A1

Les 21 consonnes initiales du pinyin

声母

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de chinois sur Settemila Lingue.

En bref

Le mandarin standard compte 21 consonnes initiales en pinyin : b p m f, d t n l, g k h, j q x, zh ch sh r, z c s. La difficulté essentielle pour un francophone est que b/p, d/t et g/k ne s’opposent pas par le voisement, comme en français, mais surtout par l’aspiration : p, t, k s’accompagnent d’un souffle net, tandis que b, d, g en ont très peu.

Vue d’ensemble

Le pinyin est le système officiel de transcription du mandarin standard en alphabet latin. Une syllabe chinoise se décrit généralement en deux parties : l’initiale, consonne placée au début, et la finale, tout ce qui suit — voyelle, combinaison de voyelles ou terminaison nasale. Dans 妈, par exemple, m est l’initiale et a la finale ; le trait sur ā indique le ton.

Les initiales font partie des tout premiers apprentissages du niveau A1, car une lettre connue en français ne garantit pas un son connu. Lire b comme le b français ou q comme dans un mot français conduit immédiatement à une prononciation différente de celle attendue. Le pinyin doit donc être appris comme un système cohérent, et non comme une orthographe française appliquée au chinois.

Les groupes zh, ch et sh représentent chacun un seul son initial, malgré leurs deux lettres. À l’inverse, certaines syllabes n’ont pas de consonne initiale : ài 爱 « aimer » commence directement par une voyelle. Les lettres y et w, très visibles dans des syllabes comme 一 ou 我, jouent surtout un rôle orthographique et ne font pas partie de la liste traditionnelle des 21 initiales.

Fonctionnement

L’inventaire des 21 initiales

Les initiales sont plus faciles à mémoriser par lieu d’articulation, c’est-à-dire selon l’endroit où la langue ou les lèvres resserrent le passage de l’air.

Groupe articulatoire Initiales Repère de prononciation
Bilabiales et labiodentale b p m f Deux lèvres pour b p m ; lèvre inférieure contre dents supérieures pour f
Alvéolaires d t n l Pointe de la langue près de la petite bosse derrière les dents supérieures
Vélaires g k h Arrière de la langue relevé vers le fond du palais
Alvéolo-palatales j q x Avant de la langue relevé vers le palais, avec les lèvres peu arrondies
Rétroflexes zh ch sh r Pointe de la langue légèrement relevée et reculée
Sifflantes antérieures z c s Langue proche des dents supérieures, sans recul rétroflexe

Les noms de ces groupes ne sont pas à retenir pour parler. Ils servent surtout à comprendre où placer la langue et pourquoi deux sons proches ne sont pas interchangeables.

Le contraste fondamental : avec ou sans aspiration

L’aspiration est un souffle bref qui suit le relâchement d’une consonne. En pinyin, elle distingue six paires :

Peu ou pas aspirée Fortement aspirée Zone
b p Lèvres
d t Avant de la bouche
g k Fond de la bouche
j q Avant du palais
zh ch Langue relevée
z c Près des dents

Pour un francophone, le piège est le voisement — la vibration des cordes vocales. En français, b, d, g sont normalement voisés, alors que p, t, k ne le sont pas. En mandarin, b, d, g se rapprochent plutôt de consonnes non voisées prononcées avec très peu de souffle ; p, t, k reçoivent une forte bouffée d’air. Il ne faut donc ni transformer b en p très aspiré, ni prononcer un b français lourdement voisé.

Un test simple consiste à tenir une feuille légère devant la bouche. Elle doit peu bouger avec bā, dā, gā, mais nettement avec pā, tā, kā. Ce test fonctionne aussi pour j/q, zh/ch et z/c, même si la position de la langue change.

Les groupes relativement familiers

m, f, n et l ressemblent assez à leurs équivalents français pour servir de points d’appui. Il reste néanmoins utile de garder l’articulation nette : n et l distinguent des mots en mandarin standard, comme nán 男 « homme, masculin » et lán 蓝 « bleu ».

Pour b p d t g k, commencez par oublier le nom français des lettres et travaillez les paires avec le souffle. h n’est généralement pas le h muet du français. C’est une friction produite vers le fond de la bouche, proche d’un souffle légèrement râpeux. Dans hǎo 好, il doit donc être audible.

Les initiales j, q et x

j, q, x forment un trio qui n’a pas d’équivalent exact en français. L’avant de la langue se rapproche du palais, tandis que sa pointe reste plutôt basse, derrière les dents inférieures.

  • j est une affriquée peu aspirée : le passage de l’air se ferme d’abord, puis se libère avec un frottement. Elle évoque un son entre dj et tch, mais sans voisement et avec la langue plus en avant.
  • q se prononce au même endroit que j, avec une forte aspiration. Il ne se prononce jamais comme le groupe qu français.
  • x est une consonne continue et douce, produite au même endroit. Elle ne vaut ni ks ni gz.

Ces trois initiales apparaissent devant les finales de la famille de i et de ü. Devant j, q, x, les deux points de ü disparaissent à l’écrit : jū, qù, xué contiennent bien le son ü, même si l’on écrit u. C’est une convention du pinyin, pas un changement de prononciation.

Les rétroflexes zh, ch, sh et r

Une consonne rétroflexe se prononce avec la pointe de la langue relevée ou légèrement recourbée vers l’arrière. En mandarin standard, le mouvement reste modéré : inutile de replier fortement la langue.

  • zh : affriquée rétroflexe peu aspirée ;
  • ch : même position, mais avec un souffle fort ;
  • sh : frottement continu dans cette position ;
  • r : son produit avec la langue relevée, souvent accompagné d’un léger frottement.

Le r du pinyin n’est ni le r produit dans la gorge en français standard, ni un r roulé. Pour l’approcher, placez d’abord la langue comme pour sh, puis faites vibrer la voix en diminuant le souffle. La réalisation exacte varie un peu selon les locuteurs, mais garder l’articulation à l’avant de la bouche évite l’erreur française la plus fréquente.

La différence entre zh ch sh et z c s

Les deux séries se distinguent principalement par la position de la langue :

Langue relevée et reculée Langue en avant Contraste d’aspiration
zh z Peu aspirées
ch c Fortement aspirées
sh s Fricatives continues

z et c sont des affriquées, et non les simples consonnes françaises suggérées par leur graphie. z se rapproche d’un ts compact sans grand souffle ; c garde la même position mais ajoute une forte aspiration. s est le membre continu de cette série et ressemble davantage au s français de sac.

Pour sentir le contraste, alternez lentement zhā–zā, chā–cā, puis shā–sā. Si la pointe de la langue reste au même endroit pour les deux colonnes, la distinction n’est pas encore installée.

La règle simple à retenir au niveau A1

Pour commencer, retenez quatre objectifs :

  1. apprendre les 21 initiales par groupes ;
  2. faire entendre le souffle de p t k q ch c ;
  3. ne pas lire q, x, zh, ch selon les habitudes du français ;
  4. opposer clairement la série rétroflexe zh ch sh à la série antérieure z c s.

Une prononciation parfaitement naturelle viendra avec l’écoute. À ce stade, des contrastes stables et reconnaissables sont plus importants qu’une imitation forcée de chaque détail.

Exemples en contexte

Les tons appartiennent à la syllabe entière, mais ils sont indiqués ici afin que les exemples puissent être lus à voix haute correctement.

Chinois Pinyin Traduction Point à écouter
爸爸怕吗? Bàba pà ma? Papa a-t-il peur ? Opposition b/p dans deux syllabes proches
妈妈喝咖啡。 Māma hē kāfēi. Maman boit du café. m, h, puis k aspiré et f
弟弟听你说。 Dìdi tīng nǐ shuō. Mon petit frère t’écoute parler. d peu aspiré face à t aspiré
哥哥看画。 Gēge kàn huà. Mon grand frère regarde un dessin. Opposition g/k ; h reste audible
你去学校吗? Nǐ qù xuéxiào ma? Vas-tu à l’école ? q aspiré et x non aspiré
姐姐喜欢学中文。 Jiějie xǐhuan xué Zhōngwén. Ma grande sœur aime apprendre le chinois. Série j/x, puis zh rétroflexe
车站在这儿。 Chēzhàn zài zhèr. La gare est ici. ch/zh rétroflexes, puis z antérieur
十个人吃饭。 Shí ge rén chīfàn. Dix personnes prennent leur repas. sh, r et ch avec la langue relevée
请坐。 Qǐng zuò. Asseyez-vous, s’il vous plaît. q aspiré, puis z peu aspiré
四个孩子在公园。 Sì ge háizi zài gōngyuán. Quatre enfants sont au parc. s reste en avant ; h vient du fond
老师来了吗? Lǎoshī lái le ma? Le professeur est-il arrivé ? Contraste sh/l et articulation nette de l
中国菜很好吃。 Zhōngguó cài hěn hǎochī. La cuisine chinoise est délicieuse. zh, c aspiré, h et ch aspiré

Erreurs fréquentes

1. Prononcer b, d et g comme en français

  • À éviter : voiser fortement le début de , ou , comme dans les mots français commençant par b, d, g.
  • À viser : une fermeture nette, peu ou pas de vibration, puis très peu de souffle.
  • Pourquoi : le mandarin oppose d’abord consonnes peu aspirées et consonnes aspirées. Une articulation française masque cette organisation.

2. Ne pas aspirer p, t, k, q, ch et c

  • À éviter : prononcer et avec le même souffle.
  • À viser : faire bouger une feuille avec , mais beaucoup moins avec .
  • Pourquoi : l’aspiration peut distinguer des mots ; ce n’est pas une simple nuance d’accent.

3. Lire q et x selon les règles françaises

  • À éviter : prononcer comme si q formait un k, ou xué comme ksué.
  • À viser : q est une affriquée palatale aspirée ; x est un frottement palatal continu.
  • Pourquoi : les lettres du pinyin ont ici une valeur propre au mandarin.

4. Confondre zh ch sh avec z c s

  • À éviter : garder la langue en avant dans zhōng 中 ou la reculer dans zǎo 早.
  • À viser : relever légèrement la pointe pour zh ch sh, la laisser près des dents pour z c s.
  • Pourquoi : des syllabes telles que shì et reposent sur deux initiales distinctes, en plus de leur ton.

5. Employer le r français

  • À éviter : produire rén 人 avec un frottement au fond de la gorge.
  • À viser : relever la langue vers la position de sh, activer la voix et réduire le souffle.
  • Pourquoi : le r mandarin est articulé bien plus en avant que le r courant du français.

6. Traiter zh, ch et sh comme deux sons successifs

  • À éviter : couper chī en une consonne suivie d’un h indépendant.
  • À viser : produire ch d’un seul geste articulatoire.
  • Pourquoi : en pinyin, ces groupes de lettres notent chacun une seule initiale.

Notes d’usage

Le pinyin décrit la prononciation du mandarin standard. Les accents régionaux peuvent modifier la netteté de certaines oppositions : chez certains locuteurs, n/l ou les séries zh ch sh / z c s peuvent se rapprocher. Pour l’apprentissage, il reste préférable de maintenir les distinctions du standard ; elles aident à reconnaître davantage de mots et à comprendre des interlocuteurs de régions différentes.

Dans un texte chinois ordinaire, le pinyin n’est généralement pas écrit sous chaque caractère. Il sert à apprendre la prononciation, à consulter les dictionnaires et à saisir les caractères sur un appareil. Il faut donc toujours associer trois éléments : le caractère, la syllabe en pinyin et le son entendu. Mémoriser uniquement la suite de lettres favorise une lecture « à la française ».

Les tons ne changent pas l’identité de l’initiale. Dans mā, má, mǎ, mà, le m reste identique ; seule la hauteur mélodique de la syllabe change. Il est néanmoins conseillé de pratiquer initiale, finale et ton ensemble, car c’est ainsi que la syllabe apparaît dans la parole réelle.

Pour aller plus loin

Cette partie n’est pas à maîtriser immédiatement au niveau A1, mais elle explique plusieurs graphies que vous rencontrerez vite.

Les syllabes sans initiale et le rôle de y et w

Une syllabe peut commencer directement par une finale, comme ān 安 ou ài 爱. Pour rendre certaines syllabes plus faciles à lire, le pinyin emploie y et w : i devient notamment yi, u devient wu, et ü devient yu lorsqu’aucune des 21 consonnes initiales ne précède. Dans l’analyse traditionnelle du pinyin, y et w ne s’ajoutent donc pas aux 21 initiales.

Le « i » particulier après deux séries

Dans zhi, chi, shi, ri, zi, ci, si, la lettre i ne représente pas le i clair de 米. Elle note une voyelle très liée à la position de la consonne précédente : la langue reste dans la zone rétroflexe après zh ch sh r, ou dans la zone antérieure après z c s. Chercher à ajouter un i français bien séparé déforme la syllabe.

La coarticulation dans la parole naturelle

La coarticulation signifie que les sons voisins influencent légèrement la manière dont on articule. Une initiale n’est donc pas absolument identique devant toutes les finales. Par exemple, l’arrondissement des lèvres peut commencer très tôt dans une syllabe contenant u. Ces variations sont normales ; pour progresser, imitez des syllabes et des mots entiers plutôt que des consonnes isolées uniquement.

Variations acceptables du r et des rétroflexes

La réalisation de r peut aller d’un son assez continu et frotté à un son plus proche d’une consonne rétroflexe sans frottement marqué. De même, l’intensité du recul de la langue dans zh ch sh varie selon les personnes et les régions. Le but n’est pas d’exagérer la rétroflexion, mais de conserver une opposition audible avec z c s.

Conseils pratiques

  1. Travaillez par paires avec une feuille. Répétez chaque jour bā–pā, dā–tā, gā–kā, jī–qī, zhī–chī, zī–cī. Vérifiez le souffle, puis enregistrez-vous sans regarder les lettres.
  2. Alternez les positions de langue. Faites des séries courtes : zhā–zā, chā–cā, shā–sā. La différence doit venir du mouvement de la langue, non d’un ajout artificiel de voyelle.
  3. Imitez des mots complets. Choisissez cinq mots fréquents, par exemple bàba 爸爸, péngyou 朋友, qǐng 请, xué 学 et Zhōngguó 中国. Écoutez un modèle, répétez immédiatement, puis comparez votre enregistrement en prêtant attention à l’initiale, à la finale et au ton.

Notions liées

  • Étape suivante : Les finales du pinyin — apprenez les voyelles et terminaisons qui se combinent avec les initiales pour former les syllabes.

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