A1

Les métiers en swahili

Kazi na Taaluma

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En bref

Pour présenter un métier en swahili, on emploie le plus souvent ni, qui ne change jamais : Yeye ni daktari signifie « Il ou elle est médecin ». Beaucoup de noms de personnes forment leur pluriel avec m-/mw- → wa-, comme mwalimu → walimu, mais certains emprunts ont un pluriel en ma-, comme daktari → madaktari. Dans tous les cas, une personne commande généralement l’accord humain a- au singulier et wa- au pluriel dans le verbe.

Vue d’ensemble

Les noms de métiers permettent de se présenter, de parler de sa famille et de comprendre des conversations très courantes : qui enseigne, qui conduit, qui cultive ou qui prépare le repas. C’est un thème de niveau A1, mais il donne aussi une première occasion de voir comment le swahili organise les noms en classes nominales (des groupes de noms qui commandent les mêmes accords).

Une grande partie des métiers désignant des personnes appartient à la classe M-/Wa-. Le début du nom indique alors souvent le nombre : mkulima « agriculteur ou agricultrice » devient wakulima « agriculteurs ou agricultrices ». Contrairement au français, le nom ne prend généralement pas une forme masculine ou féminine différente. Daktari, dereva et mpishi peuvent donc désigner aussi bien une femme qu’un homme.

Il faut toutefois distinguer deux choses : la forme du nom et les mots qui s’accordent avec lui. Certains noms empruntés ne commencent pas par m- et prennent ma- au pluriel, mais ils désignent toujours des êtres humains. Ils déclenchent donc normalement les accords réservés aux personnes : daktari anafanya kazi « le médecin travaille », madaktari wanafanya kazi « les médecins travaillent ».

Fonctionnement

Le vocabulaire essentiel

Singulier swahili Pluriel swahili Sens en français Observation
mwalimu walimu enseignant, enseignante mw- devient wa-
mfanyakazi wafanyakazi travailleur, travailleuse ; salarié, salariée littéralement lié à kazi, le travail
mkulima wakulima agriculteur, agricultrice personne qui cultive
muuza wauza vendeur, vendeuse forme construite sur -uza, vendre
muuzaji wauzaji vendeur, vendeuse forme très courante en -aji
mpishi wapishi cuisinier, cuisinière personne qui cuisine
daktari madaktari médecin emprunt ; pluriel en ma-
dereva madereva conducteur, conductrice ; chauffeur emprunt ; pluriel en ma-
fundi mafundi artisan, réparateur, technicien le contexte précise la spécialité

Pour les noms réguliers de personnes, le préfixe nominal (la partie placée au début du nom) change au pluriel :

  • m- → wa- : mkulima → wakulima, mpishi → wapishi ;
  • mw- → wa- devant certaines bases commençant par une voyelle : mwalimu → walimu ;
  • dans muuza → wauza, il faut mémoriser la paire complète, car la rencontre des voyelles rend la forme moins transparente.

La règle débutant est donc simple : apprenez chaque métier avec son pluriel. Ne transformez pas automatiquement tout nom de personne en remplaçant sa première lettre par wa-, puisque daktari, dereva et fundi suivent un autre modèle dans le nom lui-même.

Dire « être » avec ni

Au présent, ni sert à identifier ou à classer quelqu’un. Cette copule (un petit mot qui relie le sujet à son identité ou à sa qualité) est invariable : elle ne change ni selon la personne ni selon le nombre.

Structure Exemple Sens
personne + ni + métier Amina ni mwalimu. Amina est enseignante.
pronom + ni + métier Yeye ni daktari. Il ou elle est médecin.
groupe pluriel + ni + métier au pluriel Wao ni wakulima. Ce sont des agriculteurs ou agricultrices.
sujet sous-entendu + ni + métier Ni dereva. Je suis / il est / elle est chauffeur, selon le contexte.

Le swahili n’emploie pas ici d’article équivalent à « un/une » ou « des ». On dit Juma ni mpishi, et non une structure calquée sur « Juma est un cuisinier ». Le nom du métier vient directement après ni.

Le pronom yeye ne marque pas le genre : suivant le contexte, il se traduit par « il » ou « elle ». De même, le métier ne permet normalement pas de déduire le genre de la personne.

Faire accorder le verbe avec la personne

Dans un verbe swahili, un marqueur de sujet (un élément intégré au verbe qui indique qui accomplit l’action) apparaît avant le marqueur de temps. Au présent en -na-, les noms humains prennent généralement a- au singulier et wa- au pluriel :

Nombre Schéma Exemple Traduction
singulier humain a- + -na- + base verbale Mwalimu anafundisha. L’enseignant ou l’enseignante enseigne.
pluriel humain wa- + -na- + base verbale Walimu wanafundisha. Les enseignants enseignent.

Dans anafundisha, a- renvoie à une personne, -na- situe l’action au présent et -fundisha signifie « enseigner ». Dans wanafundisha, seul le marqueur du sujet passe à wa-.

Cette règle d’accord humain reste valable lorsque le nom a un pluriel en ma- :

  • Daktari anatibu wagonjwa. — Le médecin soigne les malades.
  • Madaktari wanatibu wagonjwa. — Les médecins soignent les malades.
  • Fundi anatengeneza gari. — Le réparateur répare la voiture.
  • Mafundi wanatengeneza magari. — Les réparateurs réparent les voitures.

Autrement dit, madaktari et mafundi portent ma- dans le nom, mais wa- dans le verbe, parce qu’il s’agit de personnes.

Poser une question sur le métier

Deux questions sont particulièrement utiles :

  • Unafanya kazi gani? — Quel travail faites-vous ? / Quel métier fais-tu ?
  • Kazi yako ni nini? — Quel est ton/votre métier ?

On peut répondre de plusieurs façons :

  • Mimi ni mkulima. — Je suis agriculteur ou agricultrice.
  • Ninafanya kazi kama daktari. — Je travaille comme médecin.
  • Kazi yangu ni udereva. — Mon métier est la conduite / Je suis chauffeur.

Unafanya commence par u-, le marqueur du sujet « tu/vous » au singulier. En swahili, ce même u- peut correspondre au tutoiement ou à un « vous » adressé poliment à une seule personne ; la situation et le ton font la différence.

Exemples en contexte

Swahili Français Remarque
Yeye ni daktari. Il ou elle est médecin. Yeye ne précise pas le genre.
Mimi ni mfanyakazi wa hoteli. Je travaille dans un hôtel. Littéralement : je suis employé ou employée d’hôtel.
Baba yangu ni mkulima. Mon père est agriculteur. Métier régulier en M-/Wa-.
Asha ni dereva wa basi. Asha est conductrice de bus. wa basi précise le type de conduite.
Walimu wanafundisha vizuri. Les enseignants enseignent bien. Accord pluriel wa- dans le verbe.
Mpishi anapika chakula kitamu. Le cuisinier ou la cuisinière prépare un plat délicieux. Accord singulier a-.
Wakulima wanalima mahindi. Les agriculteurs cultivent du maïs. wakulima et wanalima sont au pluriel humain.
Muuza anauza matunda sokoni. Le vendeur ou la vendeuse vend des fruits au marché. -uza signifie « vendre ».
Madaktari wanafanya kazi hospitalini. Les médecins travaillent à l’hôpital. Nom en ma-, accord verbal humain en wa-.
Fundi anatengeneza gari langu. Le mécanicien répare ma voiture. Ici, le contexte donne à fundi le sens de mécanicien.
Mafundi wa umeme wamefika. Les électriciens sont arrivés. wa umeme indique la spécialité.
Dada yangu ni muuzaji wa nguo. Ma sœur est vendeuse de vêtements. muuzaji est une autre forme courante pour « vendeur ».
Unafanya kazi gani? Quel métier fais-tu ? / Quel travail faites-vous ? Question naturelle dans une conversation.
Ninafanya kazi kama mpishi. Je travaille comme cuisinier ou cuisinière. kama signifie ici « comme, en qualité de ».

Erreurs fréquentes

Ajouter l’équivalent de « un » ou « une »

  • Incorrect : Amina ni moja mwalimu.
  • Correct : Amina ni mwalimu.
  • Pourquoi : après ni, le nom du métier s’emploie directement. Le français exige souvent « un/une », mais le swahili n’en ajoute pas l’équivalent dans cette construction.

Former tous les pluriels avec wa-

  • Incorrect : wadaktari, wafundi
  • Correct : madaktari, mafundi
  • Pourquoi : certains emprunts et certains noms de personnes prennent ma- au pluriel. Il faut mémoriser daktari/madaktari et fundi/mafundi comme des paires.

Accorder le verbe avec ma- plutôt qu’avec les personnes

  • Incorrect : Madaktari yanafanya kazi hospitalini.
  • Correct : Madaktari wanafanya kazi hospitalini.
  • Pourquoi : même si le nom commence par ma-, les médecins sont des personnes ; l’accord verbal attendu est donc wa-.

Oublier le pluriel dans le nom

  • Incorrect : Mwalimu wanafundisha vizuri.
  • Correct : Walimu wanafundisha vizuri.
  • Pourquoi : le sujet pluriel doit être visible à la fois dans le nom (walimu) et dans le marqueur verbal (wa-).

Inventer une forme féminine sur le modèle français

  • Incorrect : modifier arbitrairement daktari ou mpishi pour parler d’une femme.
  • Correct : Neema ni daktari ; Neema ni mpishi.
  • Pourquoi : les noms de métiers swahilis sont en général neutres quant au genre. Le prénom ou le contexte suffit souvent.

Confondre kazi et le nom de la personne

  • Incorrect : Yeye ni kazi.
  • Correct : Yeye ni mfanyakazi ou le nom précis du métier.
  • Pourquoi : kazi signifie « travail, emploi, tâche » ; mfanyakazi désigne une personne qui travaille, notamment un salarié ou une salariée.

Remarques d’usage

Des mots souvent plus larges qu’en français

Le contexte décide parfois de la meilleure traduction. Mfanyakazi peut désigner un travailleur au sens général, mais aussi un employé. Fundi est encore plus souple : il s’agit d’une personne maîtrisant un savoir-faire technique ou artisanal. On précise volontiers le domaine :

  • fundi wa umeme — électricien, électricienne ;
  • fundi wa magari — mécanicien, mécanicienne automobile ;
  • fundi wa bomba — plombier, plombière.

Il vaut donc mieux ne pas apprendre fundi avec une seule traduction française trop étroite.

La profession ne marque généralement pas le genre

Le français oppose parfois « vendeur/vendeuse », « agriculteur/agricultrice » ou « conducteur/conductrice ». Le swahili conserve normalement le même nom : muuzaji, mkulima, dereva. Si le sexe de la personne est réellement pertinent, on peut l’indiquer par le contexte ou par une précision, mais il n’est pas nécessaire de le signaler dans une présentation ordinaire.

Ni ou une phrase avec kufanya kazi

Mimi ni daktari identifie directement la profession. Ninafanya kazi kama daktari met davantage l’accent sur l’activité exercée : « je travaille comme médecin ». Les deux sont naturels, mais la première structure est la plus courte pour une présentation.

Dans une conversation, Mimi ou yeye peut être conservé pour clarifier ou mettre en contraste. Quand le contexte suffit, une réponse courte comme Ni mwalimu est possible. Comme ni ne porte aucune marque de personne, le contexte est alors indispensable pour savoir de qui l’on parle.

Pour aller plus loin

Les points suivants ne sont pas à maîtriser immédiatement au niveau A1, mais ils expliquent des formes que l’on rencontre rapidement.

Les accords humains dépassent la forme visible du nom

L’opposition entre la forme du nom et son accord est un principe important du swahili. Avec un être humain, l’accord des classes 1/2 est très fréquent, même si le pluriel du nom se présente comme celui d’une autre classe. Cela touche non seulement le verbe, mais aussi d’autres mots :

  • daktari huyu — ce médecin-ci ;
  • madaktari hawa — ces médecins-ci ;
  • daktari mzuri — un bon médecin ;
  • madaktari wazuri — de bons médecins.

Les éléments en gras s’accordent selon le singulier ou le pluriel humain. Cette logique sera approfondie avec les démonstratifs et les adjectifs.

Les noms d’agent ne suivent pas tous une seule recette

Un nom d’agent est un nom qui désigne la personne accomplissant une action. Plusieurs métiers sont liés à un verbe : -lima « cultiver » donne mkulima, -pika « cuisiner » est lié à mpishi, et -uza « vendre » donne muuza ou muuzaji. La terminaison -aji apparaît dans de nombreux noms, par exemple mchezaji « joueur » ou mwimbaji « chanteur ».

Cette formation est utile pour reconnaître des familles de mots, mais elle n’est pas une formule entièrement automatique. On ne doit pas fabriquer un métier inconnu en ajoutant simplement m- ou -aji à n’importe quel verbe. Il est plus sûr de vérifier et d’apprendre chaque forme avec son pluriel et un exemple réel.

La négation de l’identité

Pour nier une identité au présent, on rencontre si :

  • Mimi si daktari. — Je ne suis pas médecin.
  • Yeye si dereva; ni fundi. — Il ou elle n’est pas chauffeur ; c’est un artisan ou une artisane.

Cette négation ne consiste donc pas à ajouter un mot après ni : si remplace la copule affirmative dans cette structure simple.

Conseils pratiques

  1. Mémorisez des triplets. Pour chaque métier, notez le singulier, le pluriel et une phrase avec accord : mpishi — wapishi — Wapishi wanapika. Cette méthode évite d’apprendre le nom sans savoir l’utiliser.
  2. Présentez un entourage imaginaire. Décrivez cinq personnes : Mama yangu ni..., Rafiki yangu ni..., puis mettez deux phrases au pluriel. Variez ni et anafanya kazi kama....
  3. Classez les exceptions visibles. Faites une petite liste séparée pour daktari/madaktari, dereva/madereva et fundi/mafundi. Soulignez ensuite wa- dans leurs verbes au pluriel afin de bien distinguer pluriel du nom et accord verbal.

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