A1

La famille et les métiers en turc

Aile ve Meslekler

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de turc sur Settemila Lingue.

En bref

Pour présenter un proche et son métier, le turc réunit souvent un nom muni d’un suffixe possessif et un métier : Annem öğretmen signifie « Ma mère est enseignante ». À la troisième personne, il n’y a pas de verbe séparé correspondant à « être » au présent. Pour dire combien de frères et sœurs on a, on emploie var : İki kardeşim var, littéralement « Deux frères ou sœurs à moi existent ».

Vue d’ensemble

La famille et les métiers font partie des premiers sujets abordés au niveau A1. Ils permettent de se présenter, de parler de ses proches et de comprendre des questions courantes telles que Mesleğiniz ne? (« Quelle est votre profession ? ») ou Kardeşin var mı? (« As-tu des frères ou sœurs ? »). Le vocabulaire est assez accessible, mais les phrases ne se construisent pas toujours comme en français.

Le point essentiel est le suffixe possessif : une terminaison ajoutée au nom pour indiquer son propriétaire. Ainsi, anne signifie « mère », tandis que annem signifie « ma mère ». Le pronom benim (« mon, ma, mes » au sens littéral de « de moi ») n’est normalement pas indispensable, car la terminaison -m donne déjà l’information.

Deux autres particularités facilitent les descriptions. D’une part, les noms turcs n’ont pas de genre grammatical : öğretmen désigne aussi bien un enseignant qu’une enseignante. D’autre part, un métier employé comme prédicat (ce que l’on affirme à propos du sujet) n’est pas précédé d’un article. Le français dit « ma mère est enseignante » ; le turc dit simplement Annem öğretmen.

Fonctionnement

Les principaux mots de la famille

Le mot kardeş ne précise ni le sexe ni, à lui seul, l’âge de la personne. Il correspond donc selon le contexte à « frère », « sœur » ou « membre de la fratrie ». Pour être précis, on peut dire erkek kardeş (« frère ») et kız kardeş (« sœur »).

Turc Français Précision utile
aile famille désigne la famille comme ensemble
anne mère, maman mot courant et neutre
baba père, papa mot courant et neutre
ebeveyn parent terme plutôt administratif ou général
çocuk enfant peut aussi désigner son fils ou sa fille selon le contexte
oğul fils devient souvent oğlum avec le possessif « mon »
kız fille signifie aussi « jeune fille »
kardeş frère ou sœur ne précise pas le sexe
erkek kardeş frère littéralement « frère de sexe masculin »
kız kardeş sœur littéralement « sœur de sexe féminin »
abi / ağabey grand frère abi est la forme très courante
abla grande sœur sert aussi de terme d’adresse
conjoint, conjointe ne précise pas le sexe
dede grand-père terme familial courant
büyükanne / nine grand-mère nine est plus familier et varie selon les familles
kuzen cousin, cousine sans distinction de genre

Le turc dispose aussi de mots très précis pour les oncles et les tantes : amca est l’oncle paternel, dayı l’oncle maternel, hala la tante paternelle et teyze la tante maternelle. Là où le français ajoute « du côté de ma mère » ou « du côté de mon père », le mot turc contient déjà cette information.

Ajouter le possessif

Avec les membres de la famille, la forme sans suffixe sert surtout à nommer la relation en général : anne (« mère »), kardeş (« frère ou sœur »). Pour parler de sa propre famille, on ajoute généralement une terminaison. La voyelle de cette terminaison varie selon l’harmonie vocalique (les voyelles du suffixe s’adaptent à la dernière voyelle du mot).

Personne Avec anne Sens
benim annem ma mère
senin annen ta mère
onun annesi sa mère
bizim annemiz notre mère
sizin anneniz votre mère
onların anneleri leur mère / leurs mères selon le contexte

Après une voyelle, la troisième personne emploie un s de liaison : anne-si, baba-sı, abla-sı. Après une consonne, il n’est pas nécessaire : kardeş-i, « son frère ou sa sœur ».

Les pronoms possessifs peuvent être exprimés pour insister ou opposer deux personnes :

  • Annem doktor. — Ma mère est médecin.
  • Benim annem doktor, senin annen öğretmen. — Ma mère est médecin, ta mère est enseignante.

Dans la première phrase, benim serait redondant. Dans la seconde, il rend le contraste « ma mère / ta mère » explicite.

Dire le métier d’une personne

Voici quelques noms de métiers fréquents. Ils restent identiques quel que soit le sexe de la personne.

Turc Français
öğretmen enseignant, enseignante
doktor médecin
mühendis ingénieur, ingénieure
hemşire infirmier, infirmière
avukat avocat, avocate
mimar architecte
aşçı cuisinier, cuisinière
polis policier, policière
şoför chauffeur, chauffeuse
işçi ouvrier, ouvrière
memur fonctionnaire
diş hekimi dentiste

Au présent, les première et deuxième personnes portent une terminaison personnelle. À la troisième personne, la phrase neutre n’en porte généralement aucune :

Personne Forme avec öğretmen Traduction
ben öğretmenim je suis enseignant ou enseignante
sen öğretmensin tu es enseignant ou enseignante
o öğretmen il ou elle est enseignant ou enseignante
biz öğretmeniz nous sommes enseignants ou enseignantes
siz öğretmensiniz vous êtes enseignant(s) ou enseignante(s)
onlar öğretmen / öğretmenler ils ou elles sont enseignants ou enseignantes

Cette construction explique Abim doktor : abim est le sujet (« mon grand frère ») et doktor ce que l’on affirme à son sujet. Aucun équivalent séparé de « est » n’apparaît. Avec « je », en revanche, la terminaison est nécessaire : Mühendisim (« Je suis ingénieur ou ingénieure »).

Pour nier, on emploie değil :

  • Babam doktor değil. — Mon père n’est pas médecin.
  • Ben öğretmen değilim. — Je ne suis pas enseignant ou enseignante.

Pour poser une question fermée, on ajoute la particule interrogative mı, mi, mu ou , écrite séparément :

  • Annen öğretmen mi? — Ta mère est-elle enseignante ?
  • Doktor musunuz? — Êtes-vous médecin ?

Dire que l’on a des frères, des sœurs ou des enfants

Le turc n’utilise pas ici un verbe équivalent à « avoir ». Il marque la personne sur le nom, puis ajoute var (« il y a, cela existe ») ou yok (« il n’y a pas »).

İki kardeşim var se décompose ainsi :

  • iki : deux ;
  • kardeş-im : frère ou sœur + « mon » ;
  • var : il y a.

Après un nombre, le nom reste normalement au singulier : iki kardeş, et non iki kardeşler. On dira donc :

  • Bir ablam var. — J’ai une grande sœur.
  • İki çocuğumuz var. — Nous avons deux enfants.
  • Kardeşim yok. — Je n’ai pas de frère ni de sœur.
  • Kaç kardeşin var? — Combien de frères et sœurs as-tu ?

Exemples en contexte

Turc Français Remarque
Annem öğretmen. Ma mère est enseignante. -m indique « ma » ; pas de verbe séparé à la troisième personne.
Babam mühendis. Mon père est ingénieur. baba + m devient babam.
Abim doktor. Mon grand frère est médecin. abi + m donne abim.
Ablam avukat değil. Ma grande sœur n’est pas avocate. değil nie un nom de métier.
Ben hemşireyim. Je suis infirmier ou infirmière. Le y relie le nom terminé par une voyelle à la terminaison personnelle.
Eşim mimar. Mon conjoint ou ma conjointe est architecte. et mimar ne précisent pas le sexe.
İki kardeşim var. J’ai deux frères ou sœurs. Le nom reste au singulier après iki.
Bir erkek kardeşim ve bir kız kardeşim var. J’ai un frère et une sœur. erkek et kız précisent le sexe.
Kardeşim yok. Je n’ai pas de frère ni de sœur. yok exprime l’absence.
Kaç çocuğunuz var? Combien d’enfants avez-vous ? -unuz marque « vos » ou la forme de politesse.
Annen ne iş yapıyor? Quel métier fait ta mère ? Question courante sur l’activité professionnelle.
Mesleğiniz ne? Quelle est votre profession ? Formulation neutre et polie.
Kız kardeşin öğretmen mi? Ta sœur est-elle enseignante ? mi est écrit séparément.
Ayşe’nin abisi polis. Le grand frère d’Ayşe est policier. Le possesseur nommé et le nom possédé portent chacun une marque.

Erreurs fréquentes

Ajouter une terminaison de première personne après un sujet à la troisième personne

  • Incorrect : Annem öğretmenim.
  • Correct : Annem öğretmen.
  • Pourquoi : annem signifie bien « ma mère », mais le sujet reste « elle ». Öğretmenim signifie « je suis enseignant ou enseignante ».

Oublier le suffixe possessif

  • Incorrect : Benim anne öğretmen.
  • Correct : Benim annem öğretmen. ou, plus naturellement, Annem öğretmen.
  • Pourquoi : quand le possesseur est exprimé par benim, le nom possédé reçoit aussi sa terminaison : anne-m.

Mettre le pluriel après un nombre

  • Incorrect : İki kardeşlerim var.
  • Correct : İki kardeşim var.
  • Pourquoi : après un nombre, le turc laisse normalement le nom au singulier. La terminaison possessive reste toutefois présente.

Chercher une forme masculine et une forme féminine du métier

  • Incorrect : inventer deux formes sur le modèle français pour öğretmen ou mühendis.
  • Correct : O öğretmen. / O mühendis.
  • Pourquoi : les noms de métiers turcs n’ont pas d’accord grammatical en genre. Le contexte indique s’il s’agit d’un homme ou d’une femme.

Copier le verbe français « avoir »

  • Incorrect : construire mot à mot une phrase sur le modèle « je + avoir + deux frères ».
  • Correct : İki erkek kardeşim var.
  • Pourquoi : la possession se construit avec le suffixe sur kardeş et le mot var.

Employer systématiquement bir devant un métier

  • Peu naturel comme présentation neutre : Abim bir doktor.
  • Naturel : Abim doktor.
  • Pourquoi : un métier attribut n’a généralement pas besoin de bir. Celui-ci peut apparaître si « un certain type de » est réellement mis en relief, mais il ne correspond pas automatiquement à l’article français.

Notes d’usage

Abi est la forme très fréquente, surtout à l’oral, de ağabey. Abi et abla ne servent pas uniquement à parler de sa famille : on peut les employer pour s’adresser avec chaleur et respect à une personne un peu plus âgée. De même, teyze et amca peuvent désigner affectueusement des adultes plus âgés sans lien de parenté. Cet usage dépend toutefois de l’âge, du contexte et de la relation ; dans un cadre professionnel, le nom suivi de Hanım ou Bey est souvent plus approprié.

Le mot est pratique parce qu’il signifie « conjoint » ou « conjointe » sans préciser le sexe. Karı (« épouse, femme ») et koca (« mari ») existent, mais leur ton varie selon le contexte ; eşim est généralement le choix neutre pour présenter son ou sa partenaire mariée.

Pour demander le métier, Mesleğiniz ne? est poli et direct. Ne iş yapıyorsunuz? (« Quel travail faites-vous ? ») est très courant dans la conversation. Dans une réponse brève, le pronom sujet peut disparaître : Mühendisim suffit, puisque la terminaison -im indique déjà « je ».

Pour aller plus loin

Les points suivants ne sont pas indispensables pour une première leçon A1, mais on les rencontre rapidement dans le turc réel.

Certains noms changent légèrement quand un suffixe commençant par une voyelle est ajouté. Çocuk devient çocuğum (« mon enfant »), avec k → ğ. Oğul perd sa deuxième voyelle dans oğlum (« mon fils »). Il vaut mieux mémoriser ces formes fréquentes comme des unités plutôt que d’essayer de les reconstruire à chaque phrase.

La forme de troisième personne -dır/-dir/-dur/-dür peut être ajoutée à un métier : O doktordur. Elle ne remplace pas simplement « est ». Dans la conversation ordinaire, O doktor est plus naturel. La forme en -dır donne souvent une affirmation générale, catégorique, explicative ou plus formelle : Kendisi doktordur (« Cette personne est médecin », dans un registre soutenu ou informatif).

Les relations familiales forment aussi des groupes possessifs plus complexes. Dans Ayşe’nin abisi, Ayşe’nin signifie « d’Ayşe » et abisi « son grand frère ». Les deux éléments sont marqués, contrairement au français qui se contente de la préposition « de ». On retrouve ce modèle dans aile hekimi (« médecin de famille ») ou anne tarafı (« côté maternel de la famille »).

Enfin, plusieurs métiers se forment avec le suffixe -cı/-ci/-cu/-cü, qui possède aussi les variantes -çı/-çi/-çu/-çü après certaines consonnes : balıkçı (« poissonnier, pêcheur »), kahveci (« personne qui prépare ou vend du café »), kitapçı (« libraire »). Ce suffixe est productif, mais le sens exact ne se devine pas toujours ; il faut vérifier chaque métier dans son contexte. À un niveau plus avancé, olarak çalışmak permet de préciser la fonction exercée : Öğretmen olarak çalışıyor (« Il ou elle travaille comme enseignant ou enseignante »).

Conseils pour s’entraîner

  1. Dessinez un petit arbre familial. Écrivez sous chaque personne une phrase complète : Annem öğretmen, Dayım şoför, İki kuzenim var. Cela associe immédiatement le vocabulaire aux suffixes possessifs.
  2. Travaillez par paires. Transformez anne → annem, baba → babam, kardeş → kardeşim, puis construisez une phrase affirmative, négative et interrogative : Annem doktor, Annem doktor değil, Annem doktor mu?
  3. Préparez une présentation réaliste. Dites votre métier, puis celui de deux proches. Si vous ne souhaitez pas donner d’informations personnelles, inventez une famille : l’objectif est d’automatiser les formes, pas de révéler votre vie privée.

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Prérequis

Les suffixes possessifs en turcA1

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