La famille et les personnes en gallois
Teulu a Phobl
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de gallois sur Settemila Lingue.
En bref
Pour nommer un proche, le gallois combine un nom de parenté avec un possessif : fy nhad i « mon père », dy fam di « ta mère ». Le possessif provoque souvent une mutation, c’est-à-dire un changement de la première consonne du mot. Pour dire « avoir », on emploie couramment Mae gen i... : Mae gen i ddwy chwaer signifie « J’ai deux sœurs ».
Vue d’ensemble
Le vocabulaire de la famille apparaît dès le niveau A1 : il permet de se présenter, de parler de son entourage et de poser des questions simples. Les mots essentiels sont tad « père », mam « mère », brawd « frère », chwaer « sœur », mab « fils » et merch « fille ». Ils servent aussi à revoir trois mécanismes fondamentaux du gallois : le genre des noms, les possessifs et les mutations initiales.
Pour un francophone, la principale nouveauté est que le mot ne garde pas toujours la forme trouvée dans le dictionnaire. Ainsi, tad devient nhad après fy « mon » et dad après dy « ton ». Ce changement n’indique pas un autre membre de la famille : il est imposé par le mot qui précède.
Le gallois possède des usages régionaux, notamment pour « avoir » et pour certains grands-parents. La règle débutante reste néanmoins simple : apprenez chaque nom avec son genre et son pluriel, puis mémorisez les groupes possessifs comme des blocs complets.
Fonctionnement
Le vocabulaire essentiel
Un nom est un mot qui désigne ici une personne ou un lien familial. En gallois, les noms ont un genre grammatical, masculin ou féminin. Ce genre n’est pas seulement une étiquette : il peut choisir la forme du nombre « deux » et déclencher certaines mutations.
| Gallois | Français | Genre et pluriel |
|---|---|---|
| tad | père | masculin ; tadau |
| mam | mère | féminin ; mamau |
| brawd | frère | masculin ; brodyr |
| chwaer | sœur | féminin ; chwiorydd |
| mab | fils | masculin ; meibion |
| merch | fille | féminin ; merched |
| plentyn | enfant | généralement masculin ; plant |
| rhieni | parents | pluriel |
| gŵr | homme, mari | masculin ; gwŷr |
| gwraig | femme, épouse | féminin ; gwragedd |
Les pluriels gallois sont variés : brawd → brodyr et plentyn → plant ne se déduisent pas d’une terminaison unique. Il vaut donc mieux apprendre le singulier et le pluriel ensemble, sans chercher une règle générale à partir du français.
Présenter une personne avec dyma et dyna
Dyma sert à présenter quelqu’un qui est proche ou que l’on montre : « voici », « c’est ici ». Dyna correspond plutôt à « voilà » ou à une personne plus éloignée dans la situation.
- Dyma fy mrawd i. — Voici mon frère.
- Dyna dy chwaer di. — Voilà ta sœur.
- Pwy ydy hi? — Qui est-elle ?
- Fy mam i ydy hi. — C’est ma mère.
Dans la dernière phrase, le groupe placé au début reçoit l’accent logique : on identifie la personne comme étant « ma mère ».
Les possessifs et leur pronom de rappel
Le possessif gallois se place avant le nom, comme mon, ton ou son en français. Toutefois, il est souvent accompagné après le nom d’un pronom de rappel, c’est-à-dire un petit mot qui répète la personne concernée : fy mrawd i signifie littéralement quelque chose comme « mon frère, moi ».
| Possessif gallois | Sens | Exemple | Mutation principale |
|---|---|---|---|
| fy ... i | mon, ma, mes | fy nhad i | mutation nasale |
| dy ... di | ton, ta, tes | dy fam di | mutation douce |
| ei ... e / o | son, sa, ses à lui | ei fab e | mutation douce |
| ei ... hi | son, sa, ses à elle | ei thad hi | mutation aspirée |
| ein ... ni | notre, nos | ein plant ni | pas de mutation initiale |
| eich ... chi | votre, vos | eich merch chi | pas de mutation initiale |
| eu ... nhw | leur, leurs | eu rhieni nhw | pas de mutation initiale |
Le pronom final est très courant à l’oral et lève une ambiguïté importante : ei peut signifier « son à lui » ou « son à elle ». Comparez ei dad e « son père à lui » et ei thad hi « son père à elle ». La mutation aide elle aussi à distinguer les deux formes.
En français, le choix entre « son » et « sa » dépend du genre de l’objet possédé : « son père », « sa mère ». En gallois, ei dépend au contraire de la personne qui possède. C’est la mutation suivante qui révèle souvent s’il s’agit de « lui » ou d’« elle ».
Les mutations dans les mots de la famille
Une mutation initiale modifie la première consonne dans un environnement grammatical précis. Pour ce sujet, trois séries sont utiles.
Après fy « mon, ma, mes », on attend la mutation nasale :
- tad → fy nhad i : mon père ;
- brawd → fy mrawd i : mon frère ;
- mab → fy mab i : mon fils, sans changement visible ;
- mam → fy mam i : ma mère, sans changement visible.
Après dy « ton, ta, tes » et ei « son à lui », on emploie la mutation douce :
- tad → dy dad di / ei dad e ;
- mam → dy fam di / ei fam e ;
- brawd → dy frawd di / ei frawd o ;
- merch → dy ferch di / ei ferch e.
Après ei « son à elle », la mutation aspirée ne touche que les consonnes p, t, c :
- tad → ei thad hi : son père à elle ;
- plentyn → ei phlentyn hi : son enfant à elle ;
- brawd, mam, merch et chwaer ne présentent pas de changement aspiré visible.
Toutes les consonnes ne changent donc pas après tous les possessifs. Une forme inchangée, telle que fy mam, n’est pas une exception à corriger : le mot commence simplement par une consonne qui ne subit pas cette mutation.
Dire « avoir » avec Mae gen...
Le gallois ne construit pas « avoir » exactement comme le français. Une tournure très courante, surtout associée au gallois du Nord, emploie la préposition gan sous une forme adaptée à la personne. Une préposition conjuguée est une préposition dont la forme varie selon « moi », « toi », « lui », etc.
| Gallois | Français | Personne |
|---|---|---|
| Mae gen i... | J’ai… | moi |
| Mae gen ti... | Tu as… | toi, singulier familier |
| Mae ganddo fe / fo... | Il a… | lui |
| Mae ganddi hi... | Elle a… | elle |
| Mae gennym ni... | Nous avons… | nous |
| Mae gennych chi... | Vous avez… | vous |
| Mae ganddyn nhw... | Ils ou elles ont… | eux, elles |
Exemples : Mae gen i frawd « J’ai un frère » et Mae ganddi hi dri o blant « Elle a trois enfants ». Dans le Sud, on entend également des constructions avec gyda, par exemple Mae dau blentyn gyda fi « J’ai deux enfants ». Au niveau débutant, choisissez d’abord la variante de votre cours ou de votre région d’apprentissage et apprenez à reconnaître l’autre.
Compter les membres de la famille
Après un nombre simple, le nom reste normalement au singulier : on dit dau frawd, et non pas avec le pluriel brodyr. « Deux » a une forme masculine, dau, et une forme féminine, dwy. Ces formes provoquent une mutation douce du nom suivant.
| Gallois | Français | Explication |
|---|---|---|
| dau frawd | deux frères | brawd est masculin ; mutation douce b → f |
| dwy chwaer | deux sœurs | chwaer est féminin ; pas de changement visible |
| dau fab | deux fils | mab est masculin ; mutation douce m → f |
| dwy ferch | deux filles | merch est féminin ; mutation douce m → f |
Dans la tournure donnée par le concept, on rencontre Mae gen i ddwy chwaer. Retenez gen i ddau... / gen i ddwy... comme des groupes fréquents : la forme du nombre elle-même apparaît ici avec d → dd.
Les liens de possession sans « de »
Pour dire « le nom de ta mère », le gallois juxtapose les éléments : enw dy fam, littéralement « nom ta mère ». Il n’ajoute pas un équivalent direct du français de.
- enw fy mab i — le nom de mon fils ;
- tŷ ein rhieni ni — la maison de nos parents ;
- chwaer Siân — la sœur de Siân.
L’article défini n’est généralement pas répété devant le possesseur. Cette structure est à mémoriser telle quelle plutôt que de calquer « le nom de… » mot à mot.
Exemples en contexte
| Gallois | Français | Remarque |
|---|---|---|
| Dyma fy mrawd i. | Voici mon frère. | brawd → mrawd après fy |
| Mae gen i ddwy chwaer. | J’ai deux sœurs. | nom au singulier après dwy |
| Beth ydy enw dy fam? | Comment s’appelle ta mère ? | littéralement « Quel est le nom de ta mère ? » |
| Mae fy nhad-cu yn byw yn y wlad. | Mon grand-père vit à la campagne. | tad-cu → nhad-cu après fy |
| Dyma ein plant ni. | Voici nos enfants. | plant est le pluriel de plentyn |
| Mae ganddi hi fab a merch. | Elle a un fils et une fille. | forme de gan pour « elle » |
| Pwy ydy'r dyn yna? | Qui est cet homme-là ? | 'r est la forme de l’article après une voyelle |
| Ei frawd e ydy Dafydd. | Dafydd est son frère à lui. | mutation douce après ei masculin |
| Mae ei thad hi'n athro. | Son père à elle est professeur. | mutation aspirée t → th |
| Mae ein rhieni ni yng Nghaerdydd. | Nos parents sont à Cardiff. | ein ... ni encadre le nom |
| Oes plant gyda chi? | Avez-vous des enfants ? | question d’existence ou de possession |
| Mae gen i un ferch. | J’ai une fille. | merch → ferch après un féminin |
| Dyna dy fab di wrth y drws. | Voilà ton fils près de la porte. | mab → fab après dy |
| Mae chwaer Siân yn gweithio yma. | La sœur de Siân travaille ici. | possession par juxtaposition |
Erreurs fréquentes
Garder la forme du dictionnaire après un possessif
- Incorrect : dy mam di
- Correct : dy fam di
- Pourquoi : dy déclenche la mutation douce ; mam commence alors par f. Le français ne modifie pas « mère » après « ta », mais le gallois modifie souvent la consonne initiale.
Employer la même mutation pour « son à lui » et « son à elle »
- Incorrect : ei dad hi
- Correct : ei thad hi
- Pourquoi : ei ... hi demande la mutation aspirée pour un mot commençant par t. Ei dad e/o signifie « son père à lui », avec mutation douce.
Mettre le nom au pluriel après un nombre
- Incorrect : dwy chwiorydd
- Correct : dwy chwaer
- Pourquoi : après un nombre simple, le gallois garde normalement le nom au singulier, contrairement au français « deux sœurs ».
Choisir dau ou dwy au hasard
- Incorrect : dau chwaer
- Correct : dwy chwaer
- Pourquoi : dau accompagne un nom masculin et dwy un nom féminin. Apprendre brawd comme masculin et chwaer comme féminin évite cette hésitation.
Traduire « avoir » avec une copie du français
- Incorrect : Dw i dau frawd.
- Correct : Mae gen i ddau frawd.
- Pourquoi : la possession s’exprime ici avec Mae gen i, et non avec Dw i, qui appartient aux formes de bod « être ».
Ajouter o pour traduire « de »
- Incorrect : enw o dy fam
- Correct : enw dy fam
- Pourquoi : dans ce groupe possessif, les noms sont juxtaposés ; o n’est pas nécessaire.
Notes d’usage
Le gallois parlé varie selon les régions. Mae gen i... est particulièrement associé au Nord, tandis que les constructions avec gyda fi sont courantes dans le Sud. Les deux appartiennent au gallois vivant ; il ne faut pas traiter l’une comme une simple faute de l’autre.
Pour « grand-père » et « grand-mère », taid et nain sont très courants dans le Nord ; tad-cu et mam-gu sont particulièrement courants dans le Sud. Les locuteurs comprennent largement ces formes au-delà de leur région. Avec un possessif, les règles habituelles continuent de s’appliquer : fy nhad-cu i, dy dad-cu di, mais fy mam-gu i ne montre pas de mutation visible.
Dans la conversation, le pronom final de fy ... i, dy ... di ou ei ... hi est fréquent et naturel, surtout lorsqu’il clarifie ou souligne la personne. On peut parfois rencontrer le groupe sans ce rappel, notamment à l’écrit ou lorsque le contexte est parfaitement clair. Pour débuter, les formes complètes sont utiles : elles font entendre le rythme de la langue et désambiguïsent ei.
Au-delà des bases : emploi avancé
Il n’est pas nécessaire de maîtriser toutes les nuances suivantes au niveau A1, mais elles expliquent des formes que l’on rencontre rapidement.
D’abord, les possessifs peuvent s’élider devant une voyelle : fy devient souvent f', tandis que ei peut apparaître sous la forme 'i dans certaines constructions. La langue parlée peut aussi affaiblir ou omettre un possessif lorsque le pronom final et le contexte suffisent. Ces variantes dépendent du registre et de la région ; commencez par les formes pleines avant de les imiter.
Ensuite, les noms de parenté entrent dans des groupes plus longs : brawd hynaf Siân « le frère aîné de Siân », merch fach fy chwaer i « la petite fille de ma sœur ». Le gallois place généralement l’adjectif après le nom. Un nom féminin singulier peut provoquer la mutation douce de l’adjectif : merch fach, où bach « petit » devient fach.
Enfin, « famille » ne correspond pas toujours à une seule liste fixe de liens biologiques. teulu désigne la famille ou le foyer selon le contexte, et aelod o'r teulu signifie « membre de la famille ». Dans un échange réel, cymar permet de parler d’un ou d’une partenaire sans préciser « mari » ou « épouse ». Le choix relève alors du vocabulaire et de la situation, non d’une nouvelle règle de mutation.
Conseils pratiques
- Apprenez des blocs, pas des mots isolés. Récitez trois formes pour chaque proche : tad — fy nhad i — dy dad di, puis brawd — fy mrawd i — dy frawd di. La mutation deviendra ainsi un réflexe sonore.
- Dessinez un petit arbre familial réel ou fictif. Écrivez une phrase par personne avec Dyma..., puis ajoutez ce qu’elle possède ou ses liens : Mae ganddi hi ddau fab. Vérifiez le genre, le nombre et la mutation.
- Alternez question et réponse. Enregistrez-vous en disant Beth ydy enw dy fam?, Oes plant gyda chi? ou Pwy ydy hi?, puis répondez par une phrase complète. Cette pratique réunit vocabulaire, possession et formes de bod.
Concepts associés
- Prérequis : La possession — approfondit Mae gen i, les possessifs et les mutations qu’ils déclenchent.
- À revoir : Le genre des noms — aide à choisir dau ou dwy et à comprendre d’autres mutations.
- À revoir : La formation du pluriel — utile pour mémoriser brodyr, chwiorydd, plant et rhieni.
- Pour continuer : Décrire les personnes et l’apparence — permet d’ajouter l’âge, la taille, les cheveux et d’autres descriptions.