B1

Les complétives avec که en persan

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Cet article fait partie de l'arbre grammatical de persan sur Settemila Lingue.

En bref

En persan, که relie souvent un verbe comme « penser », « dire » ou « savoir » à une proposition qui en complète le sens : فکر می‌کنم که درست است (« Je pense que c’est juste »). Après un verbe de volonté, le verbe de la complétive prend normalement le subjonctif persan : می‌خواهم که بیایی (« Je veux que tu viennes »). Dans une question indirecte, le mot interrogatif suffit généralement et که ne s’ajoute pas : نمی‌دانم چرا رفت (« Je ne sais pas pourquoi il/elle est parti(e) »).

Vue d’ensemble

Une proposition complétive est un groupe de mots contenant un verbe qui complète une idée comme « je sais… », « elle dit… » ou « nous voulons… ». Dans می‌دانم که نمی‌آید, la proposition که نمی‌آید indique ce que je sais. Le mot که se prononce ke et joue ici un rôle proche du « que » français.

Ce rapprochement est utile, mais il ne faut pas traduire chaque « que » français automatiquement par که. Le même mot persan sert aussi à introduire une proposition relative, c’est-à-dire une proposition qui précise un nom : کتابی که خواندم (« le livre que j’ai lu »). Dans le présent article, که complète surtout un verbe, un adjectif ou une affirmation entière.

Cette construction devient essentielle au niveau B1 : elle permet de rapporter une information, une opinion, une certitude, un souhait et une question. La difficulté n’est pas seulement de placer که ; il faut aussi choisir entre l’indicatif, qui présente le contenu comme un fait ou une information, et le subjonctif persan, qui présente notamment une volonté, un but ou une éventualité visée.

Fonctionnement

Le schéma de base

L’ordre le plus courant est simple :

proposition principale + که + proposition complétive

Persan Français Analyse
فکر می‌کنم که هوا خوب است. Je pense qu’il fait beau. La partie en gras donne le contenu de la pensée.
او گفت که فردا می‌آید. Il/Elle a dit qu’il/elle viendrait demain. La partie en gras rapporte les paroles.
مطمئنم که موفق می‌شوی. Je suis sûr(e) que tu réussiras. La partie en gras complète l’expression de certitude.

Le persan place donc normalement که après le verbe ou l’expression qui appelle un complément. Contrairement au français, il n’y a pas d’élision : که او reste deux mots et signifie ici « qu’il/elle ».

Après dire, penser, savoir et constater

Après un verbe de parole, de pensée, de connaissance ou de perception, la complétive décrit généralement une information. Son verbe se met donc à une forme ordinaire de l’indicatif, c’est-à-dire la forme qui présente ce contenu comme affirmé, pensé ou constaté.

Parmi les expressions fréquentes :

  • گفتن که… — dire que…
  • فکر کردن که… — penser que…
  • دانستن که… — savoir que…
  • فهمیدن که… — comprendre, se rendre compte que…
  • دیدن که… — voir, constater que…
  • شنیدن که… — entendre, apprendre que…
  • مطمئن بودن که… — être sûr que…
  • معلوم است که… — il est clair que…

La négation peut toutefois modifier la manière dont le locuteur présente l’information. Après فکر نمی‌کنم (« je ne pense pas »), le subjonctif est courant parce que le contenu n’est pas tenu pour certain : فکر نمی‌کنم که دیر باشد (« Je ne pense pas qu’il soit tard »). Le français emploie lui aussi un subjonctif dans cet exemple, mais cette ressemblance ne dispense pas d’apprendre les déclencheurs propres au persan.

Après vouloir : le subjonctif persan

Après خواستن (« vouloir »), la proposition dépendante présente une action souhaitée. Son verbe prend normalement le subjonctif, une forme verbale qui sert ici à envisager une action voulue plutôt qu’à la constater.

Persan Français Forme importante
می‌خواهم که بیایی. Je veux que tu viennes. بیایی, subjonctif de آمدن
می‌خواهیم که بیشتر تمرین کنید. Nous voulons que vous vous entraîniez davantage. تمرین کنید, subjonctif
او می‌خواهد که اینجا بمانیم. Il/Elle veut que nous restions ici. بمانیم, subjonctif de ماندن

Pour beaucoup de verbes, le subjonctif présent se construit avec بـ et le radical du présent, suivi de la terminaison personnelle : بخوانم (« que je lise »), بخوانی (« que tu lises »), بخواند (« qu’il/elle lise »). Certains verbes très courants ont un radical qu’il faut mémoriser, comme آمدن → بیایـ dans بیایی. Avec les verbes composés, le préverbe بـ ne se voit pas toujours comme une syllabe séparée : تمرین کنید, صحبت کنیم.

Quand le sujet reste le même, le persan courant préfère souvent une tournure plus légère : می‌خواهم بروم (« Je veux partir »), sans که. La version می‌خواهم که بروم est également possible, mais elle insiste davantage sur la proposition ou appartient à un style plus développé. Avec deux sujets différents, که rend la relation particulièrement claire : می‌خواهم که تو بروی (« Je veux que tu partes »).

Les questions indirectes

Une question indirecte rapporte une interrogation sans la poser directement. Après دانستن (« savoir »), پرسیدن (« demander »), فهمیدن (« découvrir/comprendre ») ou گفتن (« dire »), on conserve le mot interrogatif persan :

  • چرا — pourquoi
  • کِی — quand
  • کجا — où
  • چطور / چگونه — comment
  • چه کسی / کی — qui
  • چه / چی — quoi

Le schéma est alors :

verbe principal + mot interrogatif + proposition

On ne place normalement pas که juste avant le mot interrogatif. Comparez نمی‌دانم چرا رفت (« Je ne sais pas pourquoi il/elle est parti(e) ») et non une construction calquée mot à mot avec « que pourquoi ».

Pour une question à laquelle on répond par oui ou non, le persan soigné peut employer آیا … یا نه (« si… ou non ») : نمی‌دانم آیا می‌آید یا نه. Dans la langue courante, آیا disparaît très souvent : نمی‌دانم می‌آید یا نه.

Discours direct et discours indirect

Le discours direct cite les paroles telles quelles, tandis que le discours indirect les intègre à la phrase :

Type Persan Français
Direct سارا گفت: «خسته‌ام.» Sara a dit : « Je suis fatiguée. »
Indirect سارا گفت که خسته است. Sara a dit qu’elle était fatiguée.

Le pronom et la personne du verbe s’adaptent : ـام (« je suis » dans خسته‌ام) devient ici است (« elle est »). En revanche, le persan n’impose pas le même recul systématique des temps que le français. Après un verbe au passé, un présent persan peut rester au présent si l’information est encore valable ou si elle est rapportée depuis le point de vue d’origine. La traduction française choisira souvent l’imparfait ou le conditionnel selon le contexte.

Exemples en contexte

Persan Français Remarque
فکر می‌کنم که درست است. Je pense que c’est juste. Opinion suivie de که.
می‌دانم که نمی‌آید. Je sais qu’il/elle ne viendra pas. La négation appartient à la complétive.
مطمئنم که موفق می‌شوی. Je suis sûr(e) que tu réussiras. Certitude ; مطمئنم signifie « je suis sûr(e) ».
شنیدم که مریم به شیراز رفته است. J’ai entendu dire que Maryam est partie à Chiraz. Information rapportée.
فهمیدیم که فروشگاه بسته بود. Nous avons compris que le magasin était fermé. Constat au passé.
او گفت که امروز وقت ندارد. Il/Elle a dit qu’il/elle n’avait pas le temps aujourd’hui. Pas de recul mécanique du présent persan.
می‌خواهم که حقیقت را بگویی. Je veux que tu dises la vérité. بگویی est au subjonctif.
دوست داریم که بیشتر بمانید. Nous aimerions que vous restiez plus longtemps. Souhait poli adressé à « vous ».
لازم است که زودتر حرکت کنیم. Il faut que nous partions plus tôt. Nécessité suivie du subjonctif حرکت کنیم.
نمی‌دانم چرا رفت. Je ne sais pas pourquoi il/elle est parti(e). Question indirecte avec چرا, sans که.
می‌دانی کلیدها کجاست؟ Sais-tu où sont les clés ? Question indirecte intégrée à une question principale.
پرسیدم کِی برمی‌گردد. J’ai demandé quand il/elle reviendrait. کِی introduit l’information recherchée.
نمی‌دانیم آیا فردا باران می‌بارد یا نه. Nous ne savons pas s’il pleuvra demain ou non. Interrogation totale avec آیا … یا نه.
به من بگو چه اتفاقی افتاد. Dis-moi ce qui s’est passé. چه اتفاقی signifie « quel événement / ce qui ».

Erreurs fréquentes

Employer که dans toutes les questions indirectes

  • À éviter : نمی‌دانم که چرا رفت.
  • Préférable dans une phrase neutre : نمی‌دانم چرا رفت.
  • Pourquoi : le mot interrogatif چرا introduit déjà la question indirecte. On peut parfois entendre که comme marque de reprise ou d’insistance, mais ce n’est pas le modèle de base à apprendre.

Garder l’indicatif après « vouloir »

  • Incorrect : می‌خواهم که می‌آیی.
  • Correct : می‌خواهم که بیایی.
  • Pourquoi : après می‌خواهم که, l’action voulue se met au subjonctif : بیایی, et non à l’indicatif می‌آیی.

Garder l’indicatif après une opinion niée

  • À éviter dans le modèle neutre : فکر نمی‌کنم که دیر است.
  • Forme attendue : فکر نمی‌کنم که دیر باشد.
  • Pourquoi : avec فکر نمی‌کنم, le contenu est présenté comme incertain ou rejeté ; le subjonctif باشد est donc courant. Ici, le persan ressemble au français « je ne pense pas que ce soit tard », sans que tous les emplois des deux subjonctifs se recouvrent.

Confondre complétive et relative

  • Complétive : می‌دانم که علی اینجاست. — Je sais qu’Ali est ici.
  • Relative : مردی که اینجاست، علی است. — L’homme qui est ici, c’est Ali.
  • Pourquoi : dans la première phrase, که علی اینجاست complète « savoir ». Dans la seconde, که اینجاست précise le nom مردی (« un homme »).

Reculer systématiquement les temps comme en français

  • Trop mécanique : supposer qu’un verbe principal au passé exige toujours un passé dans la complétive.
  • Correct : او گفت که فردا می‌آید. — Il/Elle a dit qu’il/elle viendrait demain.
  • Pourquoi : le présent می‌آید peut conserver le point de vue du message rapporté. C’est souvent la traduction française, et non la phrase persane, qui marque le décalage par un conditionnel.

Notes d’usage

Dans la langue écrite et dans une explication soigneusement construite, که est fréquent et clarifie immédiatement la limite entre les deux propositions. À l’oral, il peut être omis lorsque le lien est évident, notamment après فکر می‌کنم, می‌دانم ou می‌خواهم : فکر می‌کنم درست است et می‌خوام برم sont tout à fait usuels. Pour apprendre à construire des phrases sûres, il reste utile de produire d’abord la version complète avec که, puis d’observer les omissions réelles.

Le persan parlé contracte aussi plusieurs formes : می‌خواهم devient souvent می‌خوام, می‌دانم devient می‌دونم, et می‌آید peut devenir میاد. Ainsi, نمی‌دونم میاد یا نه correspond, dans un registre familier, à نمی‌دانم آیا می‌آید یا نه. Ces différences relèvent du registre ; elles ne changent pas la relation grammaticale entre les propositions.

Le sujet persan peut rester implicite lorsque la terminaison verbale suffit. مطمئنم که موفق می‌شوی ne contient aucun pronom exprimé pour « je » ni pour « tu » : ـم dans مطمئنم et ـی dans می‌شوی donnent déjà ces informations. Pour un francophone, il faut résister à l’habitude d’ajouter systématiquement من ou تو.

Enfin, که n’est pas toujours l’équivalent d’un « que » prononcé séparément en français. Il peut aussi avoir des emplois relatifs, explicatifs, temporels ou discursifs. C’est la fonction de toute la proposition, et non le mot isolé, qui permet de l’interpréter.

Pour aller plus loin

Omission et mise en relief de که

L’omission de که est surtout naturelle lorsque la complétive est courte et immédiatement reconnaissable. À l’inverse, که devient précieux si la phrase est longue, si plusieurs propositions s’enchaînent ou si le locuteur veut annoncer clairement le contenu qui suit. Il peut également introduire une explication après un nom abstrait : این خبر که امتحان لغو شده، همه را خوشحال کرد (« La nouvelle que l’examen avait été annulé a réjoui tout le monde »). Cette structure est proche d’une apposition explicative : la proposition donne le contenu de la « nouvelle ».

Choisir le mode selon le sens

Le contraste entre information et action visée dépasse le seul verbe « vouloir ». Une expression de nécessité, de conseil, de possibilité souhaitée ou de but appelle souvent le subjonctif :

Persan Français Valeur
بهتر است که صبر کنی. Il vaut mieux que tu attendes. Conseil
ممکن است که دیر برسند. Il est possible qu’ils/elles arrivent en retard. Possibilité
لازم است که ثبت‌نام کنید. Il faut que vous vous inscriviez. Nécessité

Cependant, la présence de که ne commande aucun mode à elle seule. C’est l’expression principale et le sens recherché qui déterminent la forme du verbe. Comparez می‌دانم که می‌آید (« Je sais qu’il/elle vient »), qui présente une information, et می‌خواهم که بیاید (« Je veux qu’il/elle vienne »), qui exprime une volonté.

Le repère temporel dans le discours rapporté

Les adverbes comme امروز (« aujourd’hui »), فردا (« demain ») et اینجا (« ici ») peuvent conserver le point de vue des paroles d’origine ou être adaptés au moment où l’on raconte. Le contexte décide. Une phrase telle que گفت که فردا می‌آید est donc claire seulement si les interlocuteurs savent à quel « demain » on fait référence. Dans un récit précis, on peut reformuler avec une date ou un groupe nominal pour éviter l’ambiguïté.

Conseils pour s’entraîner

  1. Construisez des paires. Prenez une même proposition, par exemple علی می‌آید, et placez-la après plusieurs débuts : می‌دانم که…, فکر می‌کنم که…, puis می‌خواهم که…. Dans le dernier cas, changez le verbe en بیاید. Vous entraînerez ainsi le contraste indicatif–subjonctif.
  2. Transformez des questions directes. À partir de کجا زندگی می‌کند؟ (« Où habite-t-il/elle ? »), formez نمی‌دانم کجا زندگی می‌کند. Faites de même avec چرا, کِی et چطور, sans ajouter که.
  3. Écoutez les formes complètes et familières. Repérez dans un dialogue می‌خواهم / می‌خوام, نمی‌دانم / نمی‌دونم et la présence ou l’absence de که. Notez toujours d’abord la forme écrite standard, puis sa réalisation familière.

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Prérequis

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