A2

Les propositions relatives de base en irlandais

Clásail Choibhneasta Bhunúsacha

Cet article fait partie de l'arbre grammatical de irlandais sur Settemila Lingue.

En bref

Une proposition relative apporte une précision sur un nom : an fear a chónaíonn anseo, « l’homme qui habite ici ». Dans une relative directe, l’irlandais emploie généralement a devant le verbe et provoque souvent une lénition : cónaíonn devient a chónaíonn. Le même a correspond aussi bien à « qui » qu’à « que » ; c’est la structure de la phrase qui indique le rôle du nom.

Vue d’ensemble

Une proposition relative est un petit groupe verbal qui précise une personne ou une chose déjà mentionnée. Dans « le livre que j’ai lu », le livre est l’antécédent (le nom expliqué par la relative) et « que j’ai lu » est la relative. L’irlandais utilise très souvent ce type de construction pour identifier quelqu’un, choisir un objet ou ajouter une information : an bus a théann go Gaillimh, « le bus qui va à Galway ».

Au niveau A2, le point essentiel est la relative directe. Elle s’emploie lorsque l’antécédent est le sujet (la personne ou la chose qui accomplit l’action) ou le complément d’objet direct (la personne ou la chose sur laquelle porte directement l’action) du verbe de la relative. Contrairement au français, l’irlandais ne choisit pas entre deux mots correspondant à « qui » et « que » : la particule est normalement a dans les deux cas.

Cette construction s’appuie sur des notions déjà fréquentes : l’ordre verbe–sujet de l’irlandais, les temps verbaux et la lénition. Deux formes méritent une attention particulière dès le début : atá, relative directe de , et is dans des groupes comme an rud is fearr liom, « ce que je préfère » ou, plus littéralement, « la chose qui est la meilleure à mon goût ».

Fonctionnement

La règle de départ : antécédent + a + verbe

Le modèle le plus utile est le suivant :

Rôle de l’antécédent Modèle Exemple Sens
sujet de la relative nom + a + verbe + reste de la phrase an fear a léann an nuachtán l’homme qui lit le journal
objet direct de la relative nom + a + verbe + sujet + reste de la phrase an nuachtán a léann an fear le journal que l’homme lit

Les deux groupes contiennent a léann. La différence vient de ce qui manque dans la relative :

  • dans an fear a léann an nuachtán, c’est l’homme qui lit ; aucun autre sujet n’apparaît après le verbe ;
  • dans an nuachtán a léann an fear, an fear est le sujet exprimé après le verbe, donc le journal est ce qu’il lit.

L’ordre des mots est déterminant. En français, « qui » signale généralement le sujet et « que » l’objet. En irlandais, a ne donne pas cette information à lui seul. Il faut regarder si un sujet apparaît dans la relative.

La lénition après a

Dans une relative directe affirmative, a provoque normalement la lénition du verbe qui suit. La lénition (séimhiú) est une modification de la consonne initiale, souvent notée par l’ajout de h.

Forme verbale indépendante Dans la relative Exemple complet
cónaíonn a chónaíonn an bhean a chónaíonn anseo
molann a mholann an múinteoir a mholann an leabhar
léigh a léigh an leabhar a léigh mé
chonaic a chonaic an scannán a chonaic muid
ólann a ólann an tae a ólann sé

Il n’y a pas toujours un h visible. Les verbes commençant par une voyelle, ou par une consonne qui ne se lénifie pas dans cette position, gardent une initiale apparemment inchangée. De plus, certaines formes du passé possèdent déjà leur initiale propre : il vaut donc mieux apprendre tout le groupe, par exemple a chonaic mé, plutôt que d’essayer de reconstruire chaque forme lettre par lettre.

Quand l’antécédent est le sujet

Prenons an fear a chónaíonn anseo :

  • an fear : l’homme, l’antécédent ;
  • a : particule relative directe ;
  • chónaíonn : habite, avec lénition de cónaíonn ;
  • anseo : ici.

Aucun pronom signifiant « il » n’est ajouté. An fear remplit déjà le rôle de sujet à l’intérieur de la relative. On ne construit donc pas la phrase comme si elle signifiait « l’homme qui il habite ici ».

Ce modèle fonctionne avec différents temps :

  • présent habituel : an bhean a oibríonn anseo, « la femme qui travaille ici » ;
  • passé : an bhean a d’oibrigh anseo, « la femme qui a travaillé ici » ;
  • futur : an bhean a oibreoidh anseo, « la femme qui travaillera ici ».

Les formes verbales restent celles du temps voulu ; la relative ne crée pas un nouveau temps.

Quand l’antécédent est l’objet direct

Dans an leabhar a léigh mé, l’ordre interne est littéralement proche de « le livre que lus je » :

  • an leabhar est ce qui a été lu ;
  • a léigh introduit l’action au passé ;
  • est le sujet, « je ».

L’antécédent laisse une place vide après le verbe. Il ne faut pas remettre un pronom objet à la fin. Ainsi, an leabhar a léigh mé é répète inutilement « le livre » par é, « le ».

Le français permet parfois d’effacer « que » dans un style très familier, mais l’irlandais standard conserve normalement sa particule relative. À l’inverse, l’irlandais ne change pas la forme de a selon le genre ou le nombre de l’antécédent.

La forme spéciale atá

Avec le verbe « être, se trouver », le présent direct relatif est atá. On peut le comprendre comme la forme relative correspondant à , mais il faut surtout la mémoriser comme un tout.

Phrase simple Groupe avec relative Traduction
Tá an siopa oscailte. an siopa atá oscailte le magasin qui est ouvert
Tá na páistí sa ghairdín. na páistí atá sa ghairdín les enfants qui sont dans le jardin
Tá sí ag fanacht. an bhean atá ag fanacht la femme qui attend

Atá sert donc aux états, aux lieux et aux actions progressives formées avec ag : an fear atá ag caint, « l’homme qui est en train de parler ». Il ne remplace pas tous les verbes dans une relative : avec « lire », on dit a léann ou a léigh, et non une combinaison de atá et de léigh.

Au passé de , on rencontre a bhí : an teach a bhí folamh, « la maison qui était vide ». La forme négative courante est nach bhfuil au présent et nach raibh au passé : na daoine nach bhfuil réidh, « les personnes qui ne sont pas prêtes ».

La négation

La relative affirmative en a possède des formes négatives particulières. Au présent et au futur, nach est fréquent ; au passé, les verbes ordinaires emploient souvent nár. Les mutations et certaines formes irrégulières dépendent du verbe.

Temps Affirmatif Négatif Sens du groupe négatif
présent avec atá anseo nach bhfuil anseo qui n’est pas ici
passé avec a bhí anseo nach raibh anseo qui n’était pas ici
passé avec léigh a léigh mé nár léigh mé que je n’ai pas lu
futur avec ceannaigh a cheannóidh sí nach gceannóidh sí qu’elle n’achètera pas

À ce niveau, le plus efficace est de mémoriser des couples complets, notamment atá / nach bhfuil et a bhí / nach raibh. Ils sont extrêmement fréquents.

La copule is

L’irlandais possède, en plus de , une copule (un petit verbe de liaison servant notamment à identifier, classer ou comparer) : is. Dans les relatives comparatives et superlatives, is apparaît directement :

  • an rud is fearr liom : la chose que je préfère ;
  • an bealach is éasca : la manière la plus facile ;
  • an duine is óige sa teaghlach : la personne la plus jeune de la famille.

Ici, il ne faut ni ajouter a devant is, ni remplacer is par atá. La forme comparative de l’adjectif suit la copule : maith « bon » donne fearr « meilleur », d’où is fearr. Cette construction sera approfondie avec les comparatifs et les superlatifs ; pour le moment, an rud is fearr liom constitue un excellent modèle à retenir.

Exemples en contexte

Irlandais Français Remarque
Sin é an fear a chónaíonn béal dorais. C’est l’homme qui habite à côté. L’antécédent est le sujet.
Seo an bus a théann go Gaillimh. Voici le bus qui va à Galway. Téann prend la lénition après a.
Tá aithne agam ar an mbean a mhúineann Gaeilge dúinn. Je connais la femme qui nous enseigne l’irlandais. Aucun pronom sujet n’est ajouté après mhúineann.
Cheannaigh mé an leabhar a mhol tú dom. J’ai acheté le livre que tu m’as recommandé. est le sujet ; an leabhar est l’objet de mhol.
Cá bhfuil an eochair a d’fhág mé ar an mbord? Où est la clé que j’ai laissée sur la table ? Relative objet au passé.
An bhfaca tú an scannán a chonaic mé aréir? As-tu vu le film que j’ai vu hier soir ? Chonaic est une forme irrégulière de feic.
Is é seo an caifé atá oscailte ar maidin. Voici le café qui est ouvert le matin. Présent relatif de : atá.
Cé hí an bhean atá ag fanacht taobh amuigh? Qui est la femme qui attend dehors ? Atá + ag exprime une action en cours.
Tá na daoine nach bhfuil réidh sa seomra eile. Les personnes qui ne sont pas prêtes sont dans l’autre pièce. Négation : nach bhfuil.
Fuair mé an ríomhphost nár sheol tú inné. J’ai reçu le courriel que tu n’as pas envoyé hier. Relative négative au passé avec nár.
Seo an bia is fearr liom. Voici le plat que je préfère. Copule relative is avec fearr.
Roghnaigh an bealach is éasca. Choisis le chemin le plus facile. Valeur superlative de is éasca.
Ba é sin an leabhar ab fhearr liom ar scoil. C’était le livre que je préférais à l’école. Forme passée ou conditionnelle ab fhearr, plus avancée.

Erreurs fréquentes

Oublier la lénition après a

  • Incorrect : an fear a cónaíonn anseo
  • Correct : an fear a chónaíonn anseo
  • Pourquoi : la particule de la relative directe affirmative provoque normalement la lénition. Il faut apprendre a chónaíonn comme un groupe.

Chercher deux particules distinctes pour « qui » et « que »

  • Incorrect : employer a seulement lorsque l’antécédent est le sujet.
  • Correct : an fear a léann an leabhar mais aussi an leabhar a léann an fear.
  • Pourquoi : a peut introduire les deux relatives directes. La présence ou l’absence d’un sujet après le verbe permet de comprendre le rôle de l’antécédent.

Répéter l’objet avec un pronom

  • Incorrect : an leabhar a léigh mé é
  • Correct : an leabhar a léigh mé
  • Pourquoi : an leabhar est déjà l’objet de léigh. Ajouter é reviendrait à dire « le livre que je l’ai lu ».

Employer atá avec n’importe quel verbe

  • Incorrect : an leabhar atá léigh mé
  • Correct : an leabhar a léigh mé
  • Pourquoi : atá est la forme relative présente de . Une action simple au passé conserve son propre verbe, ici léigh.

Confondre atá et is

  • Incorrect : an rud atá fearr liom
  • Correct : an rud is fearr liom
  • Pourquoi : is fearr est une construction avec la copule et la forme comparative fearr. Atá sert plutôt à décrire un état ou une situation : an rud atá ar an mbord, « la chose qui est sur la table ».

Ajouter un pronom sujet inutile

  • Incorrect : an fear a chónaíonn sé anseo
  • Correct : an fear a chónaíonn anseo
  • Pourquoi : lorsque l’antécédent est le sujet, il occupe déjà la place logique de . La relative irlandaise n’a pas besoin d’un deuxième sujet.

Notes d’usage

Les relatives directes ne relèvent pas d’un registre soutenu : elles sont aussi normales dans la conversation que dans l’écrit. Pour désigner une personne de façon générale, on rencontre souvent an té a…, « celui ou celle qui… » : an té a thuigeann, « la personne qui comprend ». Pour une chose ou une idée, an rud a… et an rud is… sont très productifs.

À l’oral, le débit peut rendre la particule a peu audible. La mutation initiale du verbe devient alors un indice important. Pour un francophone, écouter seulement un petit son correspondant à « qui » ou « que » n’est donc pas une stratégie suffisante : il faut apprendre à reconnaître tout le groupe, par exemple a chónaíonn, a bhí ou atá.

L’orthographe et certaines réalisations sonores varient selon les dialectes, mais la distinction fondamentale entre relative directe et indirecte reste utile dans la langue standard. Les formes de et les verbes irréguliers méritent d’être mémorisés à partir de phrases réelles plutôt qu’au moyen d’une règle de mutation trop mécanique.

Pour aller plus loin

Cette partie n’est pas indispensable pour produire vos premières relatives A2, mais elle explique des formes que vous rencontrerez rapidement.

Relative directe ou relative indirecte ?

La relative étudiée ici est directe parce que l’antécédent est sujet ou objet direct :

  • sujet : an fear a chonaic mé, peut signifier « l’homme qui m’a vu » si est l’objet ;
  • objet : an fear a chonaic mé, peut aussi signifier « l’homme que j’ai vu » si est le sujet.

Cette phrase isolée montre une vraie difficulté : les pronoms irlandais mé, tú, é, í ne changent pas toujours de forme entre sujet et objet. Le contexte lève généralement l’ambiguïté. Pour être plus clair, on peut choisir un sujet nominal : an fear a chonaic Máire, « l’homme que Máire a vu ».

Lorsque le lien exige une préposition, exprime la possession ou correspond à « où », l’irlandais utilise souvent une relative indirecte. Elle se reconnaît notamment à l’éclipse et à un élément qui reprend l’antécédent :

  • an fear a bhfuil mé ag caint leis : l’homme avec qui je parle ;
  • an áit a raibh mé i mo chónaí ann : l’endroit où j’habitais ;
  • an fear a bhfuil a mhac tinn : l’homme dont le fils est malade.

Dans le premier exemple, leis signifie « avec lui » ; dans le deuxième, ann reprend le lieu. Ne transposez donc pas automatiquement la règle « supprimer le pronom » des relatives directes à ces constructions plus avancées.

Les formes négatives et les temps

Aux temps autres que le présent, la particule relative interagit avec le système verbal complet. Les verbes irréguliers ont parfois une forme dépendante particulière, et la négation ne se réduit pas à placer devant une relative. Les modèles nach bhfuil, nach raibh et nár léigh sont sûrs et fréquents ; pour un verbe moins familier, vérifiez sa forme relative dans un dictionnaire ou une grammaire.

Is et ab dans la comparaison

Dans une description actuelle, is apparaît souvent devant le comparatif avec une valeur de superlatif : an sliabh is airde, « la montagne la plus haute ». Pour une perspective passée ou conditionnelle, on rencontre ab : an rogha ab fhearr, « le choix qui était ou aurait été le meilleur ». Cette opposition appartient à un stade plus avancé de l’étude de la copule ; au niveau A2, retenez d’abord les blocs très fréquents is fearr, is mó et is éasca.

Les relatives après des mots interrogatifs

La même structure apparaît dans des questions telles que Cad a tharla?, « Qu’est-ce qui s’est passé ? », ou Cé a rinne é?, « Qui l’a fait ? ». Le mot interrogatif joue alors le rôle d’antécédent. Reconnaître a + forme relative aide donc autant à poser des questions qu’à enrichir un groupe nominal.

Conseils pratiques

  1. Transformez deux phrases en une. Partez de Tá an fear anseo. Chonaic mé an fear. Puis formez Tá an fear a chonaic mé anseo. Faites l’exercice une fois avec l’antécédent sujet, puis une fois avec l’antécédent objet.
  2. Apprenez des couples complets. Répétez atá / nach bhfuil, a bhí / nach raibh et a léigh / nár léigh. Ces contrastes sont plus faciles à réutiliser qu’une liste abstraite de particules.
  3. Repérez le sujet après le verbe. En lisant une relative en a, demandez-vous : « Y a-t-il déjà un sujet exprimé après le verbe ? » Si oui, l’antécédent est probablement l’objet direct ; sinon, il est probablement le sujet.

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Prérequis

Tá au présent en irlandaisA1

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