A2

Quantité et pluriel en māori

Nui me Iti

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de maori sur Settemila Lingue.

En bref

En māori, le nom ne reçoit généralement pas de terminaison spéciale au pluriel : te whare signifie « la maison », tandis que ngā whare signifie « les maisons ». La quantité s’exprime notamment avec nui « beaucoup, nombreux », iti « peu », katoa « tout, tous » et ētahi « certains, quelques ». Il faut donc regarder les mots qui entourent le nom plutôt que sa terminaison.

Vue d’ensemble

Ce point de niveau A2 prolonge directement l’emploi de te et de ngā. Un nom (un mot qui désigne une personne, une chose, un lieu ou une idée) garde le plus souvent la même forme, qu’il renvoie à une seule réalité ou à plusieurs : whare reste whare. C’est surtout le déterminant (le petit mot qui introduit le nom), un nombre ou le contexte qui indique la quantité. Quelques noms très fréquents ont toutefois une forme plurielle particulière ; ils sont présentés plus loin.

Cette organisation diffère du français. Dans « les grandes maisons », le pluriel apparaît sur l’article et à l’écrit sur le nom et l’adjectif. En māori, ngā whare nui ne demande aucune terminaison ajoutée à whare ni à nui. Le groupe doit être appris comme une suite de mots : déterminant, nom, puis qualité.

Les expressions étudiées ici permettent de parler d’un grand ou d’un petit nombre, d’une petite quantité, de la totalité d’un groupe et d’une partie non précisée de ce groupe. Elles servent aussi bien avec des personnes qu’avec des objets ou des réalités que le français présente souvent comme non comptables, telles que l’eau ou l’argent.

Fonctionnement

Le singulier et le pluriel définis : te et ngā

Les articles définis indiquent que l’on parle d’une réalité identifiable :

Nombre Article Exemple Sens en français
singulier te te pukapuka le livre
pluriel ngā ngā pukapuka les livres

Le changement porte normalement sur l’article, pas sur le nom. On retrouve la même opposition dans te whare « la maison » et ngā whare « les maisons ». Certaines notions de nombre sont également fournies par le sens de la phrase : un nombre comme e rua « deux » ou un pronom pluriel suffit souvent à établir qu’il y a plusieurs participants.

L’article he ne s’oppose pas à ngā comme le français « un » s’oppose à « des ». Il peut introduire une catégorie, présenter quelque chose ou former un énoncé descriptif. Ainsi, He pukapuka tēnei signifie « Ceci est un livre », tandis que He nui ngā pukapuka présente les livres comme nombreux.

nui : grand, nombreux, beaucoup

Nui est un mot d’état ou de qualité, c’est-à-dire un mot qui peut décrire directement ce qu’est une chose. Sa traduction dépend de la structure :

Structure Exemple Interprétation naturelle
He nui + groupe concerné He nui ngā tangata. Il y a beaucoup de personnes.
nom + nui te whare nui la grande maison
nom pluriel + nui ngā whare nui les grandes maisons

Dans He nui ngā tangata, la quantité est l’information principale : les personnes sont nombreuses. Avec un nom singulier, nui décrit plus volontiers la taille, l’importance ou le degré : He nui te whare « La maison est grande » ; He nui te utu « Le prix est élevé ». Il ne faut donc pas traduire automatiquement nui par « beaucoup ».

iti : petit, peu, en petite quantité

Iti suit la même logique générale, mais indique une petite taille, un petit nombre ou une faible quantité :

Structure Exemple Interprétation naturelle
He iti + groupe concerné He iti ngā pukapuka. Il y a peu de livres.
nom + iti te whare iti la petite maison
iti noa iho He iti noa iho. Juste un peu.

Dans He iti noa iho, noa iho réduit et limite encore l’expression : selon la situation, on traduira par « seulement un peu », « très peu » ou « rien qu’un petit peu ». La chose mesurée peut rester sous-entendue si elle est déjà connue. Par exemple, après une question sur la quantité de nourriture restante, cette réponse suffit à elle seule.

Avec nui comme avec iti, le français oblige parfois à choisir entre « beaucoup de », « peu de », « grand » et « petit ». Le māori laisse davantage le nom et la situation guider l’interprétation.

katoa : tout le groupe

Katoa signifie « tout, tous, toutes » et se place normalement après le groupe qu’il englobe :

Modèle Exemple Sens
ngā + nom + katoa ngā tangata katoa toutes les personnes
pronom + katoa tātou katoa nous tous, vous compris
groupe d’adresse + katoa Tēnā koutou katoa. Salutations à vous tous.

L’ordre est important. Le français place « tous » avant le groupe dans « tous les enfants », mais le māori dit ngā tamariki katoa, littéralement avec katoa après « les enfants ». Katoa ne crée pas à lui seul un groupe nominal défini : avec un nom défini pluriel, on conserve ngā.

ētahi : certains, quelques

Tētahi est singulier et renvoie à un élément particulier mais non identifié précisément ; ētahi est la forme plurielle correspondante.

Forme Exemple Sens
tētahi tētahi pukapuka un certain livre, un livre particulier
ētahi ētahi pukapuka certains livres, quelques livres
ētahi atu ētahi atu certains autres, d’autres
ētahi atu + nom ētahi atu pukapuka d’autres livres, quelques autres livres

On ne met pas ngā devant ētahi pukapuka. Ētahi est déjà le déterminant du nom. Le mot atu ajoute ici l’idée d’altérité ou de supplément : ētahi atu pukapuka désigne d’autres livres, en plus de ceux déjà mentionnés.

Montrer plusieurs objets : ēnei, ēnā, ērā

Les démonstratifs (les mots qui servent à montrer) ont eux aussi des formes singulières et plurielles. Cette opposition permet d’exprimer le nombre sans modifier le nom.

Position dans l’espace ou le discours Singulier Pluriel Exemple pluriel
près de la personne qui parle tēnei ēnei ēnei pukapuka « ces livres-ci »
près de la personne à qui l’on parle tēnā ēnā ēnā pukapuka « ces livres-là, près de vous »
éloigné des deux tērā ērā ērā pukapuka « ces livres là-bas »

Ces formes remplacent l’article : on dit ēnei whare, et non ngā ēnei whare. La distinction de distance n’a pas d’équivalent obligatoire dans « ces » en français ; il faut imaginer le point de vue des personnes présentes.

Exemples en contexte

Māori Français Remarque
He nui ngā tangata i konei. Il y a beaucoup de personnes ici. Nui indique un grand nombre.
He iti ngā pukapuka kei runga i te tēpu. Il y a peu de livres sur la table. Le nom ne change pas au pluriel.
He nui te whare. La maison est grande. Avec ce nom singulier, nui décrit la taille.
He iti noa iho. Il n’y en a qu’un peu. La chose mesurée est comprise grâce au contexte.
Kei konei ngā tamariki katoa. Tous les enfants sont ici. Katoa suit le groupe nominal.
Tēnā koutou katoa. Salutations à vous tous. Formule adressée à au moins trois personnes.
I haere ētahi tangata ki te hui. Certaines personnes sont allées à la réunion. Ētahi introduit un sous-groupe non précisé.
Kei runga i te tēpu ētahi pukapuka. Quelques livres sont sur la table. Pas de ngā devant ētahi.
E hiahia ana au ki ētahi atu. J’en voudrais d’autres. Le nom peut être omis s’il est déjà connu.
Homai ēnei pukapuka. Donne-moi ces livres-ci. Les livres sont près de la personne qui parle.
Kei a koe ēnā kī. Ces clés-là sont avec toi. Ēnā situe les clés près de l’interlocuteur.
He nui ngā whare i ērā tāone. Il y a beaucoup de maisons dans ces villes-là. Ērā est pluriel et indique l’éloignement.

Erreurs fréquentes

Ajouter une terminaison plurielle au nom

  • Incorrect : ngā whares
  • Correct : ngā whare
  • Pourquoi : le pluriel défini est porté par ngā. Le nom whare ne reçoit ni -s français ni autre terminaison inventée.

Employer te avec plusieurs éléments définis

  • Incorrect : te pukapuka, si l’on veut dire « les livres »
  • Correct : ngā pukapuka
  • Pourquoi : te est singulier et ngā pluriel. Cette différence est essentielle même si le nom reste identique.

Copier l’ordre français avec katoa

  • Incorrect : katoa ngā tamariki pour « tous les enfants »
  • Correct : ngā tamariki katoa
  • Pourquoi : dans ce groupe nominal (un nom accompagné des mots qui le précisent), katoa vient après le nom.

Cumuler deux déterminants

  • Incorrect : ngā ētahi pukapuka ou ngā ēnei pukapuka
  • Correct : ētahi pukapuka ; ēnei pukapuka
  • Pourquoi : ētahi et ēnei occupent déjà la place qui introduit le nom. Ils n’ont pas besoin de ngā.

Traduire nui toujours par « beaucoup »

  • Incorrect : interpréter te whare nui comme « beaucoup de maison »
  • Correct : te whare nui « la grande maison »
  • Pourquoi : placé après un nom, nui peut en décrire la taille ou l’importance. La structure et le sens du nom déterminent la traduction.

Confondre démonstratif singulier et pluriel

  • Incorrect : tēnei pukapuka pour montrer plusieurs livres
  • Correct : ēnei pukapuka
  • Pourquoi : tēnei signifie « celui-ci / ce…-ci » au singulier ; ēnei signifie « ceux-ci / ces…-ci » au pluriel.

Notes d’usage

La traduction française varie selon ce que l’on mesure. He nui ngā tangata devient naturellement « Il y a beaucoup de monde », mais He nui te utu signifie plutôt « Le prix est élevé ». De même, iti peut renvoyer à un petit objet, à un faible nombre ou à une petite quantité. Cherchez d’abord la fonction de l’expression dans la phrase, puis choisissez un français naturel.

À l’oral, le contexte fait une grande partie du travail. Ētahi atu peut constituer une réponse complète si les objets ou les personnes sont déjà connus. De la même façon, He iti noa iho n’a pas besoin de répéter « nourriture », « eau » ou « argent » lorsqu’il n’existe aucune ambiguïté.

Les macrons sont importants : ils indiquent une voyelle longue. Il faut donc écrire ngā, ētahi, ēnei, ēnā et ērā avec leur macron. Cette orthographe aide aussi à reconnaître immédiatement les formes plurielles.

Pour aller plus loin

Les points suivants ne sont pas indispensables pour commencer, mais ils deviennent utiles dans des textes et des conversations plus élaborés.

Exprimer une totalité comme un ensemble

À côté de ngā tangata katoa « toutes les personnes », on rencontre des groupes construits avec te katoa o…, qui présentent la totalité comme un ensemble : te katoa o te rā « toute la journée » ou te katoa o te whānau « toute la famille ». La structure n’est pas un simple calque de « tous les » : te katoa signifie ici « la totalité », puis o introduit ce dont il s’agit.

Parler de la majorité

Te nuinga o… signifie « la plupart de… » ou « la majorité de… » : te nuinga o ngā tangata « la plupart des personnes ». Il ne faut pas le confondre avec ngā tangata katoa : la majorité n’inclut pas nécessairement tout le monde.

Renforcer ou nuancer une quantité

Des particules peuvent préciser la portée de nui et iti. Noa iho donne une valeur restrictive dans iti noa iho « seulement un peu ». Dans d’autres contextes, rawa peut renforcer une qualité : He nui rawa « c’est trop grand / il y en a beaucoup trop », selon ce dont on parle. Ces petits mots sont sensibles au contexte ; mieux vaut d’abord mémoriser les expressions complètes rencontrées dans des phrases réelles.

Quelques noms ont une forme plurielle particulière

La règle débutante reste valable pour la grande majorité des noms, mais quelques mots courants ont une alternance à apprendre. On rencontre notamment tamaiti « enfant » et tamariki « enfants », ainsi que wahine « femme » et wāhine « femmes ». La différence peut donc porter sur le mot entier ou sur la longueur d’une voyelle, et non sur une terminaison plurielle productive que l’on pourrait ajouter à tous les noms. Apprenez ces couples comme du vocabulaire : te tamaiti / ngā tamariki, te wahine / ngā wāhine.

Le nombre peut rester implicite

Un nom sans marque visible de pluriel n’est pas forcément singulier. Le déterminant, le pronom, le nombre, la situation ou les phrases précédentes peuvent suffire. Cette souplesse explique pourquoi une traduction mot à mot vers le français donne parfois l’impression qu’un article manque : en réalité, les deux langues ne répartissent pas l’information de la même manière.

Conseils de pratique

  1. Formez des paires sans toucher au nom : te whare / ngā whare, tēnei pukapuka / ēnei pukapuka, tērā waka / ērā waka. Cette répétition installe le bon réflexe plus efficacement que l’ajout mental d’un pluriel français.
  2. Prenez cinq images de groupes et décrivez-les avec He nui…, He iti…, …katoa et ētahi…. Distinguez toujours « le groupe entier » de « une partie du groupe ».
  3. Lorsque vous lisez une phrase, soulignez d’abord le déterminant. Demandez-vous ensuite s’il indique un élément, plusieurs éléments identifiés, quelques éléments ou une distance par rapport aux interlocuteurs.

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Prérequis

Les articles définis *te* et *ngā* en māoriA1

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