B2

Les phrases clivées en anglais

Cleft Sentences

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de anglais sur Settemila Lingue.

En bref

Une phrase clivée sert à mettre une information précise en relief. Au lieu de dire simplement John broke the window, on peut dire It was John who broke the window pour insister sur John. Les deux modèles essentiels sont It is/was + élément important + who/that… et What… + is/was + information importante.

Vue d’ensemble

Une phrase clivée présente une même situation en deux parties afin de guider l’attention. Dans une phrase neutre comme Maya called me on Monday, aucun élément n’est particulièrement souligné. Selon ce que l’on veut corriger ou opposer, on peut dire It was Maya who called me (Maya, et non quelqu’un d’autre) ou It was on Monday that Maya called me (lundi, et non mardi).

Ce procédé est généralement abordé au niveau B2. Il repose notamment sur les propositions relatives (des groupes de mots introduits par who, that, which, etc., qui apportent une précision) et sur la capacité à organiser l’information dans une phrase. On le rencontre dans la conversation, les récits, les présentations, les débats et les textes argumentatifs. Il permet de rectifier un malentendu, de créer un contraste ou d’annoncer clairement le point central.

Pour un francophone, le rapprochement avec « c’est… qui/que » est utile : It was Léa who found the key ressemble à « C’est Léa qui a trouvé la clé ». De même, What I need is a break correspond souvent à « Ce dont j’ai besoin, c’est d’une pause ». Mais la correspondance n’est pas automatique : l’anglais exige une structure complète, avec it ou une proposition en what, et le choix du mot de liaison dépend de ce qui est mis en relief.

Fonctionnement

La phrase clivée en it

Le modèle de base est le suivant :

It + forme de be + élément mis en relief + proposition qui donne le reste de l’information

Élément mis en relief Modèle courant Exemple
une personne qui fait l’action It is/was + personne + who/that… It was Nina who booked the room.
une personne ou une chose qui subit l’action It is/was + élément + who/that/which… It was the blue jacket that I bought.
un moment It is/was + moment + that… It was last year that they moved.
un lieu ou un groupe prépositionnel It is/was + lieu/groupe + that… It was at work that we met.
une raison It is/was + because… + that… It was because I was tired that I left.

Dans ce modèle, it ne désigne aucun objet précis : c’est un sujet grammatical, c’est-à-dire le mot placé à la position normalement occupée par la personne ou la chose dont on parle. La forme de be porte le temps et peut être affirmative, négative ou interrogative :

  • It is Sara who manages the account. — C’est Sara qui gère le compte.
  • It wasn't the price that worried us. — Ce n’était pas le prix qui nous inquiétait.
  • Was it Daniel who sent the message? — Est-ce Daniel qui a envoyé le message ?

Le présent it is convient à une identification actuelle ou générale. Le passé it was est naturel quand on revient sur un événement passé. Cependant, le verbe de la proposition finale garde le temps nécessaire au sens : It is Anna who handles complaints mais It was Anna who handled the complaint yesterday.

Who, that ou which ?

Après une personne, who est souvent le choix le plus naturel : It was Omar who helped me. That est également possible, surtout dans un style courant : It was Omar that helped me. Après une chose, that est très fréquent : It was the noise that woke me up. Which est possible dans certains contextes, mais sonne souvent moins naturel que that dans une clivée restrictive de ce type.

Quand l’élément mis en relief est le complément d’objet (la personne ou la chose qui reçoit directement l’action), la langue courante peut supprimer le relatif : It was Sam (that) I called. Whom existe dans un registre très formel — It was Sam whom I called — mais il est rare dans la conversation.

Pour un moment ou un lieu, that est le lien le plus sûr dans une clivée en it : It was in London that they met ; It was then that I understood. Where et when sont naturels dans des relatives ordinaires (the place where they met, the day when we met), mais on ne les emploie pas systématiquement après une mise en relief en it.

La pseudo-clivée en what

La pseudo-clivée commence par une proposition en what. Ici, what signifie « ce que » ou « ce dont », et non « quoi ? » dans une question.

What + sujet + verbe + be + information mise en relief

  • What I need is some fresh air. — Ce dont j’ai besoin, c’est d’un peu d’air frais.
  • What surprised me was her calm reaction. — Ce qui m’a surpris, c’était sa réaction calme.
  • What they discussed was the budget. — Ce dont ils ont discuté, c’était du budget.

Toute la proposition en what fonctionne comme le sujet de be : elle annonce un besoin, un fait ou une action encore non identifié, puis la deuxième partie apporte l’information nouvelle. Ce modèle est particulièrement naturel pour expliquer ce qui compte, ce qui manque, ce qui s’est passé ou ce que quelqu’un a fait.

Lorsque la première partie contient do, la partie après be peut exprimer une action avec un infinitif :

  • What she did was call the police.
  • What we need to do is to check the figures again.

L’infinitif sans to est très courant après What … do is/was : All he did was complain. La forme avec to existe aussi, surtout lorsque to figure déjà dans la première partie (What you need to do is to wait) ou dans un style plus soutenu. Les deux formes se rencontrent ; l’important est de ne pas conjuguer le second verbe comme une nouvelle proposition indépendante.

La pseudo-clivée inversée

On peut placer l’information importante en premier, puis terminer par la proposition en what :

Information mise en relief + be + what…

  • A quiet weekend is what I need. — Un week-end tranquille, voilà ce dont j’ai besoin.
  • Honesty is what matters most. — C’est l’honnêteté qui compte le plus.

Cette pseudo-clivée inversée produit souvent un effet plus direct ou plus affirmatif. Elle est utile quand le sujet de la discussion est déjà clair et que l’on veut conclure avec force.

Les modèles avec all, the thing et the reason

D’autres groupes nominaux — des groupes construits autour d’un nom — remplissent la même fonction d’annonce :

Modèle Sens habituel Exemple
All + proposition + be… la seule chose / tout ce qui All I want is a fair chance.
The thing that… + be… ce qui / la chose qui The thing that bothers me is the noise.
The person who… + be… la personne qui The person who helped us was Elena.
The place where… + be… l’endroit où The place where we met was this café.
The reason (why)… + be… la raison pour laquelle The reason I'm calling is to apologize.

Dans All I want is peace, all signifie « la seule chose que » plutôt qu’une totalité mesurable. Avec the reason, why peut être présent ou omis : The reason why I left… et The reason I left… sont tous deux corrects. Après be, on emploie souvent that + proposition pour une explication (The reason we stayed was that the roads were closed) ou to + verbe pour un objectif (The reason I'm here is to help).

Exemples en contexte

Anglais Français Remarque
It was John who broke the window. C’est John qui a cassé la fenêtre. La personne responsable est mise en relief.
It is the final chapter that explains everything. C’est le dernier chapitre qui explique tout. Mise en relief d’une chose qui fait l’action.
It wasn't me who changed the password. Ce n’est pas moi qui ai changé le mot de passe. La forme négative corrige une accusation.
Was it Emma that you saw at the station? Est-ce Emma que tu as vue à la gare ? Question portant sur l’identité de la personne.
It was in 2019 that they first met. C’est en 2019 qu’ils se sont rencontrés pour la première fois. Mise en relief d’un moment.
It was near the entrance that I found your keys. C’est près de l’entrée que j’ai trouvé tes clés. Mise en relief d’un lieu.
It was because the roads were icy that we stayed home. C’est parce que les routes étaient verglacées que nous sommes restés chez nous. La cause est présentée comme l’information décisive.
What I need is a holiday. Ce dont j’ai besoin, ce sont des vacances. Pseudo-clivée centrée sur un besoin.
What surprised everyone was his answer. Ce qui a surpris tout le monde, c’est sa réponse. La seconde partie identifie le fait surprenant.
What she did was call a lawyer. Ce qu’elle a fait, c’est appeler un avocat. Après did, l’infinitif sans to est naturel.
A little patience is what we need right now. Un peu de patience, voilà ce dont nous avons besoin maintenant. Pseudo-clivée inversée.
All I want is peace. Tout ce que je veux, c’est la paix. All réduit le souhait à une seule priorité.
All he did was complain about the delay. Il n’a fait que se plaindre du retard. Le modèle souligne le caractère limité de son action.
The thing that worries me is the deadline. Ce qui m’inquiète, c’est la date limite. Modèle avec the thing that.
The reason I'm here is to help. Si je suis ici, c’est pour aider. To help exprime le but de la présence.

Erreurs fréquentes

Oublier it dans une clivée

  • Incorrect : Was John who broke the window.
  • Correct : It was John who broke the window.
  • Pourquoi : contrairement au français oral, l’anglais exige ici un sujet grammatical. Le modèle commence par it is ou it was.

Employer l’ordre d’une question après what

  • Incorrect : What do I need is a holiday.
  • Correct : What I need is a holiday.
  • Pourquoi : What I need n’est pas une question ; c’est une proposition qui signifie « ce dont j’ai besoin ». Il n’y a donc ni auxiliaire do ni inversion.

Choisir where ou when par calque

  • Moins naturel ici : It was in Paris where we met.
  • Correct : It was in Paris that we met.
  • Pourquoi : après un lieu ou un moment mis en relief par it was, that est généralement le choix standard. On dira en revanche Paris is the city where we met dans une relative ordinaire.

Construire la cause avec le mauvais lien

  • Incorrect : It was because I was tired why I left.
  • Correct : It was because I was tired that I left.
  • Pourquoi : la clivée associe because à that. Why convient dans The reason why I left…, pas dans ce modèle.

Conjuguer le verbe après What … did was

  • Incorrect : What she did was called the police.
  • Correct : What she did was call the police.
  • Pourquoi : après What + sujet + did + was, on emploie normalement la base verbale, c’est-à-dire la forme sans terminaison : call, et non called.

Confondre what et that which

  • Incorrect : What book I need is on the desk.
  • Correct : The book that I need is on the desk.
  • Correct, avec une pseudo-clivée : What I need is the book on the desk.
  • Pourquoi : what contient déjà l’idée de « la chose que ». Il ne se place pas directement devant un nom comme book dans ce type de construction.

Notes d’usage

Les phrases clivées sont courantes, mais elles sont marquées : elles donnent volontairement plus de poids à un élément. Dans un échange neutre, Maya sent the invoice suffit. It was Maya who sent the invoice suggère généralement un contraste implicite : Maya, et non Lucas, l’a envoyée. Un usage trop fréquent alourdit donc le discours et donne l’impression de corriger sans cesse son interlocuteur.

À l’oral, l’intonation porte souvent sur l’élément mis en relief : It was Maya who called ; It was on Monday that she called. À l’écrit, la construction elle-même rend ce focus visible. Elle est ainsi utile dans un raisonnement : What matters is the long-term result annonce clairement le point que l’auteur juge essentiel.

Le français et l’anglais ne découpent pas toujours l’information de la même façon. « C’est demain que je pars » se rend naturellement par It's tomorrow that I'm leaving, mais « ce que j’aime, c’est voyager » appelle plutôt What I like is travelling. Il faut donc apprendre le modèle en fonction de l’effet recherché, pas remplacer mécaniquement chaque « c’est » par it is.

Dans la langue courante, on entend souvent It's et that's what : That's what I meant signifie « c’est ce que je voulais dire ». Cette dernière structure met bien une idée en relief, mais elle reprend généralement quelque chose déjà mentionné ; ce n’est pas exactement le même modèle que What I meant was…, qui annonce puis identifie l’idée.

Avec un pronom personnel, la conversation préfère les formes de complément : It was me, It was him, It was us. It was I who… est grammatical dans une tradition très formelle, mais paraît recherché à de nombreux locuteurs. Pour parler naturellement, It was me who made the mistake est le choix habituel.

Pour aller plus loin

Accord après une proposition en what

On rencontre le plus souvent un verbe singulier, car toute la proposition en what est envisagée comme une unité : What we need is two more chairs. Toutefois, l’accord au pluriel existe lorsque le complément pluriel est fortement perçu comme une liste ou plusieurs éléments : What we need are clear rules and reliable data. L’usage varie, et les deux logiques peuvent se rencontrer. Pour rester simple, le singulier est généralement sûr dans une phrase spontanée ; dans un texte soigné, on peut reformuler si l’accord semble maladroit : We need two more chairs.

Autres mots introducteurs

Des pseudo-clivées plus élaborées peuvent commencer par where, when, why ou how :

  • Where we disagree is on the question of timing. — Notre désaccord porte sur le calendrier.
  • When I feel most productive is early in the morning. — C’est tôt le matin que je suis le plus productif.
  • Why she resigned is still unclear. — La raison de sa démission reste floue.
  • How we solve this is by working together. — C’est en travaillant ensemble que nous résoudrons cela.

Toutes ne sont pas aussi fréquentes ni aussi élégantes dans tous les contextes. Une reformulation avec the place, the time, the reason ou the way est parfois plus claire. Il vaut mieux d’abord maîtriser what, all et the reason, puis reconnaître ces variantes.

Clivées et contraste explicite

La deuxième partie peut être suivie d’une opposition : It was the timing that caused the problem, not the idea itself. Une pseudo-clivée peut également présenter deux priorités : What we need isn't more discussion; it's a decision. Ces constructions sont particulièrement efficaces dans une argumentation, car elles séparent nettement l’élément rejeté de l’élément retenu.

On trouve aussi la structure not until dans une clivée temporelle : It wasn't until midnight that the train arrived — « Le train n’est arrivé qu’à minuit. » Malgré la négation dans la première partie, le sens global est affirmatif : l’arrivée a bien eu lieu, mais tard. Dans ce modèle, on garde l’ordre normal après that : that the train arrived, et non that did the train arrive.

Effet narratif

Une clivée peut retarder la révélation d’une information : What I found inside the box was a handwritten letter. La première partie crée une attente, la seconde la résout. Dans un récit, cet effet est naturel lorsqu’il reste ponctuel. Accumuler plusieurs pseudo-clivées rendrait en revanche le texte artificiel.

Conseils pour s’entraîner

  1. Transformez une même phrase de plusieurs façons. À partir de Lena met Paul at the conference, mettez successivement en relief Lena, Paul et at the conference. Vous vérifierez ainsi que la structure change selon l’information importante.
  2. Associez chaque modèle à une intention. Utilisez It was… who/that… pour corriger ou contraster, What… is… pour annoncer une priorité, et All… is… pour limiter à une seule chose. Le sens discursif aide davantage que la mémorisation d’une formule isolée.
  3. Repérez l’accent à l’écoute. Dans une interview ou une présentation, notez les phrases avec It was…, What matters is… et The reason… is…. Demandez-vous quelle question implicite reçoit une réponse : « qui ? », « quand ? », « quoi ? » ou « pourquoi ? ».

Notions associées

Prérequis

Les relatives avec *where*, *when* et *whose* en anglaisB1

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