, vi-zuri, m-zuri, mi-zuri, ma-zuri. La classe 5 peut ne présenter aucun préfixe visible devant cette racine, d’où jicho zuri.
Dire qu’une partie du corps fait mal
Le verbe kuuma signifie « faire mal » et, dans d’autres contextes, « mordre ». Dans une phrase comme Kichwa changu kinauma, le groupe kichwa changu est le sujet (ce dont la phrase affirme quelque chose). Le verbe s’accorde donc avec la classe de kichwa.
| Classe | Marque du sujet | Exemple au présent | Sens |
|---|---|---|---|
| 3 | u- | Mguu wangu unauma. | J’ai mal à la jambe / au pied. |
| 4 | i- | Miguu yangu inauma. | J’ai mal aux jambes / aux pieds. |
| 5 | li- | Sikio langu linauma. | J’ai mal à l’oreille. |
| 6 | ya- | Macho yangu yanauma. | J’ai mal aux yeux. |
| 7 | ki- | Kichwa changu kinauma. | J’ai mal à la tête. |
| 8 | vi- | Vichwa vyao vinauma. | Ils/Elles ont mal à la tête. |
Dans ki-na-uma, ki- reprend la classe de kichwa, -na- marque ici le présent et -uma exprime la douleur. L’orthographe réunit ces éléments : kinauma. Il faut résister au réflexe français qui consiste à commencer automatiquement par l’équivalent de « j’ai ».
Pour un état accompli, on rencontre aussi -me-. Dans Mguu wangu umevunjika, u- s’accorde avec mguu, -me- présente le résultat comme acquis, et -vunjika signifie « être cassé, se casser » : « Ma jambe est cassée. » Au pluriel, l’accord change : Miguu yangu imevunjika.
Donner une consigne
Pour une consigne adressée à une seule personne, on peut employer la base du verbe sans ku- :
- Osha mikono yako. — Lave-toi les mains.
- Fungua mdomo wako. — Ouvre la bouche.
Avec plusieurs destinataires, la terminaison -eni est courante, et le possessif passe lui aussi au pluriel des propriétaires :
- Osheni mikono yenu. — Lavez-vous les mains.
- Fungueni midomo yenu. — Ouvrez la bouche.
Attention : dans mikono yenu, y- dépend de la classe 4 de mikono, tandis que -enu indique que les mains appartiennent à plusieurs personnes.
Exemples en contexte
| Swahili | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Kichwa changu kinauma. | J’ai mal à la tête. | Littéralement, « ma tête fait mal ». |
| Ana macho mazuri. | Il/Elle a de beaux yeux. | Mazuri s’accorde avec macho, classe 6. |
| Mguu wangu umevunjika. | Ma jambe est cassée. | U- reprend la classe de mguu. |
| Osha mikono yako. | Lave-toi les mains. | Consigne à une seule personne. |
| Sikio langu linauma. | J’ai mal à l’oreille. | Accord de classe 5 : langu, linauma. |
| Macho yangu yanauma leo. | J’ai mal aux yeux aujourd’hui. | Accord pluriel de classe 6. |
| Anaosha mikono yake. | Il/Elle se lave les mains. | Yake renvoie à une seule personne, mais s’accorde avec mikono. |
| Fungua mdomo wako. | Ouvre la bouche. | Formule possible lors d’un examen médical. |
| Tumbo langu linauma baada ya chakula. | J’ai mal au ventre après le repas. | Tumbo suit les accords de classe 5. |
| Miguu yangu inauma baada ya kutembea. | J’ai mal aux jambes après avoir marché. | I- s’accorde avec miguu. |
| Mtoto ana masikio madogo. | L’enfant a de petites oreilles. | Madogo s’accorde avec masikio. |
| Moyo wake unapiga haraka. | Son cœur bat vite. | Wake et u- suivent la classe 3. |
| Osheni mikono yenu kabla ya kula. | Lavez-vous les mains avant de manger. | Destinataires et propriétaires au pluriel. |
| Huyu ni daktari wa moyo. | Voici un cardiologue / une cardiologue. | Littéralement, « médecin du cœur ». |
Erreurs fréquentes
Employer le même possessif avec tous les noms
- Incorrect : jicho wangu
- Correct : jicho langu
- Pourquoi : le début du possessif dépend de la classe du nom. Wangu convient à mkono ou mguu ; la classe 5 de jicho exige langu.
Garder l’accord du singulier après un pluriel
- Incorrect : macho langu linauma
- Correct : macho yangu yanauma
- Pourquoi : macho est de classe 6. Le possessif devient yangu et le verbe prend la marque de sujet ya-.
Inventer un pluriel régulier
- Incorrect : majicho pour « yeux »
- Correct : macho
- Pourquoi : la paire usuelle est jicho/macho. Il faut l’apprendre comme un ensemble.
Faire accorder le possessif avec le propriétaire
- Incorrect : mikono wake pour « ses mains »
- Correct : mikono yake
- Pourquoi : -ake indique un propriétaire singulier, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme ; y- s’accorde avec mikono. Le swahili ne distingue pas ici « son à lui » de « son à elle ».
Copier mot à mot la tournure française de la douleur
- À éviter au début : chercher à construire « je + avoir + mal » mot à mot.
- Forme sûre : Kichwa changu kinauma.
- Pourquoi : le swahili présente naturellement la partie douloureuse comme sujet : « ma tête fait mal ». Retenez la phrase entière plutôt qu’une traduction mot à mot.
Confondre bras et main, jambe et pied
- Trop précis sans contexte : supposer que mkono signifie toujours « main » et mguu toujours « pied ».
- Interprétation correcte : choisir « bras/main » ou « jambe/pied » selon la situation.
- Pourquoi : les frontières lexicales ne correspondent pas exactement à celles du français. Un geste, une blessure ou le reste de la phrase fournit souvent la précision nécessaire.
Notes d’usage
Dans une conversation sur la santé, Kichwa changu kinauma et Tumbo langu linauma sont des phrases directes et utiles. Une autre construction fréquente emploie maumivu, « douleur(s) » : Nina maumivu ya tumbo signifie « J’ai des douleurs au ventre ». Pour débuter, la structure « partie du corps + possessif + -nauma » reste la plus facile à réutiliser avec les bons accords.
Le possessif peut être omis lorsque le propriétaire est évident, notamment dans une consigne générale. Osha mikono peut suffire pour « Lave-toi les mains ». L’ajout de yako rend la relation explicite et constitue un bon modèle d’apprentissage. En français, l’expression naturelle contient généralement l’article défini (« les mains »), et non « tes mains » ; cette différence de formulation ne doit pas conduire à supprimer systématiquement le possessif swahili.
Les mots mkono et mguu sont moins précis que leurs traductions françaises isolées. Si le contexte exige de distinguer le côté, on peut ajouter wa kulia (« droit ») ou wa kushoto (« gauche ») : mkono wa kulia, « la main droite / le bras droit », et mguu wa kushoto, « la jambe gauche / le pied gauche ».
Enfin, mdomo peut renvoyer à la bouche et, selon le contexte, aux lèvres ou au bord d’une ouverture. Au niveau A1, « bouche » est la traduction de base la plus utile.
Pour aller plus loin
Les points suivants ne sont pas à maîtriser immédiatement, mais ils expliquent des formes que l’on rencontre plus tard.
L’accord suit la fonction du nom dans la phrase
Dans Ana macho mazuri, le préfixe verbal a- renvoie à la personne sous-entendue (« il/elle »), tandis que mazuri s’accorde avec macho. Autrement dit, tous les accords d’une phrase ne suivent pas forcément le nom de partie du corps : il faut regarder quel mot chaque préfixe accompagne.
Comparez :
- Ana macho mazuri. — Il/Elle a de beaux yeux.
- Macho yake yanauma. — Ses yeux lui font mal.
Dans la première phrase, la personne est le sujet du verbe « avoir ». Dans la seconde, macho yake est le sujet, d’où ya-na-uma.
Les parties du corps au sens figuré
Moyo désigne le cœur anatomique, mais aussi le siège des sentiments ou des qualités morales, comme « cœur » en français. Ana moyo mzuri peut donc signifier « Il/Elle a bon cœur ». La ressemblance avec le français est utile, mais il vaut mieux apprendre chaque expression complète plutôt que d’étendre automatiquement toutes les métaphores françaises au swahili.
D’autres classes apparaissent dans ce champ lexical
Toutes les parties du corps n’appartiennent pas aux trois paires de classes étudiées ici. Par exemple, kidole/vidole (« doigt/doigts ») suit les classes 7/8, comme kichwa/vichwa. Uso/nyuso (« visage/visages ») suit encore un autre modèle. Le principe reste le même : mémoriser le couple singulier-pluriel, puis observer les accords qui l’accompagnent.
Le pluriel peut aussi infléchir le sens. Tumbo désigne couramment le ventre ou l’estomac ; matumbo peut désigner plusieurs ventres et, dans certains contextes, les entrailles. La traduction dépend donc du contexte, pas seulement du nombre grammatical.
Conseils pratiques
- Apprenez des triplets. Sur une carte, notez par exemple jicho — macho — jicho langu. Ajoutez ensuite une phrase : Jicho langu linauma. Cette méthode fixe à la fois le vocabulaire et l’accord.
- Faites varier une seule phrase. Partez de Kichwa changu kinauma, puis remplacez le nom : Mguu wangu unauma, Sikio langu linauma, Macho yangu yanauma. Prononcez les préfixes avec soin.
- Associez les mots à des gestes. Touchez ou montrez la partie du corps en disant le singulier, puis imaginez-en plusieurs pour produire le pluriel. Pour mkono et mguu, créez une situation qui précise si le français choisirait « main/bras » ou « pied/jambe ».
Notions liées
Aucune notion associée n’est fournie pour ce concept. Pour poursuivre de façon cohérente, les thèmes les plus utiles sont :
- Les classes nominales — pour prévoir le pluriel et les différents préfixes d’accord.
- Les possessifs — pour employer correctement wangu, langu, changu, yangu et leurs autres personnes.
- L’accord des adjectifs — pour former des groupes comme macho mazuri ou mikono mizuri.
- L’impératif — pour comprendre des consignes comme Osha mikono yako et Osheni mikono yenu.
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