Les expressions de temps en māori
Wā
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de maori sur Settemila Lingue.
En bref
Pour situer une action, retenez d’abord ināianei « maintenant », inanahi « hier », āpōpō « demain » et tēnei wiki « cette semaine ». Ces expressions peuvent ouvrir ou fermer la phrase : Inanahi, i haere au ou I haere au inanahi signifient toutes deux « Je suis allé hier ». Les voyelles longues écrites avec un macron font partie de l’orthographe : āpōpō, Rātū et Rāhoroi ne doivent pas être écrits sans leurs macrons.
Vue d’ensemble
Les expressions de temps répondent à des questions très concrètes : quand une action se déroule-t-elle ? Quel jour sommes-nous ? Parle-t-on du passé, du présent ou de l’avenir ? C’est un thème introduit dès le niveau A1, car quelques mots suffisent pour organiser un rendez-vous, raconter sa journée ou annoncer un projet.
Le fonctionnement n’est toutefois pas exactement le même qu’en français. En français, le temps est souvent porté par la forme du verbe : je vais, je suis allé, j’irai. En māori, le verbe lui-même ne se conjugue pas selon la personne. Des particules de temps et d’aspect (de petits mots placés avant le verbe et indiquant comment l’action se déroule) comme i, kei te ou ka donnent l’essentiel du repère grammatical. Un mot tel que inanahi ou āpōpō ajoute ensuite un repère de calendrier.
Il faut donc distinguer deux éléments qui se complètent : la construction verbale indique, par exemple, une action passée ou en cours ; l’expression de temps précise quand. Dans I mahi au inanahi, i présente le travail comme passé et inanahi précise « hier ».
Fonctionnement
Les quatre repères indispensables
| Expression māorie | Sens en français | Exemple d’emploi |
|---|---|---|
| ināianei | maintenant, à présent | Kei te mahi au ināianei. — Je travaille maintenant. |
| inanahi | hier | I mahi au inanahi. — J’ai travaillé hier. |
| āpōpō | demain | Ka mahi au āpōpō. — Je travaillerai demain. |
| tēnei wiki | cette semaine | Kei te mahi au i tēnei wiki. — Je travaille cette semaine. |
Ināianei, inanahi et āpōpō peuvent être employés seuls lorsqu’une réponse brève suffit :
- Āhea koe haere ai? — Quand pars-tu ?
- Āpōpō. — Demain.
Dans une phrase complète, le repère temporel se place volontiers au début pour annoncer le cadre, ou après le reste de la proposition :
- Āpōpō, ka haere au ki te toa. — Demain, j’irai au magasin.
- Ka haere au ki te toa āpōpō. — J’irai au magasin demain.
Pour débuter, ces deux positions sont utiles et naturelles. La position initiale met davantage le moment au premier plan, comme en français dans « Demain, je pars ».
Les jours de la semaine
Les noms ci-dessous sont largement employés dans le māori contemporain. Rā signifie notamment « jour » ; il apparaît au début de chaque nom.
| Jour en māori | Jour en français |
|---|---|
| Rāhina | lundi |
| Rātū | mardi |
| Rāapa | mercredi |
| Rāpare | jeudi |
| Rāmere | vendredi |
| Rāhoroi | samedi |
| Rātapu | dimanche |
Pour identifier le jour présent, on peut employer une phrase en ko :
- Ko te Rāhina tēnei. — Nous sommes lundi. / Aujourd’hui, c’est lundi.
- Ko te Rāmere tēnei. — Nous sommes vendredi.
Ko sert ici à mettre en relation et à identifier deux éléments ; ce n’est pas un verbe « être » qui se conjuguerait. Une traduction mot à mot ne rend donc pas bien la structure māorie.
Pour parler d’une action associée à un jour, le petit mot placé devant le groupe temporel dépend du point de vue :
| Construction | Valeur habituelle | Exemple |
|---|---|---|
| i te + jour | un jour passé ou un moment habituel donné par le contexte | I tae mai ia i te Rāhina. — Il ou elle est arrivé lundi. |
| ā te + jour | un jour à venir, notamment pour un rendez-vous | Ka tae mai ia ā te Rāhina. — Il ou elle arrivera lundi. |
Cette opposition est très utile : le français dit simplement « lundi » dans les deux cas, tandis que le māori peut signaler explicitement le point de vue passé avec i et futur avec ā.
Cette semaine, la semaine passée, la semaine prochaine
Tēnei est un démonstratif (un mot qui montre ou désigne, comme « ce » ou « cette ») proche du locuteur :
- tēnei wiki — cette semaine
- tēnei rā — ce jour-ci, aujourd’hui selon le contexte
Avec tērā wiki, le sens littéral est « cette semaine-là ». Le contexte et le marqueur placé devant permettent de l’ancrer plus clairement :
- i tērā wiki — la semaine passée, dans un contexte tourné vers le passé
- ā tērā wiki — la semaine prochaine, dans un contexte tourné vers l’avenir
Il est donc risqué d’apprendre tērā wiki isolément comme l’équivalent automatique de « la semaine prochaine ». Retenez plutôt le groupe complet.
Les moments de la journée
| Expression | Sens courant |
|---|---|
| i te ata | le matin |
| i te ahiahi | l’après-midi, en fin de journée |
| i te pō | le soir, la nuit |
| i tēnei ata | ce matin |
| i tēnei pō | ce soir, cette nuit |
Le mot pō couvre un champ plus large que le seul « soir » français. Selon la situation, i tēnei pō peut donc se traduire par « ce soir » ou « cette nuit ». Le contexte — dîner, sommeil, sortie nocturne — fournit la bonne interprétation.
Faire correspondre le repère de temps et la phrase verbale
Au niveau débutant, les associations suivantes donnent des phrases claires :
| Repère | Construction verbale fréquente | Modèle |
|---|---|---|
| maintenant | kei te + verbe | Kei te kai au ināianei. — Je mange maintenant. |
| hier | i + verbe | I kai au inanahi. — J’ai mangé hier. |
| demain | ka + verbe | Ka kai au āpōpō. — Je mangerai demain. |
Ces correspondances sont des modèles pratiques, pas des égalités absolues. Kei te présente une activité en cours, i une action passée et ka une action qui commence, se produit ensuite ou se trouve dans l’avenir selon le contexte. Le mot temporel renforce et précise l’interprétation.
Dire l’heure : un premier modèle
Les nombres, prérequis de ce thème, permettent aussi de lire une heure pleine. Karaka signifie « heure » dans ce type d’expression :
- Kua toru karaka. — Il est trois heures.
- Ka tīmata te hui ā te toru karaka. — La réunion commencera à trois heures.
- I tīmata te hui i te toru karaka. — La réunion a commencé à trois heures.
Ici encore, ā te oriente vers l’heure prévue à venir, tandis que i te situe une heure passée. Pour commencer, maîtrisez les heures pleines avant d’ajouter les minutes.
Exemples en contexte
| Māori | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Ināianei. | Maintenant. | Réponse brève complète dans son contexte. |
| Inanahi. | Hier. | Repère passé employé seul. |
| Āpōpō. | Demain. | Repère futur employé seul. |
| Ko te Rāhina tēnei. | Aujourd’hui, c’est lundi. | Identification du jour avec ko. |
| Kei te kai au ināianei. | Je mange maintenant. | kei te présente l’action en cours. |
| Inanahi, i haere au ki te kura. | Hier, je suis allé à l’école. | Le repère est mis en tête. |
| I kite au i a Mere inanahi. | J’ai vu Mere hier. | Le repère vient en fin de phrase. |
| Ka haere mātou āpōpō. | Nous partirons demain. | mātou exclut la personne à qui l’on parle. |
| Kei te mahi au i tēnei wiki. | Je travaille cette semaine. | Période qui inclut le présent. |
| I tae mai ia i te Rāhina. | Il ou elle est arrivé lundi. | i te Rāhina renvoie ici au passé. |
| Ka tīmata te hui ā te Rāmere. | La réunion commencera vendredi. | ā te Rāmere indique un rendez-vous futur. |
| E whakatā ana au i te Rātapu. | Je me repose le dimanche. | Habitude associée à un jour. |
| Kei te ako ngā tamariki i tēnei ata. | Les enfants étudient ce matin. | i tēnei ata signifie « ce matin ». |
| Ka kai tātou i tēnei pō. | Nous mangerons ce soir. | tātou inclut la personne à qui l’on parle. |
| Kua toru karaka. | Il est trois heures. | Heure pleine avec karaka. |
Erreurs fréquentes
Oublier les macrons
- À éviter : apopo, Ratū, inaianei
- À écrire : āpōpō, Rātū, ināianei
- Pourquoi : le macron, appelé tohutō en māori, note une voyelle longue. Ce n’est pas un accent facultatif : il appartient au mot et peut distinguer des sens.
Employer le temps français comme seul guide
- À éviter : Haere au inanahi.
- Forme attendue au niveau débutant : I haere au inanahi.
- Pourquoi : inanahi donne bien le repère « hier », mais i marque aussi l’action comme passée. En māori, le verbe haere ne reçoit pas une terminaison comparable à « all-ais » ou « suis allé ».
Utiliser kei te avec « hier » dans une phrase simple
- À éviter : Kei te haere au inanahi.
- Correction : I haere au inanahi.
- Pourquoi : kei te présente normalement une situation en cours au moment de référence, tandis que ce modèle élémentaire raconte un déplacement achevé hier. Pour une première phrase au passé, choisissez i + verbe.
Confondre i te Rāhina et ā te Rāhina
- À éviter : Ka haere au i te Rāhina si l’on veut annoncer clairement un départ lundi prochain.
- Correction claire : Ka haere au ā te Rāhina.
- Pourquoi : ā te est le repère habituel d’un moment à venir ; i te convient notamment à un moment passé ou, selon la construction, habituel.
Traduire « aujourd’hui » par ināianei dans tous les cas
- À éviter : employer ināianei pour toute une journée.
- Selon le sens : ināianei pour « maintenant » ; i tēnei rā ou une phrase comme Ko te Rāhina tēnei lorsque l’on parle du jour présent.
- Pourquoi : « maintenant » désigne le moment actuel, alors qu’« aujourd’hui » peut désigner l’ensemble de la journée. Le français lui-même fait cette différence ; il faut la conserver en māori.
Ajouter une préposition française mot à mot
- À éviter : chercher un équivalent fixe de « en », « à » ou « le » avant chaque jour.
- À retenir : apprenez les groupes complets i te Rāhina, ā te Rāhina, i tēnei wiki.
- Pourquoi : les petits mots māoris organisent le point de vue temporel à leur manière. Une traduction mot à mot depuis « lundi », « en semaine » ou « à trois heures » conduit vite à un mauvais choix.
Remarques d’usage
Dans la conversation, un mot isolé est souvent la réponse la plus naturelle lorsqu’il n’y a aucune ambiguïté. À une question sur le moment du départ, Āpōpō suffit ; répéter une phrase entière n’est pas obligatoire. De même, annoncer Inanahi... en début de récit installe immédiatement le cadre passé.
Les noms des jours prennent ici une majuscule, conformément à l’usage présenté dans le cours : Rāhina, Rātū, Rāapa, Rāpare, Rāmere, Rāhoroi, Rātapu. Dans tous les cas, conservez les macrons. Ils aident aussi la prononciation : la voyelle marquée doit être tenue plus longtemps.
Le māori ne force pas toujours la même précision que le français. Ia, par exemple, ne marque pas le genre : I tae mai ia inanahi peut signifier « Il est arrivé hier » ou « Elle est arrivée hier ». Ce n’est pas une imprécision ; le genre de la personne est simplement hors sujet ou connu dans la conversation.
Enfin, le choix entre une traduction au présent, au passé composé, à l’imparfait ou au futur dépend parfois du contexte plus large. Il vaut mieux comprendre la valeur des particules māories que chercher une correspondance unique avec un temps verbal français.
Pour aller plus loin
Cette partie n’est pas à maîtriser immédiatement au niveau A1, mais elle permet de reconnaître des formulations plus riches.
Les expressions temporelles et l’aspect
Le māori organise souvent l’action selon son aspect (la manière dont on envisage son déroulement : en cours, achevé, répété, sur le point de commencer) plutôt qu’en copiant la chronologie des temps français. Une expression comme āpōpō peut rendre l’avenir évident ; ka indique alors volontiers l’étape suivante ou le début de l’événement. À l’inverse, kua peut signaler qu’un changement est déjà accompli et pertinent au moment où l’on parle :
- Kua tae mai ia. — Il ou elle est arrivé(e), et se trouve maintenant ici.
- Āpōpō, kua mutu pea te mahi. — Demain, le travail sera peut-être terminé.
Le deuxième exemple montre qu’une forme exprimant l’accompli peut être située dans l’avenir par āpōpō. Voilà pourquoi traduire mécaniquement chaque particule par un seul « temps » français finit par échouer.
Parler d’une habitude
Pour une action répétée, la construction e + verbe + ana est fréquente, accompagnée d’un repère comme i ia rā « chaque jour » :
- E haere ana au ki te kura i ia rā. — Je vais à l’école chaque jour.
- E whakatā ana ia i te Rātapu. — Il ou elle se repose le dimanche.
Le repère ne désigne alors pas une date unique, mais une répétition. En français, l’article défini dans « le dimanche » peut exprimer cette habitude ; en māori, c’est l’ensemble de la construction et du contexte qui la rend claire.
Demander « quand ? »
Pour les projets et les événements à venir, āhea signifie « quand ? » :
- Āhea te hui? — Quand a lieu la réunion ?
- Āhea koe haere ai? — Quand pars-tu ?
La particule ai de la seconde phrase appartient à des structures plus avancées. À ce stade, retenez la question comme un modèle utile sans chercher encore à analyser chaque élément.
Situer un événement par rapport à un autre
Plus tard, vous rencontrerez des groupes comme i mua i « avant » et i muri i « après ». Ils permettent de construire une chronologie qui ne dépend plus seulement d’hier ou de demain :
- i mua i te hui — avant la réunion
- i muri i te mahi — après le travail
Ces groupes introduisent généralement un nom ou une expression nominale. Les constructions avec une proposition verbale complète demandent davantage de grammaire et peuvent être étudiées après les bases.
Conseils de pratique
- Construisez une ligne de trois jours. Chaque jour, dites à voix haute une phrase avec inanahi, une avec ināianei et une avec āpōpō. Par exemple : ce que vous avez fait hier, ce que vous faites maintenant et ce que vous ferez demain.
- Associez les jours à votre véritable semaine. Écrivez sept activités simples, puis lisez-les avec i te pour une activité passée et ā te pour un rendez-vous futur. Cette alternance évite d’apprendre les noms de jours comme une liste isolée.
- Révisez les macrons avec la prononciation. Copiez ināianei, āpōpō, Rātū, Rāhoroi, Rātapu, puis prononcez lentement chaque voyelle longue. Mémoriser simultanément le son et l’orthographe est plus efficace que d’ajouter les macrons après coup.
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