Le futur en -ta- en swahili
Wakati Ujao (-ta-)
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de swahili sur Settemila Lingue.
En bref
Le futur swahili se construit généralement en insérant -ta- entre le préfixe du sujet et le verbe : ni-ta-soma → nitasoma, « je lirai » ou « j’étudierai ». À la négation, le préfixe sujet devient négatif, mais -ta- reste présent : si-ta-soma → sitasoma, « je ne lirai pas ».
Vue d’ensemble
Le swahili rassemble dans un seul mot plusieurs éléments que le français répartit souvent entre un pronom et un verbe conjugué. Dans nitasafiri, ni- indique « je », -ta- situe l’action dans l’avenir et -safiri exprime l’idée de voyager. Le sujet grammatical (la personne ou la chose qui accomplit l’action) est donc déjà signalé dans le verbe ; il n’est pas nécessaire d’ajouter un pronom séparé.
Ce futur, appelé wakati ujao en swahili, sert à parler d’une action attendue, prévue, promise ou décidée : ce soir, demain, la semaine prochaine ou plus tard. C’est une structure centrale du niveau A2, notamment pour annoncer un projet, prendre un engagement, poser une question sur l’avenir ou dire qu’une action n’aura pas lieu.
Pour un francophone, le principal changement d’habitude consiste à ne pas chercher des terminaisons comparables à -rai, -ras ou -ront. Le verbe swahili conserve la même organisation pour toutes les personnes : on change le préfixe sujet, tandis que -ta- reste stable. Une fois les préfixes du présent en -na- connus, le passage au futur est donc très régulier.
Comment se forme le futur
La formule de base
La structure affirmative est :
préfixe sujet + -ta- + base verbale
La base verbale est la partie qui porte le sens principal du verbe. Dans kusoma (« lire, étudier »), on emploie ici -soma :
- ni-ta-soma → nitasoma : je lirai / j’étudierai ;
- u-ta-soma → utasoma : tu liras / étudieras ;
- a-ta-soma → atasoma : il ou elle lira / étudiera.
Les traits d’union servent uniquement à montrer la construction. Dans un texte ordinaire, le mot s’écrit d’un seul bloc.
Les six personnes
| Personne | Préfixe affirmatif | Futur de kusoma | Sens en français |
|---|---|---|---|
| je | ni- | nitasoma | je lirai / j’étudierai |
| tu | u- | utasoma | tu liras / étudieras |
| il / elle | a- | atasoma | il / elle lira ou étudiera |
| nous | tu- | tutasoma | nous lirons / étudierons |
| vous | m- | mtasoma | vous lirez / étudierez |
| ils / elles | wa- | watasoma | ils / elles liront ou étudieront |
Le swahili ne distingue pas « il » de « elle » dans ce tableau : a- sert aux deux. De même, wa- peut correspondre à « ils » ou « elles ». Le contexte précise le genre si cette information est utile.
Le pronom indépendant peut apparaître pour insister ou opposer deux sujets : Mimi nitasafiri, lakini yeye atabaki (« Moi, je voyagerai, mais lui/elle restera »). Sans contraste, nitasafiri suffit généralement.
La négation
À la forme négative, on emploie les préfixes sujets négatifs et on conserve -ta- :
préfixe sujet négatif + -ta- + base verbale
| Personne | Préfixe négatif | Forme négative | Sens en français |
|---|---|---|---|
| je | si- | sitasoma | je ne lirai / n’étudierai pas |
| tu | hu- | hutasoma | tu ne liras / n’étudieras pas |
| il / elle | ha- | hatasoma | il / elle ne lira ou n’étudiera pas |
| nous | hatu- | hatutasoma | nous ne lirons / n’étudierons pas |
| vous | ham- | hamtasoma | vous ne lirez / n’étudierez pas |
| ils / elles | hawa- | hawatasoma | ils / elles ne liront ou n’étudieront pas |
Il ne faut donc pas apprendre hata- comme une marque négative valable pour toutes les personnes. Dans hatasoma, ha- signifie « il/elle ne… pas » et -ta- marque toujours le futur. Pour « je ne… pas », la combinaison est si-ta- ; pour « ils/elles ne… pas », hawa-ta-.
Contrairement au présent négatif de nombreux verbes, la voyelle finale ne change pas : anasoma devient hasomi au présent négatif, mais atasoma devient hatasoma au futur négatif. La finale -a de soma reste donc intacte.
Les verbes courts et les formes en ku-
Avec plusieurs verbes courts très fréquents, le ku entendu dans l’infinitif se maintient après -ta-. Il fait alors partie de la forme qu’il convient de mémoriser :
| Infinitif | Futur | Traduction |
|---|---|---|
| kula | nitakula | je mangerai |
| kuja | atakuja | il / elle viendra |
| kunywa | tutakunywa | nous boirons |
| kufa | hatakufa | il / elle ne mourra pas |
On rencontre de même nitakwenda pour « j’irai ». Il vaut mieux retenir ces formes fréquentes par blocs — nitakula, atakuja, sitakwenda — plutôt que de supprimer automatiquement tout ku-.
Ajouter un pronom objet
Un pronom objet (l’élément qui représente la personne ou la chose touchée par l’action) se place entre -ta- et la base verbale :
sujet + -ta- + objet + base verbale
Ainsi, tutawasaidia se décompose en tu-ta-wa-saidia : « nous les aiderons ». De même, nitakupigia simu contient -ku-, « te », et signifie « je te téléphonerai ». Attention : dans nitakula, le groupe ku appartient au verbe court kula ; dans nitakusaidia, -ku- représente « te ».
Poser une question
Une question fermée garde la même forme verbale. C’est l’intonation et, à l’écrit, le point d’interrogation qui indiquent la question :
- Utafika kesho? — Arriveras-tu demain ?
- Mtakula hapa? — Mangerez-vous ici ?
Avec un mot interrogatif, celui-ci occupe sa place naturelle dans la phrase : Utafika lini? (« Quand arriveras-tu ? »), Utaenda wapi? (« Où iras-tu ? ») ou Nani atakuja? (« Qui viendra ? »).
Exemples en contexte
| Swahili | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Nitasafiri kesho. | Je voyagerai demain. | Projet à la première personne |
| Atarudi jioni. | Il / Elle reviendra ce soir. | a- ne marque pas le genre |
| Tutamaliza kazi kesho kutwa. | Nous finirons le travail après-demain. | tu-ta- : « nous » au futur |
| Sitakwenda shuleni. | Je n’irai pas à l’école. | Futur négatif en si-ta- |
| Utanipigia simu baadaye? | Me téléphoneras-tu plus tard ? | -ni- représente « me » |
| Watoto watacheza nje. | Les enfants joueront dehors. | Accord humain au pluriel en wa- |
| Tutawasaidia wazazi wetu. | Nous aiderons nos parents. | -wa- objet : « les » |
| Hutachelewa tena. | Tu ne seras plus en retard. | Deuxième personne négative en hu-ta- |
| Hawatafanya kazi Jumapili. | Ils / Elles ne travailleront pas dimanche. | Pluriel négatif en hawa-ta- |
| Mtakunywa chai au kahawa? | Boirez-vous du thé ou du café ? | Verbe court kunywa |
| Gari litaondoka saa mbili asubuhi. | La voiture partira à huit heures du matin. | Accord de gari en li- |
| Vitabu vitafika wiki ijayo. | Les livres arriveront la semaine prochaine. | Accord de vitabu en vi- |
| Mimi nitapika, lakini yeye ataosha vyombo. | Moi, je cuisinerai, mais lui / elle fera la vaisselle. | Pronoms exprimés pour le contraste |
| Mvua ikinyesha, tutabaki nyumbani. | S’il pleut, nous resterons à la maison. | Futur dans la conséquence |
Erreurs courantes
Oublier le préfixe sujet
- Incorrect : Tasoma kesho.
- Correct : Nitasoma kesho.
- Pourquoi : -ta- indique seulement le futur. Le verbe doit aussi porter un préfixe qui s’accorde avec son sujet ; ici ni- pour « je ».
Garder un pronom français séparé comme s’il était obligatoire
- Maladroit sans insistance : Mimi nitasafiri kesho.
- Naturel : Nitasafiri kesho.
- Pourquoi : ni- contient déjà l’information « je ». Mimi est correct, mais il ajoute une insistance : « moi, je voyagerai ». L’employer dans chaque phrase rend le discours inutilement lourd.
Construire la négation avec un seul hata-
- Incorrect : Hatasoma pour dire « je n’étudierai pas ».
- Correct : Sitasoma.
- Pourquoi : le préfixe négatif dépend de la personne. ha-ta- correspond à « il/elle ne… pas », tandis que si-ta- correspond à « je ne… pas ».
Modifier la fin du verbe au futur négatif
- Incorrect : Hatasomi kesho.
- Correct : Hatasoma kesho.
- Pourquoi : la transformation finale de -a en -i appartient au présent négatif courant (hasomi). Au futur, -ta- reste visible et la base soma ne change pas.
Supprimer ku- dans un verbe court
- Incorrect : Ataja kesho.
- Correct : Atakuja kesho.
- Pourquoi : avec kuja (« venir »), le ku se maintient dans cette forme. On apprend donc atakuja, comme nitakula et tutakunywa.
Calquer le futur français après « si »
- Réflexe français trompeur : croire que le futur est impossible dans toute proposition introduite par « si ».
- Swahili possible : Kama utasoma, utafaulu.
- Sens : Si tu étudies, tu réussiras.
- Pourquoi : le français standard dit « si tu étudies », et non « si tu étudieras ». Le swahili peut employer le futur après kama dans une condition réelle. D’autres constructions, comme ukisoma, utafaulu, sont également très courantes et s’étudient avec les propositions conditionnelles.
Notes d’usage
-ta- est le choix neutre et courant pour annoncer ce qui se produira. Il convient aussi bien à la conversation qu’à l’écrit : Tutaonana kesho (« Nous nous verrons demain »), Mkutano utaanza saa tatu (« La réunion commencera à neuf heures »). Un repère temporel comme kesho (« demain »), baadaye (« plus tard »), wiki ijayo (« la semaine prochaine ») ou mwaka ujao (« l’année prochaine ») précise souvent le moment, mais il n’est pas obligatoire si le contexte est clair.
Le présent peut parfois décrire un programme déjà fixé, comme en français dans « je pars demain ». Le futur en -ta- reste cependant la manière la plus explicite de situer l’action à venir. Il n’existe pas de correspondance automatique avec le « futur proche » français en aller + infinitif : mieux vaut choisir la forme swahilie selon le sens et le contexte, plutôt que traduire chaque morceau de la tournure française.
Les indications d’heure demandent une vigilance particulière, indépendamment du futur : dans l’usage swahili traditionnel, le comptage de la journée commence vers six heures. Ainsi, saa mbili asubuhi correspond généralement à huit heures du matin. Cette particularité ne modifie pas la conjugaison, mais elle peut changer l’interprétation d’un rendez-vous futur.
Enfin, l’accord du sujet ne se limite pas aux personnes. Les noms swahilis appartiennent à des classes nominales (des groupes qui commandent différents accords). On dira par exemple gari litaondoka (« la voiture partira »), vitabu vitafika (« les livres arriveront ») et mvua itanyesha (« il pleuvra »). La position de -ta- ne change pas : seul le préfixe d’accord varie.
Au-delà des bases : emplois avancés
Les points suivants ne sont pas indispensables pour commencer à parler de demain. Ils montrent toutefois comment le futur en -ta- s’intègre à des phrases plus riches.
Les conditions réelles
Dans une phrase conditionnelle, le futur apparaît très naturellement dans la conséquence :
- Ukinipigia simu, nitakusaidia. — Si tu me téléphones, je t’aiderai.
- Ikiwa mvua itanyesha, tutabaki nyumbani. — S’il pleut, nous resterons à la maison.
Après kama ou ikiwa (« si »), le swahili peut également employer -ta-, notamment lorsque l’on envisage explicitement un événement à venir. Ce contraste avec la règle française « pas de futur après si » mérite d’être retenu. Le choix entre kama, ikiwa et la construction en -ki- relève du chapitre consacré aux propositions conditionnelles.
Le futur progressif et le futur accompli
Pour présenter une action comme étant en cours à un moment futur, on peut conjuguer kuwa (« être ») au futur, puis employer une forme progressive :
- Nitakuwa nikifanya kazi saa hiyo. — Je serai en train de travailler à cette heure-là.
Pour présenter une action comme déjà achevée à un moment futur, on rencontre :
- Kufikia Ijumaa, nitakuwa nimemaliza kazi. — D’ici vendredi, j’aurai terminé le travail.
Ces formes combinées sont plus avancées. Au niveau A2, nitafanya kazi (« je travaillerai ») et nitamaliza kazi (« je terminerai le travail ») suffisent dans la plupart des situations.
Les relatives au futur
Quand « qui », « que » ou « lequel » relie un nom à une action future, le swahili emploie des marqueurs relatifs intégrés au verbe. On peut ainsi rencontrer mtu atakayekuja (« la personne qui viendra ») ou kitabu nitakachosoma (« le livre que je lirai »). Ces formes combinent le futur avec l’accord de classe et un marqueur relatif ; il est utile de les reconnaître, mais il vaut mieux d’abord maîtriser des phrases simples comme Mtu atakuja (« Une personne viendra »).
Promesse, prévision ou décision
La même forme en -ta- peut exprimer plusieurs nuances que le français rend par le futur simple, le futur proche ou le présent selon la situation :
- Nitakusaidia. — Je t’aiderai. / Je vais t’aider. (promesse ou décision)
- Mvua itanyesha kesho. — Il pleuvra demain. (prévision)
- Tutaondoka saa nne. — Nous partirons à dix heures. (programme annoncé)
La conjugaison seule ne précise pas la nuance : ce sont le contexte, l’intonation et les indications de temps qui la font comprendre.
Conseils pour s’entraîner
- Remplacez une seule pièce à la fois. Partez de ninasoma (« je lis / j’étudie »), remplacez -na- par -ta- pour obtenir nitasoma, puis passez à la négation : sitasoma. Faites la même série avec les six personnes.
- Préparez un programme réel. Écrivez cinq phrases sur demain avec kesho, asubuhi, jioni et baadaye. Ajoutez ensuite deux choses que vous ne ferez pas : Sitafanya…, Sitaenda….
- Segmentez les verbes longs. Devant tutawasaidia, dites mentalement tu-ta-wa-saidia. Cette habitude permet de repérer le sujet, le temps et l’objet sans traduire mot à mot.
Notions liées
- Prérequis : Le présent en -na- — il introduit les préfixes sujets et la structure interne du verbe swahili.
- Étape suivante : Les propositions conditionnelles avec kama et ikiwa — elles montrent comment parler des conséquences futures et des conditions réelles.
Prérequis
Le présent en -na- en swahiliA1Concepts qui s'appuient sur celui-ci
Plus de concepts de niveau A2
Ce concept dans d'autres langues
Comparer dans toutes les langues
Entraînez-vous à Wakati Ujao (-ta-) en swahili avec un compte Settemila Lingue gratuit. Nous configurerons swahili · A2 et générerons des cartes consacrées précisément à ce concept grammatical.
Pratiquer ce concept