Demander « combien ? » en māori
E Hia
Cet article fait partie de l'arbre grammatical de maori sur Settemila Lingue.
En bref
Pour demander le nombre de choses, d’animaux ou d’unités, employez e hia : E hia ngā pukapuka? « Combien de livres y a-t-il ? » Pour des personnes, choisissez tokohia : Tokohia ngā tāngata? « Combien de personnes y a-t-il ? » La réponse reprend généralement e + nombre dans le premier cas (E whā ngā rā) et toko- + nombre dans le second (Tokorima ngā tamariki).
Aperçu
En français, le même mot combien sert dans « combien de livres ? », « combien de personnes ? » et « combien ça coûte ? ». Le māori organise ces questions autrement. E hia couvre la question générale de quantité, tandis que tokohia signale expressément que l’on compte des êtres humains. Ce contraste est essentiel : il ne dépend ni du genre ni du statut de la personne, mais simplement de la catégorie « personne ».
Ce point apparaît dès le niveau A1, juste après les nombres. Il permet de demander combien il y a de jours, de billets, de livres ou de participants, puis de répondre sans avoir besoin d’un verbe équivalent à « avoir » ou « être ». E rua ngā pukapuka forme déjà une phrase complète : selon la situation, on la traduira naturellement par « Il y a deux livres » ou simplement « Deux livres ».
Pour un francophone, deux réflexes demandent un peu d’entraînement. D’abord, il ne faut pas ajouter un mot correspondant au de de « combien de ». Ensuite, le comptage des personnes possède sa propre série en toko-. La règle de départ reste néanmoins courte : e hia / e + nombre pour le modèle général, tokohia / toko- + nombre pour les personnes.
Comment ça fonctionne
Le modèle général avec e hia
Le modèle le plus utile pour commencer est :
E hia + groupe nominal ?
Un groupe nominal est simplement le nom accompagné des petits mots qui le déterminent, par exemple ngā pukapuka « les livres ». Dans une question portant sur plusieurs éléments, on rencontre très souvent ngā, l’article défini pluriel :
- E hia ngā pukapuka? — Combien de livres y a-t-il ?
- E hia ngā rā? — Combien de jours ?
- E hia ngā kurī? — Combien de chiens y a-t-il ?
La question commence donc par l’information recherchée. Il n’y a pas à traduire séparément « de » ni à insérer un verbe pour « y a-t-il ». Il vaut mieux mémoriser E hia ngā…? comme un patron complet plutôt que d’assembler la phrase mot à mot à partir du français.
Hia porte l’idée de quantité inconnue et e est une particule, c’est-à-dire un petit mot grammatical qui introduit ici l’expression numérique. Les deux mots s’écrivent séparément : e hia, non ehia.
Répondre avec e + nombre
Pour annoncer une quantité ordinaire, on place couramment e devant le nombre :
E + nombre + groupe nominal.
| Quantité | Forme | Exemple | Sens |
|---|---|---|---|
| 2 | e rua | E rua ngā pukapuka. | Il y a deux livres. |
| 3 | e toru | E toru ngā kapu. | Il y a trois tasses. |
| 4 | e whā | E whā ngā rā. | Il y a quatre jours. |
| 5 | e rima | E rima ngā kurī. | Il y a cinq chiens. |
| 6 | e ono | E ono ngā āporo. | Il y a six pommes. |
La correspondance entre question et réponse est très visible : e hia est remplacé par e rua, e toru, e whā, etc.
- E hia ngā kapu? — Combien de tasses ?
- E toru ngā kapu. — Il y en a trois.
Le nom ne reçoit pas de terminaison plurielle comme en français. Dans ngā kapu, c’est surtout ngā qui montre que l’on parle de plusieurs tasses ; kapu garde la même forme.
Une seule chose : kotahi te
Pour annoncer une unité, le modèle débutant le plus utile est kotahi te + nom :
- Kotahi te pukapuka. — Il y a un livre.
- Kotahi te kurī. — Il y a un chien.
Remarquez le passage de ngā, pluriel, à te, singulier. Tahi est le nombre « un » dans une suite récitée, tandis que kotahi sert très couramment à exprimer « un seul, une seule unité » dans une phrase de quantité. Retenez donc le contraste pratique kotahi te… / e rua ngā….
Compter des personnes : tokohia et toko-
Quand le nom désigne des personnes, le māori dispose d’un modèle spécialisé :
Tokohia + groupe nominal désignant des personnes ?
- Tokohia ngā tāngata? — Combien de personnes y a-t-il ?
- Tokohia ngā tamariki? — Combien d’enfants y a-t-il ?
- Tokohia ngā kaiako? — Combien d’enseignants y a-t-il ?
La réponse emploie toko- attaché au nombre pour les petits groupes de personnes. Contrairement à e, qui reste un mot séparé, toko- forme un seul mot avec le nombre.
| Nombre de personnes | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| 1 | tokotahi | Tokotahi te kaiako. — Il y a un enseignant. |
| 2 | tokorua | Tokorua ngā kaiako. — Il y a deux enseignants. |
| 3 | tokotoru | Tokotoru ngā ākonga. — Il y a trois élèves. |
| 4 | tokowhā | Tokowhā ngā hoa. — Il y a quatre amis. |
| 5 | tokorima | Tokorima ngā tamariki. — Il y a cinq enfants. |
| 6 | tokoono | Tokoono ngā ākonga. — Il y a six élèves. |
| 7 | tokowhitu | Tokowhitu ngā hoa. — Il y a sept amis. |
| 8 | tokowaru | Tokowaru ngā kaiako. — Il y a huit enseignants. |
| 9 | tokoiwa | Tokoiwa ngā tāngata. — Il y a neuf personnes. |
La série utile s’apprend sans interruption : tokotahi, tokorua, tokotoru, tokowhā, tokorima, tokoono, tokowhitu, tokowaru, tokoiwa.
Le choix dépend de ce que le nom désigne, non du mot français employé. Ainsi, tamariki « enfants », ākonga « élèves » et kaiako « enseignants » prennent tous le modèle des personnes. En revanche, les animaux suivent normalement le modèle général : E hia ngā kurī?, puis E rua ngā kurī.
Questions et réponses en parallèle
| Ce que l’on compte | Question | Réponse type |
|---|---|---|
| choses ou animaux | E hia ngā pukapuka? | E rua ngā pukapuka. |
| unités de temps | E hia ngā rā? | E whā ngā rā. |
| personnes | Tokohia ngā tāngata? | Tokorima ngā tāngata. |
| une seule chose | E hia ngā whare? | Kotahi te whare. |
| prix | E hia te utu? | E rima tāra. |
Demander un prix ou un âge
Le français distingue « combien y en a-t-il ? » et « combien cela coûte-t-il ? », mais e hia apparaît aussi dans une question de prix :
- E hia te utu? — Quel est le prix ? / Combien ça coûte ?
- E hia te utu o tēnei pukapuka? — Combien coûte ce livre ?
Ici, te utu signifie « le prix ». La question ne compte donc pas des objets : elle demande la valeur du prix. Une réponse courte peut être E rima tāra « cinq dollars ».
L’âge se demande également comme une quantité d’années :
- E hia ō tau? — Quel âge as-tu ?
- E rua tekau ōku tau. — J’ai vingt ans.
Littéralement, la formulation en māori porte sur le nombre de vos années. C’est assez différent du français avec le verbe « avoir » ; apprenez donc l’échange entier plutôt que de chercher à remplacer chaque mot.
Exemples en contexte
| Māori | Français | Remarque |
|---|---|---|
| E hia ngā pukapuka? | Combien de livres y a-t-il ? | Question générale de quantité. |
| E rua ngā pukapuka. | Il y a deux livres. | e + nombre. |
| E hia ngā rā? | Combien de jours ? | On compte des unités de temps. |
| E whā ngā rā. | Il y a quatre jours. | Exemple central du concept. |
| E hia ngā āporo? | Combien y a-t-il de pommes ? | Un aliment compté par unités. |
| E ono ngā āporo. | Il y a six pommes. | Le nom ne change pas de forme. |
| E hia ngā kurī kei konei? | Combien de chiens y a-t-il ici ? | Les animaux suivent le modèle général. |
| Kotahi te kurī. | Il y a un chien. | Une unité : kotahi te. |
| Tokohia ngā tāngata? | Combien de personnes y a-t-il ? | Question réservée aux personnes. |
| Tokorima ngā tāngata. | Il y a cinq personnes. | toko- est attaché au nombre. |
| Tokohia ngā tamariki? | Combien d’enfants y a-t-il ? | Les enfants sont comptés comme personnes. |
| Tokorua ngā tamariki. | Il y a deux enfants. | Réponse avec tokorua. |
| Tokohia ngā kaiako kei te kura? | Combien d’enseignants sont à l’école ? | Le lieu complète la question. |
| Tokotoru ngā kaiako kei te kura. | Trois enseignants sont à l’école. | Même structure dans la réponse. |
| E hia te utu o tēnei pukapuka? | Combien coûte ce livre ? | te utu signifie « le prix ». |
| E hia ō tau? | Quel âge as-tu ? | On demande le nombre d’années. |
Erreurs courantes
Employer e hia au lieu de tokohia pour des personnes
- Incorrect : E hia ngā tāngata?
- Correct : Tokohia ngā tāngata?
- Pourquoi : Le modèle enseigné ici réserve tokohia au nombre de personnes. Ce choix rend immédiatement clair ce que l’on compte.
Répondre avec e + nombre pour un petit groupe de personnes
- Incorrect : E rima ngā tamariki.
- Correct : Tokorima ngā tamariki.
- Pourquoi : La question tokohia? appelle naturellement une réponse de la série toko- : tokorua, tokotoru, tokowhā, tokorima, etc.
Écrire toko comme un mot séparé
- Incorrect : toko rima ngā tamariki
- Correct : tokorima ngā tamariki
- Pourquoi : Toko- est un préfixe (un élément placé au début d’un mot) et s’attache au nombre. En revanche, dans e rima, e reste séparé.
Copier le « de » français
- Incorrect : E hia o ngā pukapuka?
- Correct : E hia ngā pukapuka?
- Pourquoi : Le de de « combien de livres » n’a pas de correspondant à ajouter dans ce patron māori. E hia est directement suivi du groupe nominal.
Garder ngā dans une réponse au singulier
- Incorrect : Kotahi ngā pukapuka.
- Correct : Kotahi te pukapuka.
- Pourquoi : Ngā est pluriel, tandis que te convient au nom singulier. Pour annoncer une seule unité, apprenez ensemble kotahi te.
Négliger le macron de whā
- Incorrect : tokowha, e wha
- Correct : tokowhā, e whā
- Pourquoi : Le macron fait partie de l’orthographe du māori et note une voyelle longue. Il reste présent quand whā est combiné avec toko-.
Notes d’usage
E hia…? et Tokohia…? fonctionnent aussi bien dans une conversation quotidienne que dans une question écrite. On les emploie à l’école, dans un magasin, pendant l’organisation d’un repas ou lorsqu’on vérifie le nombre de participants. La forme n’a pas à s’accorder avec un masculin ou un féminin, contrairement à « combien de participantes » et « combien de participants » en français.
Dans une réponse réelle, le contexte permet souvent d’omettre le nom. Après E hia ngā pukapuka?, on peut répondre simplement E toru. Après Tokohia ngā kaiako?, Tokorua peut suffire. Pour apprendre la structure, il reste utile de produire d’abord les réponses complètes.
Respectez les macrons de mots comme whā, tāngata, mā et tēnei. Ils indiquent la longueur de la voyelle et ne sont pas de simples accents décoratifs. Respectez aussi l’espacement : e hia et e rua comptent deux mots, alors que tokohia et tokorua s’écrivent en un seul mot.
Enfin, « combien » ne désigne pas toujours une quantité de la même manière. E hia ngā āporo? compte des pommes, tandis que E hia te utu? demande un prix. Avec une matière non comptée directement, la phrase précise normalement une unité ou un contenant : on demande par exemple le nombre de tasses, de sacs ou de dollars plutôt qu’une quantité abstraite sans contexte.
Pour aller plus loin
Vous n’avez pas besoin de maîtriser ces nuances dès le niveau A1, mais elles vous aideront à reconnaître des phrases plus variées.
La série en toko- est surtout associée aux petits nombres de personnes. Avec des effectifs plus élevés, on rencontre des expressions numériques ordinaires, par exemple Tekau ngā tāngata « Il y a dix personnes ». Ne cherchez donc pas à attacher mécaniquement toko- à n’importe quel grand nombre : retenez d’abord la série de tokotahi à tokoiwa, puis observez la forme employée dans les nombres composés.
Deux mots de la même famille sont également utiles : tokomaha signifie « beaucoup de personnes » et tokoiti « peu de personnes ». Ils ne donnent pas un chiffre exact, mais conservent la distinction humaine portée par toko-. Tokohia? demande alors précisément combien de personnes composent le groupe.
Les groupes nominaux peuvent aussi être enrichis. Le patron interrogatif reste placé au début, tandis qu’un lieu, une possession ou une autre précision suit : E hia ngā pukapuka kei runga i te tēpu? « Combien de livres sont sur la table ? » La structure de quantité ne change pas ; seule l’information ajoutée devient plus longue.
Enfin, la traduction française dépend du contexte. Une phrase comme E whā ngā rā peut correspondre à « Il y a quatre jours », « Cela dure quatre jours » ou simplement « quatre jours » selon la conversation. Le māori donne ici une quantité ; le français ajoute souvent un verbe pour produire une phrase naturelle. Il ne faut pas en conclure qu’un mot māori a été oublié.
Conseils de pratique
- Travaillez par paires question-réponse. Prenez cinq noms non humains et dites successivement E hia ngā…?, puis E rua ngā…, E toru ngā… ou E whā ngā…. Le remplacement de hia par le nombre doit devenir automatique.
- Créez une colonne « personnes ». Avec tamariki, tāngata, ākonga, kaiako et hoa, entraînez-vous à produire Tokohia ngā…? puis Tokorua…, Tokotoru… et Tokorima…. Prononcez toujours toko- et le nombre comme un seul mot.
- Simulez des situations concrètes. Comptez les livres sur une table, demandez le nombre de personnes dans une photo, puis imaginez un prix et un âge. Cette alternance évite de réduire e hia à une seule phrase apprise par cœur.
Concepts liés
- Prérequis : Les nombres — pour connaître tahi, rua, toru, whā, rima et former les réponses de quantité.
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