A1

La famille et les relations en persan

اصطلاحات خانوادگی

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de persan sur Settemila Lingue.

En bref

Les mots essentiels sont پدر (pedar, père), مادر (mādar, mère), برادر (barādar, frère), خواهر (khāhar, sœur), پسر (pesar, fils ou garçon) et دختر (dokhtar, fille). Pour dire « mon père », le persan relie le nom à من (« moi ») par l’ezâfé : پدرِ من (pedar-e man), ou ajoute directement un suffixe possessif : پدرم (pedaram). Dans la conversation, بابا (bābā, papa) et مامان (māmān, maman) sont très courants.

Aperçu

Parler de sa famille fait partie des premières situations rencontrées au niveau A1 : se présenter, dire si l’on a des frères et sœurs, montrer une photo ou demander qui est une personne. Le vocabulaire n’est pas difficile à mémoriser, mais il fait apparaître plusieurs mécanismes fondamentaux du persan : l’ezâfé, les suffixes possessifs et la différence entre langue écrite et langue parlée.

Le persan n’a pas de genre grammatical. Autrement dit, les adjectifs et les pronoms ne changent pas selon que l’on parle d’un homme ou d’une femme. او (u) peut donc signifier « il » ou « elle ». En revanche, certains noms indiquent naturellement le sexe de la personne, comme برادر « frère » et خواهر « sœur ».

Pour un francophone, le principal changement d’habitude concerne la possession. Le français place le possessif avant le nom : « ma sœur ». Le persan peut placer le possesseur après le nom, relié par un petit son -e : خواهرِ من (khāhar-e man, littéralement « sœur-de moi »). Il peut aussi attacher un suffixe au nom : خواهرم (khāharam). Les deux constructions sont usuelles.

Fonctionnement

Le vocabulaire de base

La transcription latine ci-dessous sert d’aide à la prononciation. Le signe ā représente une voyelle longue, proche d’un « a » tenu plus longtemps. La transcription ne remplace pas l’apprentissage de l’écriture persane, dans laquelle les voyelles brèves ne sont généralement pas notées.

Persan Transcription Français Remarque
خانواده khānevāde famille Le groupe familial
پدر pedar père Forme neutre ou soignée
مادر mādar mère Forme neutre ou soignée
بابا bābā papa Forme affectueuse et courante
مامان māmān maman Forme affectueuse et courante
برادر barādar frère
خواهر khāhar sœur Le groupe kh se prononce comme dans la jota espagnole
پسر pesar fils ; garçon Le contexte précise le sens
دختر dokhtar fille Peut désigner une fille ou une fille par rapport à ses parents
بچه bachche enfant Mot courant, sans distinction de sexe
شوهر showhar mari S’emploie pour l’époux
زن zan femme ; épouse Le contexte distingue les deux sens
همسر hamsar conjoint, conjointe Mot non marqué quant au sexe, plutôt neutre ou soigné
پدربزرگ pedarbozorg grand-père Littéralement « père grand »
مادربزرگ mādarbozorg grand-mère Littéralement « mère grande »

پسر et دختر demandent une attention particulière. Sans complément, ils peuvent simplement désigner un garçon et une fille : یک دختر و یک پسر (« une fille et un garçon »). Dans un contexte familial, دخترم signifie naturellement « ma fille » et پسرشان « leur fils ».

Dire « mon », « ton », « son » avec l’ezâfé

L’ezâfé est une courte voyelle de liaison, prononcée -e, qui rattache un nom à ce qui le précise. Avec un possesseur, le modèle débutant est :

membre de la famille + ezâfé + personne

Persan Transcription Français Construction
پدرِ من pedar-e man mon père père + ezâfé + moi
مادرِ تو mādar-e to ta mère mère + ezâfé + toi
برادرِ او barādar-e u son frère او peut renvoyer à un homme ou à une femme
خواهرِ ما khāhar-e mā notre sœur sœur + ezâfé + nous
خانوادهٔ شما khānevāde-ye shomā votre famille Après une voyelle, la liaison se prononce -ye
دخترِ آن‌ها dokhtar-e ānhā leur fille fille + ezâfé + eux/elles

Le petit signe sous la dernière consonne dans پدرِ من sert ici à rendre la liaison visible. Dans un texte ordinaire, il est souvent omis : on lit fréquemment پدر من, mais on prononce toujours pedar-e man. Après un mot terminé par ه non prononcé comme une consonne, la liaison comporte un son y, comme dans خانوادهٔ من ou خانواده‌ی من, khānevāde-ye man.

Le français distingue « son », « sa » et « ses » d’après le nom possédé. Le persan ne fait pas cet accord. برادرِ او peut être « son frère à lui » ou « son frère à elle » ; seul le contexte indique la personne concernée.

Les suffixes possessifs

Dans la langue de tous les jours, on attache très souvent le possesseur directement au nom. Un suffixe est simplement un petit élément ajouté à la fin d’un mot. Ainsi, پدرم réunit پدر et ـم : « père + mon ».

Forme Transcription Sens Équivalent développé
پدرم pedaram mon père پدرِ من
مادرت mādarat ta mère مادرِ تو
برادرش barādarash son frère برادرِ او
خواهرمان khāharemān notre sœur خواهرِ ما
خانواده‌تان khānevādetān votre famille خانوادهٔ شما
دخترشان dokhtareshān leur fille دخترِ آن‌ها

Les trois premiers suffixes sont ـم (-am, mon/ma), ـت (-at, ton/ta) et ـش (-ash, son/sa). Les formes du pluriel sont ـمان (-emān, notre), ـتان (-etān, votre) et ـشان (-eshān, leur). La voyelle exacte entendue dépend de la fin du nom, mais l’écriture du suffixe reste reconnaissable.

La forme développée est utile pour insister ou opposer deux personnes : برادرِ من، نه برادرِ تو (« mon frère, pas le tien »). Le suffixe est plus compact et très naturel lorsqu’aucun contraste n’est nécessaire : برادرم دانشجو است (« mon frère est étudiant »).

Dire combien de frères, de sœurs ou d’enfants on a

Le verbe داشتن signifie « avoir ». Au présent, دارم veut dire « j’ai », داری « tu as », دارد « il/elle a », et داریم، دارید، دارند correspondent à « nous avons, vous avez, ils/elles ont ».

Le point important est qu’après un nombre, le nom persan reste normalement au singulier :

  • یک خواهر دارم. — J’ai une sœur.
  • دو برادر دارم. — J’ai deux frères.
  • سه بچه دارند. — Ils ont trois enfants.

Dans la conversation, تا () sert souvent de classificateur, c’est-à-dire de petit mot placé entre le nombre et ce que l’on compte : دو تا برادر دارم. Il n’a pas besoin d’être traduit en français. Avec ou sans تا, on ne met pas برادر au pluriel après دو.

Hors d’une quantité chiffrée, le suffixe pluriel courant est ـها : خواهرها (« les sœurs »), بچه‌ها (« les enfants »). Les formes برادران et خواهران, avec ـان, existent aussi et sont surtout fréquentes dans un style plus soutenu, collectif ou écrit.

Préciser l’âge relatif

Pour distinguer deux frères ou deux sœurs, on utilise بزرگ‌تر (« plus âgé ») et کوچک‌تر (« plus jeune »), reliés eux aussi par l’ezâfé :

  • برادرِ بزرگ‌ترم — mon frère aîné
  • خواهرِ کوچک‌ترش — sa sœur cadette

La chaîne se lit de gauche à droite sur le plan grammatical, malgré l’écriture de droite à gauche : « frère + plus âgé + mon ». Chaque élément précise celui qui le précède.

Exemples en contexte

Persan Transcription Français Note
پدرِ من معلم است. pedar-e man mo'allem ast Mon père est professeur. Possession avec l’ezâfé
مادرم پزشک است. mādaram pezeshk ast Ma mère est médecin. Suffixe ـم
مامانم خونه‌ست. māmānam khune-st Ma maman est à la maison. Forme familière parlée
دو تا برادر و یک خواهر دارم. do tā barādar o yek khāhar dāram J’ai deux frères et une sœur. Le nom reste au singulier après le nombre
برادرت چند سال دارد؟ barādarat chand sāl dārad? Quel âge a ton frère ? Littéralement « combien d’années a-t-il ? »
خواهرِ بزرگ‌ترم در تهران زندگی می‌کند. khāhar-e bozorgtaram dar Tehrān zendegi mikonad Ma sœur aînée vit à Téhéran. Ezâfé puis suffixe possessif
این دخترِ ماست. in dokhtar-e māst C’est notre fille. ماست réunit ici ما + است
آن پسر برادرِ من است. ān pesar barādar-e man ast Ce garçon est mon frère. Ici پسر signifie « garçon »
اسمِ پدر و مادرت چیست؟ esm-e pedar o mādarat chist? Comment s’appellent ton père et ta mère ? Tournure soignée
پدربزرگ و مادربزرگم در شیراز هستند. pedarbozorg o mādarbozorgam dar Shirāz hastand Mon grand-père et ma grand-mère sont à Chiraz. Le suffixe final peut porter sur le groupe coordonné
او یک پسر و دو دختر دارد. u yek pesar o do dokhtar dārad Il/Elle a un fils et deux filles. او ne marque pas le genre
خانوادهٔ شما بزرگ است؟ khānevāde-ye shomā bozorg ast? Votre famille est-elle nombreuse ? بزرگ signifie ici « grande »
این عکسِ خواهرم است. in aks-e khāharam ast C’est une photo de ma sœur. Deux relations successives
همسرش ایرانی است. hamsarash irāni ast Son conjoint / Sa conjointe est iranien(ne). Le sexe n’est pas précisé
بچه‌ها با مامان و باباشان هستند. bachchehā bā māmān o bābāshān hastand Les enfants sont avec leur maman et leur papa. Registre familial

Erreurs fréquentes

Mettre le possessif avant le nom comme en français

  • Incorrect : من پدر pour « mon père »
  • Correct : پدرِ من ou پدرم
  • Pourquoi : من placé seul avant پدر ne fonctionne pas comme l’adjectif français « mon ». Le possesseur suit le nom avec l’ezâfé, ou devient un suffixe.

Écrire un pluriel après un nombre

  • Incorrect : دو خواهرها دارم.
  • Correct : دو خواهر دارم. ou دو تا خواهر دارم.
  • Pourquoi : après un nombre, le nom reste normalement au singulier en persan. Le français impose « deux sœurs », ce qui pousse facilement à ajouter ـها à tort.

Confondre ezâfé et suffixe possessif

  • Incorrect : مادرِم pour « ma mère »
  • Correct : مادرم ou مادرِ من
  • Pourquoi : dans مادرم, ـم est directement attaché au nom, sans ezâfé. Dans la forme développée, l’ezâfé relie مادر au pronom séparé من.

Traduire automatiquement دختر par « fille de quelqu’un »

  • Incorrect : comprendre آن دختر دانشجو است comme « cette fille de la famille est étudiante »
  • Correct : « Cette fille / cette jeune femme est étudiante. »
  • Pourquoi : دختر peut signifier « fille » au sens général ou « fille de quelqu’un ». Il faut un possessif ou un contexte familial pour imposer le second sens : دخترم est « ma fille ».

Ajouter un genre au pronom او

  • Incorrect : supposer que او signifie toujours « il » dans او یک خواهر دارد
  • Correct : traduire selon le contexte : « Il a une sœur » ou « Elle a une sœur ».
  • Pourquoi : le persan ne distingue pas « il » et « elle » dans ce pronom. Une traduction française doit parfois choisir là où la phrase persane reste neutre.

Calquer l’ordre français de la phrase

  • Incorrect : خواهرم است دانشجو.
  • Correct : خواهرم دانشجو است.
  • Pourquoi : la copule است (« est ») se place normalement à la fin dans cette phrase simple.

Notes d’usage

پدر et مادر conviennent à un contexte neutre, écrit ou soigné. بابا et مامان ne sont pas réservés aux jeunes enfants : des adultes les emploient couramment pour parler de leurs propres parents dans un cadre familier. Devant une personne extérieure ou dans un texte administratif, پدرم et مادرم sont plus neutres.

On entend aussi بابابزرگ et مامان‌بزرگ pour « grand-père » et « grand-mère », à côté de پدربزرگ et مادربزرگ. Les premières formes ont une couleur plus familiale. L’usage varie d’une famille à l’autre.

خانواده désigne la famille comme unité. فامیل (fāmil) peut évoquer la parenté ou la famille élargie et, selon le contexte, un parent. والدین (vāledin) signifie « les parents » dans un registre plutôt formel ; dans la conversation, پدر و مادر (« père et mère ») est très naturel.

Enfin, زن peut signifier « femme » ou « épouse », tandis que همسر signifie « conjoint » sans indiquer le sexe. Pour éviter une ambiguïté, surtout dans un contexte neutre ou professionnel, همسر est souvent pratique. شوهر désigne clairement le mari.

Pour aller plus loin

Cette partie n’est pas à mémoriser dès le niveau A1, mais elle aide à comprendre des conversations et des textes plus riches.

Les oncles et tantes ne portent pas tous le même nom

Là où le français dispose des mots généraux « oncle » et « tante », le persan indique de quel côté de la famille vient la personne :

Persan Transcription Français Branche familiale
عمو amu oncle paternel frère du père
عمه amme tante paternelle sœur du père
دایی dāyi oncle maternel frère de la mère
خاله khāle tante maternelle sœur de la mère

Ces mots se combinent avec پسر et دختر pour nommer précisément les cousins et cousines : پسرعمو est le fils d’un oncle paternel, دخترخاله la fille d’une tante maternelle, پسردایی le fils d’un oncle maternel, etc. Ce système transmet donc une information que le mot français « cousin » laisse généralement au contexte.

Dans un langage affectueux adressé aux enfants, عمو ou خاله peuvent aussi servir pour un adulte proche qui n’est pas réellement un oncle ou une tante. Il s’agit d’un usage social, pas d’un lien de parenté à déduire automatiquement.

Les relations au-delà de la famille

دوست (dust) signifie d’abord « ami » ou « amie » et ne marque pas le genre. دوست‌پسر (dust-pesar) et دوست‌دختر (dust-dokhtar) désignent plus explicitement un petit ami et une petite amie. نامزد (nāmzad) peut désigner la personne avec qui l’on est fiancé, homme ou femme. Comme souvent en persan, le contexte fournit les distinctions de genre que le français exprime dans le nom ou l’article.

Des chaînes d’ezâfé plus longues

Plusieurs précisions peuvent s’enchaîner : اسمِ خواهرِ کوچک‌ترِ دوستم signifie « le nom de la sœur cadette de mon ami(e) ». Chaque -e relie un élément au suivant. À l’oral, ces chaînes sont naturelles ; à l’écrit, les marques de l’ezâfé sont souvent invisibles, ce qui oblige à repérer le groupe par le sens.

Conseils pratiques

  1. Dessinez un petit arbre familial. Écrivez sous chaque personne deux formes : مادرِ من / مادرم, برادرِ او / برادرش. Vous apprendrez le vocabulaire et les deux façons d’exprimer la possession en même temps.
  2. Entraînez-vous avec de vrais nombres. Dites combien de frères, de sœurs ou d’enfants chaque personne fictive possède : سه خواهر دارد, jamais سه خواهرها دارد. Ajoutez ensuite la variante parlée avec تا.
  3. Écoutez les contrastes de registre. Dans une conversation, repérez مامان، بابا، خونه‌ست ; dans un texte plus soigné, cherchez مادر، پدر، خانه است. Ne mélangez pas toutes les formes dans une même phrase tant que le changement de registre n’est pas volontaire.

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