Les vêtements et les achats en swahili
Mavazi na Ununuzi
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de swahili sur Settemila Lingue.
En bref
Pour faire un achat simple en swahili, retenez trois modèles : Ninataka kununua… (« je veux acheter… »), Bei ya… ni ngapi? (« quel est le prix de… ? ») et Ninaweza kujaribu…? (« puis-je essayer… ? »). Les mots placés après le vêtement — démonstratifs, adjectifs et possessifs — changent parfois de forme selon sa classe nominale, c’est-à-dire la famille grammaticale à laquelle appartient le nom : shati hili jeupe, « cette chemise blanche », mais viatu hivi vipya, « ces chaussures neuves ».
Vue d’ensemble
Les vêtements et les achats constituent un thème concret du niveau A1. Avec quelques noms — nguo (vêtement ou vêtements), shati (chemise), suruali (pantalon), kiatu/viatu (chaussure/chaussures), kofia (chapeau) et kanga (étoffe imprimée portée en Afrique de l’Est) — on peut déjà demander ce que vend une boutique, parler d’une couleur ou choisir un article.
Ce thème fait aussi rencontrer plusieurs mécanismes essentiels du swahili. Le verbe se construit avec des préfixes : ni-na-taka signifie « je veux » et li-na-uza « elle vend », lorsque le sujet est un nom comme duka (« boutique »). Les mots qui accompagnent le nom s’accordent souvent avec sa classe nominale. En français, on pense surtout au genre et au nombre ; en swahili, il existe davantage de familles, chacune avec ses propres marques d’accord.
Il n’est pas nécessaire de maîtriser toutes les classes pour faire ses premiers achats. Au début, apprenez chaque vêtement avec une petite expression complète : shati hili, viatu hivi, nguo hizi. Vous retiendrez ainsi le vocabulaire et l’accord en même temps.
Comment ça fonctionne
Le vocabulaire de base
Un nom est simplement un mot qui désigne une personne, une chose ou une idée. Pour les vêtements, le singulier et le pluriel ne se forment pas tous de la même manière.
| Nom en swahili | Sens en français | Pluriel et accord utile |
|---|---|---|
| nguo | vêtement ; vêtements ; habits | forme identique ; nguo hii au singulier, nguo hizi au pluriel |
| shati | chemise | mashati ; shati hili / mashati haya |
| suruali | pantalon | forme généralement identique ; suruali hii / suruali hizi |
| kiatu | chaussure | viatu ; kiatu hiki / viatu hivi |
| kofia | chapeau, bonnet | forme identique ; kofia hii / kofia hizi |
| kanga | kanga, étoffe imprimée | forme identique ; kanga hii / kanga hizi |
| duka | boutique, magasin | maduka ; duka hili / maduka haya |
| bei | prix | bei hii ; le contexte indique souvent le nombre |
La forme identique au singulier et au pluriel ne signifie pas que tout reste identique dans la phrase. Comparez nguo hii ni mpya (« ce vêtement est neuf ») et nguo hizi ni mpya (« ces vêtements sont neufs ») : le démonstratif permet de voir le nombre.
Acheter, vendre, vouloir et porter
L’infinitif est la forme qui nomme l’action, comme « acheter » en français. En swahili, il commence généralement par ku- :
| Infinitif | Sens | Exemple conjugué |
|---|---|---|
| kununua | acheter | Ninanunua shati. — J’achète une chemise. |
| kuuza | vendre | Duka linauza viatu. — La boutique vend des chaussures. |
| kuvaa | porter, mettre un vêtement | Amevaa kofia. — Cette personne porte un chapeau. |
| kutaka | vouloir | Ninataka nguo mpya. — Je veux des vêtements neufs. |
| kujaribu | essayer | Ninaweza kujaribu shati hili? — Puis-je essayer cette chemise ? |
| kulipa | payer | Nitalipa kwa kadi. — Je paierai par carte. |
Pour dire « vouloir faire quelque chose », le premier verbe porte les marques de personne et de temps, tandis que le second reste à l’infinitif :
préfixe du sujet + temps + taka + infinitif
- Ni-na-taka ku-nunua nguo. — Je veux acheter des vêtements.
- A-na-taka ku-jaribu viatu. — Cette personne veut essayer des chaussures.
- Tu-na-taka ku-lipa. — Nous voulons payer.
Le préfixe du sujet est le petit élément placé au début du verbe qui indique qui fait l’action. Avec une personne, ni- signifie « je » et a- « il/elle ». Avec un nom, ce préfixe dépend de la classe : duka hili linauza (« cette boutique vend »), mais maduka haya yanauza (« ces boutiques vendent »).
Demander et comprendre le prix
La question donnée dans ce thème est très utile :
Bei ya viatu hivi ni ngapi? — Quel est le prix de ces chaussures ?
On peut la décomposer ainsi :
- bei : prix ;
- ya : « de », avec l’accord commandé ici par bei ;
- viatu hivi : ces chaussures ;
- ni ngapi? : est de combien ?
Le mot de liaison -a exprime un rapport comparable à « de » en français. Sa forme dépend du premier nom, celui dont on précise la nature ou le propriétaire : bei ya viatu (le prix des chaussures), bei ya shati (le prix de la chemise), mais duka la nguo (boutique de vêtements). Cette variation est normale ; il ne faut donc pas traduire automatiquement chaque « de » français par ya.
Dans une conversation, on entend aussi des questions plus courtes :
- Hii ni bei gani? — Quel est le prix de ceci ?
- Shati hili ni bei gani? — Quel est le prix de cette chemise ?
- Ni shilingi ngapi? — Combien de shillings ?
- Jumla ni ngapi? — Combien cela fait-il au total ?
Pour répondre, on peut dire Ni shilingi elfu ishirini (« c’est vingt mille shillings ») ou simplement annoncer la somme quand le contexte est clair. Shilingi désigne le shilling ; la devise exacte dépend naturellement du pays et de la situation.
Placer les démonstratifs, les adjectifs et les couleurs
En swahili, le vêtement vient normalement avant les mots qui le précisent. C’est une différence importante avec le français, où l’adjectif peut être placé avant ou après le nom.
nom + démonstratif + adjectif
- shati hili jeupe — cette chemise blanche ;
- mashati haya meupe — ces chemises blanches ;
- kiatu hiki kipya — cette chaussure neuve ;
- viatu hivi vipya — ces chaussures neuves ;
- kofia hiyo nyeusi — ce chapeau noir-là ;
- nguo hizi nzuri — ces beaux vêtements.
Un démonstratif est un mot comme « ce », « cette » ou « ces ». Un adjectif apporte une qualité, par exemple « neuf » ou « blanc ». En swahili, leurs formes reflètent souvent la classe du nom. Il vaut donc mieux apprendre shati jeupe et viatu vipya comme des groupes complets plutôt que mémoriser seulement -eupe ou -pya.
Toutes les couleurs ne suivent pas exactement le même modèle. Les radicaux -eupe (« blanc »), -eusi (« noir ») et -ekundu (« rouge ») prennent des marques d’accord. D’autres couleurs s’expriment couramment avec le mot de liaison -a : shati la buluu (« chemise bleue »), viatu vya kijani (« chaussures vertes »). Pour un premier échange, retenez les expressions que vous utilisez réellement.
Dire ce que l’on cherche
Voici quelques modèles productifs :
- Ninatafuta shati. — Je cherche une chemise.
- Ninataka viatu vipya. — Je veux des chaussures neuves.
- Una shati jeupe? — Avez-vous une chemise blanche ?
- Una saizi kubwa? — Avez-vous une grande taille ?
- Ninaweza kujaribu hiki? — Puis-je essayer celle-ci ?
- Ni ghali sana. — C’est très cher.
- Unaweza kupunguza bei? — Pouvez-vous baisser le prix ?
Comme le français « vous », la forme verbale en u- peut s’adresser poliment à une seule personne selon le contexte. Le ton, les salutations et l’emploi de tafadhali (« s’il vous plaît ») contribuent aussi à rendre la demande courtoise : Tafadhali, ninaweza kujaribu shati hili?
Exemples en contexte
| Swahili | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Ninataka kununua nguo. | Je veux acheter des vêtements. | Kutaka est suivi de l’infinitif kununua. |
| Bei ya viatu hivi ni ngapi? | Quel est le prix de ces chaussures ? | Hivi s’accorde avec le pluriel viatu. |
| Duka hili linauza kanga nzuri. | Cette boutique vend de beaux kangas. | Li- dans linauza reprend duka. |
| Amevaa shati jeupe. | Cette personne porte une chemise blanche. | Jeupe s’accorde avec shati. |
| Ninatafuta suruali nyeusi. | Je cherche un pantalon noir. | Le vêtement précède la couleur. |
| Una viatu vya saizi kubwa? | Avez-vous des chaussures de grande taille ? | Question utile pour préciser la taille. |
| Ninaweza kujaribu shati hili? | Puis-je essayer cette chemise ? | Demande simple et polie dans une boutique. |
| Viatu hivi vinanitosha vizuri. | Ces chaussures me vont bien. | Vi- reprend viatu dans le verbe. |
| Nguo hii inanibana. | Ce vêtement me serre. | Hii indique ici un seul vêtement. |
| Kofia hiyo ni ghali sana. | Ce chapeau-là est très cher. | Hiyo désigne un article un peu éloigné. |
| Tafadhali, unaweza kupunguza bei? | S’il vous plaît, pouvez-vous baisser le prix ? | La possibilité de négocier dépend du lieu. |
| Nitalipa kwa pesa taslimu. | Je paierai en espèces. | Kwa introduit ici le moyen de paiement. |
| Bei ya shati hili ni shilingi elfu ishirini. | Cette chemise coûte vingt mille shillings. | Réponse complète avec une somme. |
| Sitaki hii; ninataka ile. | Je ne veux pas celui-ci ; je veux celui-là. | Contraste entre un article proche et un article éloigné. |
Erreurs courantes
Oublier ku- devant le second verbe
- Incorrect : Ninataka nunua nguo.
- Correct : Ninataka kununua nguo.
- Pourquoi : Après ninataka (« je veux »), l’action souhaitée reste normalement à l’infinitif : kununua (« acheter »).
Calquer l’ordre français
- Incorrect : jeupe shati
- Correct : shati jeupe
- Pourquoi : Le nom précède normalement l’adjectif ou la couleur qui le qualifie. Le français « une chemise blanche » présente ici le même ordre, mais des groupes comme « de nouvelles chaussures » peuvent pousser un francophone à placer l’adjectif trop tôt : on dit viatu vipya.
Employer le mauvais démonstratif
- Incorrect : viatu hii
- Correct : viatu hivi
- Pourquoi : Viatu appartient à la classe 8 au pluriel. Le démonstratif proche correspondant est hivi. Au singulier, on dit kiatu hiki.
Laisser l’adjectif sans accord
- Incorrect : shati nyeupe ou viatu kipya
- Correct : shati jeupe ; viatu vipya
- Pourquoi : L’adjectif prend la marque de la classe du nom. Les équivalents français « blanche » et « neuves » changent seulement en genre ou en nombre ; le swahili suit son propre système de classes.
Utiliser ya pour tous les sens de « de »
- Incorrect : duka ya nguo
- Correct : duka la nguo
- Pourquoi : Le mot de liaison -a s’accorde avec le premier nom. On dit bei ya viatu, car bei demande ya, mais duka la nguo, car duka demande la.
Confondre la forme du nom et son nombre
- Incorrect : croire que nguo ou kofia est toujours singulier parce que le mot ne change pas.
- Correct : observer l’accord : nguo hii (ce vêtement), nguo hizi (ces vêtements).
- Pourquoi : Plusieurs noms de ce thème ont la même forme aux deux nombres. Les démonstratifs, les verbes et le contexte permettent de les distinguer.
Notes d’utilisation
Dans une boutique, une salutation avant la demande rend l’échange plus naturel. On peut commencer par Habari?, puis dire Ninatafuta… (« je cherche… ») ou Ningependa… (« j’aimerais… »). Ninataka… est grammatical et très utile au niveau A1 ; ningependa… donne souvent une demande plus douce.
La négociation n’est pas appropriée partout. Unaweza kupunguza bei? convient lorsqu’il est habituel de discuter le prix, par exemple dans certains marchés. Dans un magasin à prix fixe, demander le prix ou une autre taille suffit. Une formulation polie ne garantit donc pas que le prix soit négociable.
Le mot kanga désigne une étoffe imprimée particulièrement associée à la côte est-africaine. Dans un texte français, « kanga » peut prendre un s au pluriel selon les conventions éditoriales, mais le mot swahili reste kanga ; ce sont les accords qui indiquent le nombre.
Le vocabulaire commercial varie selon les régions et les types de commerces. Des mots empruntés comme saizi sont courants, mais une personne peut aussi donner une mesure précise ou montrer directement l’article. L’objectif au niveau A1 est de comprendre et de produire des demandes brèves, pas de connaître tout le vocabulaire de la mode.
Au-delà des bases : emplois plus avancés
Vous n’avez pas besoin de maîtriser les formes suivantes tout de suite, mais elles expliquent des phrases que vous rencontrerez plus tard.
Le swahili peut intégrer dans le verbe un marqueur d’objet, c’est-à-dire un petit élément qui reprend la chose concernée. Dans Ninalinunua (« je l’achète » en parlant d’une shati), -li- reprend la chemise. Dans Ninazinunua (« je les achète » en parlant de plusieurs nguo), -zi- reprend les vêtements. Le choix dépend encore de la classe nominale :
- Shati hili ni zuri. Ninalinunua. — Cette chemise est belle. Je l’achète.
- Nguo hizi ni nzuri. Ninazinunua. — Ces vêtements sont beaux. Je les achète.
- Viatu hivi vinanitosha; nitavinunua. — Ces chaussures me vont ; je les achèterai.
On peut également préciser le bénéficiaire de l’achat avec une forme verbale dérivée : Nilinunulia watoto nguo signifie « j’ai acheté des vêtements pour les enfants ». Cette construction, plus avancée, ajoute l’idée de « pour quelqu’un » directement dans le verbe.
Enfin, les descriptions commerciales peuvent accumuler plusieurs précisions après le nom : shati hili jipya la buluu (« cette nouvelle chemise bleue »). Il faut alors maintenir tous les accords. La meilleure stratégie n’est pas de traduire mot à mot depuis le français, mais de partir du nom swahili, d’identifier sa classe, puis d’ajouter chaque précision.
Conseils de pratique
- Apprenez des groupes, pas des mots isolés. Faites trois cartes pour chaque article : kiatu hiki, viatu hivi, viatu vipya. Vous mémoriserez en même temps le nombre et l’accord.
- Jouez un mini-dialogue de boutique. Enchaînez une salutation, Ninatafuta…, une question de prix, une demande pour essayer, puis Nitalipa…. Changez de vêtement à chaque répétition.
- Décrivez ce que vous portez. Produisez chaque jour deux phrases avec Nimevaa… ou Amevaa…, puis ajoutez une couleur : Nimevaa shati jeupe na suruali nyeusi.
Concepts associés
- À consolider : Classes nominales 7/8 : Ki-/Vi- — pour comprendre kiatu hiki et viatu hivi.
- À consolider : Classes nominales 9/10 : N- — utiles avec nguo, suruali et kofia.
- À approfondir : Accord des adjectifs avec les classes nominales — pour former shati jeupe, viatu vipya et nguo nzuri.
- À approfondir : Les démonstratifs — pour distinguer « ceci », « cela près de l’interlocuteur » et « cela là-bas ».
- À approfondir : Les couleurs — pour décrire précisément un vêtement.
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