Les propositions nominales en anglais
Nominal Clauses
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de anglais sur Settemila Lingue.
En bref
Une proposition nominale est un groupe construit autour d’un verbe qui occupe la place normalement réservée à un nom : What she decided surprised us, ou I understand what she decided. Elle peut être introduite par that, whether/if ou un mot en wh- comme what, why et how. Dans une question indirecte, elle conserve l’ordre d’une phrase affirmative : I wonder where he is, et non where is he.
Vue d’ensemble
Une proposition est un groupe de mots qui contient généralement un sujet et un verbe. Elle est dite nominale lorsqu’elle remplit dans une phrase une fonction comparable à celle d’un nom ou d’un groupe nominal : sujet, complément d’un verbe, complément d’une préposition ou attribut après be. Dans What matters is your health, tout le groupe what matters est le sujet de is.
Ce type de construction devient particulièrement important au niveau C1, car il permet de présenter une idée, une question ou un fait comme un seul bloc. On le rencontre constamment dans la conversation (I don’t know if she’s free), mais aussi dans les textes universitaires, la presse et les échanges professionnels (The evidence suggests that the policy has failed).
Pour un francophone, plusieurs équivalences sont familières : that correspond souvent à « que », whether/if à « si », et what à « ce qui » ou « ce que ». Il faut toutefois se méfier des ressemblances. L’anglais impose notamment l’ordre affirmatif dans les interrogatives indirectes, distingue certains emplois de whether et de if, et peut omettre that là où le français garde normalement « que ».
Fonctionnement
Les fonctions possibles dans la phrase
On reconnaît une proposition nominale en regardant la place qu’elle occupe. Il ne suffit donc pas de repérer that ou what : il faut observer le rôle de l’ensemble.
| Fonction | Schéma | Exemple anglais | Sens en français |
|---|---|---|---|
| Sujet | proposition + verbe principal | What he said was true. | Ce qu’il a dit était vrai. |
| Complément d’objet | verbe + proposition | I know what you mean. | Je comprends ce que vous voulez dire. |
| Attribut du sujet | sujet + be + proposition | The problem is that we are late. | Le problème, c’est que nous sommes en retard. |
| Complément d’une préposition | préposition + proposition | It depends on what you want. | Cela dépend de ce que vous voulez. |
| Complément d’un nom | nom + proposition | The fact that he lied is concerning. | Le fait qu’il ait menti est préoccupant. |
| Complément d’un adjectif | adjectif + proposition | I’m glad that you came. | Je suis heureux que vous soyez venu. |
Le complément d’objet est ce qui complète directement le sens d’un verbe : dans I know the answer, the answer est ce que l’on sait. Dans I know what happened, une proposition entière occupe cette même place.
Les grammaires n’emploient pas toutes exactement les mêmes étiquettes. Certaines réservent nominal clause aux propositions qui sont véritablement sujet ou objet et parlent de content clauses (« propositions de contenu ») après un nom ou un adjectif. Pour apprendre à les construire, le principe commun reste utile : ces propositions expriment un contenu intégré dans une phrase plus grande.
Les propositions en that
Une proposition en that présente une affirmation, une opinion, une découverte ou un fait comme contenu d’un verbe, d’un nom ou d’un adjectif.
- She believes that the figures are accurate.
- We received confirmation that the payment had arrived.
- I’m certain that they understand.
Ici, that est un mot introducteur ; il n’est ni le sujet ni l’objet du verbe qui suit. La proposition possède sa propre structure complète : dans that he lied, he est le sujet et lied le verbe.
Après de nombreux verbes courants, on omet souvent that, surtout à l’oral :
- I think (that) you’re right.
- She said (that) she needed more time.
On le conserve volontiers dans un texte formel, lorsque la phrase est longue, ou lorsqu’il évite une lecture hésitante. En revanche, that ne s’omet normalement pas lorsqu’il introduit directement une proposition placée en sujet : That the data was missing caused a delay. Cette tournure est grammaticale, mais elle paraît lourde. L’anglais préfère souvent l’anticipation avec it : It caused a delay that the data was missing est peu naturel ; on dira plutôt It was unfortunate that the data was missing ou The fact that the data was missing caused a delay, selon le sens voulu.
Les propositions interrogatives en whether et if
Whether et if introduisent une interrogation indirecte à laquelle on pourrait répondre par oui ou non :
- Will he come? devient I don’t know whether he’ll come.
- Is the shop open? devient Can you check if the shop is open?
Dans beaucoup de compléments de verbes, les deux formes sont possibles. If est très fréquent dans la conversation ; whether est généralement plus formel et met plus clairement en valeur l’existence de deux possibilités.
Whether est toutefois nécessaire ou nettement préférable dans plusieurs structures :
| Contexte | Forme naturelle | Exemple |
|---|---|---|
| Proposition sujet | whether | Whether it will work remains unclear. |
| Après une préposition | whether | We talked about whether we should leave. |
| Devant to + infinitif | whether | She couldn’t decide whether to stay. |
| Avec or not immédiatement après | whether or not | Tell me whether or not you agree. |
| Choix explicite entre deux options | généralement whether | I asked whether she wanted tea or coffee. |
Avec or not en fin de proposition, if se rencontre aussi : I don’t know if he’ll come or not. Après une préposition, évitez cependant le calque de « si » : It depends on whether..., et non depends on if... dans un anglais soigné.
Les propositions en wh-
Les mots who, whom, whose, what, which, when, where, why et how peuvent introduire une question indirecte :
- Why did she leave? → I wonder why she left.
- Where are the keys? → Do you know where the keys are?
- What does he need? → Tell me what he needs.
La règle essentielle est l’ordre affirmatif : sujet puis verbe. On ne fait pas l’inversion d’une question directe et on n’ajoute pas do/does/did. Lorsque le mot interrogatif est lui-même sujet, l’ordre semble inchangé : Who called? → I don’t know who called.
Certaines propositions en wh- ne rapportent pas vraiment une question. Elles désignent directement une personne, une chose, un lieu ou une manière :
- What you need is a break. = la chose dont vous avez besoin
- Invite whoever you want. = toute personne que vous voulez inviter
- This is where we first met. = l’endroit où nous nous sommes rencontrés
On parle parfois de relative fusionnée : le mot en wh- contient à la fois l’idée d’un antécédent (« la chose », « la personne », « l’endroit ») et le lien avec la proposition. Contrairement à une relative ordinaire, what you need n’a donc pas besoin d’un nom placé avant what.
What ou that ?
Cette opposition pose souvent problème aux francophones, car les deux formes peuvent correspondre à « que » selon la phrase.
- that introduit un contenu déjà formulé comme une affirmation : I know that she resigned = je sais qu’elle a démissionné.
- what signifie « ce qui » ou « ce que » et remplit une fonction dans sa propre proposition : I know what she decided = je sais ce qu’elle a décidé.
Dans that she resigned, la proposition est déjà complète après that : she resigned. Dans what she decided, what est le complément de decided. On ne dit donc pas I know that she decided si l’on veut dire « je sais ce qu’elle a décidé » : cette phrase appelle la précision de ce qu’elle a décidé, ou prend un autre sens dans un contexte où decide est employé sans complément.
L’anticipation avec it
Une longue proposition en position de sujet peut rendre le début de phrase pesant. L’anglais place alors le pronom neutre it comme sujet provisoire et reporte la proposition après le verbe. Ce déplacement s’appelle l’extraposition, c’est-à-dire le placement d’un groupe lourd vers la fin.
- Formel ou appuyé : That nobody objected was surprising.
- Plus naturel : It was surprising that nobody objected.
- Formel : Whether the plan is legal remains uncertain.
- Plus fluide : It remains uncertain whether the plan is legal.
Ce it ne traduit pas un objet précis ; il annonce simplement le contenu donné plus loin. La structure est extrêmement fréquente avec clear, obvious, likely, possible, strange, important et les tournures passives comme it is believed that....
Exemples en contexte
| Anglais | Français | Remarque |
|---|---|---|
| What matters is your health. | Ce qui compte, c’est votre santé. | La proposition en what est sujet. |
| I don’t know whether he’ll come. | Je ne sais pas s’il viendra. | Interrogation indirecte à réponse oui/non. |
| The fact that he lied is concerning. | Le fait qu’il ait menti est préoccupant. | La proposition en that complète le nom fact. |
| It depends on what you want. | Cela dépend de ce que vous voulez. | Proposition placée après une préposition. |
| She admitted that she had made a mistake. | Elle a reconnu qu’elle avait fait une erreur. | Contenu d’un aveu ; that pourrait être omis dans un style moins formel. |
| Could you tell me where the meeting is? | Pourriez-vous me dire où a lieu la réunion ? | Ordre affirmatif : the meeting is. |
| Whether we can afford it is another question. | Reste à savoir si nous en avons les moyens. | Whether, et non if, introduit le sujet. |
| Nobody explained why the deadline had changed. | Personne n’a expliqué pourquoi la date limite avait changé. | Question indirecte en why. |
| I’m not sure which option they chose. | Je ne sais pas exactement quelle option ils ont choisie. | Which option est le complément de chose. |
| The truth is that we need more evidence. | La vérité, c’est qu’il nous faut davantage de preuves. | Proposition attribut après is. |
| We discussed whether to postpone the launch. | Nous avons discuté de la possibilité de reporter ou non le lancement. | Whether peut être suivi de to + infinitif. |
| Whoever finishes first should lock the door. | La première personne qui aura terminé devra fermer la porte à clé. | Whoever désigne toute personne répondant à la condition. |
| It is remarkable how quickly the team adapted. | Il est remarquable de voir à quelle vitesse l’équipe s’est adaptée. | How introduit ici le degré ou la manière. |
| Please take whatever you need. | Prenez tout ce dont vous avez besoin. | Whatever signifie ici « n’importe quelle chose qui ». |
| What I find difficult is staying focused. | Ce que je trouve difficile, c’est de rester concentré. | Construction de mise en relief en what. |
Erreurs fréquentes
Garder l’ordre d’une question directe
- Incorrect : I wonder where is she.
- Correct : I wonder where she is.
- Pourquoi : après I wonder, la question est intégrée à une phrase plus grande. Elle prend donc l’ordre sujet-verbe d’une affirmation.
Conserver do, does ou did
- Incorrect : Can you tell me what does this button do?
- Correct : Can you tell me what this button does?
- Pourquoi : do sert à former la question directe What does this button do? Il disparaît lorsque cette question devient une proposition intégrée ; seul le verbe lexical est conjugué.
Employer if après une préposition
- Incorrect dans un anglais soigné : It depends on if they approve the budget.
- Correct : It depends on whether they approve the budget.
- Pourquoi : après on, about et les autres prépositions, on choisit whether. Depends if existe dans l’usage informel, mais ce n’est pas le meilleur modèle à adopter.
Confondre what et that
- Incorrect : She told me that I needed.
- Correct : She told me what I needed.
- Pourquoi : ici, le sens est « elle m’a dit ce dont j’avais besoin ». What représente la chose nécessaire ; that ne peut pas remplir cette fonction.
Ajouter un antécédent devant what
- Incorrect : The thing what surprised me was the price.
- Correct : What surprised me was the price.
- Autre possibilité : The thing that surprised me was the price.
- Pourquoi : what signifie déjà « la chose qui/que ». Avec un nom antécédent comme the thing, on emploie une relative en that ou which.
Omettre that quand la lecture devient ambiguë
- Maladroit : The report claimed the minister released was incomplete.
- Plus clair : The report claimed that the document the minister released was incomplete.
- Pourquoi : sans that, le lecteur peut d’abord croire que the minister complète claimed. Conserver le mot introducteur rend les limites de la proposition immédiatement visibles.
Notes d’usage
À l’oral, that est très souvent absent après think, say, know, believe, hope : I think you’re right. Dans une rédaction soutenue, le conserver n’est pas une marque de lourdeur en soi. Il est particulièrement utile lorsque plusieurs propositions s’emboîtent ou lorsque le sujet de la proposition subordonnée est long.
If est le choix conversationnel courant après des verbes comme ask, know, wonder : Ask if they’re ready. Whether sonne plus délibéré, plus formel ou plus nettement centré sur deux possibilités. Il faut aussi distinguer le if interrogatif du if conditionnel : I don’t know if she is coming signifie « je ne sais pas si elle vient », tandis que I’ll call if she is coming présente une condition.
L’anglais et le français ne découpent pas toujours l’information de la même façon. Le français emploie volontiers « le fait que », mais traduire systématiquement cette expression par the fact that peut alourdir un texte anglais. The fact that sales fell is worrying est naturel si l’on insiste sur le fait lui-même ; It is worrying that sales fell est souvent plus direct. Inversement, the fact that permet d’éviter une proposition en that trop lourde en position de sujet.
Enfin, whom reste possible dans un registre très formel : We need to determine whom they contacted. Dans l’anglais courant, who est beaucoup plus fréquent : We need to find out who they contacted.
Pour aller plus loin : usages avancés
Relatives fusionnées et interrogatives indirectes
Une même forme peut recevoir deux analyses selon le sens. Dans I asked what she wanted, what she wanted représente la réponse à une question : « Qu’est-ce qu’elle voulait ? » Dans I gave her what she wanted, le groupe désigne « la chose qu’elle voulait ». La première est une interrogative indirecte ; la seconde, une relative fusionnée. Cette distinction explique le sens, mais ne change pas l’ordre des mots.
Les formes en -ever généralisent ou laissent le choix ouvert :
- Choose whichever you prefer. = choisissez celui que vous préférez, quel qu’il soit ;
- Whatever happens, stay calm. = quoi qu’il arrive, gardez votre calme ;
- We’ll support whoever wins. = nous soutiendrons la personne qui gagnera.
Attention : dans Whatever happens, stay calm, la proposition a une valeur concessive (« peu importe ce qui arrive ») et porte sur toute la phrase. Toutes les propositions en -ever ne sont donc pas des compléments nominaux.
Mise en relief avec une proposition en what
La structure What X does/is... is... permet de concentrer l’attention sur un élément. On l’appelle parfois pseudo-clivée, c’est-à-dire une phrase divisée en deux parties autour de be pour mettre une information en relief.
- What we need is a practical solution.
- What annoyed me most was his refusal to listen.
- What the new rule does is reduce unnecessary paperwork.
Elle est utile à l’oral comme dans l’argumentation écrite. Il ne faut pas la confondre avec la clivée en it : It was his refusal to listen that annoyed me most. Les deux mettent un élément en valeur, mais leur construction diffère.
Temps, modalité et style formel
Une proposition nominale possède son propre verbe et peut donc marquer le temps nécessaire au sens : She explained that she had left early situe le départ avant l’explication. Dans une interrogative indirecte portant sur l’avenir, l’anglais peut garder will, contrairement à certaines subordonnées temporelles : I don’t know whether he will come.
Après des verbes exprimant une exigence ou une recommandation, l’anglais formel emploie parfois la base verbale, surtout en anglais américain : They recommended that she apply immediately. En anglais britannique, that she should apply est également courant. Cette particularité, souvent appelée subjonctif mandatif (forme servant à exprimer ce qui est exigé ou recommandé), appartient à la proposition en that, mais ne s’étend pas à toutes les propositions nominales.
Dans le style administratif ou universitaire, les passifs impersonnels sont fréquents : It is believed that..., It has been shown that..., It remains unclear whether... Ils permettent de mettre le résultat ou l’incertitude au premier plan. Pour éviter un style impersonnel excessif, on peut parfois nommer la source : The researchers showed that...
Conseils pratiques
- Transformez des questions directes. Prenez cinq questions comme Where does she work? et placez-les après Do you know...? ou I wonder.... Vérifiez systématiquement la disparition de l’inversion et de do/does/did.
- Classez les propositions par fonction. Dans un article court, soulignez les groupes en that, whether/if et wh-, puis demandez-vous s’ils sont sujet, objet, complément d’une préposition ou attribut. Cette étape évite de mémoriser des listes sans comprendre la structure.
- Comparez trois formulations. Entraînez-vous avec un même contenu : That prices are rising is worrying ; The fact that prices are rising is worrying ; It is worrying that prices are rising. Notez laquelle paraît la plus naturelle selon que vous écrivez un titre, un rapport ou une phrase de conversation.
Notions liées
- Prérequis : Propositions relatives avec where, when et whose — utile pour distinguer une relative qui décrit un nom d’une proposition en wh- qui occupe elle-même une fonction nominale.