Les classes nominales 3/4 M-/Mi- en swahili
Ngeli ya M-/Mi- (Miti/Vitu)
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de swahili sur Settemila Lingue.
En bref
Dans les classes 3/4, le nom porte généralement m- ou mw- au singulier et mi- au pluriel : mti/miti (« arbre/arbres »), mkate/mikate (« pain/pains »). Les mots qui dépendent du nom s'accordent avec lui : au singulier, on rencontre notamment u- sur le verbe et huu pour « ce/cet » ; au pluriel, i- et hii.
Vue d’ensemble
Le swahili répartit ses noms (les mots qui désignent une personne, une chose, un lieu ou une idée) en classes nominales. Une classe ne correspond pas au masculin ou au féminin français. Elle commande plutôt une série d'accords, c'est-à-dire de petits éléments répétés sur l'adjectif, le verbe, le démonstratif ou le possessif pour montrer que tous ces mots se rapportent au même nom.
Les classes 3 et 4 forment une paire : la classe 3 sert au singulier et la classe 4 au pluriel. Elle comprend beaucoup d'arbres et de plantes, mais aussi des parties du corps, des éléments du paysage, des périodes et divers objets : mti/miti (« arbre/arbres »), mmea/mimea (« plante/plantes »), mto/mito (« rivière/rivières »), mkono/mikono (« bras, main/bras, mains »), mwaka/miaka (« année/années »). La catégorie de sens donne donc un indice, pas une règle absolue.
C'est une notion de niveau A1, car elle permet très vite de décrire ce que l'on voit. Pour un francophone, le point nouveau n'est pas seulement la formation du pluriel. En français, on modifie surtout le déterminant et parfois la fin du nom ; en swahili, le passage du singulier au pluriel peut se lire dans toute la phrase : Mti huu mkubwa umeanguka devient Miti hii mikubwa imeanguka.
Fonctionnement
La forme du nom
Le modèle débutant est simple : m-/mw- au singulier, mi- au pluriel. Il vaut mieux apprendre chaque nom avec son pluriel, car la forme exacte dépend aussi du début du radical (la partie du mot qui reste porteuse du sens).
| Sens | Classe 3 : singulier | Classe 4 : pluriel |
|---|---|---|
| arbre | mti | miti |
| plante | mmea | mimea |
| manguier | mwembe | miembe |
| pain, miche de pain | mkate | mikate |
| rivière | mto | mito |
| ville | mji | miji |
| montagne | mlima | milima |
| bras, main | mkono | mikono |
| jambe, pied | mguu | miguu |
| corps | mwili | miili |
| mois, lune | mwezi | miezi |
| année | mwaka | miaka |
Devant certaines voyelles, le singulier apparaît souvent sous la forme mw-, comme dans mwembe et mwili. Toutefois, des mots très courants tels que moto/mioto (« feu/feux »), mwezi/miezi et mwaka/miaka ne se laissent pas toujours reconstruire sans hésitation à partir d'une formule mécanique. À ce niveau, mémoriser la paire complète est plus sûr que de chercher à deviner chaque transformation sonore.
La chaîne d’accords
Le sujet est ce dont on parle ou ce qui accomplit l'action. Lorsqu'un nom des classes 3/4 est sujet, le verbe reçoit u- au singulier et i- au pluriel. Ainsi, avec le présent en -na- :
- Mti u-na-kua. — L'arbre pousse.
- Miti i-na-kua. — Les arbres poussent.
Les mêmes marques restent visibles avec d'autres temps : umeanguka (« est tombé ») et imeanguka (« sont tombés »), utakua (« poussera ») et itakua (« pousseront »). Le swahili n'emploie donc pas l'accord humain a-/wa- pour ces noms, même si le singulier commence lui aussi par m-.
| Élément accordé | Classe 3 : singulier | Classe 4 : pluriel | Exemple |
|---|---|---|---|
| préfixe nominal courant | m-/mw- | mi- | mti/miti |
| préfixe du verbe sujet | u- | i- | unakua/inakua |
| adjectif à radical consonantique | m- | mi- | mkubwa/mikubwa |
| démonstratif proche | huu | hii | mti huu/miti hii |
| démonstratif près de l'interlocuteur | huo | hiyo | mti huo/miti hiyo |
| démonstratif éloigné | ule | ile | mti ule/miti ile |
| lien « de » | wa | ya | mti wa bustani/miti ya bustani |
| possessif « mon/mes » | wangu | yangu | mti wangu/miti yangu |
| forme locative de « être » | uko | iko | mti uko hapa/miti iko hapa |
L’accord des adjectifs et des quantités
Un adjectif (un mot qui donne une qualité au nom) suit normalement le nom et reçoit la marque de sa classe. Avec des radicaux fréquents, on obtient notamment :
| Radical et sens | Singulier | Pluriel |
|---|---|---|
| -kubwa, grand | mti mkubwa | miti mikubwa |
| -refu, long, haut | mto mrefu | mito mirefu |
| -dogo, petit | mji mdogo | miji midogo |
| -zuri, beau, bon | mmea mzuri | mimea mizuri |
| -pya, nouveau | mkate mpya | mikate mipya |
Les nombres qui s'accordent suivent également la classe : mti mmoja (« un arbre »), miti miwili (« deux arbres »), miti mitatu (« trois arbres »), miti minne (« quatre arbres »), miti mitano (« cinq arbres »). Certains nombres restent sans préfixe, par exemple miti sita (« six arbres »). Pour « beaucoup de », on rencontre souvent mingi au pluriel : miti mingi.
Démonstratifs et possessifs
Le démonstratif vient habituellement après le nom. Le swahili distingue trois distances : mti huu désigne cet arbre-ci, mti huo un arbre plutôt près de la personne à qui l'on parle, et mti ule un arbre éloigné. Au pluriel, les séries correspondantes sont miti hii, miti hiyo, miti ile.
Les possessifs s'accordent avec la chose possédée, non avec son propriétaire. On dit donc mti wangu (« mon arbre »), mais miti yangu (« mes arbres »). Avec un autre propriétaire : mti wake/miti yake (« son arbre/ses arbres »). Le même contraste apparaît dans le lien -a qui exprime une relation : mti wa bustani (« l'arbre du jardin »), miti ya bustani (« les arbres du jardin »).
Exemples en contexte
| Swahili | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Mti huu ni mkubwa. | Cet arbre est grand. | huu et mkubwa sont au singulier. |
| Miti mingi imeanguka. | Beaucoup d'arbres sont tombés. | mingi et le sujet verbal i- marquent le pluriel. |
| Mkate huu ni mtamu. | Ce pain est savoureux. | mkate appartient ici à la classe 3. |
| Miji mikubwa iko pwani. | De grandes villes se trouvent sur la côte. | miji, mikubwa, iko suivent la classe 4. |
| Mto huu unatiririka haraka. | Cette rivière coule rapidement. | Le verbe commence par u- au singulier. |
| Mito hii inatiririka baharini. | Ces rivières se jettent dans la mer. | Le verbe commence par i- au pluriel. |
| Mmea wangu umekua sana. | Ma plante a beaucoup poussé. | wangu et ume- renvoient à la classe 3. |
| Mimea yangu imekauka. | Mes plantes se sont desséchées. | yangu et ime- renvoient à la classe 4. |
| Tulinunua mikate miwili. | Nous avons acheté deux pains. | miwili s'accorde avec mikate. |
| Mji ule una soko kubwa. | Cette ville là-bas possède un grand marché. | ule indique l'éloignement. |
| Miaka mitatu imepita. | Trois années se sont écoulées. | miaka commande mitatu et imepita. |
| Mkono wake umeumia. | Son bras lui fait mal. | Le possédé mkono impose wake et u-. |
| Mikono yake imechafuka. | Ses mains se sont salies. | Au pluriel : yake et i-. |
| Miti ya bustani ni mirefu. | Les arbres du jardin sont hauts. | Le lien de classe 4 est ya. |
Erreurs fréquentes
Employer l’accord des personnes parce que le nom commence par m-
- Incorrect : Mti amekua.
- Correct : Mti umekua.
- Pourquoi : mti est de classe 3, donc son préfixe de sujet est u-. A- convient notamment à un être humain de classe 1 : mtoto amekua (« l'enfant a grandi »).
Former le pluriel en wa-
- Incorrect : wati ou wakate
- Correct : miti ou mikate
- Pourquoi : wa- est le pluriel typique de la classe 2, surtout pour des personnes. La classe 4 emploie mi-.
Ne changer que le nom
- Incorrect : Miti huu mkubwa umeanguka.
- Correct : Miti hii mikubwa imeanguka.
- Pourquoi : au pluriel, le démonstratif, l'adjectif et le verbe passent eux aussi à la classe 4.
Confondre huu avec huyu
- Incorrect : Mto huyu ni mrefu.
- Correct : Mto huu ni mrefu.
- Pourquoi : huyu accompagne la classe 1, généralement une personne ; huu accompagne la classe 3.
Calquer le possessif français
- Incorrect : miti wangu
- Correct : miti yangu
- Pourquoi : en swahili, la forme du possessif dépend de la classe du nom possédé. Le pluriel de classe 4 appelle yangu, même si le propriétaire reste la même personne.
Remarques d’usage
La présence de m- ne suffit jamais à identifier la classe. Comparez mwalimu/walimu (« professeur/professeurs »), classes 1/2, avec mti/miti, classes 3/4. C'est la paire singulier-pluriel et surtout l'accord observé dans la phrase qui révèlent la classe : mwalimu anakuja, mais mti unaanguka.
La classe s'apprend comme une propriété du vocabulaire. Les arbres y sont très nombreux, mais tous les végétaux ne suivent pas nécessairement M-/Mi-, et tous les noms M-/Mi- ne désignent pas des végétaux. Mji (« ville »), mwaka (« année »), mkono (« bras, main ») et mkate (« pain ») montrent la diversité de cette paire.
Avec ni, qui relie simplement un sujet à une description, la forme ne varie pas : mti ni mkubwa, miti ni mikubwa. Pour situer quelque chose, on emploie en revanche souvent une forme accordée : mti uko bustanini (« l'arbre est dans le jardin »), miti iko bustanini (« les arbres sont dans le jardin »).
Au-delà des bases
Vous n'avez pas besoin de maîtriser les points suivants dès le niveau A1, mais ils expliquent des formes que vous rencontrerez plus tard.
Quand un nom des classes 3/4 est repris comme objet direct (ce qui subit directement l'action), le verbe peut porter un marqueur d'objet accordé : -u- au singulier et -i- au pluriel. Par exemple, Mti nimeukata signifie « L'arbre, je l'ai coupé », tandis que Miti nimeikata signifie « Les arbres, je les ai coupés ». Le contexte et les règles générales d'emploi des marqueurs d'objet déterminent quand cette reprise est naturelle.
Dans une proposition relative (un groupe qui précise un nom, comme « qui pousse »), l'accord réapparaît : mti unaokua (« l'arbre qui pousse »), miti inayokua (« les arbres qui poussent »). Avec la série en amba-, on rencontre mti ambao... et miti ambayo....
Certaines formes subissent des ajustements sonores, surtout lorsque le radical commence par une voyelle. C'est pourquoi mwaka/miaka, mwezi/miezi et mwili/miili sont plus utiles comme paires mémorisées que comme résultats d'une règle orthographique simplifiée. Dans un texte soutenu comme dans la conversation courante, les accords restent toutefois un guide fiable : même si la forme du nom surprend, u-/i-, huu/hii ou wa/ya permettent souvent de reconnaître sa classe.
Conseils pratiques
- Apprenez des chaînes, pas des noms isolés. Notez par exemple mti—miti; mti huu una...; miti hii ina.... Vous mémoriserez en même temps le pluriel, le démonstratif et le verbe.
- Transformez une phrase entière. Partez de Mto huu mrefu unatiririka et mettez tout au pluriel : Mito hii mirefu inatiririka. Surlignez chaque élément qui change.
- Classez le vocabulaire par paire. Faites une petite liste quotidienne de cinq couples tels que mji/miji ou mkono/mikono, puis ajoutez un adjectif et un possessif à chacun.
Concepts associés
- Contraste essentiel : Classes nominales 1/2 M-/Wa- (personnes) — les noms peuvent commencer par m- dans les deux groupes, mais leurs pluriels et leurs accords diffèrent.
- Pour développer l’accord : Accord des adjectifs avec les classes nominales — pour appliquer les marques de classe à davantage d'adjectifs.
- Pour désigner précisément : Démonstratifs — pour approfondir les trois degrés de distance et leurs formes selon la classe.
- Autre paire fréquente : Classes nominales 7/8 Ki-/Vi- — un autre modèle courant pour les objets, les outils et les langues.
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