Les types de subordonnées en suédois
Bisatstyper
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En bref
Une bisats, c’est-à-dire une proposition subordonnée, dépend d’une autre partie de la phrase. En suédois, elle peut remplir la fonction d’un nom, exprimer une circonstance ou compléter un nom. Quel que soit son type, retenez surtout l’ordre neutre de la subordonnée : mot introducteur + sujet + adverbe de phrase + verbe conjugué — par exemple att hon inte kommer.
Vue d’ensemble
Une phrase complexe contient souvent une huvudsats (proposition principale, qui peut normalement constituer une phrase autonome) et une ou plusieurs bisatser. Dans Jag vet att hon kommer (« Je sais qu’elle vient »), Jag vet est la principale et att hon kommer est la subordonnée. La subordonnée complète ici le verbe vet.
Au niveau B2, il ne suffit plus de reconnaître une subordonnée grâce à att ou à som. Il faut comprendre le rôle de tout le groupe : une subordonnée peut occuper la place d’un nom, apporter une information de temps ou de cause, ou décrire un nom. Cette distinction aide à choisir le bon mot introducteur et à construire des phrases plus nuancées.
Pour un francophone, la difficulté principale tient moins au sens des conjonctions qu’à l’ordre des mots. En français, on dit « qu’elle ne vient pas » ; en suédois standard, l’adverbe de négation se place avant le verbe conjugué dans la subordonnée : att hon inte kommer. Une subordonnée placée au début entraîne aussi l’inversion dans la principale qui suit : När mötet slutar går jag hem (« Quand la réunion se termine, je rentre chez moi »).
Fonctionnement
Reconnaître une subordonnée
Une subordonnée est souvent introduite par une conjonction de subordination (un mot qui relie la proposition à une autre), comme att, eftersom, medan ou om, ou par un mot relatif comme som. Elle ne fonctionne généralement pas seule : eftersom tåget var sent (« puisque le train avait du retard ») appelle une principale qui complète le message.
La place de l’adverbe de phrase est un indice particulièrement utile. Un adverbe de phrase indique par exemple la négation, la probabilité ou le point de vue du locuteur : inte (« ne… pas »), aldrig (« jamais »), kanske (« peut-être »), nog (« probablement, sans doute »).
| Type de proposition | Schéma neutre | Exemple |
|---|---|---|
| Principale | sujet + verbe conjugué + adverbe | Hon kommer inte i dag. |
| Subordonnée | introducteur + sujet + adverbe + verbe conjugué | … eftersom hon inte kommer i dag. |
On résume parfois cette règle par le moyen mnémotechnique suédois BIFF : I Bisats kommer Inte Före det Finita verbet (« dans une subordonnée, inte vient avant le verbe conjugué »). Le verbe conjugué, ou verbe fini, est celui qui porte le temps : kommer, kom, har dans har kommit.
Avec un temps composé, l’adverbe précède l’auxiliaire conjugué :
- principale : Hon har inte läst rapporten.
- subordonnée : … trots att hon inte har läst rapporten.
1. Les subordonnées nominales
Une subordonnée nominale occupe une place qu’un groupe nominal pourrait aussi occuper : sujet, complément d’un verbe ou, plus rarement, attribut. Autrement dit, elle désigne un fait, une idée ou une question entière.
Les propositions en att
Att correspond souvent à « que » lorsqu’on rapporte une pensée, une parole, un fait ou un jugement :
- Jag tror att hon har rätt. — Je pense qu’elle a raison.
- Det är viktigt att du förstår. — Il est important que tu comprennes.
- Att resa ensam kan vara lärorikt. — Voyager seul peut être instructif.
Dans le dernier exemple, att resa est un groupe infinitif plutôt qu’une proposition avec un verbe conjugué. La forme att a donc aussi un autre emploi, comme marqueur de l’infinitif. C’est la structure qui permet de les distinguer : att hon reser contient un sujet et un verbe conjugué ; att resa contient un infinitif.
Après des verbes fréquents comme tro (« croire, penser »), säga (« dire ») et hoppas (« espérer »), att peut être omis, surtout à l’oral : Jag tror (att) det blir bra. L’ordre reste toutefois celui attendu dans une subordonnée : Jag tror (att) det inte blir så svårt.
Les interrogatives indirectes
Une interrogative indirecte rapporte une question sans la poser directement. Pour une question à réponse oui/non, on emploie om (« si ») :
- question directe : Kommer hon? — Vient-elle ?
- question indirecte : Jag undrar om hon kommer. — Je me demande si elle vient.
Pour une question ouverte, on conserve le mot interrogatif : vad (« quoi, ce qui »), vem (« qui »), var (« où »), när (« quand »), hur (« comment »), varför (« pourquoi »).
- Jag vet inte varför han gick. — Je ne sais pas pourquoi il est parti.
- Kan du säga var nyckeln ligger? — Peux-tu me dire où se trouve la clé ?
Lorsque le mot interrogatif représente lui-même le sujet, le suédois insère normalement som dans l’interrogative indirecte : Jag undrar vad som händer (« Je me demande ce qui se passe »), Vet du vem som ringde? (« Sais-tu qui a appelé ? »). S’il y a déjà un autre sujet, on ne met pas som : Vet du vem hon ringde? (« Sais-tu qui elle a appelé ? »).
2. Les subordonnées circonstancielles
Une subordonnée circonstancielle précise dans quelles circonstances se déroule l’action principale : moment, cause, condition, opposition, but, etc. Elle peut généralement être placée après ou avant la principale.
| Relation | Introducteurs fréquents | Sens courant |
|---|---|---|
| temps | när, medan, innan, efter att, tills | quand, pendant que, avant que, après que, jusqu’à ce que |
| cause | eftersom, därför att | puisque, parce que |
| condition | om, ifall | si, au cas où |
| concession | trots att, fast(än), även om | bien que, même si |
| but | för att | pour que, afin que |
| conséquence | så att | de sorte que, si bien que |
Ces équivalences indiquent le sens général, mais ne sont pas toujours interchangeables mot à mot avec le français. Eftersom présente volontiers la cause comme connue ou évidente, tandis que därför att répond naturellement à une question en varför? (« pourquoi ? »). Medan exprime soit la simultanéité, soit un contraste : Hon lagade mat medan jag dukade (« Elle préparait le repas pendant que je mettais la table »), mais aussi Hon gillar te, medan jag föredrar kaffe (« Elle aime le thé, tandis que je préfère le café »).
Quand la subordonnée vient en premier, elle occupe la première position de l’ensemble. Le verbe conjugué de la principale doit alors venir immédiatement après elle, avant le sujet :
- Eftersom bussen var sen tog vi en taxi. — Puisque le bus avait du retard, nous avons pris un taxi.
- Trots att han är ung är han klok. — Bien qu’il soit jeune, il est sage.
Le français conserve « nous avons » et « il est » après la subordonnée ; le suédois place de même le verbe avant le sujet quand celui-ci est exprimé : tog vi, et non vi tog. Cette règle vient du principe V2 : dans une principale déclarative, le verbe conjugué occupe la deuxième position syntaxique. La subordonnée initiale compte comme une seule première position, même si elle contient plusieurs mots.
3. Les subordonnées relatives
Une subordonnée relative complète un nom ou un pronom appelé antécédent (le mot décrit par la relative). Le relatif le plus fréquent est som, qui peut correspondre selon le contexte à « qui », « que » ou « lequel ».
- Kvinnan som bor här är läkare. — La femme qui habite ici est médecin.
- Boken som jag köpte var dyr. — Le livre que j’ai acheté était cher.
Quand som est le sujet de la relative, il est obligatoire : dans kvinnan som bor här, c’est la femme qui habite ici. Quand il est complément d’objet (la personne ou la chose sur laquelle porte l’action), il peut être omis : boken (som) jag köpte. Le sujet jag reste alors visible.
Le possessif relatif vars signifie « dont » au sens de possession : mannen vars dotter bor i Malmö (« l’homme dont la fille habite à Malmö »). Les formes vilken, vilket, vilka sont plus formelles et apparaissent notamment après une préposition ou pour reprendre une proposition entière : ett avtal enligt vilket… (« un accord selon lequel… »).
La relative suit elle aussi l’ordre de la subordonnée : en bok som jag aldrig har läst (« un livre que je n’ai jamais lu »), avec aldrig avant har.
Exemples en contexte
| Suédois | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Det är viktigt att du förstår. | Il est important que tu comprennes. | Subordonnée nominale en att. |
| Jag tror att hon inte har fått mejlet. | Je pense qu’elle n’a pas reçu le courriel. | Inte précède l’auxiliaire har. |
| Vi vet inte om butiken är öppen. | Nous ne savons pas si le magasin est ouvert. | Interrogative indirecte oui/non. |
| Jag undrar vad som händer. | Je me demande ce qui se passe. | Vad est sujet : présence de som. |
| Vet du vem hon väntar på? | Sais-tu qui elle attend ? | Hon est sujet ; pas de som. |
| Hon sjöng medan hon gick. | Elle chantait en marchant. | Deux actions simultanées. |
| Eftersom det regnade stannade vi hemma. | Puisqu’il pleuvait, nous sommes restés chez nous. | La principale commence par stannade vi. |
| Ring mig när du har kommit fram. | Appelle-moi quand tu seras arrivé. | Le suédois emploie ici le parfait, pas un futur. |
| Trots att han är ung är han klok. | Bien qu’il soit jeune, il est sage. | Concession et inversion dans la principale. |
| Jag skriver ner adressen så att jag inte glömmer den. | Je note l’adresse pour ne pas l’oublier. | Inte vient avant glömmer. |
| Kvinnan som arbetar på apoteket hjälpte mig. | La femme qui travaille à la pharmacie m’a aidé. | Som est sujet et ne peut pas être omis. |
| Filmen (som) vi såg i går var fantastisk. | Le film que nous avons vu hier était formidable. | Som objet peut être omis. |
| Eleven vars cykel blev stulen ringde polisen. | L’élève dont le vélo a été volé a appelé la police. | Vars exprime la possession. |
Erreurs fréquentes
Placer inte après le verbe dans une subordonnée
- Incorrect : Jag vet att hon kommer inte i dag.
- Correct : Jag vet att hon inte kommer i dag.
- Pourquoi : dans l’ordre neutre d’une subordonnée, l’adverbe de phrase précède le verbe conjugué.
Oublier l’inversion après une subordonnée initiale
- Incorrect : När mötet slutar jag går hem.
- Correct : När mötet slutar går jag hem.
- Pourquoi : toute la subordonnée occupe la première position ; går doit donc occuper la deuxième position de la principale, avant jag.
Employer att pour une question indirecte oui/non
- Incorrect : Jag undrar att hon kommer.
- Correct : Jag undrar om hon kommer.
- Pourquoi : après undra pour rapporter la question « vient-elle ? », on emploie om, et non att.
Omettre som quand le relatif est sujet
- Incorrect : Mannen bor bredvid är lärare.
- Correct : Mannen som bor bredvid är lärare.
- Pourquoi : som est obligatoire lorsqu’il représente le sujet de bor. On peut seulement l’omettre comme objet : mannen (som) jag träffade.
Ajouter som alors qu’un autre sujet est déjà présent
- Incorrect : Jag vet inte vem som hon träffade.
- Correct : Jag vet inte vem hon träffade.
- Pourquoi : ici, hon est sujet et vem est objet. La construction vem som… convient lorsque vem est sujet : Jag vet vem som kom.
Copier automatiquement le mode verbal français
- Incorrect : chercher une forme spéciale correspondant au subjonctif dans Det är viktigt att du förstår.
- Correct : employer la forme verbale ordinaire förstår.
- Pourquoi : le suédois contemporain n’emploie généralement pas un mode distinct là où le français exige le subjonctif après « il est important que », « bien que », etc. Le choix de la conjonction et le contexte portent la relation logique.
Remarques d’usage
À l’écrit, le suédois ne place pas automatiquement une virgule entre une subordonnée initiale courte et la principale : Om du vill kan vi gå nu. Une virgule peut toutefois clarifier une phrase longue ou marquer une pause. Il vaut mieux suivre le rythme et la lisibilité du suédois plutôt que reproduire mécaniquement la ponctuation française.
Att s’omet couramment après certains verbes de pensée ou de parole, mais on le garde si son absence rend la structure difficile à lire. Dans un texte formel, une phrase complexe gagne souvent en clarté avec att. En revanche, att ne s’omet pas librement dans toutes les structures : on dira normalement Det är viktigt att du kommer.
La position de la subordonnée change la mise en relief. Vi stannade hemma eftersom det regnade présente d’abord le résultat, puis sa cause. Eftersom det regnade stannade vi hemma pose la cause comme cadre de toute la phrase. Le contenu factuel reste proche, mais l’organisation du message diffère.
Enfin, om a deux emplois à ne pas confondre : il introduit une condition dans Om det regnar stannar vi hemma (« S’il pleut, nous restons chez nous ») et une question indirecte dans Jag undrar om det regnar (« Je me demande s’il pleut »). La fonction de toute la subordonnée permet de décider : circonstance dans le premier cas, complément de undrar dans le second.
Pour aller plus loin
Une subordonnée peut être enchâssée dans une autre
Les trois types ne sont pas toujours simplement juxtaposés. Une proposition peut en contenir une autre :
Jag känner kvinnan som sa att hon skulle flytta. — « Je connais la femme qui a dit qu’elle allait déménager. »
La relative som sa… complète kvinnan, tandis que la nominale att hon skulle flytta complète sa. Pour analyser une longue phrase, repérez chaque verbe conjugué, puis demandez-vous quel mot ou quelle proposition chaque groupe complète.
Le relatif peut reprendre toute une proposition
Dans Tåget var inställt, vilket gjorde oss sena (« Le train était supprimé, ce qui nous a mis en retard »), vilket ne reprend pas un nom neutre précis : il reprend le fait que le train était supprimé. Cet emploi est courant dans une langue écrite soignée. Dans une relative ordinaire, vilken/vilket/vilka reste plus formel que som.
Les conditionnelles sans om
Dans un registre soutenu ou dans certaines formules courantes, une condition peut être exprimée par l’ordre verbe-sujet, sans om : Hade jag vetat det, skulle jag ha stannat hemma (« Si je l’avais su, je serais resté chez moi »). Cette construction avancée ressemble formellement à une question, mais son sens est conditionnel. À l’oral comme à l’écrit courant, la version avec om reste transparente : Om jag hade vetat det…
L’ordre de principale à l’intérieur de certaines complétives
Dans la conversation, surtout après un verbe qui présente une affirmation comme vraie ou probable, on peut parfois entendre l’ordre de principale : Jag tror att han kommer inte i dag. Ce phénomène sert souvent à donner plus d’autonomie ou de relief à l’affirmation qui suit. Il n’est pas la règle générale des subordonnées et convient mal après de nombreuses conjonctions. Pour une production sûre et neutre, notamment à l’écrit, gardez BIFF : Jag tror att han inte kommer i dag.
Conseils pratiques
- Classez avant de traduire. Pour chaque subordonnée rencontrée, demandez-vous si elle complète un verbe ou un jugement, exprime une circonstance, ou décrit un nom. Notez ensuite son introducteur : att/om, conjonction circonstancielle ou relatif.
- Transformez des paires. Partez de Hon kommer inte et intégrez cette principale à plusieurs cadres : Jag vet att hon inte kommer, eftersom hon inte kommer, kvinnan som inte kommer. Vous automatiserez ainsi la place de inte sans apprendre chaque phrase isolément.
- Entraînez l’inversion à voix haute. Alternez Vi tar bussen om det regnar et Om det regnar tar vi bussen. Marquez une courte pause après la subordonnée initiale, puis commencez immédiatement la principale par le verbe.
Notions associées
- Prérequis : Les propositions relatives — approfondir som, son omission comme objet, vars et les relatifs formels avant de comparer tous les types de subordonnées.