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Les termes de parenté comme pronoms en vietnamien

Xưng Hô

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de vietnamien sur Settemila Lingue.

En bref

En vietnamien, des mots de parenté comme anh, chị, em, et chú servent aussi de pronoms dans la vie courante. Leur choix indique la relation entre les personnes : âge relatif, génération, genre et degré de proximité. Ainsi, anh peut vouloir dire « grand frère », « vous » ou « je », selon qui parle à qui.

Vue d’ensemble

En français, je désigne toujours la personne qui parle, tandis que tu et vous désignent la personne à qui l’on parle. Le vietnamien fonctionne souvent autrement : on choisit un terme relationnel et l’on se place, en quelque sorte, dans une famille sociale. Une jeune femme peut appeler un homme un peu plus âgé anh et parler d’elle-même avec em. L’homme peut alors répondre en se désignant par anh et en l’appelant em.

Ce système, appelé xưng hô (« manière de se désigner et de s’adresser à autrui »), est essentiel dès le niveau A1. Employer le bon terme ne consiste pas seulement à remplacer « tu » par un mot vietnamien : c’est montrer comment on comprend la relation. Le choix dépend notamment de l’âge apparent, de la génération, du genre, du contexte professionnel et de la familiarité.

Il n’est pas nécessaire de maîtriser immédiatement toutes les possibilités. Pour commencer, retenez surtout les paires anh/chị – em entre adultes d’âge assez proche, puis cô/chú – cháu quand une personne appartient approximativement à la génération des parents. Le contexte permet souvent de comprendre si le terme signifie « je », « vous » ou une véritable relation familiale.

Fonctionnement

Un même mot peut avoir plusieurs fonctions

Un pronom est un mot qui représente une personne sans répéter son nom. En vietnamien, un terme de parenté peut être :

  1. un nom de famille au sens propre : anh « grand frère » ;
  2. une façon d’interpeller quelqu’un : Anh ơi! « Monsieur ! / Hé, vous ! » ;
  3. un pronom pour l’interlocuteur : Anh khỏe không? « Vous allez bien ? » ;
  4. un pronom pour soi-même : Anh không biết. « Je ne sais pas », dit par un homme à une personne plus jeune ;
  5. une référence à une autre personne, souvent avec ấy : anh ấy « lui / cet homme ».

Le rôle grammatical — autrement dit la fonction du mot dans la phrase — dépend de la situation, pas de la forme elle-même. Les verbes vietnamiens ne changent pas selon la personne : anh đi, chị đi et em đi gardent tous le même verbe đi « aller ».

Les cinq termes de base

Terme vietnamien Valeur relationnelle courante Emploi social fréquent
anh grand frère homme un peu plus âgé que soi ; peut désigner « vous » ou « je »
chị grande sœur femme un peu plus âgée que soi ; peut désigner « vous » ou « je »
em frère ou sœur plus jeune personne plus jeune, quel que soit son genre ; peut désigner « vous » ou « je »
tante, selon la branche familiale femme de la génération des parents ; également enseignante
chú oncle plus jeune que le père homme de la génération des parents, souvent plus jeune que ceux-ci

Ces indications sont des repères, non une formule mathématique. Anh et chị s’emploient généralement avec quelqu’un d’un peu plus âgé, mais encore perçu comme proche de sa propre génération. Em ne précise pas le genre. Une femme comme un homme plus jeune peut donc être em.

Pour une personne nettement plus âgée, ou chú peut convenir si elle paraît appartenir à la génération des parents. Le système complet possède d’autres termes, notamment bác, ông, , cháu et con ; ils apparaissent dans la section avancée.

Choisir les deux côtés de la relation

Le terme employé pour soi et celui employé pour l’autre forment souvent une paire cohérente.

Relation perçue Pour soi Pour l’autre Petit échange typique
personne plus jeune parlant à un homme légèrement plus âgé em anh Anh ơi, giúp em với! — « S’il vous plaît, aidez-moi ! »
personne plus jeune parlant à une femme légèrement plus âgée em chị Chị có khỏe không? — « Vous allez bien ? »
homme plus âgé parlant à une personne plus jeune anh em Em chờ anh nhé. — « Attends-moi, d’accord ? »
femme plus âgée parlant à une personne plus jeune chị em Chị cảm ơn em. — « Merci », dit la femme plus âgée
jeune personne parlant à une femme de la génération des parents cháu Cô cho cháu hỏi… — « Madame, puis-je vous demander… »
jeune personne parlant à un homme de la génération des parents cháu chú Chú có khỏe không ạ? — « Vous allez bien, monsieur ? »

Le mot cháu dépasse le noyau des cinq termes étudiés, mais il est utile pour comprendre la réciprocité : si vous appelez quelqu’un ou chú, cette personne peut vous appeler cháu et se désigner elle-même par ou chú.

Identifier « je » et « vous » grâce au contexte

Dans Chị muốn mua gì?, chị est le sujet (la personne qui fait ou ressent ce qu’exprime le verbe) et désigne l’interlocutrice : « Que souhaitez-vous acheter ? » Dans Chị muốn mua cà phê, prononcé par une femme plus âgée à une personne plus jeune, chị peut au contraire signifier « je » : « Je veux acheter du café. »

Pour interpréter correctement une phrase, posez-vous trois questions :

  • Qui prononce la phrase ?
  • À qui cette personne parle-t-elle ?
  • Quel rapport d’âge ou de génération les unit ?

Le français oblige à distinguer je de vous dans les mots eux-mêmes. En vietnamien, c’est souvent la scène de conversation qui fournit cette information.

Interpeller avec ơi

La particule ơi se place après le terme d’adresse pour appeler quelqu’un ou attirer son attention :

  • Anh ơi! — « Monsieur ! / Excusez-moi ! »
  • Chị ơi! — « Madame ! / Excusez-moi ! »
  • Em ơi! — « Hé, toi ! », à une personne plus jeune
  • Cô ơi! — « Madame ! », à une femme plus âgée ou à une enseignante

Ơi n’est pas un équivalent général de « s’il vous plaît ». Il sert d’abord à appeler. Dans Anh ơi, giúp em với!, với adoucit la demande et lui donne le sens de « aidez-moi, s’il vous plaît ».

Terme seul, terme familial et groupe nominal

Un groupe nominal est un ensemble de mots organisé autour d’un nom. Les termes étudiés peuvent être employés seuls comme pronoms, mais aussi entrer dans des groupes plus précis :

  • anh trai — grand frère ;
  • chị gái — grande sœur ;
  • em trai — petit frère ;
  • em gái — petite sœur ;
  • cô giáo — enseignante ;
  • chú tôi — mon oncle.

Dans Cô giáo dạy hay lắm, cô giáo désigne l’enseignante comme nom de métier : « L’enseignante donne vraiment très bien ses cours. » En revanche, un élève peut dire directement Cô ơi à son enseignante ; devient alors le terme d’adresse.

Exemples en contexte

Vietnamien Français Situation
Anh ơi, giúp em với! Monsieur, aidez-moi, s’il vous plaît ! La personne qui parle se présente comme plus jeune
Chị muốn mua gì? Que souhaitez-vous acheter ? Un vendeur s’adresse à une femme un peu plus âgée
Em tên là gì? Comment t’appelles-tu ? Question posée à une personne plus jeune
Anh cảm ơn em. Merci. Un homme plus âgé parle à une personne plus jeune
Chị sẽ gọi cho em tối nay. Je t’appellerai ce soir. Une femme plus âgée se désigne par chị
Em không hiểu. Je ne comprends pas. Une personne plus jeune parle à son aîné ou à son aînée
Cô giáo dạy hay lắm. L’enseignante donne vraiment très bien ses cours. cô giáo est ici un nom de métier
Thưa cô, em có câu hỏi ạ. Madame, j’ai une question. Un élève parle poliment à son enseignante
Chú đi đâu vậy? Où allez-vous ? On s’adresse à un homme de la génération des parents
Cô cho cháu hỏi đường được không ạ? Madame, pourrais-je vous demander mon chemin ? Demande respectueuse à une femme plus âgée
Anh ấy sống ở Hà Nội. Il habite à Hanoï. ấy transforme anh en référence à une autre personne
Chị ấy là bác sĩ. Elle est médecin. On parle d’une femme plus âgée que soi
Hai chị em đi chợ. Les deux sœurs vont au marché. chị em retrouve ici son sens familial
Em chờ chị một chút nhé. Attends-moi un instant, d’accord ? Une femme plus âgée parle à une personne plus jeune

Erreurs fréquentes

Chercher un équivalent unique de « tu » ou de « vous »

  • À éviter : apprendre que anh signifie toujours « vous ».
  • Mieux : vérifier qui parle et quelle relation est exprimée.
  • Pourquoi : anh peut signifier « grand frère », servir à appeler un homme plus âgé, ou vouloir dire « je » lorsqu’un homme parle à une personne plus jeune.

Garder tôi dans toutes les conversations

  • Peu naturel dans une relation devenue familière : Chị giúp tôi được không?
  • Plus relationnel : Chị giúp em được không?
  • Pourquoi : tôi est un pronom relativement neutre, utile quand la relation n’est pas encore établie. Une fois la paire chị–em adoptée, em rend la relation explicite. La première phrase n’est pas forcément incorrecte, mais elle peut paraître plus distante.

Utiliser em seulement pour une femme

  • Erreur : croire que em veut dire « petite sœur » dans tous les cas.
  • Correction : Em tên là gì? peut être adressé à une femme ou à un homme plus jeune.
  • Pourquoi : comme terme d’adresse, em marque surtout l’âge relatif ; il ne précise pas nécessairement le genre.

Copier automatiquement le tutoiement et le vouvoiement français

  • À éviter : choisir bạn parce que le français emploierait « tu », ou anh/chị uniquement parce qu’il emploierait « vous ».
  • Mieux : observer l’âge, la génération et la relation réelle.
  • Pourquoi : le contraste français tu/vous porte surtout sur la familiarité, le nombre et la politesse. Le vietnamien encode en plus la position relationnelle. Anh peut être chaleureux sans être familier au sens du tutoiement français.

Employer ou chú pour une personne presque du même âge

  • Mal choisi : appeler une femme seulement un peu plus âgée que soi.
  • Choix généralement plus adapté : chị.
  • Pourquoi : cô/chú suggèrent normalement un écart de génération plus grand. Une estimation maladroite peut faire paraître la personne plus âgée qu’elle ne se considère.

Oublier le terme choisi au milieu de l’échange

  • Incohérent : commencer avec anh–em, puis passer sans raison à tôi–bạn.
  • Cohérent : garder anh–em tant que la relation et le ton ne changent pas.
  • Pourquoi : un changement de termes peut signaler une prise de distance, de l’ironie ou un changement d’attitude. Au niveau débutant, mieux vaut conserver la paire établie.

Notes d’usage

Il n’existe pas toujours un choix parfaitement évident

Avec un inconnu, l’âge n’est qu’estimé et la situation peut rester ambiguë. Les Vietnamiens eux-mêmes ajustent parfois leur choix après quelques phrases. Il est donc normal d’hésiter. Écoutez le terme que l’autre personne utilise pour elle-même et celui qu’elle emploie pour vous : ils proposent souvent la paire à reprendre.

Dans un commerce, un restaurant ou un échange informel, anh, chị et em sont très fréquents. Ils peuvent créer une proximité polie sans supposer de parenté réelle. et chú conviennent souvent pour des adultes nettement plus âgés, mais les usages précis dépendent aussi de la région, du milieu et de la préférence personnelle.

La politesse ne repose pas sur un seul pronom

Le bon terme d’adresse compte, mais les particules contribuent également au ton. Dạ peut introduire une réponse respectueuse ; adoucit et marque le respect en fin de phrase. Comparez :

  • Chú có khỏe không? — « Vous allez bien ? »
  • Dạ, chú có khỏe không ạ? — formulation plus déférente dans la voix d’une personne jeune.

Il ne faut donc pas chercher un « vous de politesse » unique. La politesse vietnamienne résulte de plusieurs choix combinés : terme relationnel, particules, intonation et formulation de la demande.

Les titres peuvent remplacer les termes de parenté

Dans un cadre professionnel, le titre ou la fonction peut être préférable : thầy pour un enseignant, pour une enseignante, bác sĩ pour un médecin. Le nom personnel peut aussi suivre le titre ou le terme d’adresse. Le choix dépend du contexte ; les cinq mots de cet article constituent une base, pas l’inventaire complet des usages sociaux.

Pour aller plus loin

Cette partie n’est pas à mémoriser dès le niveau A1. Elle explique cependant des formes que vous rencontrerez rapidement.

Le système s’étend à plusieurs générations

Bác s’adresse couramment à une personne de la génération des parents considérée comme plus âgée qu’eux ; ông et correspondent à la génération des grands-parents. Face à , chú, bác, ông ou , une personne jeune peut se désigner par cháu. Un adulte parlant à un enfant peut employer con pour l’enfant et un terme comme , chú, bác ou un terme parental pour lui-même selon la relation.

Ces correspondances s’inspirent des distinctions familiales vietnamiennes, beaucoup plus détaillées que le simple couple français « oncle/tante ». Dans l’usage social, elles sont élargies aux personnes sans lien de parenté.

Parler d’une troisième personne avec ấy

Lorsqu’on parle de quelqu’un qui n’est ni le locuteur ni l’interlocuteur, ấy aide à former une référence de troisième personne :

  • anh ấy — lui, cet homme généralement plus âgé que le locuteur ;
  • chị ấy — elle, cette femme généralement plus âgée ;
  • cô ấy — elle, cette femme ; selon le contexte, la nuance de génération peut s’affaiblir dans cette forme très courante ;
  • chú ấy — cet homme de la génération des parents.

L’âge reste relatif au point de vue adopté, mais l’usage réel est souple. Avec cô ấy, en particulier, les locuteurs ne calculent pas toujours littéralement une relation de type tante.

Les termes peuvent exprimer une attitude

Changer de terme n’est pas toujours neutre. Passer d’une paire chaleureuse comme anh–em à tôi–anh peut créer une distance. Dans un couple, anh–em est très courant : l’homme se désigne souvent par anh et appelle sa partenaire em, même si la relation n’a évidemment rien de fraternel. Les mêmes mots peuvent donc exprimer affection, proximité ou rôle social selon le contexte.

À un niveau avancé, on apprend aussi que le choix peut être négocié, humoristique, affectueux ou stratégique. Il vaut mieux d’abord imiter les termes employés par des interlocuteurs bienveillants plutôt que d’essayer de produire soi-même ces effets subtils.

L’omission est possible quand tout est clair

Dans la conversation, le sujet ou l’objet (la personne ou la chose directement concernée par l’action) peut être omis si le contexte l’identifie sans difficulté. Đi đâu vậy? peut ainsi signifier « Où vas-tu ? » sans terme d’adresse exprimé. Cette omission ne supprime pas la relation : le ton, les phrases précédentes et les particules continuent de l’indiquer. Pour un débutant, employer le terme explicitement facilite toutefois la clarté.

Conseils pratiques

  1. Apprenez des paires, pas des mots isolés. Répétez de petits dialogues anh–em, chị–em, puis cô/chú–cháu. Faites varier la personne qui dit « je » afin d’éviter d’associer un terme à une traduction française fixe.
  2. Dessinez la scène avant de traduire. Pour chaque phrase, notez l’âge approximatif et le rôle des deux personnes. Décidez ensuite si anh, chị ou em signifie « je » ou « vous ».
  3. Écoutez la réciprocité. Dans une vidéo ou une conversation, relevez deux colonnes : « comment A appelle B » et « comment B appelle A ». Cette méthode révèle le système bien mieux qu’une liste d’équivalents français.

Notions liées

  • Prérequis : Les pronoms personnels — pour situer tôi, bạn et les autres possibilités avant d’aborder les termes relationnels.
  • Étape suivante : Les termes de la famille — pour distinguer l’emploi familial réel de l’emploi social de anh, chị, em, et chú.

Prérequis

Les pronoms personnels en vietnamienA1

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